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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2505424

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2505424

vendredi 1 août 2025

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2505424
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantVACARIE & DUVERNEUIL AVOCATS ASSOCIES

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Toulouse, statuant en référé, a rejeté la demande de Mme A, médecin, qui sollicitait la suspension de la décision du directeur de l’Agence Régionale de Santé (ARS) Occitanie du 7 juillet 2025 prononçant la suspension immédiate de son droit d’exercer. La requérante invoquait l’absence d’urgence, un défaut de procédure contradictoire, une motivation insuffisante et l’absence de preuve des faits reprochés. Le juge a rappelé que l’article L. 4113-14 du code de la santé publique, qui prévoit un référé spécifique de 48 heures, n’est pas entré en vigueur faute de décret d’application, mais que la requête pouvait être examinée sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative. La solution retenue est le rejet de la demande de suspension.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 28 juillet 2025, Mme B A, représentée par Me Vacarie, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative et de l'article L. 4113-14 du code de la santé publique :

1°) de suspendre l'exécution, dans un délai de quarante-huit heures, de la décision du 7 juillet 2025 du directeur de l'agence régionale de santé Occitanie portant suspension immédiate de son droit d'exercer en qualité de médecin ;

2°) de mettre à la charge de l'agence régionale de santé Occitanie une somme de 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

S'agissant de la condition tenant à l'urgence :

- il n'y a pas d'urgence à suspendre avec effet immédiat son droit d'exercer ;

s'agissant de la condition tenant à l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée :

- la décision attaquée n'est pas justifiée, dès lors qu'elle repose sur des faits survenus en 2024 n'ayant pas donné lieu à une suspension du conseil de l'ordre ;

- elle n'a pas été précédée d'une procédure contradictoire ;

- elle est entachée d'une insuffisance de motivation ;

- les faits qui lui sont reprochés ne sont pas prouvés ;

- le conseil de l'ordre ne s'est pas encore prononcé sur les faits qui lui sont reprochés pour l'année 2025.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête n° 2505236 enregistrée le 21 juillet 2025 tendant à l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- le code de la santé publique ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Soddu, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. D'une part, aux termes de l'article L. 4113-14 du code de la santé publique : " En cas d'urgence, lorsque la poursuite de son exercice par un médecin, un chirurgien-dentiste ou une sage-femme expose ses patients à un danger grave, le directeur général de l'agence régionale de santé dont relève le lieu d'exercice du professionnel prononce la suspension immédiate du droit d'exercer pour une durée maximale de cinq mois. Il entend l'intéressé au plus tard dans un délai de trois jours suivant la décision de suspension./ Le directeur général de l'agence régionale de santé dont relève le lieu d'exercice du professionnel informe immédiatement de sa décision le président du conseil départemental compétent et saisit sans délai le conseil régional ou interrégional lorsque le danger est lié à une infirmité, un état pathologique ou l'insuffisance professionnelle du praticien, ou la chambre disciplinaire de première instance dans les autres cas. Le conseil régional ou interrégional ou la chambre disciplinaire de première instance statue dans un délai de deux mois à compter de sa saisine. En l'absence de décision dans ce délai, l'affaire est portée devant le Conseil national ou la Chambre disciplinaire nationale, qui statue dans un délai de deux mois. A défaut de décision dans ce délai, la mesure de suspension prend fin automatiquement. /Le directeur général de l'agence régionale de santé dont relève le lieu d'exercice du professionnel informe également les organismes d'assurance maladie dont dépend le professionnel concerné par sa décision et le représentant de l'Etat dans le département. /Le directeur général de l'agence régionale de santé dont relève le lieu d'exercice du professionnel peut à tout moment mettre fin à la suspension qu'il a prononcée lorsqu'il constate la cessation du danger. Il en informe le conseil départemental et le conseil régional ou interrégional compétents et, le cas échéant, la chambre disciplinaire compétente, ainsi que les organismes d'assurance maladie et le représentant de l'Etat dans le département. /Le médecin, le chirurgien-dentiste ou la sage-femme dont le droit d'exercer a été suspendu selon la procédure prévue au présent article peut exercer un recours contre la décision du directeur général de l'agence régionale de santé dont relève le lieu d'exercice du professionnel devant le tribunal administratif, qui statue en référé dans un délai de quarante-huit heures. /Les modalités d'application du présent article sont définies par décret en Conseil d'Etat. ()/ "

2. A défaut de toute précision dans la loi en ce qui concerne, notamment, la nature des pouvoirs du juge des référés dont l'intervention est prévue par les dispositions citées ci-dessus du cinquième alinéa de l'article L. 4113-14 du code de la santé publique, ces dispositions n'ont pu entrer en vigueur en l'absence de définition de leurs modalités d'application par le décret en Conseil d'Etat prévu à l'avant-dernier alinéa de cet article. Toutefois, le praticien qui fait l'objet d'une décision prise sur le fondement de ces dispositions peut, s'il s'y croit fondé, saisir le tribunal administratif d'une demande d'annulation pour excès de pouvoir assortie, le cas échéant, d'une demande tentant à ce que, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, le juge des référés en suspende l'exécution, ou saisir le juge des référés sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative. Il dispose des mêmes voies de droit à l'encontre d'une décision par laquelle le directeur général de l'agence régionale de santé refuse d'abroger un arrêté pris, à son égard, sur le fondement de ces dispositions.

3. Il résulte de ce qui précède que la demande de Mme A, présentée sur le fondement des dispositions précitées, tendant à la suspension de l'exécution de la décision du directeur de l'agence régionale de santé Occitanie du 7 juillet 2025 portant suspension immédiate de son droit d'exercer la médecine en raison de l'existence d'un doute sérieux sur sa légalité, doit être regardée comme relevant des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.

4. D'autre part, aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ". Aux termes de l'article L. 522-1 du même code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique (). ". L'article L. 522-3 de ce même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

5. En l'état de l'instruction, aucun des moyens soulevés par Mme A, tels qu'ils ont été visés et analysés ci-dessus, n'est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision du 7 juillet 2025 du directeur de l'agence régionale de santé Occitanie portant suspension immédiate de son droit d'exercer en qualité de médecin. Par suite, il y a lieu, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition relative à l'urgence, de rejeter la présente requête selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 du code de justice administrative précité en toutes ses conclusions, en ce compris celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A.

Une copie en sera adressée à l'agence régionale de santé Occitanie.

Fait à Toulouse, le 1er août 2025.

La juge des référés,

N. SODDU

La République mande et ordonne au préfet de Haute-Garonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

la greffière en chef,

ou par délégation, la greffière,

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