lundi 5 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2005576 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL INTERBARREAUX RACINE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire en réplique, enregistrés les 2 décembre 2020 et 31 janvier 2022, Mme D B, représentée par Me Bach, avocat, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision implicite de rejet du 4 décembre 2020 née du silence de l'EHPAD de la Résidence de la Porte d'Aquitaine, sur sa demande d'indemnisation provisionnelle préalable notifiée le 04 août 2020 ;
2°) de condamner l'EHPAD à lui payer la somme provisionnelle de 173 106,50 euros, somme à parfaire en cours de procédure à valoir sur la réparation de son entier préjudice, et d'assortir cette somme des intérêts au taux légal à compter de la demande de réparation notifiée le 4 août 2020 ainsi que de la capitalisation de ces derniers à la date anniversaire ;
3°) de mettre les frais d'expertise taxés à la somme de 4 656 euros par ordonnance du 11 mai 2020 dans la procédure n° 1704576 à la charge de l'EHPAD ;
4°) de mettre à la charge de l'EHPAD la somme de 3 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle a été victime d'un accident de service le 3 avril 2010 qui a eu d'importantes répercussions sur son état de santé ;
- la responsabilité sans faute de l'EHPAD est engagée ;
- elle a subi des pertes de gains professionnels ;
- son état nécessite l'aide d'une tierce personne ;
- elle a subi un déficit fonctionnel temporaire, des souffrances, un préjudice esthétique,
Par un mémoire en défense, enregistré le 31 décembre 2021, l'établissement public administratif Résidence La Porte d'Aquitaine, représenté par la SELARL interbarreaux Racine, conclut :
1°) au rejet de la demande relative au préjudice professionnel et à celle relative à l'assistance d'une tierce personne ;
2°) à ce que l'indemnisation des préjudices soit ramenée à de plus justes proportions ;
3°) à la mise à la charge de Mme B d'une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- il n'a commis aucune faute ;
- l'assistance d'une tierce personne est contestable alors que son assurance a déjà pris en charge une partie de cette dépense ;
- la somme demandée au titre du déficit fonctionnel temporaire est en décalage avec les sommes habituellement retenues par les juridictions administratives.
Vu
- l'ordonnance du 11 mai 2020 par laquelle le président du tribunal administratif de Bordeaux a taxé et liquidé les frais de l'expertise réalisée par le docteur C E, à la somme de 4 656 euros et le rapport d'expertise ;
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Delvolvé, président-rapporteur,
- les conclusions de Mme Passerieux, rapporteure publique,
- les observations de Me Bach, représentant Mme B ;
- et les observations de Me Dupeyron, représentant l'EHPAD la Résidence la Porte d'Aquitaine.
Considérant ce qui suit :
1. Mme D B, née le 27 avril 1974 et exerçant les fonctions d'agent des services hospitaliers au sein de l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) la Résidence la Porte d'Aquitaine de la Roche-Chalais (24) depuis une vingtaine d'années, a été victime, le 3 avril 2010 d'un accident survenu dans le cadre de son activité, reconnu imputable au service et qui a provoqué des dommages à son bras droit, dont l'état n'est, au jour du présent jugement, toujours pas consolidé. Saisi par Mme B, le juge des référés du tribunal administratif de Bordeaux a, par une ordonnance du 9 mars 2018, ordonné une expertise médicale en vue notamment de déterminer le lien éventuel entre les séquelles présentées par l'agent et cet accident. Le rapport d'expertise a été déposé au greffe du tribunal le 11 mai 2020. Mme B a alors présenté une demande indemnitaire préalable auprès de l'EHPAD, qui a été implicitement rejetée. Par la présente requête, Mme B demande au tribunal de condamner l'EHPAD de la Porte d'Aquitaine à lui verser une somme de 116 997,37 euros, à titre de provision, en réparation des préjudices qu'elle estime avoir déjà subis consécutifs à l'accident en litige, son état de santé n'étant toujours pas consolidé.
