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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2507503

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2507503

mercredi 5 novembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2507503
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantROUSSELOT

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Toulouse, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de la décision « 48 SI » du 5 août 2025 par laquelle le ministre de l'intérieur a invalidé le permis de conduire de M. A... pour solde de points nul. Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas remplie, car le requérant n'a pas démontré l'impossibilité de recourir à des solutions alternatives pour ses déplacements professionnels, malgré ses horaires atypiques. Par conséquent, la requête a été rejetée sans qu'il soit nécessaire d'examiner les moyens soulevés, notamment le défaut d'information préalable prévu aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 23 octobre 2025, M. B... A..., représenté par Me Rousselot, demande au juge des référés :

1°) d’ordonner, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision référencée « 48 SI » du 5 août 2025 par laquelle le ministre de l'intérieur a invalidé son permis de conduire pour solde de points nul ainsi que les décisions de retrait de points consécutives aux infractions commises les 24 septembre 2019, 12 mars 2020, 24 juillet 2021, 20 avril 2022, 9 et 24 août 2022, 1er février 2023 et 6 février 2023 à 10h09 et à 10h30, des 20 et 21 janvier 2023, 2 février 2023, 5 février 2023, 15 février 2023, 5 et 7 mars 2023, 10 et 15 mars 2023, 28 mars 2023, 22 avril 2023, 11 juin 2023, 22 septembre 2023, 25 août 2023, 10 et 26 octobre 2023, 23 décembre 2023, 2 janvier 2024, 20 et 26 janvier 2024, 25 février 2024, 8 mars 2024, 29 mars 2024, 10 et 12 avril 2024, 22 avril 2024, 31 mai 2024 , 23 juillet 2024, 28 août 2024, 3 et 6 septembre 2024 ;

2°) de mettre à la charge de l’Etat une somme de 1 500 euros en application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition d’urgence est satisfaite dès lors que, en raison des fonctions d’ « intégrateur cabine avion » qu’il occupe au sein de la société Daher Industriel Services, il doit se déplacer sur le territoire national, ainsi qu’à l’étranger et que, du fait d’horaires atypiques comme en raison de la localisation de son lieu de résidence, il ne peut recourir à l’aide d’un tiers pour assurer les trajets qu’il doit accomplir ;


- les moyens qu’il soulève sont propres à créer un doute sérieux quant à la légalité des décisions attaquées, dès lors que :

il a contesté les différentes infractions qui lui sont reprochées auprès de l’officier du ministère public compétent ;
il n’a pas reçu l’information relative au permis à points au moment de la constatation des infractions, en méconnaissance des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route.


Vu :
- la requête en annulation n° 2507525 enregistrée le 23 octobre 2025 ;
- les autres pièces du dossier.


Vu
- le code des relations entre le public et l’administration ;
- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. A... a commis plusieurs infractions au code de la route, ayant entraîné une succession de retraits de points sur son permis de conduire. Par une décision référencée « 48SI » du 5 août 2025, le ministre de l’intérieur lui a notifié le dernier retrait de points, a récapitulé les décisions de retrait de points antérieures, a constaté un solde de points nul et la perte pour l’intéressé du droit de conduire un véhicule et lui a enjoint de restituer son permis de conduire à l’autorité préfectorale, dans un délai de dix jours. Par la requête susvisée, le requérant demande au juge des référés d’ordonner, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision référencée « 48 SI » du 5 août 2025 par laquelle le ministre de l'intérieur a invalidé son permis de conduire pour solde de points nul ainsi que les décisions de retrait de points consécutives aux infractions commises les 24 septembre 2019, 12 mars 2020, 24 juillet 2021, 20 avril 2022, 9 et 24 août 2022, 1er février 2023 et 6 février 2023 à 10h09 et à 10h30, 20 et 21 janvier 2023, 2 février 2023, 5 février 2023, 15 février 2023, 5 et 7 mars 2023, 10 et 15 mars 2023, 28 mars 2023, 22 avril 2023, 11 juin 2023, 22 septembre 2023, 25 août 2023, 10 et 26 octobre 2023, 23 décembre 2023, 2 janvier 2024, 20 et 26 janvier 2024, 25 février 2024, 8 mars 2024, 29 mars 2024, 10 et 12 avril 2024, 22 avril 2024, 31 mai 2024 , 23 juillet 2024, 28 août 2024, 3 et 6 septembre 2024.

2. Aux termes de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision (...) ». Selon le premier alinéa de l’article R. 522-1 du même code : « La requête visant au prononcé de mesures d’urgence doit ( … ) justifier de l’urgence de l’affaire (…) ». Aux termes de l’article L. 522-1 de ce même code : « Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique (...) ». Toutefois, selon l’article L. 522-3 du même code : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ».
3. L’urgence justifie que soit prononcée la suspension d’un acte administratif lorsque son exécution porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu’il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d’une demande tendant à la suspension d’une telle décision, d’apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l’exécution de la décision soit suspendue.
4. Le requérant soutient que la condition d’urgence est satisfaite dès lors que, en raison des fonctions d’ « intégrateur cabine avion » qu’il occupe au sein de la société Daher Industriel Services, il doit se déplacer sur le territoire national, ainsi qu’à l’étranger et que, du fait d’horaires atypiques comme en raison de la localisation de son lieu de résidence, il ne peut recourir à l’aide d’un tiers pour assurer les trajets qu’il doit accomplir. Toutefois, si la décision par laquelle le ministre de l'intérieur a informé le requérant de la perte de validité de son permis de conduire et lui a enjoint de restituer ce titre porte une atteinte grave et immédiate à l'exercice de sa profession d’ « intégrateur cabine avion », elle répond, eu égard à la gravité et au caractère répété des infractions au code de la route commises par l'intéressé sur une brève période de temps, à des exigences de protection et de sécurité routière. Dans ces conditions, la condition d'urgence, qui doit s'apprécier objectivement et globalement, n'est pas remplie. Par suite, il y a lieu de faire application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative et de rejeter la requête, sans qu’il soit besoin de rechercher si la condition tenant à l’existence de moyens propres à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision en cause est en l’espèce satisfaite.
ORDONNE :


Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A....

Fait à Toulouse, le 5 novembre 2025.

La présidente, juge des référés,




Fabienne Billet-Ydier

La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme :
La greffière en chef ou, par délégation, la greffière,

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