LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA33-2106253

Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2106253

mercredi 16 novembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2106253
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation2ème Chambre
Avocat requérantRIVIERE | AVOCATS | ASSOCIÉS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires enregistrés le 24 novembre 2021, le 16 mars 2022, le 5 août 2022 et le 9 septembre 2022, M. B C, représenté par la SELAS Cazamajour et Urbanlaw, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler l'arrêté du 28 mai 2021 par lequel le maire de Gradignan a délivré à la société par actions simplifiées (SAS) Foncière d'Aquitaine un permis d'aménager un lotissement de six lots à destination de maisons individuelles dont l'un bâti, après destruction d'un carport et d'un abri léger, sur la parcelle cadastrée section CO n° 01 située 52 avenue de la Poterie, ainsi que sa décision du 16 septembre 2021 rejetant son recours gracieux ;

2°) d'annuler l'arrêté du maire de Gradignan en date du 27 avril 2022 délivrant un permis d'aménager modificatif ;

3°) de refuser de faire droit aux demandes de sursis à statuer présentées en défense ;

4°) de rejeter les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 741-2 du code de justice administrative ;

5°) de mettre à la charge de la commune de Gradignan la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- les prescriptions fixées par l'arrêté attaqué sont insuffisamment motivées ;

- le dossier de demande de permis d'aménager est incomplet, dès lors que la notice ne décrit pas les constructions et éléments paysagers environnants, que les arbres abattus et conservés ne sont pas indiqués, et qu'il ne comporte aucun plan des démolitions ;

- il méconnaît les dispositions de l'article 2.2.1. du règlement du plan local d'urbanisme, qui imposent une emprise bâtie maximale de 995,6 m² A un projet de 4 978 m², le projet prévoyant une emprise bâtie totale de 996 m² ;

- il méconnaît les dispositions de l'article 2.4.4.4 du même règlement, le projet ne prévoyant pas la plantation d'arbres en compensation de ceux abattus A la réalisation de la bande d'accès ;

- il méconnaît les dispositions de l'article 3.1 du même règlement et celles de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme, dès lors que la largeur de la bande d'accès est inférieure à 5.5 mètres et que la largeur de cette bande et de celle de l'accès ne permettent pas une circulation à double sens, une insertion sécurisée sur la voie publique ni l'accès et le croisement des véhicules d'incendie et de secours.

Par des mémoires en défense enregistrés le 5 janvier 2022, le 13 juin 2022, le 26 août 2022 et le 11 octobre 2022, ce dernier n'ayant pas été communiqué, la société par actions simplifiées Foncière d'Aquitaine, représentée par Me Bonneau, conclut :

- à titre principal au rejet de la requête ;

- à ce que le tribunal supprime le passage injurieux en page 20 du mémoire récapitulatif du requérant en date du 5 août 2022, en application de l'article L. 741-2 du code de justice administrative ;

- à titre subsidiaire à l'application de l'article L. 600-5-1 ou de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme ;

- dans tous les cas, à ce que soit mise à la charge du requérant la somme de 3 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé et que certaines allégations contenues dans les écritures du requérant sont inacceptables.

Par des mémoires en défense enregistrés le 3 février 2022, le 31 août 2022 et le 11 octobre 2022, ce dernier n'ayant pas été communiqué, la commune de Gradignan, représentée par Me Laveissière, conclut à titre principal au rejet de la requête, à titre subsidiaire à l'application de l'article L. 600-5-1 ou de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme, et à ce que soit mise à la charge du requérant la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.

Par une ordonnance du 29 septembre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée en dernier lieu au 14 octobre 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. D,

- les conclusions de M. Vaquero, rapporteur public,

- les observations de Me Maginot, représentant M. C,

- les observations de Me Laveissière, représentant la commune de Gradignan,

- et les observations de Me Guirriec, représentant la société Foncière d'Aquitaine.

Une note en délibéré présentée par la société Foncière d'Aquitaine, enregistrée le 26 octobre 2022, n'a pas été communiquée.

