LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA33-2100548

Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2100548

mardi 5 juillet 2022

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2100548
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation5ème Chambre
Avocat requérantDROUAULT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 3 février 2021, M. C A, représenté par Me Drouault, avocat, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 16 novembre 2020 par lequel le maire de la commune de Coutras a décidé de l'euthanasie du chien de type bouledogue croisé beauceron-labrador, dénommé " Cobain " ;

2°) d'enjoindre au maire de la commune de Coutras de lui restituer dans un délai de quinze jours suivant la notification du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé en fait ;

- il est entaché de vices de procédure au regard des prescriptions de l'article L. 211-14-2 du code rural et de la pêche maritime ; il n'est pas fait référence à une période de surveillance, ni à un certificat rédigé pendant ou à l'issue de cette période par un vétérinaire ; l'évaluation comportementale du chien n'a été réalisée que plus d'un mois après la fin de la période de surveillance ; il n'a pas été désigné de vétérinaire par le préfet aux fins de se prononcer sur l'existence d'un danger grave et immédiat et sur la nécessité du recours à l'euthanasie ;

- le maire de Coutras a entaché l'arrêté attaqué d'une erreur d'appréciation, dès lors que l'animal ne présente pas une dangerosité justifiant un recours à l'euthanasie et que des solutions alternatives moins radicales étaient envisageables.

Par un mémoire en défense enregistré le 3 août 2021, la commune de Coutras conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M. A une somme de 300 euros en application de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 3 mai 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 3 juin 2022.

M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 24 février 2021.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de procédure pénale ;

- le code rural et de la pêche maritime ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991, modifiée ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Molina-Andréo, rapporteure,

- les conclusions de Mme Prince-Fraysse, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. C A est propriétaire de quatre chiens, dont un chien de type bouledogue croisé beauceron-labrador, dénommé " Cobain ". Le 18 juillet 2020, le chien Cobain a mordu une petite fille de 7 ans alors qu'elle faisait du vélo en compagnie de sa mère sur la voie publique, morsure qui a été à l'origine d'une ITT (incapacité temporaire de travail) de 30 jours. Les gendarmes ont saisi le chien, qui a été pris en charge par un vétérinaire exerçant à Coutras. Le procureur de la République près le tribunal judiciaire de Libourne a ensuite décidé, le 3 août 2020, sur le fondement de l'article 99-1 du code de procédure pénale, de placer provisoirement et en urgence l'animal au chenil du Libournais, situé à Saint-Sauveur de Puynormand. Le chien a alors fait l'objet le 15 septembre 2020 d'une évaluation comportementale par le docteur B, qui a conclu au classement de l'animal au niveau 4 de risque de dangerosité, niveau maximal prévu par l'article D. 211-3-2 du code rural et de la pêche maritime, et a préconisé une euthanasie ou un placement en un lieu de détention adéquat et recommandé ou encore une mise à l'isolement sous la responsabilité du détenteur pour éviter qu'il ne cause tout autre accident. Au vu du rapport du docteur vétérinaire Hoodee, le procureur de la République près le tribunal judiciaire de Libourne, estimant que le chien était susceptible de présenter un danger grave et immédiat pour les personnes, a ordonné le 13 novembre 2020 la remise de l'animal à l'autorité administrative pour mise en œuvre des mesures prévues au II de l'article L. 211-11 du code rural et de la pêche maritime. Par un arrêté du 16 novembre 2020, dont M. A demande l'annulation, le maire de Coutras a ordonné qu'il soit procédé à l'euthanasie du chien Cobain.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : /1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police ; ".

3. L'arrêté en litige, qui constitue une mesure de police, est au nombre des décisions qui doivent être motivées en application des dispositions précitées de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration. Cet arrêté indique que le chien Cobain a commis une agression le 18 juillet 2020 et a été placé dans un lieu de dépôt adapté à sa garde. Il fait référence à l'avis du docteur vétérinaire B constatant la dangerosité de l'animal pour toute autre personne que son maitre. Il ajoute que le propriétaire de l'animal est dans l'impossibilité d'isoler l'animal de sorte qu'il ne puisse créer d'accident et qu'il appartient au maire de veiller à la sécurité publique. L'arrêté comporte ainsi un exposé suffisant des considérations de fait qui lui servent de fondement. Par suite, le moyen tiré de ce qu'il serait insuffisamment motivé en fait doit être écarté.

4. Aux termes de l'article L. 211-11 du code rural et de la pêche maritime : " () II. - En cas de danger grave et immédiat pour les personnes ou les animaux domestiques, le maire ou à défaut le préfet peut ordonner par arrêté que l'animal soit placé dans un lieu de dépôt adapté à la garde de celui-ci et, le cas échéant, faire procéder à son euthanasie () / L'euthanasie peut intervenir sans délai, après avis d'un vétérinaire désigné par le préfet. Cet avis doit être donné au plus tard quarante-huit heures après le placement de l'animal. A défaut, l'avis est réputé favorable à l'euthanasie () ". L'article L. 211-14-2 du même code dispose par ailleurs : " Tout fait de morsure d'une personne par un chien est déclaré par son propriétaire ou son détenteur ou par tout professionnel en ayant connaissance dans l'exercice de ses fonctions à la mairie de la commune de résidence du propriétaire ou du détenteur de l'animal. / Le propriétaire ou le détenteur du chien est en outre tenu de le soumettre, pendant la période de surveillance définie en application du premier alinéa de l'article L. 223-10, à l'évaluation comportementale mentionnée à l'article L. 211-14-1, qui est communiquée au maire. / A la suite de cette évaluation, le maire ou, à défaut, le préfet peut imposer au propriétaire ou au détenteur du chien de suivre la formation et d'obtenir l'attestation d'aptitude mentionnée à l'article L. 211-13-1. / Faute pour l'intéressé de s'être soumis à ces obligations, le maire ou, à défaut, le préfet peut ordonner par arrêté que l'animal soit placé dans un lieu de dépôt adapté à la garde de celui-ci. Il peut, en cas de danger grave et immédiat et après avis d'un vétérinaire désigné par le préfet, faire procéder à son euthanasie ".

