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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2507403

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2507403

lundi 20 octobre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2507403
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantGONTIER

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Toulouse a rejeté comme irrecevable la requête de M. A... contestant un arrêté préfectoral du 31 juillet 2023 (refus de renouvellement de titre de séjour, obligation de quitter le territoire). La requête a été jugée tardive car enregistrée le 19 octobre 2025, soit bien après l'expiration du délai de recours de trente jours suivant la notification de l'arrêté le 3 août 2023. Cette irrecevabilité manifeste, fondée sur les articles L. 614-5 et R. 776-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, a conduit au rejet de l'ensemble des conclusions de M. A....

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 19 octobre 2025, M. B... A..., représenté par Me Gontier, demande au tribunal :

1°) de l’admettre au bénéfice de l’aide juridictionnelle à titre provisoire ;

2°) d’annuler l’arrêté du 31 juillet 2023 par lequel le préfet de Tarn-et-Garonne a rejeté sa demande de renouvellement de titre de séjour, l’a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi ;

3°) d’enjoindre au préfet de Tarn-et-Garonne, à titre principal, de lui délivrer le titre de séjour sollicité, et à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation, dans un délai d’un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, et, dans l’attente, de lui délivrer sans délai une autorisation de séjour l’autorisant à travailler, sous astreinte de 100 euros par jour retard ;

4°) de mettre à la charge de l’Etat le versement à son conseil d’une somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Et dans l’hypothèse où il ne serait pas admis au bénéfice de l’aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l’Etat cette même somme sur le seul fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile,
- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Gigault, première conseillère, pour statuer sur les demandes présentées au titre des articles L. 921-1, L. 921-2, L. 921-3, L. 921-4, L. 922-1 et L. 922-2 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.

Considérant ce qui suit :

1. D’une part, aux termes de l'article R. 922-17 du code de justice administrative : « Les jugements sont rendus, sans conclusions du rapporteur public, par le président du tribunal administratif ou le magistrat qu'il désigne à cet effet. / Les attributions dévolues par les dispositions réglementaires du code de justice administrative à la formation de jugement ou à son président sont exercées par ce magistrat. Il peut, par ordonnance : (…) 4° Rejeter les recours entachés d'une irrecevabilité manifeste non susceptible d'être couverte en cours d'instance. ».

2. D’autre part, l’article L. 614-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile dans sa rédaction applicable à la décision en litige dispose que : « L'étranger qui fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français peut, dans les conditions et délais prévus au présent chapitre, demander au tribunal administratif l'annulation de cette décision, ainsi que l'annulation de la décision relative au séjour, de la décision relative au délai de départ volontaire et de la décision d'interdiction de retour sur le territoire français qui l'accompagnent le cas échéant. / Les dispositions du présent chapitre sont applicables au jugement de la décision fixant le pays de renvoi contestée en application de l'article L. 721-5 et de la décision d'assignation à résidence contestée en application de l'article L. 732-8 ». Aux termes de l’article L. 614-5 du même code dans sa rédaction applicable à la décision en litige : « Lorsque la décision portant obligation de quitter le territoire français prise en application des 1°, 2° ou 4° de l'article L. 611-1 est assortie d'un délai de départ volontaire, le président du tribunal administratif peut être saisi dans le délai de quinze jours suivant la notification de la décision. (…) ». Aux termes de l’article R. 776-2 du code de justice administrative alors en vigueur : « Conformément aux dispositions de l'article L. 614-5 du même code, la notification d'une obligation de quitter le territoire français avec délai de départ volontaire, prise en application des 1°, 2° ou 4° de l'article L. 611-1 du même code, fait courir un délai de quinze jours pour contester cette obligation ainsi que les décisions relatives au séjour, au délai de départ volontaire, au pays de renvoi et à l'interdiction de retour notifiées simultanément. (…) ». Et aux termes, enfin, de l’article R. 776-5 du même code alors en vigueur : « II. – Les délais de quarante-huit heures mentionnés aux articles R. 776-2 et R. 776-4 et les délais de quinze jours mentionnés aux articles R. 776-2 et R. 776-3 ne sont susceptibles d'aucune prorogation. »

3. Il ressort des pièces du dossier que l’arrêté attaqué du 31 juillet 2023 portant refus de renouvellement de la carte de séjour de l’intéressé, prononçant une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays de renvoi, a été notifié à M. A... le 3 août 2023. L’arrêté mentionnait que l’intéressé disposait d’un délai de trente jours pour contester la légalité de l’acte devant le tribunal administratif de Toulouse et a été notifié à la dernière adresse déclarée par M. A.... Dans ces conditions, la demande de M. A... tendant à l’annulation dudit arrêté, qui n’a été enregistrée que le 19 octobre 2025 auprès du tribunal administratif de Toulouse, soit après expiration du délai de recours de trente jours, est tardive et est, par suite, entachée d’une irrecevabilité manifeste non-susceptible d’être couverte en cours d’instance. Elle doit, dès lors, être rejetée en toutes ses conclusions.

O R D O N N E :


Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A..., à Me Gontier et au préfet de Tarn-et-Garonne.


Fait à Toulouse, le 20 octobre 2025.


La magistrate désignée,



S. GIGAULT


La République mande et ordonne au préfet de Tarn-et-Garonne, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme :
La greffière en chef,

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