Texte intégral
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête enregistrée le 2 octobre 2025 sous le n° 2507050 et un mémoire enregistré le 17 octobre 2025, M. B... A..., représentée par Me Tesseyre, demande au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de suspendre l’exécution de la décision du 2 juin 2025 du président de l'université Toulouse Capitole portant refus d'admission en première année de master droit des affaires, « Parcours droit des assurances (FOAD) », ensemble la décision de la même autorité du 5 septembre 2025 portant rejet de son recours gracieux et la nouvelle décision du 9 octobre 2025 ;
2°) d’enjoindre au président de l’université Toulouse Capitole de l’inscrire en première année de master droit des affaires « Parcours droit des assurances (FOAD) » ;
3°) de mettre à la charge de l’université de Toulouse Capitole la somme de 3 000 euros sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
en ce qui concerne la condition tenant à l’’urgence :
- il justifie de l’existence d’une situation d’urgence dès lors qu’il est privé de toute possibilité de poursuivre son parcours universitaire et qu’une inscription en master peut encore intervenir utilement, eu égard aux modalités d’organisation de l’enseignement à distance, lesquelles permettent un démarrage différé sans compromettre le suivi de la formation, et au fait que la rentrée universitaire 2025-2026 n’a débuté que depuis quelques semaines ; détenant un Bachelor Universitaire de Technologie (B.U.T), et non une licence générale dite classique, il n’a pas pu accéder à la procédure prévue à l’article R. 612-36-3 du code de l’éducation permettant aux candidats dont les candidatures en master ont été rejetées de saisir le recteur à fin d’obtenir au moins trois propositions d’admission ; par ailleurs, il démontre la cohérence, la constance et la crédibilité de son projet professionnel ; il a repris ses études à l’âge de 33 ans pour intégrer un B.U.T en carrières juridiques, obtenu avec un moyenne générale de 14,9/20 sur l’ensemble des cinq semestres, et a effectué un stage de six mois au sein d’un cabinet d’avocat, lequel l’a embauché en contrat à durée déterminée ; la circonstance qu’il n’ait pas pu intégrer de master à la rentrée universitaire 2024-2025 ne saurait atténuer la réalité de son préjudicie lequel est actuel, concret et immédiat ;
en ce qui concerne la condition tenant à l’existence d’un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée :
- la décision contestée du 2 juin 2025 est entachée d’un vice de procédure au regard des dispositions de l’article L. 212-1 du code des relations entre le public et l’administration, dès lors qu’elle ne comporte pas la signature de son auteur ;
- elle est entachée d’une insuffisance de motivation ; en s’abstenant de communiquer les motifs détaillés du refus d’admission en première année du master droit des affaires –parcours Droit des assurances (FOAD), alors qu’il en avait pourtant fait la demande dans le délai d’un mois, le président de l’Université Toulouse Capitole a méconnu l’obligation qui lui incombait en vertu de l’article D. 612-36-2-2 du code de l’éducation ; la décision du 5 septembre 2025 portant rejet de son recours gracieux, qui réitère le motif initial de rejet sans y apporter de précision supplémentaire, ne saurait ni régulariser le manquement commis par le président de l’Université, qui a méconnu les dispositions précitées, ni compenser l’insuffisance manifeste de motivation de la décision initiale ; les nouveaux motifs de refus, tiré de l’absence de compétences adéquates pour poursuivre la formation de master 1 droit des affaires – parcours droit des assurances (FOAD) au regard de la nature du diplôme qu’il détient, établis par la décision du 9 octobre 2025 retirant celle du 5 septembre 2025 et s’y substituant sont artificiels et opportunistes ;
- elles sont entachées d’un défaut d’examen ;
- elles sont entachées d’une erreur de fait ;
- les décisions contestées du 2 juin 2025 et du 5 septembre 2025 sont entachées d’une erreur de droit et d’une erreur manifeste d’appréciation ; il a été évincé de manière précipitée du processus d’admission, en méconnaissance des dispositions des articles D. 612-36-2-1 et D. 612-36-2-2 du code de l’éducation ; le rejet de sa candidature est intervenu, par la décision contestée du 2 juin 2025, dès la phase principale d’admission au motif de « résultants insuffisants au vu du niveau général des candidats », alors qu’à ce stade, seuls trois candidats avaient été admis ans cette formation, laissant ainsi 17 places vacantes sur 20 disponibles au début de la phase complémentaire ; il aurait dû, à tout le moins, faire l’objet d’un classement lui permettant d’être réexaminé en phase complémentaire ; un ou des désistements éventuels aurait pu ainsi lui permettre d’obtenir une place dans ce master ; par ailleurs, son parcours atteste d’une grande autonomie et d’une capacité d’organisation certaine ; ses relevés de notes attestent d’excellents résultats, avec une moyenne de 15,9/20 sur les cinq semestres, la responsable pédagogique du B.U.T ayant émis un avis très favorable à la poursuite de ses études ; il ne peut lui être opposé que sa candidature ne serait pas adaptée à un enseignement à distance alors qu’il a obtenu son B.U.T selon cette modalité.