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté du 25 février 2021, le maire de Gradignan a délivré à la société foncière d'Aquitaine un permis d'aménager un lotissement de six lots à destination de maisons individuelles, dont l'un déjà bâti, après démolition d'un carport et d'un abri léger, sur la parcelle cadastrée section CO n° 01 située 5 avenue de la Poterie. Le recours gracieux formé le 22 juillet 2021 à l'encontre de ce permis a été rejeté par une décision du maire en date du 16 septembre 2021. Par la présente requête, M. B C, voisin immédiat du projet, demande au tribunal d'annuler ces deux décisions. En cours d'instance, par un arrêté du 27 avril 2022, le maire de Gradignan a délivré à la société foncière d'Aquitaine un permis d'aménager modificatif, dont M. C demande également l'annulation.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne les dispositions de l'arrêté du 25 février 2021 qui n'ont pas été modifiées par l'arrêté du 27 avril 2022 :

2. Aux termes de l'article L. 424-3 du code de l'urbanisme : " Lorsque la décision rejette la demande ou s'oppose à la déclaration préalable, elle doit être motivée. / Cette motivation doit indiquer l'intégralité des motifs justifiant la décision de rejet ou d'opposition, notamment l'ensemble des absences de conformité des travaux aux dispositions législatives et réglementaires mentionnées à l'article L. 421-6. / Il en est de même lorsqu'elle est assortie de prescriptions () ". Aux termes de l'article R. 424-5 du code de l'urbanisme : " () Si la décision comporte rejet de la demande, si elle est assortie de prescriptions ou s'il s'agit d'un sursis à statuer, elle doit être motivée ". La motivation exigée par ces dispositions peut résulter directement du contenu même des prescriptions.

3. Il ressort des termes de l'arrêté contesté qu'il est assorti de prescriptions relatives à la réalisation de travaux de viabilité et sur les réseaux, aux dispositions applicables au futur lotissement, au raccordement électrique et au stationnement, qui se bornent à faire état de l'existence de législations distinctes de celle relative aux autorisations d'urbanisme, ainsi que d'une prescription rappelant l'existence d'une aire de stockage des déchets à l'entrée de la bande d'accès, qui est superfétatoire. En l'espèce, la motivation exigée par les dispositions de l'article R. 424-5 du code de l'urbanisme résulte directement du contenu même de ces prescriptions. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.

En ce qui concerne les dispositions de l'arrêté du 25 février 2021 qui ont été modifiées par l'arrêté du 27 avril 2022 :

4. Lorsqu'un permis de construire ou d'aménager a été délivré en méconnaissance des dispositions législatives ou réglementaires relatives à l'utilisation du sol ou sans que soient respectées des formes ou formalités préalables à la délivrance des permis de construire ou d'aménager, l'illégalité qui en résulte peut être régularisée par la délivrance d'un permis modificatif dès lors que celui-ci assure le respect des règles de fond applicables au projet en cause, répond aux exigences de forme ou a été précédé de l'exécution régulière de la ou des formalités qui avaient été omises et que les modifications apportées au projet initial A remédier au vice d'illégalité ne peuvent être regardées, par leur nature ou leur ampleur, comme remettant en cause sa conception générale. À ce titre, la seule circonstance que ces modifications portent sur des éléments tels que son implantation, ses dimensions ou son apparence ne fait pas, par elle-même, obstacle à ce qu'elles fassent l'objet d'un permis modificatif. Les irrégularités ainsi régularisées ne peuvent plus être utilement invoquées à l'appui d'un recours A excès de pouvoir dirigé contre le permis initial.

