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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2500879

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2500879

jeudi 13 février 2025

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2500879
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantFABIANI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 9 février 2025, M. A C, représenté par Me Fabiani, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 7 février 2025 par lequel le préfet des Hautes-Pyrénées l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et l'a interdit de retour pour une durée de trois ans.

Il soutient que :

-la décision portant obligation de quitter le territoire français est entachée d'une insuffisance de motivation ;

-elle a été prise à l'issue d'une procédure méconnaissant, d'une part son droit d'être entendu et, d'autre part, les dispositions de l'article R. 40-29 du code de procédure pénale ;

-elle est entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation ;

-elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de la menace pour l'ordre public que constitue sa présence sur le territoire français ;

Par un mémoire en défense, enregistré le 13 février 2025, le préfet des Hautes-Pyrénées conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président par intérim du tribunal a désigné Mme Cuny, conseillère, pour statuer sur les demandes présentées au titre des articles L. 921-1, L. 921-2, L. 921-3, L. 921-4, L. 922-1 et L. 922-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Cuny,

- les observations de Me Fabiani, représentant M. C, qui abandonne ses conclusions aux fins d'annulation des décisions portant obligation de quitter le territoire français, refus de délai de départ volontaire et fixation du pays de renvoi, précise que le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation de la menace pour l'ordre public que constitue la présence de M. C sur le territoire français est également dirigé contre la décision portant interdiction de retour sur le territoire français,

- les observations de M. C, assisté de Mme B, interprète en géorgien, qui répond aux questions de la magistrate désignée,

- le préfet des Hautes-Pyrénées n'étant ni présent ni représenté,

La clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. C, ressortissant géorgien né le 2 septembre 1979 à Gori (URSS), déclare être entré en France au cours de l'année 2019. Par un arrêté du 7 février 2025, le préfet des Hautes-Pyrénées l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et l'a interdit de retour pour une durée de trois ans. Par la présente requête, M. C demande au tribunal, dans le dernier état de ses prétentions, d'annuler la décision portant interdiction de retour[CL1] sur le territoire français pour une durée de trois ans.

Sur les conclusions au titre de l'aide juridictionnelle provisoire :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président ". Il y a lieu, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de l'intéressé, de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

3. En unique lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, et dix ans en cas de menace grave pour l'ordre public. ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. ".

4. Il ressort des pièces du dossier, et notamment du procès-verbal d'audition établi le 7 février 2025, que M. C, qui déclare être entré en France en 2019, est sans domicile fixe et sans activité professionnelle. Il en ressort également qu'il a été précédemment condamné pour des faits de vol de carburant et qu'il a été interpellé le 6 février 2025 pour des faits de vol, dont il a reconnu la matérialité. Dans ces conditions, dès lors que M. C ne justifie d'aucun lien d'une intensité particulière sur le territoire français, et nonobstant l'absence de précédente mesure d'éloignement, le préfet des Hautes-Pyrénées a pu, sans commettre d'erreur d'appréciation, prononcer à l'encontre du requérant une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans.

5. Il résulte de ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 7 février 2025 par laquelle le préfet des Hautes-Pyrénées l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans.

D E C I D E :

Article 1er : M. C est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A C, Me Fabiani et au préfet des Hautes-Pyrénées.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 février 2025.

La magistrate désignée,

L. CUNY

La greffière,

I. DREANO

La République mande et ordonne au préfet des Hautes-Pyrénées en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme :

La greffière en cheffe

[CL1]J'ai retiré la mention OQTF, RDDV et DPR dès lors que ces conclusions ont été abandonnées à l'audience

N°2500879

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