jeudi 13 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2106581 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | LATOUR |
Vu la procédure suivante :
A une requête et des mémoires, enregistrés le 9 décembre 2021, le 30 décembre 2021 et le 8 mars 2023, M. F B, agissant en qualité de représentant légal de son fils, M. C B, représenté A Me Latour, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 10 novembre 2021 A laquelle la rectrice de l'académie de Bordeaux a confirmé la sanction d'exclusion définitive du lycée Pré de Cordy prononcée à l'encontre de son fils A le conseil de discipline de l'établissement ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- cette décision est entachée d'un défaut de motivation ;
- le principe du contradictoire et le principe des droits de la défense ont été méconnus devant le conseil de discipline ;
- il n'a pas été valablement informé des faits qui lui étaient reprochés ni des mesures encourues devant le conseil de discipline ;
- cette décision est entachée d'erreur de droit car le proviseur de l'établissement s'est estimé tenu de mettre en œuvre une procédure disciplinaire sans rechercher une mesure de nature éducative préalablement au prononcé de la sanction ;
- la matérialité des faits qui lui sont reprochés n'est pas établie ;
- leur caractère fautif n'est pas davantage établi en l'absence de définition précise de la qualification de " pressions " qui a leur a été attribuée ;
- la sanction infligée est disproportionnée.
A un mémoire en défense enregistré le 17 février 2023, la rectrice de l'académie de Bordeaux conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'éducation ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Wohlschlegel, première conseillère ;
- les conclusions de M. Willem, rapporteur public ;
- et les observations de Me Latour, représentant M. B.
Considérant ce qui suit :
1. Jean-Salim B, né le 23 août 2004, était scolarisé en classe de terminale au lycée Pré de Cordy à Sarlat-la-Canéda lors de l'année scolaire 2021/2022. Le 21 septembre 2021, le conseiller principal d'éducation a été alerté A un élève de la même classe se plaignant d'être harcelé A Jean-Salim B depuis le début de l'année scolaire. Sur demande du chef d'établissement, le conseil de discipline a prononcé la sanction d'exclusion définitive le 5 octobre 2021 à l'encontre de ce dernier. Son père, agissant en qualité de représentant légal, demande au tribunal d'annuler la décision du 10 novembre 2021 A laquelle la rectrice de l'académie de Bordeaux a confirmé cette sanction.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 511-49 du code de l'éducation : " Toute décision du conseil de discipline de l'établissement ou du conseil de discipline départemental peut être déférée au recteur de l'académie, dans un délai de huit jours à compter de sa notification écrite, soit A le représentant légal de l'élève, ou A ce dernier s'il est majeur, soit A le chef d'établissement. Le recteur d'académie décide après avis d'une commission académique ". Aux termes de l'article R. 511-53 de ce code : " La juridiction administrative ne peut être saisie qu'après mise en œuvre des dispositions de l'article R. 511-49 ". Aux termes de l'article D. 511-52 du même code : " Les modalités prévues pour le conseil de discipline de l'établissement ou le conseil de discipline départemental en matière d'exercice des droits de la défense A les articles D. 511-31, D. 511-32 et D. 511-38 à D. 511-40 sont applicables à la commission ainsi que les dispositions du deuxième alinéa de l'article D. 511-42, à l'exception de sa dernière phrase. La commission émet son avis à la majorité de ses membres. La décision du recteur intervient dans un délai d'un mois à compter de la date de réception de l'appel "
3. L'institution d'un recours administratif, préalable obligatoire à la saisine du juge, a pour effet de laisser à l'autorité compétente pour en connaître le soin d'arrêter définitivement la position de l'administration. Il s'ensuit que la décision prise à la suite du recours se substitue nécessairement à la décision initiale. Elle est seule susceptible d'être déférée au juge de la légalité. Si l'exercice d'un tel recours a pour but de permettre à l'autorité administrative, dans la limite de ses compétences, de remédier aux illégalités dont pourrait être entachée la décision initiale, sans attendre l'intervention du juge, la décision prise sur le recours n'en demeure pas moins soumise elle-même au principe de légalité.
4. M. B a formé le recours préalable obligatoire prévu A les dispositions précitées de l'article R. 511-49 du code de l'éducation, devant la rectrice de l'académie de Bordeaux, à l'encontre de la sanction disciplinaire du 5 octobre 2021 d'exclusion définitive prononcée à l'encontre de son fils A le conseil de discipline de l'établissement. La décision du 10 novembre 2021 A laquelle la rectrice de l'académie de Bordeaux, après avis de la commission académique, a rejeté ce recours préalable à caractère obligatoire, s'est substituée à la décision du conseil de discipline du 5 octobre 2021 qui a disparu de l'ordonnancement juridique. Eu égard aux dispositions de l'article D. 511-52 du code de l'éducation, l'ensemble de la procédure qui doit être suivie dans le cadre de la réunion du conseil de discipline doit être reprise devant la commission académique en assurant aux intéressés les mêmes garanties, notamment en matière d'exercice des droits de la défense. A suite, les moyens tirés de ce que le principe du contradictoire et le principe des droits de la défense auraient été méconnus devant le conseil de discipline et qu'il n'aurait pas été valablement informé des faits reprochés à son fils ni des mesures encourues devant cette instance doivent être écartés comme inopérants.