5. Il ressort des pièces du dossier qu'à la suite de la morsure infligée le 18 juillet 2020 à une enfant de 7 ans par le chien Cobain, celui-ci a été placé sous surveillance d'un vétérinaire exerçant à Coutras. Alors qu'une telle surveillance est prévue par les dispositions de l'article L. 223-10 du code rural et de la pêche maritime, la seule circonstance que l'arrêté contesté ne fasse pas référence à la période de surveillance intervenue du 21 juillet au 3 août 2020, ni à un certificat rédigé par le vétérinaire, n'est pas de nature à établir l'existence d'un vice de procédure.

6. Il est constant que pendant la période de surveillance du 21 juillet au 3 août 2020, M. A n'a pas soumis son animal à une évaluation comportementale, alors qu'il en avait l'obligation légale en vertu des dispositions précitées de l'article L. 211-14-2 du code rural et de la pêche. Constatant l'incapacité de M. A à assurer ou faire assurer la protection des tiers, le procureur de la République près le tribunal judiciaire de Libourne a décidé, le 3 août 2020, de placer l'animal en chenil. Si l'animal a alors fait l'objet, à la demande du procureur, d'une évaluation comportementale réalisée le 15 septembre 2020, soit après plusieurs semaines de captivité, M. A ne peut utilement invoquer une tardiveté de cette évaluation, qui résulte de sa carence à y pourvoir antérieurement de sa propre initiative.

7. Il ressort de dispositions précitées de l'article L. 211-14-2 du code rural et de la pêche maritime que, lorsque le propriétaire d'un chien qui a mordu une personne ne satisfait pas à l'obligation de soumettre l'animal à une évaluation comportementale par un vétérinaire agréé, le maire peut, en cas de danger grave et immédiat, faire procéder à son euthanasie, après avis d'un vétérinaire désigné par le préfet. Alors, ainsi qu'il a été dit au point précédent, que M. A ne s'était pas conformé à l'obligation qui lui incombait, une évaluation comportementale de l'animal a été réalisée à la demande du procureur de la République le 15 septembre 2020. D'une part, le docteur B a rendu un avis sur le niveau de dangerosité du chien, classé à 4 sur une échelle de 4, et sur les mesures préconisées, incluant l'euthanasie. D'autre part, ce vétérinaire était habilité pour ce faire par arrêté de la préfète de la Gironde du 6 mars 2017, régulièrement publié le 7 mars 2017 au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture n° 33-2017-033. Par suite, M. A n'est pas fondé à soutenir que la décision prise par le maire de Coutras de faire procéder à l'euthanasie de son chien n'aurait pas été précédée d'un avis d'un vétérinaire désigné par le préfet.

8. Il ressort des pièces du dossier que le 18 juillet 2020, le chien Cobain, alors qu'il n'était pas tenu en laisse, a attaqué et mordu une enfant de 7 ans qui se promenait à vélo sur la voie publique, infligeant à celle-ci " trois plaies longitudinales dont deux de 10 centimètres sur le mollet droit dessinant un lambeau horizontal associé à une troisième plaie de 4 centimètres avec atteinte superficielle ". Lors de l'évaluation comportementale réalisée le 15 septembre 2020, le vétérinaire a été dans l'impossibilité de rentrer dans le box où se trouvait l'animal de 40 kilos compte tenu de son agressivité manifestée par des aboiements et des menaces avec les babines retroussées. Le vétérinaire a conclu que le chien présentait un risque de dangerosité de 4 sur une échelle de 4, ce qui signifie, selon les dispositions de l'article D. 211-3-2 du code rural et de la pêche maritime, qu'il présente un risque de dangerosité élevée pour certaines personnes ou dans certaines situations. Ce vétérinaire, qui a estimé que les risques ne pouvaient pas être contrôlés efficacement, a alors préconisé une euthanasie ou un placement en un lieu de détention adéquat et recommandé ou encore une mise à l'isolement sous la responsabilité du détenteur pour éviter qu'il ne cause tout autre accident. Compte tenu du danger grave et immédiat que représentait le comportement du chien et de ce que M. A, qui est sans domicile fixe, ne peut garantir un isolement de son animal dans des conditions propres à assurer la sécurité des personnes, le maire de Coutras n'a pas commis d'erreur d'appréciation en ne prononçant pas une mesure moins sévère que l'euthanasie.

9. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté attaqué du 16 novembre 2020. Par voie de conséquence, ses conclusions présentées à fin d'injonction et celles tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées. Dans les circonstance de l'espèce, il y a également lieu de rejeter les conclusions présentées par la commune de Coutras sur le fondement des mêmes dispositions.

DECIDE :

Article 1 : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Coutras sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et à la commune de Coutras.

Délibéré après l'audience du 14 juin 2022, à laquelle siégeaient :

- M. Pauziès, président,

- M. Béroujon, premier conseiller,

- Mme Molina-Andréo, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 juillet 2022.

La rapporteure,

B. MOLINA-ANDRÉO Le président,

J-C. PAUZIÈS

La greffière,

C. JANIN

La République mande et ordonne à la préfète de la Gironde en ce qui la concerne et à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

2

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions