mercredi 29 janvier 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2500146 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | DIALEKTIK AVOCATS AARPI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 9 janvier 2025 et un mémoire complémentaire enregistré le 16 janvier 2025, Mme A C, représentée par Me Ducos-Mortreuil, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 8 janvier 2025 par lequel le préfet du Tarn l'a assignée à résidence pour une durée de quarante-cinq jours ;
3°) de suspendre la décision du 20 mars 2023 par laquelle le préfet du Tarn l'a obligée à quitter le territoire français et, par voie de conséquence, d'annuler l'arrêté du 8 janvier 2025 ;
4°) d'enjoindre au préfet du Tarn de procéder au réexamen de sa situation ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat les entiers dépens ainsi qu'une somme de 2 000 euros à verser à son conseil par l'application combinée des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 et, dans l'hypothèse où elle ne serait pas admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale, de mettre à la charge de l'Etat cette même somme par la seule application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée a été prise par une autorité incompétente ;
- elle est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle est illégale dès lors qu'elle se fonde sur une obligation de quitter le territoire qui n'est plus exécutoire en raison du changement de circonstances de fait dans sa situation personnelle depuis son édiction ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elle est de nature à emporter des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur sa situation personnelle ;
- elle est entachée d'un détournement de pouvoir.
Par un mémoire en défense enregistré le 14 janvier 2025, le préfet du Tarn conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991,
- le code de justice administrative.
Le président par intérim du tribunal a désigné Mme Cuny, conseillère, pour statuer sur les demandes présentées au titre des articles L. 921-1, L. 921-2, L. 921-3, L. 921-4, L. 922-1 et
L. 922-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Cuny ;
- les observations de Me Ducos-Mortreuil, représentant Mme C, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens et précise que la décision du 20 mars 2023 par laquelle le préfet du Tarn a obligé Mme C à quitter le territoire n'est plus exécutoire dès lors que sa situation personnelle justifie désormais qu'un titre de séjour lui soit délivré au titre de sa vie privée et familiale ;
- les observations de Mme C, qui répond aux questions de la magistrate désignée ;
- le préfet du Tarn n'étant ni présent ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C, ressortissante brésilienne, née le 11 août 1973 à Macapa Ap (Brésil) déclare être entrée régulièrement en France le 28 septembre 2021. Par un arrêté du
20 mars 2023, le préfet du Tarn a rejeté sa demande d'admission au séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. Par un arrêté du
8 janvier 2025, dont l'annulation est principalement demandée, la même autorité l'a assignée à résidence pour une durée de quarante-cinq jours.
Sur l'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :
2. L'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 dispose que : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente () ". Il y a lieu, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de l'intéressée, de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. En premier lieu, par un arrêté du 21 octobre 2024, publié le même jour au recueil des actes administratifs, le préfet du Tarn a donné délégation à M. Simoes, secrétaire général de la préfecture du Tarn, à l'effet de signer tous les arrêtés établis en application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et notamment les mesures d'assignation à résidence. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué doit être écarté.
4. En deuxième lieu, la décision portant assignation à résidence vise les décisions, dispositions, stipulations dont elle fait application, notamment le 1° de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'arrêté préfectoral
n° 81-2023-069 portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français. Elle indique que Mme C n'a pas déféré à l'obligation de quitter le territoire français dont elle fait l'objet et qu'elle présente des garanties propres à éviter le risque qu'elle puisse se soustraire à son éloignement. Par suite, la décision portant assignation à résidence est suffisamment motivée.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins de trois ans auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ; () ".
6. Il résulte de ces dispositions que l'autorité administrative peut ordonner l'assignation à résidence d'un étranger faisant l'objet d'une obligation de quitter le territoire français prise moins d'un an auparavant et pour laquelle le délai pour quitter le territoire est expiré. Une telle mesure a pour objet de mettre à exécution la décision prononçant l'obligation de quitter le territoire français et ne peut être regardée comme constituant ou révélant une nouvelle décision comportant obligation de quitter le territoire, qui serait susceptible de faire l'objet d'une demande d'annulation. Il appartient toutefois à l'administration de ne pas mettre à exécution l'obligation de quitter le territoire si un changement dans les circonstances de droit ou de fait a pour conséquence de faire obstacle à la mesure d'éloignement. Dans cette hypothèse, l'étranger peut demander au président du tribunal administratif sur le fondement des dispositions de l'article L. 732-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'annulation de cette décision d'assignation à résidence dans les quarante-huit heures suivant sa notification. S'il n'appartient pas à ce juge de connaître de conclusions tendant à l'annulation de l'obligation de quitter le territoire français, après que le tribunal administratif a statué ou que le délai prévu pour le saisir a expiré, il lui est loisible, le cas échéant, d'une part, de relever, dans sa décision, que l'intervention de nouvelles circonstances de fait ou de droit fait obstacle à l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français et impose à l'autorité administrative de réexaminer la situation administrative de l'étranger et, d'autre part, d'en tirer les conséquences en suspendant les effets de la décision devenue, en l'état, inexécutable.
7. Mme C soutient que le préfet du Tarn ne pouvait fonder sa décision d'assignation à résidence sur l'existence de l'obligation de quitter le territoire français prise à son encontre le 20 mars 2023 dès lors qu'elle justifie désormais de trois années de vie commune avec un ressortissant français, qu'ils ont conclu un contrat de mariage le 18 novembre 2024 afin de célébrer leur mariage et que, par conséquent, il existe des changements de droit et de fait dans sa situation qui font obstacle à l'exécution de la décision contestée. Toutefois, contrairement à ce que soutient la requérante, ces éléments, qui se rattachent à une situation de fait préexistante à la mesure d'éloignement, ne constituent pas un changement dans les circonstances de droit ou de fait de nature à ôter à la mesure d'éloignement prononcée à son encontre son caractère exécutoire. Par suite, ce moyen ne peut qu'être écarté.
8. En quatrième lieu, les moyens tirés de ce que l'arrêté litigieux serait entaché d'une erreur manifeste d'appréciation et serait de nature à emporter des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur sa situation personnelle ne sont pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. Par suite, ils ne peuvent qu'être écartés.
9. En cinquième et dernier lieu, le détournement de pouvoir allégué n'est pas établi.
10. Il résulte de ce qui précède que Mme C n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 8 janvier 2025 par lequel le préfet du Tarn l'a assignée à résidence pour une durée de quarante-cinq jours.
Sur les conclusions à fin de suspension :
11. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner la recevabilité de ces conclusions, que Mme B n'est pas fondée à demander la suspension de l'exécution de la décision du 20 mars 2023 par laquelle le préfet du Tarn l'a obligée à quitter le territoire français.
12. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté portant assignation à résidence du 8 janvier 2025 et à la suspension de l'obligation de quitter le territoire français du 20 octobre 2023 doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, celles à fin d'injonction et tendant à la mettre à la charge de l'Etat les entiers dépens ainsi que les frais liés au litige.
DÉCIDE :
Article 1er : Mme C est admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C, à
Me Ducos-Mortreuil et au préfet du Tarn.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 janvier 2025.
La magistrate désignée,
L.CUNYLe greffier,
B. ROETS
La République mande et ordonne au préfet du Tarn, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
N°2407086
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026