vendredi 3 janvier 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2500002 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et une pièce enregistrées le 2 et le 3 janvier 2025, M. A B demande à la juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) de déclarer illégal et d'annuler l'arrêté n° 2024/42 du 7 octobre 2024 du maire de Carla-Bayle portant, jusqu'à nouvel ordre, interdiction de circulation de tous véhicules à moteurs, sauf engins agricoles et dérogations municipales, sur la portion de voie de la Route de Cassagne située entre l'embranchement du Chemin de Casemaury et l'accès à l'habitation située au 1160 Route de Cassagne à Carla-Bayle ;
2°) d'enjoindre à la commune de Carla-Bayle de procéder à l'enlèvement de la remorque située audit embranchement et gênant la visibilité et d'entreprendre les travaux de réparation de la Route de Cassagne à bref délai sous astreinte de 500 euros par jours de retard ;
3°) de condamner la commune de Carla-Bayle à lui verser la somme de 5 000 euros en réparation de ses préjudices matériels et moraux.
Il soutient que :
- depuis un an, une très longue remorque stationne à l'embranchement des routes de Canalès et de Cassagne et gêne dangereusement la visibilité, il a interrogé à plusieurs reprises le maire de Carla-Bayle à ce sujet, ainsi qu'au sujet de l'entretien de la route de Cassagne, qu'il emprunte quotidiennement pour vaquer à ses occupations ; or en réponse et par un détournement de pouvoir et de procédure le maire a interdit la circulation à partir de cet embranchement afin de s'exonérer de toute responsabilité, de surseoir à toute décision d'entretien de la chaussée et de ne pas déplaire à ses administrés ;
- cette décision porte atteinte à la liberté de circulation et aurait dû être prise par le conseil municipal.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
Le président par intérim du tribunal a désigné Mme Viseur-Ferré, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ". Aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 de ce code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire ". Lorsqu'un requérant fonde son action non sur la procédure de suspension régie par l'article L. 521-1 du code précité mais sur la procédure de protection particulière instituée par l'article L. 521-2 de ce code, il lui appartient de justifier de circonstances caractérisant une situation d'urgence qui implique, sous réserve que les autres conditions posées par l'article L. 521-2 soient remplies, qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans les quarante-huit heures.
2. Si, à l'appui de sa demande, le requérant fait valoir une atteinte à la liberté de circulation et un détournement de pouvoir et de procédure, il ne justifie pas, alors que l'arrêté en cause a été édicté il y a près de trois mois, d'une situation d'urgence impliquant qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans un délai de quarante-huit heures.
3. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée en toutes ses conclusions, selon la procédure prévue par l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.
Fait à Toulouse, le 3 janvier 2025.
La juge des référés,
C. VISEUR-FERRÉ
La République mande et ordonne au préfet de l'Ariège en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
la greffière en chef,
ou par délégation, la greffière,
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