vendredi 19 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2106804 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | LAPLAGNE ET BROUILLOU-LAPORTE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires complémentaires, enregistrés les 20 décembre 2021, 5 juillet 2022, 23 mai 2023, 16 janvier, 27 février et 4 mars 2024, M. B C, représenté par Me Laplagne, avocat, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision de rejet de sa demande de révision de sa pension de retraite ;
2°) d'ordonner au ministre des armées et au service des pensions de réviser, à compter du 1er mai 2016, le montant de sa pension, calculée avec un coefficient de l'article 14 à 1,26 et conformément aux dispositions législatives en vigueur à la date de sa radiation des cadres et à la décision de justice le concernant ;
3°) d'enjoindre à l'Etat de lui verser mensuellement ladite pension ainsi révisée et augmentée de toutes les revalorisations de pension intervenues depuis le 1er mai 2016, notamment celle du 1er juillet 2016 (0,6%) et celle du 1er février 2017 (0,6%) ;
4°) de condamner l'Etat à lui payer la somme de 36 690,65 euros, somme à parfaire avec les services du ministère ;
5°) de condamner l'Etat à lui payer, à compter du 1er mai 2016, les sommes non perçues résultant de cette révision et issues de la différence entre, d'une part, les montants de la pension qu'il aurait dû percevoir et, d'autre part, ceux déjà versés au titre de sa pension de retraite ;
6°) de condamner l'Etat à verser, selon les règles en vigueur, les intérêts légaux générés par lesdits retards de paiement ;
7°) d'enjoindre au ministère des armées d'exécuter le jugement dans un délai raisonnable qui pourrait être de trois mois, sous astreinte de 50 euros par jour de retard, au-delà du délai retenu ;
8°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- sa demande de révision est fondée sur une erreur matérielle dans son calcul à la suite jugement du tribunal administratif de Nantes du 9 mars 2021 n° 1803011 lui reconnaissant le droit à une prime de rendement de 32 % ; il justifie ainsi d'une telle prime à la date de sa radiation des cadres ;
- il peut se prévaloir, en dehors du délai d'un an à compter de la notification de la décision de concession initiale de sa pension, de droits acquis qu'il tient d'actes intervenus postérieurement à la date de son admission à la retraite et modifiant rétroactivement sa situation administrative à cette date, dès lors qu' il a formé un recours pour excès de pouvoir, recevable, contre un acte illégal de l'administration régissant sa situation administrative et qu'avant qu'il ne soit statué, l'administration a procédé légalement à son retrait en vue de corriger cette illégalité ;
- la décision attaquée méconnaît l'article 1er du premier protocole de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la responsabilité de l'Etat est engagée sur le fondement de la faute consistant à avoir commis une erreur matérielle résultant des éléments erronés ayant servi de base au calcul du montant de sa pension ;
- l'administration n'a pas tiré les conséquences de ses propres constatations et actions en révision ;
- la responsabilité de l'Etat est également engagée pour défaut d'information dès lors qu'il n'a pas été en mesure d'exercer son choix en toute connaissance de cause ; il a été induit en erreur par l'administration ;
- l'administration a exercé une différence de traitement injustifiée sur le calcul de son indemnité différentielle contraire à la loi et aux textes règlementaires ;
- la prime de rendement à 32% implique un coefficient à 1,26 ; une prime de rendement à 16% limite le coefficient à 1,13 ; l'erreur matérielle sur les éléments des salaires réellement perçus, à la date de sa radiation des cadres, ayant servi de base de calcul à sa pension ouvrière, entraîne une perte de revenus de plus de 10% ;
- la responsabilité de l'Etat est également engagée pour rupture d'égalité devant les charges publiques ;
- dans un cas identique, un agent [M. D (A)], retraité au 1er octobre 2015, a effectué une requête pour révision de sa pension le 17 juillet 2019 (TA Bordeaux, n°2001266-5), à la suite du jugement du tribunal administratif d'Orléans n°1703668, lecture du 22 novembre 2018, faisant droit à sa requête du 15 septembre 2017 tendant à ce que le calcul de son indemnité différentielle et de son salaire soit basé sur une prime de rendement à un taux de 32% ;
- la caisse des dépôts n'a pas donné son accord à la proposition de révision de pension qui lui a été adressée par le ministre ;
- le principe de sécurité juridique ne trouve pas à s'appliquer dès lors que sont en cause les droits fondamentaux d'un fonctionnaire à sa rémunération ;
- l'article 22 de la loi n°49-1097 permet de réviser la pension à tout moment ; l'article 40 du décret 2004-1056 est donc illégal en ce qu'il est contraire à cette disposition ;
- il justifie du préjudice qu'il allègue.
