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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2505973

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2505973

lundi 1 septembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2505973
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantSELARL SYLVAIN LASPALLES

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Toulouse a été saisi par M. D..., ressortissant ivoirien, d’un recours en excès de pouvoir contre une décision de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII) du 8 août 2025 lui refusant le bénéfice des conditions matérielles d’accueil. Le tribunal a rejeté l’ensemble des moyens soulevés par le requérant, estimant que la décision était suffisamment motivée, prise par une autorité compétente, et qu’elle ne méconnaissait pas les dispositions du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (CESEDA). En conséquence, la demande d’annulation de la décision de l’OFII a été rejetée.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 18 août 2025, M. A... D..., représentée par Me Laspalles, demande au tribunal :

1°) de l’admettre au bénéfice de l’aide juridictionnelle à titre provisoire ;

2°) d’annuler la décision du 8 août 2025 par laquelle l’Office français de l’immigration et de l’intégration a refusé de lui accorder le bénéfice des conditions matérielles d’accueil ;

3°) d’enjoindre à l’Office français de l’immigration et de l’intégration de lui accorder le bénéfice des conditions matérielles d’accueil et, s’agissant de l’allocation pour demandeur d’asile, de lui enjoindre de procéder à son paiement rétroactif à compter de la date d’enregistrement de sa demande d’asile ou à défaut, de procéder au réexamen de sa situation, dans un délai de huit jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l’Etat une somme de 2 000 euros à verser à son conseil en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991, et dans l'hypothèse où il ne serait pas admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale, de mettre à la charge de l'Etat cette même somme sur le seul fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que la décision attaquée :
- a été prise par une autorité incompétente ;
- est entachée d'un défaut de motivation ;
- a été prise au terme d’une procédure méconnaissant les dispositions de l’article L. 522-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- est entachée d’un défaut d’examen de sa situation personnelle ;
- l’Office français de l’immigration et de l’intégration s’est estimé à tort en situation de compétence liée ;
- est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation de sa situation et des conséquences qu’elle emporte sur celle-ci.

Par un mémoire en défense enregistré le 25 août 2025, l’Office français de l’immigration et de l’intégration conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens invoqués n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Gigault, première conseillère, pour statuer sur les demandes présentées au titre des articles L. 921-1, L. 921-2, L. 921-3, L. 921-4, L. 922-1 et L. 922-2 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.

Les parties ont régulièrement été averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de Mme Gigault,
- les observations de Me Hilaire substituant Me Laspalles, représentant M. D..., qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens,
- les observations de M. D..., qui répond aux questions de la magistrate désignée,
- l’Office français de l’immigration et de l’intégration n’étant ni présent, ni représenté.

La clôture de l’instruction a été prononcée à l’issue de l’audience.



Considérant ce qui suit :

M. D..., ressortissant ivoirien né le 1er avril 2006 à Abobo (Côte d’Ivoire), déclare être entrée en France le 1er février 2023. Il a sollicité son admission au bénéfice de l’asile le 24 mai 2024, laquelle a été définitivement rejetée par une décision du 28 avril 2025 de la Cour nationale du droit d’asile. Le 8 août 2025, M. D... a sollicité le réexamen de sa demande d’asile. Par une décision du même jour, dont il demande l’annulation, l’Office français de l’immigration et de l’intégration a refusé de lui octroyer le bénéfice des conditions matérielles d’accueil.

Sur l’admission au bénéfice de l’aide juridictionnelle à titre provisoire :

Aux termes de l’article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l’aide juridique : « Dans les cas d’urgence (…), l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président ». Il y a lieu, eu égard à l’urgence qui s’attache à ce qu’il soit statué sur la requête de l’intéressé, de prononcer son admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

Sur les conclusions à fin d’annulation :

En premier lieu, par une décision du 3 février 2025 régulièrement publiée, le directeur général de l’Office français de l'immigration et de l'intégration a donné délégation à
Mme B... C..., directrice territoriale de l’Office à Toulouse, à l’effet de signer notamment tout acte relevant du champ de compétence de la direction territoriale de Toulouse et en particulier les missions dévolues par la décision du directeur général de l’Office français de l'immigration et de l'intégration du 31 décembre 2013. Par suite, le moyen tiré de l’incompétence de l’auteur de la décision attaquée doit être écarté.

