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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2501281

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2501281

mercredi 5 mars 2025

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2501281
TypeDécision
PublicationC
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantLASPALLES

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Toulouse a été saisi par Mme A, ressortissante ivoirienne, pour contester le refus de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) de lui accorder les conditions matérielles d'accueil. En cours d'instance, l'OFII a retiré sa décision initiale du 14 février 2025 et accordé le bénéfice des conditions matérielles d'accueil à Mme A. Par conséquent, la requérante s'est désistée de ses conclusions en annulation et en injonction, désistement dont le tribunal lui a donné acte. Le tribunal a également admis Mme A au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire et a condamné l'OFII à verser une somme à son avocat sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 20 février 2025, Mme B A, représentée par Me Laspalles, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler la décision du 14 février 2025 par laquelle l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a refusé de lui accorder le bénéfice des conditions matérielles d'accueil ;

3°) d'enjoindre à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de lui accorder le bénéfice des conditions matérielles d'accueil et de lui verser l'allocation pour demandeur d'asile à titre rétroactif à compter de la date d'enregistrement de sa demande d'asile ou à défaut, de procéder au réexamen de sa situation, dans un délai de huit jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration une somme de 2 000 euros à verser à son conseil par l'application combinée de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et, dans l'hypothèse où elle ne serait pas admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle, le versement de cette même somme au seul visa de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la décision attaquée a été prise par une autorité incompétente ;

-elle est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle a été prise au terme d'une procédure méconnaissant les dispositions de l'article

L. 522-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation familiale et personnelle ;

- l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) s'est estimé, à tort, en situation de compétence liée ;

- elle méconnaît les dispositions des articles L. 551-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense enregistré le 28 février 2025, l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut, à titre principal, au non-lieu à statuer, et, à titre subsidiaire, au rejet de la requête.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal par intérim a désigné Mme Cuny, conseillère, pour statuer sur les demandes présentées au titre des articles L. 921-1, L. 921-2, L. 921-3, L. 921-4, L. 922-1 et L. 922-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Cuny,

- les observations de Me Hilaire, substituant Me Laspalles, représentant Mme A, qui se désiste de ses conclusions à fin d'annulation de la décision du 14 février 2025 et à fin d'injonction,

- les observations de Mme A, assistée de M. C, interprète en langue dioula ivoirienne, qui répond aux questions de la magistrate désignée,

- l'Office français de l'immigration et de l'intégration n'étant ni présent, ni représenté.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Une note en délibéré, produite par Me Laspalles pour Mme A le 7 mars 2025, n'a pas été communiquée.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A, ressortissante ivoirienne, née le 21 juillet 1997 à Abobo (Côte d'Ivoire), déclare être entrée sur le territoire français le 12 janvier 2020, accompagnée de son conjoint. Le 14 février 2025, elle s'est présentée au guichet unique de la préfecture de la Haute-Garonne pour enregistrer une demande d'asile. Par une décision du même jour, dont il était demandé l'annulation, l'Office français de l'immigration et de l'intégration a refusé de lui accorder le bénéfice des conditions matérielles d'accueil. Par une décision du 25 février 2025, l'OFII a retiré la décision du 14 février 2025 et lui a accordé le bénéfice des conditions matérielles d'accueil.

Sur les conclusions à fin d'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président. ". Il y a lieu, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de l'intéressée, de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions de Mme A tendant à ce qu'il soit donné acte de son désistement :

3. Mme A déclare se désister de ses conclusions à fin d'annulation de la décision de l'Office français de l'immigration et de l'intégration en date du 14 février 2025 et à fin d'injonction. Ce désistement est pur et simple, rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.

Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 :

4. Il y a lieu d'admettre provisoirement Mme A à l'aide juridictionnelle. Dès lors que Mme A est admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve que Me Laspalles, avocat de Mme A, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat et sous réserve de l'admission définitive de sa cliente à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration le versement à Me Laspalles de la somme de 900 euros. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à la requérante par le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 900 euros sera versée à Mme A sur le fondement des seules dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

DÉCIDE :

Article 1er : Mme A est admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Il est donné acte du désistement des conclusions de Mme A tendant à l'annulation de la décision du 14 février 2025 par laquelle l'Office français de l'immigration et de l'intégration a refusé de lui accorder le bénéfice des conditions matérielles d'accueil et de ses conclusions à fin d'injonction

Article 3 : Sous réserve de l'admission définitive de Mme A à l'aide juridictionnelle et sous réserve que Me Laspalles renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, l'Office français de l'immigration et de l'intégration versera à Me Laspalles une somme de 900 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du

10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à Mme A par le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 900 euros sera versée à Mme A.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A, à Me Laspalles et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 mars 2025.

La magistrate désignée,

L.CUNYLa greffière,

V. BRIDET

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef,

N°2501281

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