S'agissant de la complétude et de la cohérence du dossier :

5. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ou d'aménager ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire ou d'aménager qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable

6. En premier lieu, aux termes de l'article L. 451-1 du code de l'urbanisme : " Lorsque la démolition est nécessaire à une opération de construction ou d'aménagement, la demande de permis de construire ou d'aménager peut porter à la fois sur la démolition et sur la construction ou l'aménagement. Dans ce cas, le permis de construire ou le permis d'aménager autorise la démolition ". Aux termes de l'article R. 451-1 du même code : " La demande de permis de démolir précise : () b) En cas de démolition partielle, les constructions qui subsisteront sur le terrain et, le cas échéant, les travaux qui seront exécutés sur cette construction ; () ". Aux termes de l'article R. 451-2 de ce code : " Le dossier joint à la demande comprend : / a) Un plan permettant de connaître la situation du terrain à l'intérieur de la commune ; / b) Un plan de masse des constructions à démolir ou, s'il y a lieu, à conserver ; / c) Un document photographique faisant apparaître le ou les bâtiments dont la démolition est envisagée et leur insertion dans les lieux environnants ".

7. Il ressort des éléments du dossier qu'étaient joints à la demande de permis d'aménager modificatif un plan de masse des constructions à démolir et des photographies des bâtiments à démolir, repérés sur un plan de situation. La demande indique à cet égard : " Démolition d'un carport sur les lots n° 1 et 2 / Démolition d'un abri léger sur le lot n° 3 ". Par suite, contrairement à ce que soutient le requérant, le dossier comprenait un plan indiquant la localisation des constructions à démolir et des photographies de ceux-ci reportées sur un plan, conformément aux dispositions citées au point précédent.

8. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 441-3 du code de l'urbanisme : " Le projet d'aménagement comprend une notice précisant : / 1° L'état initial du terrain et de ses abords et indiquant, s'il y a lieu, les constructions, la végétation et les éléments paysagers existants ; 2° Les partis retenus A assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet : / a) L'aménagement du terrain, en indiquant ce qui est modifié ou supprimé ; / b) La composition et l'organisation du projet, la prise en compte des constructions ou paysages avoisinants, le traitement minéral et végétal des voies et espaces publics et collectifs et les solutions retenues A le stationnement des véhicules ; () ".

9. Il ressort des pièces du dossier que la demande de permis d'aménager initiale comprenait un plan de situation et une vue aérienne du terrain d'assiette du projet, une notice décrivant l'environnement immédiat du terrain, des photographies du terrain et permettant de situer le projet dans son environnement proche, et un plan d'état des lieux. Le dossier de permis d'aménager modificatif comportait également des photographies permettant de situer le projet dans son environnement lointain, et sa notice précisait que le terrain d'assiette est en nature de jardin d'agrément avec quelques arbres d'ornement, et qu'une construction principale à usage d'habitation, de type traditionnel est conservée sur le terrain. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que le dossier méconnaîtrait les dispositions citées au point précédent.

10. En troisième lieu, aux termes de l'article R. 441-4 du même code : " Le projet d'aménagement comprend également : / 1° Un plan de l'état actuel du terrain à aménager et de ses abords faisant apparaître les constructions et les plantations existantes, les équipements publics qui desservent le terrain, ainsi que, dans le cas où la demande ne concerne pas la totalité de l'unité foncière, la partie de celle-ci qui n'est pas incluse dans le projet d'aménagement ; / 2° Un plan coté dans les trois dimensions faisant apparaître la composition d'ensemble du projet et les plantations à conserver ou à créer ".

11. Il ressort des pièces du dossier que la demande de permis d'aménager modificatif comprenait une notice indiquant que sept arbres vont être supprimés et seront compensés par la plantation de 10 sujets de moyen développement et 2 de grand développement, identifiés sur un plan d'état des lieux et un plan de composition. Si ces plans ne précisent pas le développement de chacun de ces arbres, cette absence n'a pas été de nature à priver le service instructeur de sa faculté de s'assurer du respect par le projet du respect du nombre d'arbres replantés. Il s'ensuit que le dossier n'était pas incomplet.

