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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2504575

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2504575

jeudi 3 juillet 2025

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2504575
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantLACOMBE-LAREDJ

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Toulouse, saisi d’un recours en excès de pouvoir contre un arrêté préfectoral du 23 juin 2025 portant obligation de quitter le territoire français, sans délai, avec interdiction de retour de trois ans, a ordonné la transmission du dossier au Tribunal administratif de Montpellier. Cette décision est fondée sur les articles R. 922-17 et R. 922-4 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, ainsi que sur l’article R. 312-8 du code de justice administrative. Le tribunal a estimé que, la rétention administrative du requérant ayant pris fin, la compétence territoriale relevait désormais du tribunal du lieu de résidence de l’intéressé, situé dans l’Aude, ressort du tribunal de Montpellier.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 24 juin 2025 au greffe du tribunal administratif de Montpellier et transmise par une ordonnance n° 2504510 du 25 juin 2025 au tribunal administratif de Toulouse, M. A B, représenté par Me Laredj, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 23 juin 2025 par lequel le préfet de l'Aude l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans ;

2°) d'enjoindre au préfet de l'Aude de lui délivrer un certificat de résidence algérien portant la mention " vie privée et familiale ".

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Cuny, conseillère, pour statuer sur les demandes présentées au titre des articles L. 921-1, L. 921-2, L. 921-3, L. 921-4, L. 922-1 et L. 922-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 922-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le jugement est rendu, sans conclusions du rapporteur public, par le président du tribunal administratif ou le magistrat qu'il désigne à cet effet. / Les attributions dévolues par les dispositions réglementaires du code de justice administrative à la formation de jugement ou à son président sont exercées par ce magistrat. / Il peut, par ordonnance : () 2° Transmettre sans délai le dossier à la juridiction qu'il estime compétente ;(). ". Aux termes de l'article R. 922-4 du même code : " Lorsque l'étranger est assigné à résidence en application de l'article L. 731-1, placé ou maintenu en rétention administrative ou détenu au moment de l'introduction de sa requête, le tribunal administratif territorialement compétent est celui dans le ressort duquel est situé le lieu d'assignation, de rétention ou de détention. () ".

3. Aux termes de l'article R. 312-8 du code de justice administrative : " Les litiges relatifs aux décisions individuelles prises à l'encontre de personnes par les autorités administratives dans l'exercice de leurs pouvoirs de police relèvent de la compétence du tribunal administratif du lieu de résidence des personnes faisant l'objet des décisions attaquées à la date desdites décisions ". Aux termes de l'article R. 221-3 du même code : " Le siège et le ressort des tribunaux administratifs sont fixés comme suit () Montpellier : () Aude () ".

4. Il résulte des articles L. 921-2 et L. 921-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que le législateur a entendu organiser une procédure particulière afin que le juge administratif statue rapidement sur la légalité des mesures relatives à l'éloignement d'un étranger placé en rétention administrative. Lorsqu'il est mis fin, pour quelque raison que ce soit, à la rétention, le jugement des conclusions dont l'étranger avait saisi le tribunal dans le ressort duquel est situé le lieu de rétention ne relève plus de cette procédure. Dans un souci de bonne administration de la justice, le président de ce tribunal ou le magistrat désigné peut transmettre le dossier au tribunal dans le ressort duquel se trouve le lieu de résidence de l'étranger, notamment lorsque celui-ci dispose d'un domicile stable.

5. M. B a été placé au centre de rétention administrative de Cornebarrieu (Haute-Garonne) le 22 juin 2025. Par une ordonnance du 27 juin 2025, le vice-président du tribunal judiciaire de Toulouse a mis fin à sa rétention. Il ressort des pièces du dossier que l'intéressé réside dans le département de l'Aude, et plus particulièrement au 14 rue de l'Aigle d'or à Carcassonne (11000). Dans l'intérêt d'une bonne administration de la justice, il y a lieu de transmettre le dossier de la requête au tribunal administratif de Montpellier.

O R D O N N E :

Article 1er : Le dossier de la requête de M. B est transmis au tribunal administratif de Montpellier.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée au président du tribunal administratif de Montpellier, à M. A B, à Me Laredj et au préfet de l'Aude.

Fait à Toulouse, le 3 juillet 2025.

La magistrate désignée,

L. CUNY

La République mande et ordonne au préfet de l'Aude, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef,

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