Par un mémoire en défense, enregistré le 8 juin 2022, la caisse des dépôts et consignations conclut au rejet de la requête de M. C.
Elle fait valoir que :
- la demande de révision ne repose pas sur une erreur matérielle mais sur une erreur de droit laquelle ne pouvait être soulevée que dans le délai d'un an conformément à l'article 40 du décret du 5 octobre 2004 ;
- la demande de révision, formulée le 13 avril 2021, est tardive dès lors que l'accusé réception du brevet de pension date du 13 avril 2017 ;
- la révision de la pension se heurte au principe de sécurité juridique ;
- la circonstance que la pension d'un ouvrier d'Etat dont la situation était similaire à celle du requérant ait été révisée n'a pas pour conséquence de lui permettre de demander la révision de sa pension ou de saisir le tribunal au-delà des délais de recours prévus par les textes ;
- les exigences de l'article 1er du premier protocole additionnel à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ont été respectées.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 24 juin 2022, 22 janvier et 30 mai 2024, le ministre des armées conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la requête est irrecevable dès lors que la demande de révision est tardive ;
- aucun des moyens n'est, en tout état de cause, fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des pensions civiles et militaires de retraite ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi du n° 77-574 du 7 juin 1977 ;
- le décret n° 62-1389 du 23 novembre 1962 ;
- le décret n° 2004-1056 du 5 octobre 2004 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Delvolvé, président-rapporteur ;
- les conclusions de Mme Patard, rapporteure publique ;
- et les observations de Me Margerin, substituant Me Laplagne, représentant M. C.
Considérant ce qui suit :
1. Sur le fondement de la loi du 28 décembre 1959 ouvrant à certains fonctionnaires de l'ordre technique une option en faveur du bénéfice d'une pension au titre de la loi du 2 août 1949 lors de leur départ à la retraite, M. C, admis à faire valoir ses droits à la retraite à compter du 1er mai 2016, a opté pour une pension de retraite d'ouvrier des établissements industriels de l'Etat, laquelle lui a été concédée par un titre de pension du 13 avril 2017. Par lettre du 21 juin 2021, M. C a demandé au ministre des armées la révision de sa pension qui l'a rejetée par décision du 28 octobre 2021. M. C demande l'annulation de cette décision, et présente également des conclusions indemnitaires tendant à la condamnation de l'Etat à lui verser une somme de 36 690,65 euros au titre des sommes qui auraient dû lui être versées, somme à parfaire avec les services du ministère.
Sur la légalité du refus de revalorisation de la pension de retraite de M. C :
2. Aux termes de l'article 40 du décret du 5 octobre 2004 relatif au régime des pensions des ouvriers des établissements industriels de l'Etat, applicable : " () la pension est définitivement acquise et ne peut être révisée, ou supprimée à l'initiative du fonds spécial ou sur demande de l'intéressé que dans les conditions suivantes :/ 1° A tout moment en cas d'erreur matérielle ;/ 2° Dans un délai d'un an à compter de la notification de la décision de concession en cas d'erreur de droit. ()
3. Le requérant excipe de l'illégalité de ces dispositions qui seraient contraires aux dispositions de l'article 22 de la loi du 2 août 1949 portant réforme du régime des pensions des personnels de l'Etat, applicable aux ouvriers de l'Etat par renvoi de la loi du 28 décembre 1959, qui dispose que : " La pension peut être révisée à tout moment en cas d'erreur ou d'omission quelle que soit la nature de celle-ci. Elle peut être modifiée ou supprimée si la concession en a été faite dans des conditions contraires aux prescriptions de la présente loi ". Cependant, de telles dispositions ont été implicitement mais nécessairement abrogées par l'article 22 de la loi du n° 77-574 du 7 juin 1977 portant diverses dispositions d'ordre économique et financier modifiant l'article L. 55 du code des pensions civiles et militaires de retraite lesquelles disposent que : " La pension et la rente viagère d'invalidité sont définitivement acquises et ne peuvent être révisées ou supprimées à l'initiative de l'administration ou sur demande de l'intéressé que dans les conditions suivantes : - A tout moment en cas d 'erreur matérielle ; - Dans un délai d'un an à compter de la notification de la décision de concession initiale de la pension ou de la rente viagère, en cas d'erreur de droit. " Le moyen ne peut donc qu'être écarté.