12. En revanche, en quatrième lieu, il ressort des pièces du dossier, et notamment d'une comparaison entre les plans d'état des lieux et de composition figurant respectivement dans les dossiers de demande des permis d'aménager initial et modificatif, qu'un arbre situé sur le lot n° 1 et cinq arbres situés sur le lot n° 5 sont identifiés à l'état de souche dans le dossier modificatif, alors qu'ils étaient déclarés entiers dans le dossier initial. La société pétitionnaire fait valoir que la demande de permis d'aménager modificatif entend corriger des erreurs figurant dans la demande de permis initial, les arbres étant selon elle déjà à l'état de souche lors du dépôt de cette dernière. Toutefois, s'il ressort des vues prises sur le site internet Googlemaps, accessible à tous, qu'une souche est en effet présente sur le lot n° 1 depuis plus d'une dizaine d'année, il ressort des pièces du dossier, et notamment de photographies datées des 23 septembre, 9 décembre et 13 décembre 2021, que cinq arbres, qui pourraient consister en des arbres de moyen ou grand développement au regard de la largeur de leur tronc, ont été abattus postérieurement au dépôt de la demande de permis d'aménager initial. La société pétitionnaire, qui n'apporte aucun élément de nature à justifier l'abattage de ces arbres, n'indique pas leur espèce ni leur niveau de développement, et ne produit aucun élément de nature confirmer que seules des souches étaient encore présentes à la date de la demande initiale, ou à dater la disparition des arbres. Dans ces conditions, les pièces du dossier sont entachées d'une incohérence.

S'agissant de l'emprise au sol :

13. La ligne " Emprise bâtie (EB) " du point 2.2.1 " Constructions, installations et aménagements neufs " dispose que l'emprise bâtie doit être inférieure ou égale à 20 % de la superficie du terrain. Le point 2.1.1 dispose : " L'emprise bâtie fixée au présent règlement diffère de l'emprise au sol définie par le code de l'urbanisme. () L'emprise bâtie correspond à la projection au sol des volumes bâtis. () ".

14. Il ressort des pièces du dossier, et notamment de l'attestation de répartition d'emprise au sol figurant dans la demande de permis d'aménager modificatif, que la superficie du terrain d'assiette est de 4 978 m², permettant ainsi une emprise bâtie maximale de 995 m² en application des dispositions précitées. Le tableau annexé à cette attestation présente la superficie de chaque lot ainsi que la surface maximale d'emprise au sol de chacun d'entre eux, dont le total, incluant le lot n° 2 sur lequel est implantée la maison d'habitation existante d'une emprise de 225 m², s'élève à 995 m² conformément aux dispositions de l'article 2.2.1 cité au point précédent. Si le requérant soutient que, compte-tenu des règles d'implantation, les futures constructions ne pourront couvrir toute l'emprise dévolue à chaque lot, cette circonstance est sans incidence sur la conformité du projet au regard des règles d'emprise, rien ne faisant obstacle à ce que des permis de construire soient ultérieurement délivrés A des projets d'une emprise inférieure au maximum autorisé.

S'agissant de l'aménagement paysager :

15. L'article 2.4.4.4 " Aménagements paysagers et plantations " dispose que : " Sont considérés comme : / - arbres de petit développement : les sujets de 4 à 8 m de hauteur à l'âge adulte ; / - arbres de moyen développement : les sujets de 8 à 15 m de hauteur à l'âge adulte ; / - arbres de grand développement : les sujets de plus de 15 m de hauteur à l'âge adulte. / Le projet paysager doit s'appuyer sur les caractéristiques du projet de construction (proportions) et les composantes du site préexistant, en tenant compte notamment de l'implantation des constructions avoisinantes, de la forme de la parcelle, de la topographie, des arbres qui participent à la qualité du paysage. / A les constructions neuves, les EPT requis réglementairement doivent, a minima, comporter un arbre de petit développement A 40 m² d'espace en pleine terre et/ou un arbre de moyen développement A 80 m². () Lorsqu'un arbre de moyen ou grand développement est coupé lors du projet, un sujet qui aurait un gabarit équivalent à l'âge adulte doit être replanté sur le terrain () ". Le point 1.3 intitulé " Servitudes et obligations particulières " du règlement du lotissement dispose : " Sur chaque lot destiné à être bâti, doit être implanté un arbre de grande hauteur sur le cercle de 15 mètres. / A la bonne réalisation du projet les arbres présents à l'emplacement de la future bande d'accès et ceux présents sur l'emplacement des emprises bâties seront supprimés. / Le reste de la végétation et en priorité les arbres coté avenue de la Poterie et les arbres au fond de la parcelle seront conservés. Néanmoins ces éléments devront être vus lors de l'instruction des futures permis de construire. À ce stade nous ne connaissons pas encore les projets des futurs acquéreurs et leurs intentions de conserver ou non la végétation (haies, arbres, etc.). / Si les acquéreurs décident de supprimer un arbre A la bonne réalisation de leur projet, il devra alors le remplacer par un sujet identique ".

