jeudi 7 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2106914 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL BERNADOU AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 27 décembre 2021 et le 23 janvier 2023, la SARL Médoc investissement, représentée par Me Bernadou, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 5 juillet 2021 du préfet de la Gironde portant refus d'autorisation de défrichement de 2,4912 ha de bois sur les parcelles cadastrées BY n° 5, BY n° 6, BY n° 7, BY n° 8, BY n° 10, BY n° 50, BY n° 53 et BE n° 529 sur le territoire de la commune d'Hourtin, d'une superficie totale de 11,46 ha en vue de l'aménagement d'un lotissement, ainsi que la décision du 3 novembre 2021 de rejet de son recours gracieux.
2°) d'enjoindre au préfet de la Gironde de délivrer un certificat d'autorisation de défrichement tacite dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle était titulaire, en application de l'article R.341-4 du code forestier, d'une autorisation tacite dont le retrait ne pouvait intervenir qu'après mise en œuvre de la procédure contradictoire prévue à l'article L.122-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- l'arrêté est entaché d'erreur manifeste d'appréciation, dès lors qu'il ne ressort pas des pièces du dossier, et notamment du procès-verbal de reconnaissance de la situation et de l'état des terrains dressé le 26 mars 2021 et de l'avis de l'autorité environnementale du 18 août 2020, que la conservation des bois à défricher serait nécessaire à l'équilibre biologique du territoire, ni que ces derniers présenteraient un intérêt remarquable d'un point de vue de la préservation des espèces animales ou végétales, de l'écosystème ou du bien-être de la population ;
- s'agissant de la demande de substitution de motifs, hormis la parcelle BF n° 529 située en zone orange, les parcelles à défricher sont situés en zone bleue du plan de prévention contre les risques d'incendie, et s'insèrent dans une dent creuse, au contact par trois côté sur quatre de zones urbanisées ; l'urbanisation de ces parcelles permettra une réduction sensible du linéaire d'interface entre le massif forestier et les zones d'habitation voisines ; le projet prévoit une zone inconstructible de 50 mètres maintenue débroussaillée ;
- le projet ne méconnait pas l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 novembre 2022, le préfet de la Gironde conclut au rejet de la requête et fait valoir que les moyens soulevés par SARL Médoc investissement ne sont pas fondés.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code forestier ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Munoz-Pauziès, présidente-rapporteure ;
- les conclusions de M. Bongrain, rapporteur public ;
- et les observations de Me Franceries, représentant la SARL Médoc investissement.
Considérant ce qui suit :
1. La SARL Médoc investissement demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 5 juillet 2021 du préfet de la Gironde portant refus d'autorisation de défrichement de 2,4912 ha de bois sur les parcelles cadastrées BY n° 5, BY n° 6, BY n° 7, BY n° 8, BY n° 10, BY n° 50, BY n° 53 et BE n° 529 situées sur le territoire de la commune d'Hourtin, d'une superficie totale de 11,46 ha, en vue de l'aménagement d'un lotissement.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. D'une part, aux termes de l'article L. 341-3 du code forestier : " Nul ne peut user du droit de défricher ses bois et forêts sans avoir préalablement obtenu une autorisation. / L'autorisation est délivrée à l'issue d'une procédure fixée par décret en Conseil d'Etat. () ". Aux termes de l'article R.341-4 du même code : " Sous réserve des dispositions des articles R. 341-6 et R. 341-7, la demande présentée sur le fondement de l'article L. 341-3 est réputée acceptée à défaut de décision du préfet notifiée dans le délai de deux mois à compter de la réception du dossier complet. () Lorsque le préfet estime, compte tenu des éléments du dossier, qu'une reconnaissance de la situation et de l'état des terrains est nécessaire, il porte le délai d'instruction à quatre mois et en informe le demandeur dans les deux mois suivant la réception du dossier complet. Il peut, par une décision motivée, proroger ce délai d'une durée complémentaire de trois mois, notamment lorsque les conditions climatiques ont rendu la reconnaissance impossible. ".
3. D'autre part, aux termes de l'article L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Les décisions mentionnées à l'article L. 211-2 n'interviennent qu'après que la personne intéressée a été mise à même de présenter des observations écrites et, le cas échéant, sur sa demande, des observations orales. Cette personne peut se faire assister par un conseil ou représenter par un mandataire de son choix. / L'administration n'est pas tenue de satisfaire les demandes d'audition abusives, notamment par leur nombre ou leur caractère répétitif ou systématique. " Aux termes de l'article L. 211-2 de ce code : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : ()4° Retirent ou abrogent une décision créatrice de droits ; () ".
4. Le 15 octobre 2020, la société requérante a déposé une demande d'autorisation de défrichement et par courrier du 19 novembre 2020, le préfet de la Gironde lui a demandé de compléter sa demande. Par courrier du 10 mars 2021, le préfet a accusé réception du dossier complet et informé la société qu'une visite de reconnaissance des bois étant nécessaire, le délai d'instruction du dossier était fixé à quatre mois et expirait le 5 juillet 2021. A cette date du 5 juillet 2021, en l'absence de notification d'une décision de refus d'autorisation, la SARL Médoc Investissement était titulaire, en application des dispositions de l'article R.341-4 du code forestier, d'une décision implicite d'autorisation de défricher.
5. Par l'arrêté litigieux du 5 juillet 2021, le préfet de la Gironde a refusé l'autorisation sollicité. Cette décision ayant été notifiée à la SARL Médoc investissement le 7 juillet 2021, postérieurement à l'expiration du délai d'instruction, elle doit être regardée comme ayant procédé au retrait de l'autorisation tacitement accordée, qui a le caractère d'une décision créatrice de droits. Or, il est constant que l'édiction de l'arrêté litigieux n'a pas été précédée d'une procédure contradictoire, en méconnaissance des dispositions de l'article L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration.
6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que la SARL Médoc investissement est fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 5 juillet 2021.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
7. Le présent jugement implique nécessairement que le préfet de la Gironde délivre à la SARL Médoc investissement une attestation d'autorisation de défrichement tacite. Il y a lieu de l'y enjoindre dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais de l'instance :
8. Il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du préfet de la Gironde du 5 juillet 2021 refusant à la SARL Médoc investissement l'autorisation de défricher sollicitée est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de la Gironde de délivrer à la SARL Médoc investissement une attestation d'autorisation de défrichement tacite dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera à la SARL Médoc investissement la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la SARL Médoc investissement et au ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire. Une copie en sera adressée au préfet de la Gironde.
Délibéré après l'audience du 23 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Munoz-Pauziès, présidente,
M. Bilate, premier conseiller,
M. Bourdarie, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 décembre 2023.
La présidente-rapporteure,
F. MUNOZ-PAUZIÈS
L'assesseur le plus ancien dans l'ordre du tableau,
X. BILATE
La présidente-rapp
L'assesseur le plus ancien dans l'ordre du tableau,
La présidente-rapporteure,
F. MUNOZ-PAUZIÈS
L'assesseur le plus ancien dans l'ordre du tableau,
La greffière,
C. POTTIER
La République mande et ordonne au ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026