4. Aux termes de l'article du I de l'article L. 15 du code des pensions civiles et militaires de retraite : " Aux fins de liquidation de la pension, le montant de celle-ci est calculé en multipliant le pourcentage de liquidation () par le traitement ou la solde soumis à retenue afférents à l'indice correspondant à l'emploi, grade, classe et échelon effectivement détenus depuis six mois au moins par le fonctionnaire ou militaire au moment de la cessation des services valables pour la retraite () ". Aux termes de l'article L. 55 du code des pensions civiles et militaires de retraite : " () la pension et la rente viagère d'invalidité sont définitivement acquises et ne peuvent être révisées ou supprimées à l'initiative de l'administration ou sur demande de l'intéressé que dans les conditions suivantes : / A tout moment en cas d'erreur matérielle ; / Dans un délai d'un an à compter de la notification de la décision de concession initiale de la pension ou de la rente viagère, en cas d'erreur de droit ". Cette dernière disposition permet notamment, dans le délai d'un an, de redresser toute erreur de droit concernant la détermination de la situation administrative du fonctionnaire retraité au jour de son admission à la retraite et ayant eu une influence sur la liquidation de sa pension. Il appartient ainsi à l'autorité chargée de cette liquidation de vérifier, sous le contrôle du juge, l'existence et la portée des erreurs alléguées. Hormis les cas prévus par ces dispositions de l'article L. 55 du code des pensions civiles et militaires de retraite, les intéressés ne peuvent se prévaloir de droits acquis qu'ils tiendraient d'actes intervenus postérieurement à la date de leur admission à la retraite et modifiant rétroactivement leur situation administrative à cette date, sauf s'il s'agit d'actes pris en exécution d'une loi, d'un règlement ayant légalement un effet rétroactif ou d'une décision du juge de l'excès de pouvoir.
5. Il résulte de l'instruction que M. C a perçu, à compter du 1er septembre 1985, l'indemnité différentielle prévue par les dispositions du décret du 23 novembre 1962. Estimant que les montants versés au titre de cette indemnité étaient inférieurs à ceux auxquels il avait droit, il a sollicité, par courrier du 17 décembre 2017 adressé à la ministre des armées, la révision des montants de l'indemnité différentielle en prenant en compte un taux de prime de rendement de 32 % et le paiement des sommes dues et non perçues. Le 3 avril 2018, M. C a contesté devant le tribunal administratif de Nantes la décision implicite de rejet née du silence gardé par le ministre des armées sur sa demande du 17 décembre 2017, tendant au paiement de la différence entre l'indemnité différentielle calculée en tenant compte de la prime de rendement des ouvriers d'Etat au taux de 32% et de celle réellement perçue entre le 1er septembre 1985 et le 30 avril 2016. Par jugement devenu définitif n°1803011 du 9 mars 2021, le tribunal administratif de Nantes a condamné le ministre des armées à lui verser une indemnité correspondant à la différence entre l'indemnité différentielle qu'il a perçue du 1er janvier 2013 au 30 avril 2016 et celle qu'il aurait dû percevoir au cours de cette période en prenant en compte une prime de rendement au taux de 32%.
6. Pour demander la révision de la pension civile de retraite qui lui a été concédée le 13 avril 2017, M. C soutient qu'elle a été liquidée sans que soit appliqué le taux de prime de rendement de 32 % pour calculer le salaire maximum de référence servant de base pour la liquidation de la pension, auquel il avait droit en application des dispositions de l'article unique de la loi du 28 décembre 1959 ouvrant à certains fonctionnaires de l'ordre technique une option en faveur d'une pension ouvrière lors de leur mise à la retraite. L'erreur invoquée par M. C porte ainsi sur l'interprétation des textes, en vertu desquels sa pension devait être liquidée. Dans ces conditions, le requérant invoque, non une erreur matérielle, mais une erreur de droit. La circonstance que, par jugement n°1803011 du 9 mars 2021, le tribunal administratif de Nantes a reconnu qu'il avait droit à un taux de prime de 32 %, n'est pas de nature à changer la nature de l'erreur donc le requérant demande la correction dans le calcul de sa pension.