Sur les conclusions indemnitaires :
En ce qui concerne la responsabilité de l'EHPAD de la Porte d'Aquitaine :
2. Compte tenu des conditions posées à leur octroi et de leur mode de calcul, la rente viagère d'invalidité et l'allocation temporaire d'invalidité doivent être regardées comme ayant pour objet de réparer les pertes de revenus et l'incidence professionnelle résultant de l'incapacité physique causée par un accident de service ou une maladie professionnelle. Les dispositions qui instituent ces prestations, déterminent forfaitairement la réparation à laquelle les fonctionnaires concernés peuvent prétendre, au titre de ces chefs de préjudice, dans le cadre de l'obligation qui incombe aux collectivités publiques de garantir leurs agents contre les risques qu'ils peuvent courir dans l'exercice de leurs fonctions. Ces dispositions ne font en revanche obstacle ni à ce que le fonctionnaire qui subit, du fait de l'invalidité ou de la maladie, des préjudices patrimoniaux d'une autre nature ou des préjudices personnels, obtienne de la personne publique qui l'emploie, même en l'absence de faute de celle-ci, une indemnité complémentaire réparant ces chefs de préjudice, ni à ce qu'une action de droit commun pouvant aboutir à la réparation intégrale de l'ensemble du dommage soit engagée contre la personne publique, dans le cas notamment où l'accident ou la maladie serait imputable à une faute de nature à engager la responsabilité de cette personne.
3. Mme B n'invoque aucune faute à l'égard de l'EHPAD la Porte d'Aquitaine. Dans ces conditions, la responsabilité pour faute de ce dernier n'étant pas engagée, la requérante n'est pas fondée à demander, en tout état de cause, à être indemnisée de la perte de gains professionnels.
4. En revanche, conformément à ce qui a été dit au point 2, Mme B peut prétendre, même en l'absence de faute démontrée de l'EHPAD la Porte d'Aquitaine, à la réparation de l'ensemble des préjudices personnels et patrimoniaux qui ont résulté de l'accident de service du 2 avril 2010, exception faite des préjudices résultant des pertes de revenus et de l'incidence professionnelle.
En ce qui concerne le lien de causalité entre l'accident et l'évolution de l'état de santé de Mme B :
5. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise du docteur E, que le 3 avril 2010 vers 1 heure 45 du matin, Mme B est rentrée dans la chambre d'un patient. Ce dernier avait souillé le sol de son urine. En raison de la pénombre, l'agent a glissé dans la flaque. Elle a été placée en arrêt de travail à compter du même jour jusqu'au 31 juillet 2010 pour un traumatisme du coccyx, des douleurs intenses des deux poignets et de l'épaule droite ainsi que pour un hématome très douloureux persistant au niveau du bras droit. Les douleurs au bras persistant, après plusieurs examens (radiographie, échographie, IRM), une intervention chirurgicale a été pratiquée le 23 juillet 2010 pour retirer un tissu remanié inflammatoire et fibreux. Si une infection à staphylocoque doré est survenue à l'occasion de cette intervention, il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise, que cette infection a été traitée rapidement par antibiothérapie dans des conditions conformes aux règles de l'art médical. Alors que la cicatrisation de la plaie était acquise le 17 janvier 2011, un nouvel épanchement liquidien sous-cutané a été constaté le 25 janvier 2011, nécessitant une nouvelle intervention, avec une réapparition de l'hématome sous-cutané. Après un suivi médical soutenu, une nouvelle hospitalisation pour exploration du problème du bras droit a été nécessaire du 23 au 24 août 2011 puis du 7 au 8 septembre 2011. Une opération a été réalisée le 16 novembre 2011 pour traiter la