jeudi 2 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2200379 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL BARDET ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 24 janvier et 17 mai 2022, 20 septembre 2023, 5 et 22 janvier 2024, M. A B, représenté par Me Tastet, avocate, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 29 novembre 2021 par laquelle le directeur général de la régie du port de plaisance d'Arcachon a refusé de lui accorder à titre prioritaire une autorisation d'occupation du poste d'amarrage L30 au tarif titulaire ;
2°) d'enjoindre à la régie du port de plaisance d'Arcachon, à titre principal, de lui attribuer prioritairement une autorisation d'occupation du poste d'amarrage L30 au tarif titulaire pour le navire " Chloé " ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa demande dans un délai de 15 jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) qu'il soit sursis à statuer dans l'attente de la décision du Conseil d'Etat à venir sur le pourvoi formé à l'encontre de l'arrêt n° 21BX04341 du 23 novembre 2023 de la cour administrative d'appel de Bordeaux ;
4°) de mettre à la charge de la régie du port de plaisance d'Arcachon la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision contestée est insuffisamment motivée ;
- elle méconnaît l'article 17 du règlement particulier de police et d'exploitation du port de plaisance d'Arcachon dès lors qu'il dispose de la qualité d'héritier de M. C au sens du premier alinéa de cet article ;
- elle est entachée d'erreur de droit dès lors qu'il ne ressort d'aucune disposition du règlement particulier de police que le droit de suite ne s'appliquerait qu'en cas de décès d'une personne titulaire d'un emplacement et possédant la pleine propriété de son navire.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 29 mars 2022, 6 septembre, 2 novembre et 29 décembre 2023, la régie du port d'Arcachon, représentée par Me Bardet, avocat, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge du requérant au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la décision du 12 juillet 2018 rejetant la demande de M. B est devenue définitive ; aucun élément de fait ou de droit nouveau n'est intervenu depuis cette date ;
- l'autorité absolue de la chose jugée par la cour administrative d'appel de Bordeaux dans son arrêt n° 21BX04341 du 23 novembre 2023 fait obstacle à l'examen de la requête ;
- les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 22 janvier 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 5 février 2024.
Un mémoire a été enregistré le 7 février 2024 pour la régie du port d'Arcachon et n'a pas été communiqué.
Les parties ont été informées, par courrier du 4 avril 2024, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de ce que la décision du 29 novembre 2021 est purement confirmative de la décision prise par le directeur du port d'Arcachon le 12 juillet 2018, laquelle est devenue définitive.
Un mémoire en réponse au moyen d'ordre public a été enregistré et communiqué le 8 avril 2024 pour le compte de la régie du port d'Arcachon.
Un mémoire en réponse au moyen d'ordre public a été enregistré et communiqué le 9 avril 2024 pour le compte de M. B.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Passerieux, rapporteure,
- les conclusions de Mme Patard, rapporteure publique,
- les observations de Me Kaesmaecker, substituant Me Tastet, représentant M. B,
- et les observations de Me Boux de Casson, substituant Me Bardet, représentant la régie du port d'Arcachon.
Considérant ce qui suit :
1. M. C était titulaire d'une autorisation d'occupation du poste d'amarrage L30 dans le port de plaisance d'Arcachon, qui était occupé par un navire dénommé " Chloé ", détenu à 60 % par M. C et à 40 % par M. B. A la suite du décès de M. C survenu le 25 septembre 2017, M. B, bénéficiaire du legs des 60 % détenus par celui-ci en vertu d'un acte notarié de dévolution successorale de juin 2018, a demandé par courriers des 18 décembre 2017 et 22 juin 2018, au directeur du port de plaisance d'Arcachon l'attribution à titre prioritaire de l'autorisation d'occupation de l'emplacement L30 sur le fondement de l'article 17 du règlement particulier de police et d'exploitation du port de plaisance d'Arcachon relatif au transfert du droit de propriété ou de jouissance du navire. Par un courrier du 12 juillet 2018, le directeur du port de plaisance d'Arcachon a refusé de faire droit à sa demande. Par courriers des 23 juillet et 4 septembre 2018 et 24 janvier 2019, M. B a réitéré sa demande, de nouveau rejetée par courriers des 2 août 2018 et 6 mars 2019 du directeur du port d'Arcachon. Par un jugement n° 1904335 du 30 septembre 2021, le tribunal administratif de Bordeaux a annulé les décisions du directeur du port de plaisance d'Arcachon des 12 juillet 2018 et 6 mars 2019 et enjoint à la régie du port d'Arcachon de procéder au réexamen de la demande de M. B dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement. En exécution de ce jugement, la régie du Port d'Arcachon a réexaminé la demande de M. B et pris, le 29 novembre 2021, une nouvelle décision de refus. Par un arrêt n° 21BX04341 du 23 novembre 2023, la cour administrative d'appel de Bordeaux a annulé le jugement n° 1904335 du tribunal et rejeté la demande de M. B. Par la présente requête, M. B demande au tribunal d'annuler la décision du 29 novembre 2021.
