lundi 2 juin 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2503142 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SÉRÉE DE ROCH |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 2 mai 2025, le syndicat de la confédération générale du travail (CGT) du centre hospitalier Gérard Marchant, Mme I A, Mme K J, Mme L E, Mme Q H, Mme M F, Mme D P, Mme B C et M. G O, représentés par Me Laffourcade, demandent au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution du " Guide 2025 de l'entretien annuel professionnel dans ses deux versions destinées à l'encadrement et aux agents, ensemble le tableau intitulé " campagne entretien professionnel 2025 - circuit évaluateurs " en tant qu'ils " régissent l'évaluation professionnelle annuelle des psychologues " ;
2°) d'enjoindre au centre hospitalier Gérard Marchant de tirer les conséquences de la suspension en organisant l'évaluation des psychologues de manière conforme aux garanties du statut de la fonction publique dans un délai d'un mois à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;
3°) de mettre à la charge du centre hospitalier Gérard Marchant le versement d'une somme de 2 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
en ce qui concerne la recevabilité :
- le syndicat CGT du centre hospitalier Gérard Marchant, dont la secrétaire générale est dûment habilitée à ester en justice, ainsi que Mmes A, J, E, H, F, C, P et M. O disposent de la capacité pour agir et justifient d'un intérêt à agir réel, légitime, personnel et certain ; le guide d'évaluation attaqué attribuant au médecin chef de service la responsabilité de l'entretien professionnel des psychologues porte atteinte à leur autonomie telle que prévue par le décret n° 91-129 du 31 janvier 1991 portant statut particulier des psychologues de la fonction publique hospitalière ;
en ce qui concerne la condition tenant à l'urgence :
- la condition d'urgence est remplie, les décisions attaquées fondant la campagne d'évaluation en cours, il y a urgence à les suspendre afin que les entretiens professionnels des agents puissent se dérouler dans un cadre conforme à la règlementation ;
- une annulation du guide d'entretien professionnel 2025 entraînerait nécessairement l'annulation de l'ensemble des évaluations professionnelles des psychologues du centre hospitalier réalisées, en application de ce guide, par le médecin chef de service ;
- l'évaluation professionnelle d'un agent hospitalier a des conséquences sur l'avancement en grade et influence sa promotion interne ; elle impacte également l'octroi de la prime de service perçue par l'agent hospitalier ; l'évaluation des psychologues a ainsi des conséquences immédiates et graves sur la carrière et la rémunération des agents concernés ;
- la tenue d'entretiens irréguliers nécessiterait de reconstituer l'évaluation de chacun des psychologues concernés et poserait ainsi des difficultés inextricables ; l'annulation du guide d'entretien professionnel 2025 après la campagne d'entretiens professionnels créerait une situation d'insécurité juridique hautement préjudiciable pour le déroulement de carrière des agents concernés et pourrait justifier de nombreuses actions en responsabilité à l'encontre du centre hospitalier ;
- la tenue des entretiens professionnels par le médecin chef de service porte une atteinte grave à l'autonomie des psychologues dans leur mise en œuvre des soins psychiques, les psychologues pouvant être incités à adopter une démarche de soin conforme à leurs attentes, mais s'éloignant des pratiques professionnelles préconisées par leur profession ; en outre, en portant atteinte à la qualité des soins prodigués, le guide d'évaluation professionnel 2025 impacte de facto les usagers du service public du centre hospitalier Marchant et, par suite, porte atteinte à un intérêt public ;
en ce qui concerne la condition tenant à l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité des décisions contestées :
- elles méconnaissent les dispositions des articles 3 et 6 du décret n° 2020-719 du 12 juin 2020 relative aux conditions générales de l'appréciation de la valeur professionnelle des fonctionnaires de la fonction publique hospitalière, la circulaire n° DGOS/RGSS/2012/181 du 30 avril 2012 et la note d'information n° DGOS/RH4/DGCS/2020/206 du 18 novembre 2020, dès lors qu'elles prévoient que l'évaluation des psychologues est réalisée par les médecins chefs de service et chefs de pôle, qui ne peuvent être considérés comme leur supérieur hiérarchique, et non par le chef d'établissement ou son représentant.
