mercredi 3 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2200351 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | SELAS SALVIAT - JULIEN-PIGNEUX |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 21 janvier 2022, Mme C A épouse B, représentée par Me Puget, demande au tribunal :
1°) d'annuler le certificat d'urbanisme opérationnel négatif par lequel le maire de la commune de Saint-Vivien-de-Médoc a déclaré non réalisable la construction de deux maisons d'habitation envisagées par la SARL Paille immobilier ;
2°) d'enjoindre au maire de Saint-Vivien-de-Médoc de délivrer à la SARL Paille immobilier le certificat d'urbanisme sollicité dans un délai de huit jours sous astreinte de 300 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Vivien-de-Médoc la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le certificat d'urbanisme contesté est entaché d'une irrégularité formelle ; en méconnaissance de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration, elle ne mentionne pas l'identité et la qualité de l'auteur de l'acte ;
- il est entaché d'incompétence en l'absence de justification de la qualité et de l'identité de son signataire ;
- il méconnaît l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme.
La requête a été communiquée à la commune de Saint-Vivien-de-Médoc, qui n'a pas produit de mémoire en défense.
La requête a été communiquée à la SARL Paille immobilier, qui n'a pas produit d'observation.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Pinturault,
- les conclusions de M. Josserand, rapporteur public,
- et les observations de Me Pasquet, représentant Mme B.
Considérant ce qui suit :
1. Le 21 juillet 2021, le maire de la commune de Saint-Vivien-de-Médoc a délivré à la SARL Paille immobilier un certificat d'urbanisme opérationnel négatif portant sur un projet de construction de deux maisons d'habitation sur un terrain situé 34 route de la Grande Lesque, cadastré section C n° 633. Mme C A épouse B demande l'annulation de ce certificat.
2. En premier lieu, et d'une part, aux termes de l'article L. 410-1 du code de l'urbanisme : " Le certificat d'urbanisme, en fonction de la demande présentée : / a) Indique les dispositions d'urbanisme, les limitations administratives au droit de propriété et la liste des taxes et participations d'urbanisme applicables à un terrain ; / b) Indique en outre, lorsque la demande a précisé la nature de l'opération envisagée ainsi que la localisation approximative et la destination des bâtiments projetés, si le terrain peut être utilisé pour la réalisation de cette opération ainsi que l'état des équipements publics existants ou prévus () ". L'article A. 410-3 du code de l'urbanisme relatif au certificat d'urbanisme précise : " () L'arrêté mentionne, en caractères lisibles, le prénom, le nom et la qualité de son signataire. " En outre, aux termes de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Toute décision prise par une administration comporte la signature de son auteur ainsi que la mention, en caractères lisibles, du prénom, du nom et de la qualité de celui-ci () ".
3. Il ressort des pièces du dossier que si le certificat d'urbanisme contesté mentionne, comme étant son auteur, le maire de la commune de Saint-Vivien-de-Médoc, il ne comporte pas l'indication du nom et du prénom de celui-ci. Ni la signature manuscrite, qui n'est pas lisible s'agissant d'une signature-paraphe dont les caractères ne sont pas identifiables, ni aucune mention de ce certificat ne permet d'identifier la personne qui en est l'auteur. Il ne ressort pas davantage des pièces du dossier que la requérante aurait été destinataire préalablement à l'édiction de la décision en litige de documents lui permettant d'identifier son auteur. Il suit de là que le certificat d'urbanisme en litige doit être annulé.
4. Pour l'application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, aucun autre moyen de la requête, en l'état du dossier, n'est susceptible de fonder l'annulation de l'acte attaqué.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
5. Compte tenu du motif qui fonde l'annulation du certificat d'urbanisme attaqué, l'exécution du présent jugement implique seulement qu'il soit enjoint au maire de Saint-Vivien-de-Médoc de réexaminer la demande de certificat d'urbanisme pré-opérationnel qui avait été déposée par la SARL Paille immobilier, dans un délai d'un mois à partir de la notification du présent jugement. Il n'y a pas lieu, en revanche, d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
6. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Saint-Vivien-de-Médoc la somme que demande Mme B sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Le certificat d'urbanisme pré-opérationnel délivré le 21 juillet 2021 par le maire de la commune de Saint-Vivien-de-Médoc à la SARL Paille immobilier, est annulé.
Article 2 : Il est enjoint à la commune de Saint-Vivien-de-Médoc de procéder à un nouvel examen de la demande de certificat d'urbanisme pré-opérationnel déposée par la SARL Paille immobilier, dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A épouse B, à la commune de Saint-Vivien-de-Médoc et à la SARL Paille immobilier.
Délibéré après l'audience du 19 juin 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Cabanne, présidente,
M. Pinturault, premier conseiller,
M. Frézet, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 juillet 2024.
Le rapporteur,
M. PINTURAULT
La présidente,
C. CABANNE La greffière,
S. FERMIN
La République mande et ordonne au préfet de la Gironde, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026