Sur la recevabilité de la requête :
2. D'une part, aux termes du premier alinéa de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " Sauf en matière de travaux publics, la juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. () ". Aux termes de l'article R. 421-5 du même code : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision ".
3. D'autre part, aux termes de l'article L. 411-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Toute décision administrative peut faire l'objet, dans le délai imparti pour l'introduction d'un recours contentieux, d'un recours gracieux ou hiérarchique qui interrompt le cours de ce délai () ". Aux termes de l'article L. 112-3 du même code : " Toute demande adressée à l'administration fait l'objet d'un accusé de réception () ". Aux termes de l'article R. 112-5 de ce code : " L'accusé de réception prévu par l'article L. 112-3 comporte les mentions suivantes : 1° La date de réception de la demande et la date à laquelle, à défaut d'une décision expresse, celle-ci sera réputée acceptée ou rejetée ; / () Il indique si la demande est susceptible de donner lieu à une décision implicite de rejet ou à une décision implicite d'acceptation. Dans le premier cas, l'accusé de réception mentionne les délais et les voies de recours à l'encontre de la décision () ".
4. Par ailleurs, le principe de sécurité juridique, qui implique que ne puissent être remises en cause sans condition de délai des situations consolidées par l'effet du temps, fait obstacle à ce que puisse être contestée indéfiniment une décision administrative individuelle qui a été notifiée à son destinataire, ou dont il est établi, à défaut d'une telle notification, que celui-ci a eu connaissance. En une telle hypothèse, si le non-respect de l'obligation d'informer l'intéressé sur les voies et délais de recours, ou l'absence de preuve qu'une telle information a bien été fournie, ne permet pas que lui soient opposés les délais de recours fixés par le code de justice administrative, le destinataire de la décision ne peut exercer de recours juridictionnel au-delà d'un délai raisonnable. En règle générale et sauf circonstances particulières, dont se prévaudrait le requérant, ce délai ne saurait, sous réserve de l'exercice de recours administratifs pour lesquels les textes prévoient des délais particuliers, excéder un an à compter de la date à laquelle une décision expresse lui a été notifiée ou de la date à laquelle il est établi qu'il en a eu connaissance.
5. De plus, la présentation, dans le délai imparti pour introduire un recours contentieux contre une décision administrative, d'un recours administratif, gracieux ou hiérarchique, contre cette décision a pour effet d'interrompre ce délai. Il en va notamment ainsi lorsque, faute de respect de l'obligation d'informer l'intéressé sur les voies et délais de recours, le délai dont dispose le destinataire de la décision pour exercer le recours juridictionnel est le délai découlant de la règle énoncée au point 4. Lorsque le recours administratif fait l'objet d'une décision explicite de rejet, un nouveau délai de recours commence à courir à compter de la date de notification de cette décision. Si la notification de la décision de rejet du recours administratif n'est pas elle-même assortie d'une information sur les voies et délais de recours, l'intéressé dispose de nouveau, à compter de cette notification, du délai découlant de la règle énoncée au point 4 pour saisir le juge. En cas de silence gardé par l'administration sur le recours administratif, le délai de recours contentieux de droit commun contre la décision administrative contestée recommence à courir dès la naissance d'une décision implicite de rejet du recours administratif lorsque l'autorité administrative a accusé réception de ce dernier recours et que l'accusé de réception comporte les indications prévues à l'article R. 112-5 du code des relations entre le public et l'administration. À défaut, l'intéressé dispose, pour introduire son recours contentieux contre la décision administrative qu'il conteste, à compter du jour où il a eu connaissance de la décision implicite de rejet de son recours administratif, du délai raisonnable découlant de la règle énoncée au point 4.