tuméfaction douloureuse en contact du nerf radial, cette opération générant un nouvel épanchement dans les suites opératoires. Une nouvelle opération a été réalisée le 30 mars 2012 pour la résection de la tumeur synoviale, nécessitant une dissection complète du nerf radial, entraînant une hospitalisation du 29 mars au 10 avril 2012. La plaie formée par ces opérations ne se refermant pas, un écoulement séreux était constaté et nécessitait la mise en place de pansement aspiratif au cours d'une nouvelle hospitalisation du 13 au 16 mai 2012. La poursuite de l'écoulement entraînait une opération d'excision de la zone de fistule postérieure du bras droit le 29 juin 2012. Face à l'absence d'explication scientifique sur la poursuite de l'écoulement, une IRM " injectée " était réalisée le 8 janvier 2013, mettant en évidence une nouvelle collection nécessitant la mise en place de drains le 1er février 2013. Une opération a été réalisée le 8 mars 2013 pour l'excision d'une " très volumineuse coque recouverte d'un enduit blanchâtre type synovial ". Le 19 juin 2013, une scintigraphie osseuse montrait un processus actif et compatible avec une ostéite, hypothèse qui n'était finalement pas confirmée lors d'examens réalisés les 7 et 8 août 2013. La persistance des douleurs du bras et de la plaie non inflammatoire avec écoulement limpide conduisait à de nombreuses hospitalisations et consultations de 2013 et 2014. Une opération était réalisée le 24 juillet 2014 pour le parage de la fistule cutanée, nécessitant une hospitalisation du 23 juillet au 4 août 2014. Pour autant, la plaie du bras droit était toujours persistante fin septembre 2014, sans aucune mise en évidence d'une quelconque infection. Une nouvelle intervention chirurgicale tendant à une longue dissection du nerf radial était à nouveau réalisée le 12 mars 2015 sans plus de succès pour faire disparaître ladite plaie. Une infection superficielle à staphylocoque doré était mise en évidence le 23 juin 2015 et efficacement traité par antibiothérapie. Compte tenu des complications, l'avis du service d'infectiologie de l'hôpital de Haut-Lévêque a été sollicité. Ce service a organisé un suivi de l'agent, sans grand succès. La requérante a poursuivi le suivi médical lourd imposé par les conséquences de l'accident de service, avant d'être à nouveau opérée les 7, 9 et 15 septembre 2016, sans davantage de succès. Le 5 juillet 2017, une nouvelle intervention chirurgicale pour la pose d'un cathéter à but antalgique était réalisée, tandis qu'une nouvelle intervention, faite le 7 février 2018, tendait à la neurolyse du nerf radial, au parage de la plaie avec une autogreffe de peau totale. Cependant, dès le 20 février suivant, était relevée une ulcération cutanée avec remaniements inflammatoires non spécifiques sans prolifération tumorale sous-jacente, la plaie étant toujours ouverte depuis lors.
6. Il résulte de l'instruction qu'à la date du dépôt du rapport d'expertise le 4 mai 2020, l'état de santé de la requérante n'était toujours pas consolidé et que les nombreux examens, opérations et traitements médicaux n'ont pas permis de refermer la plaie au bras droit née des conséquences immédiates de la chute survenue le 3 avril 2010 entraînant un hématome sous-cutané récidivant.
7. Si, au cours des opérations d'expertise, l'EHPAD a contesté le lien de causalité entre la chute initiale et les conséquences très dommageables subies par la requérante, force est de reconnaître que devant le tribunal, l'employeur ne le conteste plus et se borne à contester les modalités d'indemnisation de la requérante. Il revient néanmoins au juge d'apprécier d'office, l'examen d'un tel lien de causalité au regard des éléments qui lui sont soumis.
8. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise, que les médecins qui se sont penchés sur l'état de santé de la requérante demeurent dans l'incompréhension du mécanisme physiopathologique expliquant cette interminable évolution. Néanmoins, il ne résulte pas de l'instruction que des fautes auraient été commises dans le suivi médical de Mme B. Si l'expert a pu envisager l'existence d'une cause liée à l'état psychologique de l'intéressée, l'analyse du sapiteur psychiatre dont il s'est adjoint les services au cours des opérations d'expertise, a conclu à l'absence de tout élément psychologique décelable permettant d'appuyer un tel diagnostic, même si rien ne permet, non plus, d'éliminer totalement cette hypothèse. Dans ces conditions, et compte tenu qu'il n'existe aucune preuve d'une cause étrangère à l'origine de l'évolution de l'état de santé de l'intéressée, le lien de causalité direct et certain, établi entre l'accident de service initial, la première intervention à Libourne le 23 juillet 2010 et les dommages ultérieurs, est établi. Mme B est donc fondée à demander l'indemnisation de l'intégralité des préjudices personnels et patrimoniaux liés à cette évolution.
En ce qui concerne l'absence de consolidation de l'état de santé de Mme B :
9. La circonstance que l'état de santé de Mme B ne soit pas consolidé ne fait pas obstacle à ce qu'elle puisse être indemnisée, à titre de provision, des préjudices déjà subis et ayant un caractère certain. Dans la mesure où la requérante présente sa demande de réparation en se fondant sur les conclusions de l'expert, qui constate l'étendue des préjudices à la date du dernier accédit, le tribunal peut condamner l'EHPAD à indemniser la requérante des préjudices définitifs à cette date, et non seulement à titre provisionnel pour ces mêmes préjudices.
En ce qui concerne les préjudices :
S'agissant des préjudices patrimoniaux :
10. Mme B sollicite le versement d'une indemnisation au titre de l'assistance d'une tierce personne dont elle aurait besoin à raison d'une heure et demie par jour sur la base d'une indemnisation forfaitaire horaire de 13 euros sur une période courant jusqu'au 25 novembre 2019, pour un total de 88 576 euros. L'expert, interrogé sur ce point dans le cadre de la mission qui lui a été confiée, relève que son état de santé nécessite l'assistante d'une tierce personne à titre temporaire pour les activités quotidiennes, en dehors des soins médicaux, et évalue à 1h30 , soit 1,5 heure par jour, au minimum le temps passé par les proches de la requérante pour l'aider dans les tâches de la vie courante, ce qui est confirmé par les attestations fournies par ces derniers et la description qu'ils font de l'aide apportée à Mme B. Contrairement à ce que fait valoir l'EHPAD, un tel préjudice présente donc un caractère certain pour le temps au cours duquel l'indemnisation est demandée. Afin de tenir compte des congés payés et des jours fériés prévus par l'article L. 3133-1 du code du travail, il y a lieu de calculer l'indemnisation sur la base d'une année de 412 jours. Il sera fait une juste appréciation du préjudice subi en l'indemnisant sur la base d'un taux horaire moyen de rémunération, tenant compte des charges patronales et des majorations de rémunération pour travail du dimanche, fixé à une moyenne de 13,34 euros pour la période comprise entre le 2 avril 2010 jusqu'au 25 novembre 2019, soit 3 524 jours, qu'il y a lieu de rapporter à une période de 412 jours par an. Doit être exclu de cette période les 156 jours au cours desquels la requérante a été hospitalisée. Il résulte de l'instruction que l'assurance des époux B a pris à sa charge 12h d'aide-ménagère en octobre 2016 et 15h d'aide-ménagère en août 2017. Il y a lieu de les déduire du montant indemnisable d'aide-ménagère. Dans ces conditions, le nombre d'heures indemnisables s'élève à 5 025 heures. Le préjudice s'élève donc, pour la période dont l'indemnisation est sollicitée, à 75 665,21 euros.