Par des mémoires en défense enregistrés les 14 et 16 mai 2025, le centre hospitalier Gérard Marchant, représenté par Me Serrée de Roch, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge des requérants la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
en ce qui concerne la recevabilité :
- le guide 2025 de l'entretien annuel professionnel et son tableau annexe ne sont pas des actes susceptibles de recours, car, étant de simples mesures d'ordre intérieur et n'étant pas des documents finaux, et étant susceptibles d'évoluer, ils ne font pas grief ; ils ne privent les psychologues de l'établissement d'aucun droit, en termes d'autonomie professionnelle comme en termes de carrière ; seules les évaluations individuelles sont susceptibles de recours ;
en ce qui concerne la condition tenant à l'urgence :
- les arguments avancés par les requérants ne permettent pas de démontrer en quoi le guide attaqué préjudicierait de manière suffisamment grave et immédiate à leur situation ou aux intérêts qu'ils entendent défendre ; ils ne justifient pas concrètement de l'urgence qui s'attacherait à la suspension des documents attaqués ;
- aucun des requérants n'a contesté les évaluations réalisées par les médecins chefs de service, dans les mêmes conditions, ces dernières années ; à supposer que le guide d'évaluation soit un acte susceptible de recours, les requérants pourront, s'ils souhaitent contester leur évaluation individuelle de l'année 2025, exciper de son illégalité ;
- les préjudices invoqués tenant à une atteinte à l'autonomie professionnelle, au risque de devoir refaire toutes les évaluations ainsi qu'à l'avancement en grade ou à la promotion interne ne sont pas en rapport avec l'objet des documents attaqués, qui est d'organiser le circuit d'évaluation ; à supposer que les préjudices invoqués soient réels, ils ne sont pas suffisamment graves ; les préjudices invoqués ne sont que potentiels, ne dépendant, in fine, que du contenu de l'évaluation ; si l'évaluation est menée par un chef de service, le visa final demeure toujours de la responsabilité de la direction des ressources humaines, par délégation du chef d'établissement ;
en ce qui concerne la condition tenant à l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité des décisions contestées :
- ni le code général de la fonction publique, ni le décret n° 2020-719 du 12 juin 2020, ne créent un régime d'évaluation distinct pour les psychologues ; si les psychologues bénéficient d'une autonomie professionnelle en vertu du décret n° 91-129 du 31 janvier 1991 portant statut particulier des psychologues de la fonction publique hospitalière, ils font partie des équipes de soins au sens des dispositions de l'article L. 1110-12 du code de la santé publique ; à supposer que le chef de service et/ou le chef de pôle ne soit pas en l'occurrence leur supérieur hiérarchique direct, il peut réaliser l'entretien professionnel et en préparer la synthèse, seule l'autorité investie du pouvoir de nomination, soit la direction, procédant à la signature terminale et rendant à l'évaluation son caractère définitif ; la circulaire n° DGOS/RGSS/2012/181 du 30 avril 2012 et la note d'information n° DGOS/RH4/DGCS/2020/206 du 18 novembre 2020 ne sont pas invocables par les intéressés.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête n° 2503117 enregistrée le 2 mai 2025 tendant à l'annulation des décisions contestées.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le code de la santé publique ;
- le décret n° 91-129 du 31 janvier 1991 ;
- le décret n° 2020-719 du 12 juin 2020 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Le Fiblec, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référés.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique du 21 mai 2025 à 10 heures en présence de Mme Fontan, greffière d'audience, M. Le Fiblec a lu son rapport et entendu :
- les observations de Me Laffourcade, représentant les requérants, et celles de M. N, élève-avocat, qui reprennent les moyens et conclusions développés dans la requête ;
- les observations de Me Puissant substituant Me Serrée de Roch, représentant le centre hospitalier Gérard Marchant, qui reprend, en les précisant, ses écritures.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Le centre hospitalier Gérard Marchant a publié le 25 mars 2025 la version 2025 du guide de l'entretien annuel professionnel, dans ses deux versions destinées à l'encadrement et aux agents accompagné du tableau intitulé " campagne entretien professionnel 2025 - circuit évaluateurs ". Le syndicat de la confédération générale du travail (CGT) du centre hospitalier Marchant, ainsi que Mme A, Mme J, Mme E, Mme H, Mme F, Mme P, Mme C et M. O, exerçant tous en qualité de psychologues au sein du centre hospitalier Gérard Marchant, demandent au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution du " Guide 2025 de l'entretien annuel professionnel dans ses deux versions destinées à l'encadrement et aux agents, ensemble le tableau intitulé " campagne entretien professionnel 2025 - circuit évaluateurs " en tant qu'ils " régissent l'évaluation professionnelle annuelle des psychologues ".
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ".
3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des éléments fournis par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.
4. Il ne résulte pas de l'instruction que l'application du " Guide 2025 de l'entretien annuel professionnel dans ses deux versions destinées à l'encadrement et aux agents, ensemble le tableau intitulé " campagne entretien professionnel 2025 - circuit évaluateurs ", dont l'objet est d'organiser le circuit d'évaluation, porterait atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à la situation des requérants en leur qualité de psychologues exerçant au sein du centre hospitalier Gérard Marchant ni aux intérêts que le syndicat CGT du centre hospitalier entend défendre. La condition d'urgence exigée par l'article L. 521-1 du code de justice administrative n'est donc en l'espèce pas remplie.
5. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin-de non-recevoir opposée en défense et de se prononcer sur la condition relative au doute sérieux, les conclusions à fin de suspension présentées par le syndicat CGT du centre hospitalier Marchant, ainsi que par Mme A, Mme J, Mme E, Mme H, Mme F, Mme P, Mme C et M. O doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
6. Le rejet des conclusions à fin de suspension n'implique aucune mesure particulière d'exécution. Les conclusions à fin d'injonction présentées par les requérants doivent dès lors être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
7. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de laisser à chacune des parties la charge des frais de l'instance.
ORDONNE :
Article 1er : La requête du syndicat de la confédération générale du travail du centre hospitalier Gérard Marchant, de Mme A, de Mme J, de Mme E, de Mme H, de Mme F, de MmePt, de Mme C et de M. O est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par le centre hospitalier Gérard Marchant au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée au syndicat de la confédération générale du travail du centre hospitalier Gérard Marchant, à Mme I A, à Mme K J, à Mme L E, à MmeQk H, à Mme M F, à Mme DPt, à Mme B C, à M. G O et au centre hospitalier Gérard Marchant.
Fait à Toulouse le 2 juin 2025.
Le juge des référés,
Briac LE FIBLEC
La greffière,
Maud FONTAN La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé, de la solidarité et des familles en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
ou par délégation la greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026