Par un mémoire en défense enregistré le 16 octobre 2025, l’université Toulouse Capitole conclut au rejet de la requête et à ce qu’il soit mis à la charge du requérant une somme de 1 500 euros sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- elle produit, dans le cadre du présent mémoire, la décision du président de l’université de Toulouse Capitole du 9 octobre 2025 procédant au retrait de la décision du 5 septembre 2025 rejetant le recours gracieux du requérant et lui substituant une nouvelle décision, de sorte que son recours doit être désormais considéré comme porté à l’encontre de la décision du 9 octobre 2025 ;
en ce qui concerne la condition tenant à l’urgence :
- le requérant ne démontre pas que les décisions contestées compromettraient l’existence d’un projet professionnel cohérent ; le diplôme dont il réclame le bénéfice étant un « bachelor universitaire de technologie » (B.U.T), soit en réalité une licence professionnelle, qui se trouve exclu du champ de l’article L. 612-6 du code de l’éducation et du droit à la poursuite des études qu’il consacre et qui bénéficie aux étudiants titulaires d’un licence dite « générale » ; en outre, le requérant ayant interrompu son parcours universitaire depuis la rentrée universitaire 2024-2025, les décisions contestée ne mettent pas « un coup d’arrêt » à son cursus universitaire, ce qui fait obstacle à la reconnaissance de l’immédiateté du préjudice ; enfin, si le requérant invoque des expériences dans le domaine juridique et une motivation renouvelée, il ne justifie ni d’un engagement professionnel précis à court terme, ni de la nécessité absolue d’accéder à la formation visée pour son avenir professionnel ;
en ce qui concerne la condition tenant à l’existence d’un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée :
- la décision contestée du 2 juin 2025 n’est pas entachée d’un vice de procédure au regard des dispositions de l’article L. 212-1 du code des relations entre le public et l’administration ; cette décision n’est, par application de l’exception prévue par les dispositions du 1° de l’article L. 212-2 du même code, pas soumise à l’obligation de comporter la signature de son auteur, dès lors qu’elle a été notifiée par l’intermédiaire du téléservice « Mon Master » ; la seule mention de l’identité et de la qualité du signataire suffit à assurer le respect des dispositions invoquées ;
- cette décision n’est pas entachée d’une insuffisance de motivation ; cette décision était suffisamment motivée dès lors qu’elle faisait état de l’insuffisance des résultats obtenus par l’intéressé compte tenu du niveau général des autres candidats ; en outre, la décision de rejet du recours gracieux du requérant rappelle, avec plus de précisions, le motif du refus d’admission dans le master ambitionné ;
- les décisions contestées ne sont pas entachées d’une erreur de droit au regard des dispositions des articles D. 612-36-2-1 et D. 612-36-2-2 du code de l’éducation ; aucune dispositions législative ou réglementaire n’impose aux universités d’inscrire les candidats non retenus dès la phase initiale sur une liste complémentaire ; au contraire, l’article R. 612-36-3 du code précité évoque la possibilité qu’un candidat puisse tout à la fois ne pas être admis sur la liste principale et ne pas être placé sur liste complémentaire ; le requérant ne peut bénéficier d’aucun droit à se voir inscrit sur liste complémentaire, de sorte qu’il ne saurait utilement se prévaloir des désistements qui ont pu se produire ;
- les décisions contestées ne sont pas entachées d’une erreur manifeste d’appréciation ; le requérant s’abstient de tout développement relatif à une telle erreur dans la mise en œuvre des dispositions du code de l’éducation, de sorte que le moyen est en réalité dépourvu de tout substance.
II. Par une requête enregistrée le 2 octobre 2025 sous le n° 2507051 et un mémoire enregistré le 17 octobre 2025, M. B... A..., représentée par Me Tesseyre, demande au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de suspendre l’exécution de la décision du 2 juin 2025 du président de l'université Toulouse Capitole portant refus d'admission en première année de master droit des affaires, « Parcours droit des entreprises (FOAD) », ensemble la décision de la même autorité du 5 septembre 2025 portant rejet de son recours gracieux et la nouvelle décision du 9 octobre 2025 ;
2°) d’enjoindre au président de l’université Toulouse Capitole de l’inscrire en première année de master droit des affaires « Parcours droit des entreprises (FOAD) » ;
3°) de mettre à la charge de l’autorité administrative la somme de 3 000 sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
en ce qui concerne la condition tenant à l’’urgence :
- il justifie de l’existence d’une situation d’urgence dès lors qu’il est privé de toute possibilité de poursuivre son parcours universitaire et qu’une inscription en master peut encore intervenir utilement, eu égard aux modalités d’organisation de l’enseignement à distance, lesquelles permettent un démarrage différé sans compromettre le suivi de la formation, et au fait que la rentrée universitaire 2025-2026 n’a débuté que depuis quelques semaines ; détenant un Bachelor Universitaire de Technologie (B.U.T) et non une licence générale dite classique, il n’a pas pu accéder à la procédure prévue à l’article R. 612-36-3 du code de l’éducation permettant aux candidats dont les candidatures en master ont été rejetées de saisir le recteur à fin d’obtenir au moins trois propositions d’admission ; par ailleurs, il démontre la cohérence, la constance et la crédibilité de son projet professionnel ; il a repris ses études à l’âge de 33 ans pour intégrer un B.U.T en carrières juridiques, obtenu avec un moyenne générale de 14,9/20 sur l’ensemble des cinq semestres, et a effectué un stage de six mois au sein d’un cabinet d’avocat, lequel l’a embauché en contrat à durée déterminée ; la circonstance qu’il n’ait pas pu intégrer de master à la rentrée universitaire 2024-2025 ne saurait atténuer la réalité de son préjudicie lequel est actuel, concret et immédiat ;
en ce qui concerne la condition tenant à l’existence d’un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée :
- la décision contestée du 2 juin 2025 est entachée d’un vice de procédure au regard des dispositions de l’article L. 212-1 du code des relations entre le public et l’administration, dès lors qu’elle ne comporte pas la signature de son auteur ;
- elle est entachée d’une insuffisance de motivation ; en s’abstenant de communiquer les motifs détaillés du refus d’admission en première année du master droit des affaires –parcours Droit des entreprises (FOAD), alors qu’il en avait pourtant fait la demande dans le délai d’un mois, le président de l’Université Toulouse Capitole a méconnu l’obligation qui lui incombait en vertu de l’article D. 612-36-2-2 du code de l’éducation ; la décision du 5 septembre 2025 portant rejet de son recours gracieux, qui réitère le motif initial de rejet sans y apporter de précision supplémentaire, ne saurait ni régulariser le manquement commis par le président de l’Université, qui a méconnu les dispositions précitées, ni compenser l’insuffisance manifeste de motivation de la décision initiale ; les nouveaux motifs de refus, tiré de l’absence de compétences adéquates poursuivre la formation de master 1 droit des affaires – parcours droit des entreprises (FOAD) au regard de la nature du diplôme qu’il détient, établis par la décision du 9 octobre 2025 retirant celle du 5 septembre 2025 et s’y substituant sont artificiels et opportunistes ;
- elles sont entachées d’un défaut d’examen ;
- elles sont entachées d’une erreur de fait ;
- les décisions contestées du 2 juin 2025 et du 5 septembre 2025 sont entachées d’une erreur de droit et d’une erreur manifeste d’appréciation ; il a été évincé de manière précipitée du processus d’admission, en méconnaissance des dispositions des articles D. 612-36-2-1 et D. 612-36-2-2 du code de l’éducation ; le rejet de sa candidature est intervenu, par la décision contestée du 2 juin 2025, dès la phase principale d’admission au motif de « résultants insuffisants au vu du niveau général des candidats » ; il aurait dû, à tout le moins, faire l’objet d’un classement lui permettant d’être réexaminé en phase complémentaire ; un ou des désistements éventuels aurait pu ainsi lui permettre d’obtenir une place dans ce master ; par ailleurs, son parcours atteste d’une grande autonomie et d’une capacité d’organisation certaine ; ses relevés de notes attestent d’excellents résultats, avec une moyenne de 15,9/20 sur les cinq semestres, la responsable pédagogique du B.U.T ayant émis un avis très favorable à la poursuite de ses études ; il ne peut lui être opposé que sa candidature ne serait pas adaptée à un enseignement à distance alors qu’il a obtenu son B.U.T selon cette modalité.