6. Enfin, une deuxième décision dont l'objet est le même que la première revêt un caractère confirmatif, dès lors que ne s'est produit entre temps aucun changement dans les circonstances de droit ou de fait de nature à emporter des conséquences sur l'appréciation des droits ou prétentions en litige.
7. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que par courriers des 18 décembre 2017 et 22 juin 2018, M. B, auparavant copropriétaire du bateau dénommé " Chloé " à hauteur de 40 % et bénéficiaire du legs des 60 % détenus par M. C, a demandé au directeur du port d'Arcachon, à la suite du décès de M. C, le bénéfice de l'autorisation d'occupation de l'emplacement L30 du port de plaisance d'Arcachon au tarif " titulaire " dont bénéficiait ce dernier. M. B a joint à sa demande les pièces justificatives nécessaires à l'application des dispositions de l'article 17 du règlement particulier de police et d'exploitation du port de plaisance d'Arcachon relatif au transfert du droit de propriété ou de jouissance du navire. Dans ces courriers, M. B invoquait sa qualité de seul propriétaire du bateau à la suite du legs des 60 % détenus par M. C. Par courrier du 12 juillet 2018, le directeur du port d'Arcachon a rejeté sa demande au motif que le règlement du port ne prévoit pas de droit de suite au bénéfice du copropriétaire d'un bateau. Par courrier du 23 juillet 2018 qui doit être analysé comme un recours gracieux, M. B a exprimé son désaccord sur le motif de refus opposé et a renouvelé sa demande d'autorisation d'occupation de l'emplacement. Par courrier du 2 août 2018 qui ne comportait pas la mention des voies et délais de recours, le directeur du port d'Arcachon a rejeté le recours gracieux de M. B. Par courrier du 4 septembre 2018, M. B, par l'intermédiaire de son avocat, a contesté à nouveau le refus qui lui était opposé en mentionnant la réception d'une lettre recommandée le 10 août 2018 qui correspond au courrier de rejet du recours gracieux du 2 août. Ainsi, le délai prévu au point 4 a commencé à courir à compter de cette date et expirait le 10 août 2019.
8. Dans ces conditions, à la date du 24 janvier 2022 à laquelle la requête de M. B tendant à l'annulation de la décision du 29 novembre 2021 a été enregistrée, la décision du 12 juillet 2018 était devenue définitive. Or, il ressort des pièces du dossier que la décision du 29 novembre 2021, expressément prise en exécution du jugement n° 1904335 du 30 septembre 2021, lui-même annulé par un arrêt n° 21BX04341 du 23 novembre 2023, doit s'analyser, en l'absence de changement dans les circonstances de droit et de fait, comme une décision purement confirmative de la décision de refus initiale datée du 12 juillet 2018. Ainsi, cette décision n'a pas eu pour effet de rouvrir le délai de recours contentieux. Par suite, les conclusions de la requête dirigées contre la décision confirmative du 29 novembre 2021, sont pour ce motif, irrecevables.
9. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit nécessaire de surseoir à statuer, que les conclusions de M. B à fin d'annulation de la décision du 29 novembre 2021 de la régie du port d'Arcachon doivent être rejetées. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction doivent être également rejetées.
Sur les frais liés au litige :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la régie du port d'Arcachon, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que M. B demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de M. B une somme à verser à la régie du port d'Arcachon sur le même fondement.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la régie du port d'Arcachon au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la régie du port d'Arcachon.
Délibéré après l'audience du 11 avril 2024, à laquelle siégeaient :
M. Delvolvé, président,
Mme Mounic, première conseillère,
Mme Passerieux, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 mai 2024.
La rapporteure,
C. PASSERIEUX
Le président,
Ph. DELVOLVÉ
Le greffier,
A. PONTACQ
La République mande et ordonne au préfet de la Gironde en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier
N°2200379
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026