S'agissant des préjudices extra-patrimoniaux :
11. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise, que Mme B a subi un déficit fonctionnel temporaire, constitutif de troubles dans les conditions de l'existence, résultant de l'accident de service. En l'espèce, l'expert évalue plusieurs périodes indemnisables jusqu'au 25 novembre 2019 : une première période de 156 jours de déficit fonctionnel temporaire total correspondant aux hospitalisations en établissement, une deuxième période de 175 jours de déficit fonctionnel temporaire de 70 % correspondant aux périodes d'hospitalisation à domicile et une troisième période de 3192 jours de déficit fonctionnel temporaire de 50 % correspondant aux périodes intermédiaires. Il en sera fait une juste appréciation en l'évaluant, sur la base de 600 euros par mois pour une incapacité totale, à la somme de 37 500 euros.
12. Il sera fait une juste appréciation des souffrances subies par la victime du jour du début de l'accident à la date du 25 novembre 2019, évaluées à 4,5/7, en lui allouant la somme de 10 000 euros à ce titre.
13. Il sera fait une juste appréciation du préjudice esthétique temporaire subi par la victime du jour du début de l'accident à la date du 25 novembre 2019, évaluées à 2,5/7, en lui allouant la somme de 2 500 euros à ce titre.
14. Il résulte de tout ce qui précède que l'EHPAD la Porte d'Aquitaine est condamné à verser à Mme B la somme de 125 665,21 euros en réparation des préjudices indemnisables subis par elle à la date du 25 novembre 2019 résultant de son accident de service du 2 avril 2010.
Sur les intérêts et la capitalisation des intérêts :
15. Mme B a droit, ainsi qu'elle le demande, aux intérêts au taux légal à compter du 4 août 2020, date de réception de sa demande préalable par l'EHPAD le Porte d'Aquitaine. Il y a également lieu de faire droit à la demande de capitalisation des intérêts à compter du 4 août 2021, date à laquelle était due, pour la première fois, une année d'intérêts, ainsi qu'à chaque échéance annuelle ultérieure à compter de cette date.
Sur les frais liés à l'instance :
16. Les frais et honoraires de l'expertise ont été taxés et liquidés par le président du tribunal administratif de Bordeaux par ordonnance du 11 mai 2020, à la somme de 4 656 euros. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre ces frais à la charge définitive de l'EHPAD la Porte d'Aquitaine.
17. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de mettre à la charge de l'EHPAD la Porte d'Aquitaine une somme de 2 000 euros à verser à Me Bach au titre des frais exposés par Mme B et non compris dans les dépens. En revanche, ces mêmes dispositions font obstacle à ce que soit mise à la charge de la requérante le versement de tout ou partie de la somme que demande l'EHPAD sur le fondement des mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : L'EHPAD la Porte d'Aquitaine est condamné à verser à Mme B la somme de 125 665,21 euros en réparation des préjudices subis du 2 avril 2010 au 25 novembre 2019 consécutifs à son accident de service du 2 avril 2010. Cette somme portera intérêts au taux légal à compter du 4 août 2020. Les intérêts seront capitalisés au 4 août 2021, ainsi qu'à chaque échéance annuelle ultérieure à compter de cette date, afin de produire eux-mêmes intérêts.
Article 2 : Les frais d'expertise, taxés et liquidés à la somme de 4 656 euros, sont mis à la charge définitive de l'EHPAD la Porte d'Aquitaine.
Article 3 : L'EHPAD la Porte d'Aquitaine versera à Mme B la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions présentées par Mme B et les conclusions présentées par L'EHPAD la Porte d'Aquitaine au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetés.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme D B et à l'EHPAD la Porte d'Aquitaine.
Copie en sera adressée au docteur E, expert et au docteur A, sapiteur.
Délibéré après l'audience du 17 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Delvolvé, président-rapporteur,
Mme Molina-Andréo, première conseillère
Mme Mounic, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 décembre 2022.
La première assesseure,
B. MOLINA-ANDRÉO Le président-rapporteur,
Ph. DELVOLVÉ
La greffière,
L. SIXDENIERS
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026