Par un mémoire en défense enregistré le 16 octobre 2025, l’université Toulouse Capitole conclut au rejet de la requête et à ce qu’il soit mis à la charge du requérant une somme de 1 500 euros sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- elle produit, dans le cadre du présent mémoire, la décision du président de l’université de Toulouse Capitole du 9 octobre 2025 procédant au retrait de la décision du 5 septembre 2025 rejetant le recours gracieux du requérant et lui substituant une nouvelle décision, de sorte que son recours doit être désormais considéré comme porté à l’encontre de la décision du 9 octobre 2025 ;
en ce qui concerne la condition tenant à l’urgence :
- le requérant ne démontre pas que les décisions contestées compromettraient l’existence d’un projet professionnel cohérent ; le diplôme dont il réclame le bénéfice étant un « bachelor universitaire de technologie » (B.U.T), soit en réalité une licence professionnelle, qui se trouve exclu du champ de l’article L. 612-6 du code de l’éducation et du droit à la poursuite des études qu’il consacre et qui bénéficie aux étudiants titulaires d’un licence dite « générale » ; en outre, le requérant ayant interrompu son parcours universitaire depuis la rentrée universitaire 2024-2025, les décisions contestée ne mettent pas « un coup d’arrêt » à son cursus universitaire, ce qui fait obstacle à la reconnaissance de l’immédiateté du préjudice ; enfin, si le requérant invoque des expériences dans le domaine juridique et une motivation renouvelée, il ne justifie ni d’un engagement professionnel précis à court terme, ni de la nécessité absolue d’accéder à la formation visée pour son avenir professionnel ;
en ce qui concerne la condition tenant à l’existence d’un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée :
- la décision contestée du 2 juin 2025 n’est pas entachée d’un vice de procédure au regard des dispositions de l’article L. 212-1 du code des relations entre le public et l’administration ; cette décision n’est, par application de l’exception prévue par les dispositions du 1° de l’article L. 212-2 du même code, pas soumise à l’obligation de comporter la signature de son auteur, dès lors qu’elle a été notifiée par l’intermédiaire du téléservice « Mon Master » ; la seule mention de l’identité et de la qualité du signataire suffit à assurer le respect des dispositions invoquées ;
- cette décision n’est pas entachée d’une insuffisance de motivation ; cette décision était suffisamment motivée dès lors qu’elle faisait état de l’insuffisance des résultats obtenus par l’intéressé compte tenu du niveau général des autres candidats ; en outre, la décision de rejet du recours gracieux du requérant rappelle, avec plus de précisions, le motif du refus d’admission dans le master ambitionné ;
- les décisions contestées ne sont pas entachées d’une erreur de droit au regard des dispositions des articles D. 612-36-2-1 et D. 612-36-2-2 du code de l’éducation ; aucune dispositions législative ou réglementaire n’impose aux universités d’inscrire les candidats non retenus dès la phase initiale sur une liste complémentaire ; au contraire, l’article R. 612-36-3 du code précité évoque la possibilité qu’un candidat puisse tout à la fois ne pas être admis sur la liste principale et ne pas être placé sur liste complémentaire ; le requérant ne peut bénéficier d’aucun droit à se voir inscrit sur liste complémentaire, de sorte qu’il ne saurait utilement se prévaloir des désistements qui ont pu se produire ;
- les décisions contestées ne sont pas entachées d’une erreur manifeste d’appréciation ; le requérant s’abstient de tout développement relatif à une telle erreur dans la mise en œuvre des dispositions du code de l’éducation, de sorte que le moyen est en réalité dépourvu de tout substance.
Vu :
- les autres pièces des dossiers ;
- les requêtes nos 2507034 et 2507039, enregistrées le 2 octobre 2025, tendant à l’annulation des décisions contestées.
Vu :
- le code de l’éducation ;
- le code des relations entre le public et l’administration ;
- l'arrêté du 13 janvier 2025 portant homologation du téléservice national dénommé MonMaster, publié au bulletin officiel de l'enseignement supérieur et de la recherche n° 5 du 30 janvier 2025 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Le Fiblec, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Au cours de l’audience publique du 17 octobre 2025 à 10 heures en présence de Mme Fontan, greffière d’audience, M. Le Fiblec a lu son rapport et a entendu :
- les observations de Me René, substituant Me Tesseyre, représentant M. A..., qui reprend l’ensemble de ses écritures ;
- et les observations de Me Groslambert, représentant l’université de Toulouse Capitole, qui reprend également l’ensemble de ses écritures.