7. Aux termes de l'article L. 242-4 du code des relations entre le public et l'administration : " Sur demande du bénéficiaire de la décision, l'administration peut, selon le cas et sans condition de délai, abroger ou retirer une décision créatrice de droits, même légale, si son retrait ou son abrogation n'est pas susceptible de porter atteinte aux droits des tiers et s'il s'agit de la remplacer par une décision plus favorable au bénéficiaire. "
8. M. C ne peut utilement faire valoir que sa demande présentée le 21 juin 2021 ne serait pas forclose au regard des dispositions de l'article L. 242-4 du code des relations entre le public et l'administration, dès lors que le caractère intangible des décisions portant concession de pension fait obstacle à ce que leur bénéficiaire puisse en demander le retrait ou l'abrogation une fois cette dernière devenue définitive.
9. M. C soutient qu'un autre fonctionnaire dans la même situation que lui aurait obtenu la révision de sa pension de retraite afin d'intégrer un taux de 32 % de prime de rendement dans les émoluments de base retenus pour la liquidation de la pension. Toutefois, le principe de l'égalité des administrés devant la loi ne peut être invoqué à l'appui d'une demande tendant à l'octroi d'un avantage illégal. L'existence d'une décision individuelle attribuant un avantage illégal à un autre fonctionnaire est donc sans incidence sur la légalité du refus en litige. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance du principe d'égalité et des stipulations de l'article 14 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
10. Les dispositions précitées de l'article 40 du décret du 5 octobre 2004 ont pour objet d'ouvrir, aussi bien aux pensionnés qu'à l'administration, un droit à révision des pensions concédées dans le cas où la liquidation de celles-ci est entachée d'une erreur de droit et de prévoir que ce droit est ouvert dans les mêmes conditions de délai aux pensionnés et à l'administration. D'une part, le délai de révision ainsi prévu bénéficie aussi bien aux pensionnés, dont les droits à pension sont définitivement acquis au terme de ce délai, qu'à l'administration qui est, postérieurement à l'expiration de ce même délai, mise à l'abri de contestations tardives. D'autre part, l'instauration d'un délai d'un an s'avère suffisante pour permettre aux pensionnés de faire valoir utilement leurs droits devant les juridictions. Ainsi ces dispositions ne méconnaissent ni le droit d'accès à un tribunal, lequel n'est pas absolu et peut se prêter à des limitations notamment en ce qui concerne les délais dans lesquels les actions peuvent être engagées, ni les exigences qui s'attachent à la protection d'un droit patrimonial, tels qu'ils découlent de l'article 6§1 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 1er du premier protocole additionnel à cette convention.
11. Il résulte de ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision implicite par laquelle le ministre des armées a rejeté sa demande du 28 octobre 2021 tendant à la revalorisation du montant de sa pension de retraite.
Sur les conclusions indemnitaires :
12. Il résulte de ce qui a été indiqué au point 6 que la pension de retraite qui a été concédée en 2017 à M. C est devenue définitive avec toutes les conséquences pécuniaires qui en sont inséparables. Il s'ensuit que l'intéressé n'est pas recevable à demander la réparation des préjudices financiers qu'il estime avoir subis du fait de la non-prise en compte par l'administration, dans le calcul de sa pension de retraite, de la prime de rendement d'ouvrier de l'Etat au taux maximum de 32 %.
13. Enfin, si le requérant invoque une faute tirée de l'information erronée contenue dans l'attestation du droit d'option, le requérant ne démontre pas en quoi cette information erronée quant au montant de la pension dont il aurait dû bénéficier constitue la cause directe du préjudice qu'il allègue, alors que l'intéressé a exercé son droit d'option à l'aune de ce montant en signant la déclaration d'option. Les préjudices allégués étant ainsi exclusivement en lien avec l'erreur de calcul commise par l'administration, il n'est pas fondé à demander à engager la responsabilité de cette dernière en raison de l'information erronée qui lui a été délivrée.
14. Il résulte de ce qui précède que les conclusions indemnitaires doivent être rejetées.
15. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée en défense, que la requête de M. C doit être rejetée.
Sur les frais liés aux instances :
16. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans les présentes instances, au titre des frais exposés par M. C et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C, à la caisse des dépôts et consignations et au ministre des armées.
Délibéré après l'audience du 28 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. Delvolvé, président-rapporteur,
Mme Mounic, première conseillère,
M. Frézet, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 juillet 2024.
La première assesseure,
S. MOUNIC Le président-rapporteur,
Ph. DELVOLVÉ
La greffière,
L. SIXDENIERS
La République mande et ordonne au ministre des armées en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026