En deuxième lieu, la décision attaquée vise les dispositions des articles L. 551-15 et D. 551-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et indique qu’après examen de ses besoins et de sa situation personnelle et familiale, le bénéfice des conditions matérielles d’accueil est totalement refusé à M. D..., au motif qu’il présente une demande de réexamen de sa demande d’asile. Par suite, cette décision, qui expose les considérations de droit et de fait sur lesquelles elle se fonde, est suffisamment motivée.

En troisième lieu, aux termes de l’article L. 522-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « A la suite de la présentation d'une demande d'asile, l'Office français de l'immigration et de l'intégration est chargé de procéder, dans un délai raisonnable et après un entretien personnel avec le demandeur d'asile, à une évaluation de la vulnérabilité de ce dernier afin de déterminer, le cas échéant, ses besoins particuliers en matière d'accueil. Ces besoins particuliers sont également pris en compte s'ils deviennent manifestes à une étape ultérieure de la procédure d'asile. ».

Il ressort de la fiche d’évaluation de vulnérabilité du 8 août 2025, que M. D..., à la suite de l’enregistrement de sa demande d’asile, a bénéficié d’un entretien d’évaluation de vulnérabilité. Par suite, le moyen tiré du vice de procédure doit être écarté.

En quatrième lieu, il ne ressort ni des termes de la décision attaquée, ni des autres pièces du dossier que l’Office français de l'immigration et de l'intégration n’aurait pas procédé à un examen complet de la situation personnelle et familiale de M. D..., ni qu’il se serait estimé à tort en situation de compétence liée. Par suite, ces moyens doivent être écartés.

En cinquième et dernier lieu, aux termes de l’article L. 551-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile: « Les conditions matérielles d'accueil sont refusées, totalement ou partiellement, au demandeur, dans le respect de l'article 20 de la directive 2013/33/ UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la protection internationale, dans les cas suivants : (…) 3° Il présente une demande de réexamen de sa demande d'asile ; (…) La décision de refus des conditions matérielles d'accueil prise en application du présent article (…) prend en compte la vulnérabilité du demandeur. ». Aux termes de l’article D. 551-17 du même code : « La décision de refus des conditions matérielles d'accueil prise en application de l'article L. 551-15 (…) prend en compte la situation particulière et la vulnérabilité de la personne concernée (…) ».

M. D..., célibataire et sans enfants, déclare être dépourvu de ressources, isolé sur le territoire national et vivre à la rue. Il ajoute qu’il a essayé à plusieurs reprises, en vain, de contacter le 115 pour obtenir un hébergement d’urgence. Toutefois, il ne justifie ni avoir effectivement contacté le 115 depuis le 5 août 2025, date à laquelle il a quitté son hébergement, ni de la réponse qui lui aurait été apportée. En outre, à les supposer établies, les circonstances dont il se prévaut, bien que témoignant d’une situation de grande précarité, ne démontrent pas une situation de particulière vulnérabilité. Dans ces conditions, le moyen tiré de l’erreur manifeste d’appréciation de sa situation et des conséquences qu’elle emporte sur celle-ci doit être écarté.

Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de M. D... à fin d’annulation de la décision du 8 août 2025 par laquelle l’Office français de l’immigration et de l’intégration a refusé de lui accorder le bénéfice des conditions matérielles d’accueil, doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions à fin d’injonction et celles tendant à l’application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l’aide juridique.




D E C I D E :

Article 1er : M. D... est admis au bénéfice de l’aide juridictionnelle à titre provisoire.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A... D..., à Me Laspalles et à l’Office français de l’immigration et de l’intégration.


Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er septembre 2025.


La magistrate désignée,
S. GIGAULT

Le greffier,
B. ROETS


La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme :
La greffière en chef





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