La clôture de l’instruction a été prononcée à l’issue de l’audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A..., titulaire depuis 2004 d’un bachelor universitaire de technologie (B.U.T) en carrières juridiques, parcours « entreprises et associations, obtenu à l’IUT 2 de l’Université Grenoble Alpes, a présenté des candidatures aux fins d’intégrer le master droit des affaires, « Parcours droit des assurances (FOAD) et master droit des affaires, » Parcours droit des entreprises (FOAD), au titre de l’année universitaire 2025-2026, proposés par l’université de Toulouse Capitole. Par des décisions du 2 juin 2025, le président de l’Université de Toulouse Capitole a rejeté ces candidatures. M. A... a présenté, le 1er août 2025, des recours gracieux contre ces décisions, qui ont été explicitement rejetés par des décisions du président de l’Université Toulouse Capitole du 5 septembre 2025. Par des courriers du 9 octobre 2025, cette même autorité a procédé à un nouvel examen de ses recours gracieux et confirmé le rejet de ses demandes d’admission. M. A... demande au juge des référés, dans le dernier état de ses écritures, sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l’exécution des décisions précitées du 2 juin 2025, du 5 septembre 2025 et du 9 octobre 2025.
Sur la jonction :
2. Les requêtes n° 2507050 et n° 2507051 présentant à juger les mêmes questions et ayant fait l’objet d’une instruction commune, il y a lieu de les joindre pour y statuer par une seule ordonnance.
Sur l’étendue du litige :
3. Lorsqu’une décision administrative faisant l’objet d’un recours contentieux est retirée en cours d’instance pour être remplacée par une décision ayant la même portée, le recours doit être regardé comme tendant également à l’annulation de la nouvelle décision. Lorsque le retrait a acquis un caractère définitif, il n’y a plus lieu de statuer sur les conclusions dirigées contre la décision initiale, qui ont perdu leur objet. Le juge doit, en revanche, statuer sur les conclusions dirigées contre la nouvelle décision.
4. Il ressort des pièces du dossier que postérieurement à l’introduction de la requête, le président de l’université de Toulouse Capitole doit être regardé comme ayant, par des décisions du 9 octobre 2025, retiré implicitement ses décisions de rejet des recours gracieux du requérant du 5 septembre 2025 et comme ayant pris des nouvelles décisions de rejet de ces recours gracieux. Par suite, alors même que le retrait ne serait pas définitif, il n’y a pas lieu de statuer, compte tenu de l’office du juge des référés, sur les conclusions à fin de suspension des décisions du 5 septembre 2025.
Sur le surplus des conclusions présentées au titre de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :
5. Aux termes de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. / Lorsque la suspension est prononcée, il est statué sur la requête en annulation ou en réformation de la décision dans les meilleurs délais. La suspension prend fin au plus tard lorsqu'il est statué sur la requête en annulation ou en réformation de la décision ».
6. Aucun des moyens invoqués par M. A..., tels qu’ils ont été visés ci-dessus et analysés, n’est de nature, en l’état de l’instruction, à créer un doute sérieux sur la légalité des décisions contestées. Il y a dès lors lieu, sans qu’il soit besoin de se prononcer sur la condition relative à l’urgence, de rejeter les conclusions de M. A... tendant à la suspension de l’exécution de ces décisions et, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d’injonction.
Sur les frais liés à l’instance :
7. Les dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du défendeur, qui n’est pas partie perdante dans la présente instance, la somme que M. A... demanderait au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. Il n’y a pas lieu dans les circonstances de l’espèce de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de M. A... la somme que l’université de Toulouse Capitole demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : Il n’y a pas lieu de statuer sur les conclusions des requêtes dirigées contre les décisions du 5 septembre 2025.
Article 2 : Le surplus des conclusions des requêtes est rejeté.
Article 3 : Les conclusions de l’université de Toulouse Capitole présentées sur le fondement des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A... et à l’université de Toulouse Capitole.
Fait à Toulouse, le 29 octobre 2025.
Le juge des référés,
Briac LE FIBLEC
La greffière,
Maud FONTAN
La République mande et ordonne au ministre de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’espace, en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
la greffière en chef,
ou par délégation, la greffière,