16. En l'absence de précision sur la taille et l'implantation des constructions ultérieurement édifiées, il est impossible d'estimer le nombre de sujets à replanter, alors qu'en tout état de cause, contrairement à ce que soutient le requérant, plusieurs arbres peuvent être replantés dans l'espace de pleine terre, leur système racinaire n'étant pas nécessairement endommagé lorsqu'il s'étend sur une emprise non bâtie. En revanche, ainsi qu'il a été dit au point 12, le dossier de permis d'aménager modificatif ne fait pas apparaître l'abattage de cinq arbres qu'implique la réalisation du projet d'aménagement, et leur niveau de développement n'est pas indiqué. Dans ces conditions, le requérant est fondé à soutenir que le projet ne prévoit pas la replantation, A chaque arbre de moyen ou grand développement abattu, d'un arbre de gabarit équivalent à l'âge adulte, et que par suite les arrêtés contestés méconnaissent les dispositions de l'article 2.4.4.4 du règlement de la zone UM3.

S'agissant des accès :

17. Aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations ". En vertu ces dispositions, lorsqu'un projet de construction est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique, le permis de construire ou d'aménager ne peut être refusé que si l'autorité compétente estime, sous le contrôle du juge, qu'il n'est pas légalement possible, au vu du dossier et de l'instruction de la demande de permis, d'accorder le permis en l'assortissant de prescriptions spéciales qui, sans apporter au projet de modifications substantielles nécessitant la présentation d'une nouvelle demande, permettraient d'assurer la conformité de la construction aux dispositions législatives et réglementaires dont l'administration est chargée d'assurer le respect.

18. Aux termes de l'article 3.2 du règlement de la zone UM 3 : " 3.2.1 Définition de l'accès / L'accès correspond soit à la limite donnant directement sur la voie (portail, porte de garage,), soit à l'espace tel que le porche ou la portion de terrain (bande d'accès ou servitude de passage) par lequel les véhicules pénètrent sur le terrain s'assiette du projet depuis la voie de desserte. / 3.2.2 Conditions d'accès / Tout accès doit permettre d'assurer la sécurité de ses utilisateurs ainsi que celle des usagers des voies, quel que soit leur mode de déplacement. / Cette sécurité est appréciée compte-tenu, notamment, de la position de l'accès, de sa configuration ainsi que de la nature et de l'intensité du trafic. () A les constructions à destination d'habitation qui comptent un seul logement, les accès ont une largeur comprise entre 2,40 m et 3 m. / A les constructions à destination d'habitation de plus d'un logement, et A les constructions relevant des autres destinations : / - Les accès ont une largeur également à 3m avec une circulation en sens unique alterné ; / - les accès ont une largeur égale à 5 m avec une circulation en double sens. () / 3.2.3 Bande d'accès ou servitude de passage / La bande d'accès et la servitude de passage correspondant à la portion de terrain permettant l'accès à un ou des terrains en second rang, qui ne sont pas desservies directement par une voie ou une emprise publique. / A rendre constructibles les terrains concernés, elles doivent être dimensionnées A permettre d'assurer la sécurité de leurs utilisateurs compte-tenu notamment de la position de l'accès sur la voie, de sa configuration, ainsi que de la nature et de l'intensité du trafic. Elles doivent permettre l'approche du matériel de lutte contre l'incendie. () ".

19. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que le projet porte sur la division d'un terrain d'assiette en cinq lots en enfilade, chacun bénéficiant d'une servitude de passage sur le ou les lots précédents. Il ressort également des pièces du dossier que la bande d'accès desservant chacun des lots présente une largeur de 5,5 mètres jusqu'aux lots 4 et 5, où est aménagée une raquette de retournement permettant à un véhicule d'incendie et de secours de faire demi-tour, et une largeur de 4 mètres jusqu'au lot n° 6. Ce projet a fait l'objet à cet égard d'un avis favorable du service départemental d'incendie et de secours en date du 28 mars 2022 au titre de l'article R. 111-5 du code de l'urbanisme, le premier avis de ce service en date du 22 mars 2021, invoqué par le requérant, étant également favorable en ce qui concerne l'accès au projet. Compte-tenu notamment du faible nombre de véhicules amené à emprunter la bande d'accès, c'est par une exacte application des dispositions de l'article 3.2.3 cité au point précédent que le maire a estimé que la bande d'accès permettait d'assurer la sécurité de ses utilisateurs et l'approche du matériel de lutte contre l'incendie.

20. En second lieu, la largeur des accès aux lots n°s 1 à 5, qui desservent chacun plus d'une construction à destination d'habitation, s'établit à 5,5 mètres, supérieure au minimum de 5 mètres prévu par l'article 3.2.2 précité, et la largeur de l'accès au lot n° 6, ne desservant qu'une seule construction à destination d'habitation, s'établit à 4 mètres, supérieur à la largeur minimale de 2,40 mètres prévue à l'article 3.2.2 précité. Par suite, le maire de Gradignan a pu légalement estimer que le projet ne méconnaissait pas les dispositions du règlement de la zone UM 3 relatives aux accès, ni les dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme.

21. Il résulte de tout ce qui précède que, A l'application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, seuls les deux moyens tirés de l'incohérence des pièces du dossier et de ce que le projet méconnaît les dispositions de l'article 2.4.4.4 du règlement de la zone UM 3 du plan local d'urbanisme relatif aux aménagements paysagers et aux plantations, relevés aux points 12 et 18 du présent jugement, sont susceptibles d'entraîner l'annulation des deux arrêtés attaqués, ainsi que par voie de conséquence de la décision du 16 septembre 2021.

Sur les conséquences de l'illégalité :

22. Aux termes de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5-1, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable, estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice n'affectant qu'une partie du projet peut être régularisé, limite à cette partie la portée de l'annulation qu'il prononce et, le cas échéant, fixe le délai dans lequel le titulaire de l'autorisation pourra en demander la régularisation, même après l'achèvement des travaux. Le refus par le juge de faire droit à une demande d'annulation partielle est motivé ". Aux termes de l'article L. 600-5-1 du même code: " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice entraînant l'illégalité de cet acte est susceptible d'être régularisé, sursoit à statuer, après avoir invité les parties à présenter leurs observations, jusqu'à l'expiration du délai qu'il fixe A cette régularisation, même après l'achèvement des travaux. Si une mesure de régularisation est notifiée dans ce délai au juge, celui-ci statue après avoir invité les parties à présenter leurs observations. Le refus par le juge de faire droit à une demande de sursis à statuer est motivé ".