5. En deuxième lieu, il ressort des termes de la décision contestée que la rectrice a visé les articles L. 511-1 et R. 511-49 du code de l'éducation et qu'elle a décidé, au vu de l'avis de la commission académique dont le requérant ne conteste pas ne pas avoir été destinataire, de confirmer la sanction d'exclusion définitive prise à l'encontre de son fils au motif qu'il s'était rendu coupable de pressions réitérées à l'encontre d'un camarade de classe au moins à trois reprises au sein et en dehors de l'établissement depuis le début de la rentrée scolaire, en méconnaissance des dispositions de l'article 1-2-3 du règlement intérieur relatif au respect d'autrui et du cadre de vie. Ces faits sont identiques à ceux qui ont donné lieu initialement à la saisine du conseil de discipline. Dans ces conditions, le moyen tiré de ce que, faute de mentionner la date et la nature précise des faits reprochés, cette décision serait insuffisamment motivée doit être écarté.
6. En troisième lieu, aux termes de l'article R. 511-12 du code de l'éducation : " Sauf dans les cas où le chef d'établissement est tenu d'engager une procédure disciplinaire et préalablement à la mise en œuvre de celle-ci, le chef d'établissement et l'équipe éducative recherchent, dans la mesure du possible, toute mesure utile de nature éducative. "
7. Les dispositions précitées n'instituent pas la recherche d'une mesure de nature éducative comme un préalable obligatoire à l'engagement d'une procédure disciplinaire. Elles n'excluent pas non plus la possibilité d'engager la seule procédure disciplinaire. A suite, le moyen tiré de ce que la décision de la rectrice serait entachée d'erreur de droit au motif que le proviseur de l'établissement s'est estimé tenu de mettre en œuvre une procédure disciplinaire sans rechercher une mesure de nature éducative préalablement au prononcé de la sanction doit être écarté.
8. En quatrième lieu, aux termes de l'article R. 511-13 du code de l'éducation : " I.- Dans les collèges et lycées relevant du ministre chargé de l'éducation, les sanctions qui peuvent être prononcées à l'encontre des élèves sont les suivantes : 1° L'avertissement ; 2° Le blâme ; 3° La mesure de responsabilisation ; 4° L'exclusion temporaire de la classe. Pendant l'accomplissement de la sanction, l'élève est accueilli dans l'établissement. La durée de cette exclusion ne peut excéder huit jours ; 5° L'exclusion temporaire de l'établissement ou de l'un de ses services annexes. La durée de cette exclusion ne peut excéder huit jours ; 6° L'exclusion définitive de l'établissement ou de l'un de ses services annexes. Les sanctions prévues aux 3° à 6° peuvent être assorties du sursis à leur exécution dont les modalités sont définies à l'article R. 511-13-1. () ".
9. Il appartient au juge de l'excès de pouvoir, saisi de moyens en ce sens, de rechercher si les faits reprochés à un élève ayant fait l'objet d'une sanction disciplinaire sont matériellement établis, constituent des fautes de nature à justifier une sanction et si la sanction retenue est proportionnée à la gravité de ces fautes.
10. En l'espèce, il est reproché au fils de M. B d'avoir, le 3 septembre 2021, obligé son camarade de classe à lui prêter sa montre et de l'avoir insulté lorsque ce dernier a souhaité la récupérer, de lui avoir demandé, le 7 septembre 2021, dans le bus après la classe, où il habitait, s'il avait un chien, s'il vivait seul, en lui disant que c'était pour venir le cambrioler, et enfin de l'avoir forcé à le suivre, le 20 septembre 2021, jusqu'aux toilettes en le prenant A le cou pour l'obliger à lui donner le pull de marque qu'il portait. Ces faits, qui s'appuient sur les déclarations précises et circonstanciées de l'élève victime de ces agissements, et sur le témoignage d'un autre élève de la classe qui a indiqué avoir dû intervenir le 20 septembre 2021 pour que le fils du requérant cesse d'importuner l'intéressé, ne sauraient être regardés, ainsi que cela est soutenu, comme une simple plaisanterie s'agissant de la menace du cambriolage, ni comme une pratique courante entre élèves s'agissant des échanges de vêtements dans la mesure où ces échanges ont été imposés A la force à l'intéressé, et sont donc matériellement établis. Ils traduisent un grave manquement à l'obligation de respect de son camarade inscrite à l'article 1-2-3 du règlement intérieur. Dans ces conditions, eu égard à leur caractère récurrent sur une brève période, à leur impact négatif et immédiat sur la victime, dont l'état de stress, d'angoisse et de crainte a été constaté A son médecin et A le conseiller principal d'éducation, de même que son refus de revenir en classe tant que le fils du requérant s'y trouverait, la sanction d'exclusion définitive confirmée A la rectrice de l'académie de Bordeaux n'est pas disproportionnée.
10. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation présentées A M. B doivent être rejetées ainsi que, A voie de conséquence, ses conclusions tendant à la mise en œuvre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
.
DECIDE :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. F B et au ministre de l'éducation nationale.
Copie en sera adressée à la rectrice de l'académie de Bordeaux.
Délibéré après l'audience du 23 mars 2023, à laquelle siégeaient :
M. Ferrari, président,
Mme E et Mme D, premières conseillères.
Rendu public A mise à disposition au greffe le 13 avril 2023.
La rapporteure,
E. E
Le président,
D. FERRARI La greffière,
E. SOURIS
La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026