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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2502884

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2502884

mercredi 17 décembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2502884
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation7ème Chambre
Avocat requérantNACIRI

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Toulouse, statuant en formation collégiale, a rejeté la requête de M. A..., ressortissant afghan, qui contestait l'arrêté du préfet de la Haute-Garonne du 17 mars 2025 l'obligeant à quitter le territoire français. Le tribunal a jugé que la décision attaquée était suffisamment motivée, conformément au code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et que le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3 de la Convention européenne des droits de l'homme était inopérant. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions de M. A..., y compris celles relatives à l'aide juridictionnelle provisoire devenue sans objet.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :



Par une requête et un mémoire enregistrés les 23 avril et 24 juillet 2025, M. B... A..., représenté par Me Naciri, demande au tribunal :


1°) de l’admettre au bénéfice de l’aide juridictionnelle à titre provisoire ;


2°) d’annuler l’arrêté du 17 mars 2025 par lequel le préfet de la Haute-Garonne l’a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours ;


3°) d’enjoindre au préfet de la Haute-Garonne, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour portant la mention « vie privée et familiale » ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour retard et de lui délivrer, dans l’attente, une autorisation provisoire de séjour ;


4°) de mettre à la charge de l’État le versement d’une somme de 2 000 euros à son conseil en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ou, dans l'hypothèse où il ne serait pas admis définitivement au bénéfice de l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'État cette même somme sur le seul fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.


Il soutient que :

- la décision contestée est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation de sa situation personnelle au regard des dispositions de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors qu’il justifie de considérations humanitaires permettant la délivrance d’un titre de séjour.

Par deux mémoires en défense enregistrés les 15 juillet et 4 août 2025, le préfet de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.


Il fait valoir qu'aucun des moyens invoqués n'est fondé.


Par ordonnance du 5 août 2025, la clôture de l’instruction a été fixée au 19 août 2025.



Par une décision du 1er octobre 2025, M. A... a été admis au bénéfice de l’aide juridictionnelle totale.

Vu les autres pièces du dossier.


Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.


Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.


Les parties ont régulièrement été averties du jour de l’audience.


Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de M. Zouad ;
- et les observations de Me Naciri, représentant M. A....


Considérant ce qui suit :

M. A..., ressortissant afghan né le 4 août 1995 à Kaboul (Afghanistan), déclare être entré en France au cours du mois de mars 2023. Sa demande d’asile, enregistrée le 30 mai 2023, a été rejetée par une décision du 26 octobre 2023 de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides, confirmée par une décision de la Cour nationale du droit d'asile du 16 février 2024. Sa demande de réexamen, enregistrée le 1er juillet 2024, a été définitivement rejetée par une décision d’irrecevabilité de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides le 8 juillet 2024. Par l’arrêté attaqué du 17 mars 2025, le préfet de la Haute-Garonne l’a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours.






Sur l'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire :

Par une décision du bureau d’aide juridictionnelle du 1er octobre 2025, M. A... a été admis au bénéfice de l’aide juridictionnelle totale. Par suite, sa demande tendant à y être admis à titre provisoire est devenue sans objet. Il n’y a dès lors plus lieu d’y statuer.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En premier lieu, la décision portant obligation de quitter le territoire français vise les textes dont elle fait application, notamment le 4° de l’article L. 611-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ainsi que l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales. Elle retrace les conditions d’entrée et de séjour en France de M. A..., l’issue de sa demande d’asile et mentionne les principaux éléments relatifs à sa situation personnelle et familiale. Par suite, cette décision est suffisamment motivée.

En deuxième lieu, le moyen tiré de la méconnaissance de l’article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales est inopérant à l’encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français, qui n’a pas pour objet de fixer le pays à destination duquel le requérant pourrait être éloigné d’office. En tout état de cause, si M. A... se prévaut de risques en cas de retour dans son pays d’origine, il ressort de l’arrêté attaqué qu’aucune décision fixant le pays de renvoi n’a été édictée à l’encontre du requérant et que cette circonstance est sans incidence sur la légalité de la mesure d’éloignement. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l’article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

En troisième et dernier lieu, aux termes de l’article L. 613-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. Elle est édictée après vérification du droit au séjour, en tenant notamment compte de la durée de présence de l’étranger sur le territoire français, de la nature et de l’ancienneté de ses liens avec la France et des considérations humanitaires pouvant justifier un tel droit. ».

Il ressort des termes de la décision portant obligation de quitter le territoire français que préalablement à son édiction, le préfet a vérifié le droit au séjour de M. A... en tenant compte de la durée de sa présence en France, de la nature et de l’ancienneté de ses liens avec la France ainsi que d’éventuelles considérations humanitaires pouvant justifier un tel droit au séjour. En outre, les trois attestations de suivi de cours de français ainsi que les deux attestations de bénévolat qu’il produit, sont insuffisantes à elles-seules pour établir une intégration particulière sur le territoire français. Par suite, le moyen tiré de l’erreur manifeste d’appréciation de sa situation personnelle au regard des dispositions de l’article L. 613-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile doit être écarté.

Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d’annulation de l’arrêté du 17 mars 2025 doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction sous astreinte et celles tendant à l’application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991.




D E C I D E :



Article 1er : Il n’y a pas lieu de statuer sur la demande d’admission au bénéfice de l’aide juridictionnelle à titre provisoire présentée par M. A....

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera noB...hamed Ramin A..., à Me Naciri et au préfet de la Haute-Garonne.


Délibéré après l'audience du 3 décembre 2025, à laquelle siégeaient :
- M. Daguerre de Hureaux, président ;
- Mme Gigault, première conseillère ;
- M. Zouad, conseiller.


Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 décembre 2025.



Le rapporteur,
Bachir Zouad

Le président,
Alain Daguerre de Hureaux

La greffière,



Lison Dispagne

La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme :
La greffière en chef




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