23. Il résulte de ces dispositions, éclairées par les travaux parlementaires, que lorsque le ou les vices affectant la légalité de l'autorisation d'urbanisme dont l'annulation est demandée, sont susceptibles d'être régularisés, le juge doit surseoir à statuer sur les conclusions dont il est saisi contre cette autorisation. Il invite au préalable les parties à présenter leurs observations sur la possibilité de régulariser le ou les vices affectant la légalité de l'autorisation d'urbanisme. Le juge n'est toutefois pas tenu de surseoir à statuer, d'une part, si les conditions de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme sont réunies et qu'il fait le choix d'y recourir, d'autre part, si le bénéficiaire de l'autorisation lui a indiqué qu'il ne souhaitait pas bénéficier d'une mesure de régularisation. Un vice entachant le bien-fondé de l'autorisation d'urbanisme est susceptible d'être régularisé, même si cette régularisation implique de revoir l'économie générale du projet en cause, dès lors que les règles d'urbanisme en vigueur à la date à laquelle le juge statue permettent une mesure de régularisation qui n'implique pas d'apporter à ce projet un bouleversement tel qu'il en changerait la nature même.

24. Les vices résultant, d'une part, de l'incohérence des pièces du dossier concernant le nombre d'arbres présents sur la parcelle et, d'autre part, de ce que le projet méconnaît les dispositions de l'article 2.4.4.4 du règlement de la zone UM3 du plan local d'urbanisme relatif aux aménagements paysagers et aux plantations, sont susceptibles d'être régularisés. Les parties ayant été invitées à présenter leurs observations, il convient de surseoir à statuer sur la requête de M. C A permettre la régularisation du permis d'aménager en litige, jusqu'à l'expiration d'un délai de quatre mois à compter de la date de notification du jugement, en application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme.

Sur les conclusions tendant à la suppression des passages injurieux et diffamatoires dans les écritures du requérant :

25. Aux termes de l'article L. 741-2 du code de justice administrative : " Sont également applicables les dispositions des alinéas 3 à 5 de l'article 41 de la loi du 29 juillet 1881 ci-après reproduites : "Art. 41, alinéas 3 à 5.-Ne donneront lieu à aucune action en diffamation, injure ou outrage, ni le compte rendu fidèle fait de bonne foi des débats judiciaires, ni les discours prononcés ou les écrits produits devant les tribunaux. Pourront néanmoins les juges, saisis de la cause et statuant sur le fond, prononcer la suppression des discours injurieux, outrageants ou diffamatoires, et condamner qui il appartiendra à des dommages-intérêts. Pourront toutefois les faits diffamatoires étrangers à la cause donner ouverture, soit à l'action publique, soit à l'action civile des parties, lorsque ces actions leur auront été réservées par les tribunaux et, dans tous les cas, à l'action civile des tiers" ".

26. En page 20 de son mémoire enregistré le 5 août 2022, le requérant indique que la notice " est également mensongère, lorsqu'elle soutient que le projet n'implique l'abattage de 7 arbres ", que le plan d'état des lieux " est également mensonger. Il dissimule en effet la coupe d'arbres entre l'arrêté de permis initial et l'arrêté de permis modificatif " et que la comparaison entre ces documents " révèle le subterfuge et la manœuvre frauduleuse ". Ces termes, par leur teneur et eu égard à qui a été dit au point 12, ne constituent pas une imputation à caractère injurieux ou diffamatoire au sens des dispositions précitées, de nature à en faire prononcer la suppression. Les conclusions de la société foncière d'Aquitaine tendant à leur suppression doivent par suite être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : Les conclusions de la requête présentées au titre de l'article L. 741-2 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 2 : Il est sursis à statuer sur la requête de M. C A permettre la régularisation du permis d'aménager contesté, jusqu'à l'expiration d'un délai de quatre mois à compter de la date de notification du jugement, en application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme.

Article 3 : Tous droits et moyens des parties sur lesquels il n'est pas expressément statué par le présent jugement sont réservés jusqu'en fin d'instance.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B C, à la société foncière d'Aquitaine et à la commune de Gradignan.

Délibéré après l'audience du 26 octobre 2022, à laquelle siégeaient :

M. Pouget, président,

M. Josserand, conseiller,

M. Frézet, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 novembre 2022.

Le rapporteur,

L. DLe président,

L. POUGET

La greffière,

M-A PRADAL

La République mande et ordonne à la préfète de la Gironde en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

A expédition conforme,

La greffière,

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions