jeudi 26 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2408067 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 24 décembre 2024, Mme B A, représentée par Me Pinson, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution de l'arrêté du 25 novembre 2024 par lequel le préfet de la Haute Garonne a refusé de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " entrepreneur / profession libérale ", l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour ou à défaut, de réexaminer sa situation, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge la somme de 1 200 euros à verser à son conseil sur le fondement des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- il y a urgence à suspendre l'exécution de la décision attaquée dès lors que le refus du préfet de la Haute-Garonne opposé à sa demande de titre de séjour portant la mention " entrepreneur / profession libérale " doit s'analyser comme un refus de renouvellement du titre de séjour portant la mention " recherche d'emploi ou création d'entreprise " dont elle bénéficiait, de telle sorte qu'elle peut se prévaloir d'une présomption d'urgence ; qu'en outre, la décision de refus de titre de séjour fait obstacle à la poursuite de son activité économique au sein de son entreprise et la prive ainsi de tout revenu ;
- le préfet de la Haute-Garonne a entaché la décision en litige d'une erreur d'appréciation dans l'application des dispositions de l'article L. 422-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en considérant qu'elle ne justifiait pas suffisamment de la viabilité économique de son entreprise ;
- l'entreprise qu'elle a créée est en parfaite adéquation avec ses qualifications et son expérience professionnelle.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Lucas, conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". L'article L. 522-3 de ce même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".
2. Par ailleurs, aux termes de l'article R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit contenir l'exposé au moins sommaire des faits et moyens et justifier de l'urgence de l'affaire. / A peine d'irrecevabilité, les conclusions tendant à la suspension d'une décision administrative ou de certains de ses effets doivent être présentées par requête distincte de la requête à fin d'annulation ou de réformation et accompagnées d'une copie de cette dernière ".
3. Mme A ne justifie pas, à la date de la présente ordonnance, avoir introduit de requête distincte à fin d'annulation de l'arrêté du 25 novembre 2024 dont elle sollicite la suspension, en méconnaissance des dispositions précitées de l'article R. 522-1 du code de justice administrative. Sa requête est donc manifestement irrecevable. En tout état de cause, aucun des moyens tels qu'ils ont été visés et analysés ci-dessus n'est manifestement de nature à créer à doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté contesté. Il y a lieu, par suite, de rejeter sa requête selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 précité du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A.
Une copie en sera adressée au préfet de la Haute-Garonne.
Fait à Toulouse, le 26 décembre 2024.
La juge des référés,
E. LUCAS
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
la greffière en chef,
ou par délégation, la greffière,
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