mercredi 16 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2201387 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | BERARD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 8 mars 2022, et par un mémoire enregistré le 25 mai 2022, l'association foncière urbaine libre (AFUL) des propriétaires de l'îlot Bonnac, représentée par Me Casanova, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 1er octobre 2021 par lequel le maire de la commune de Bordeaux a délivré un permis de construire à la SNC Vinci immobilier d'entreprise pour restructurer le centre commercial " Les Passages de Mériadeck ", ensemble la décision du 10 janvier 2022 par laquelle cette autorité a rejeté le recours gracieux qu'elle a formé contre cet arrêté ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Bordeaux la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle justifie avoir intérêt, capacité et qualité à agir ;
- l'arrêté contesté méconnaît l'article A. 424-8 du code de l'urbanisme ; il ne comporte pas, à la date de sa signature, les informations au public requises par ces dispositions ;
- il méconnaît le a) de l'article R. 431-7 du code de l'urbanisme ; le plan de situation contenu dans le dossier de demande de permis de construire est insuffisant ;
- il méconnaît l'article R. 431-9 du code de l'urbanisme ; les plans de masse fournis dans le dossier de demande n'identifient pas les hauteurs des immeubles projetés ;
- il méconnaît l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme ; la notice architecturale fournie dans le dossier de demande de permis de construire ne permet pas une exacte appréciation des abords du projet et de la gestion des flux de circulation ; les simulations d'insertion sont trompeuses quant à la gestion des abords et de la circulation piétonne avoisinante ;
- la notice relative aux matériaux utilisés et aux modalités d'exécution des travaux, fournie dans le dossier de demande, ne répond pas aux finalités de l'article R. 431-14 du code de l'urbanisme ;
- l'arrêté méconnaît le i) de l'article R. 431-16 du code de l'urbanisme ; alors que le projet modifie les accès sur la voie publique, le dossier de demande de permis de construire ne comporte pas d'étude de sécurité publique ;
- il méconnaît l'emplacement réservé n° T1653 institué dans le plan local d'urbanisme intercommunal (PLUi) de Bordeaux Métropole ; le projet implique la création d'ouvertures dans une façade implantée au cœur de cet emplacement dédié à l'élargissement de la voie publique ;
- il méconnaît les articles 1.4.1.3. et 1.4.2.3. du règlement de la zone UP15 du PLUi de Bordeaux Métropole ; le projet ne comporte pas le nombre de places de stationnement pour les voitures et les vélos au regard de la surface de plancher à destination commerciale créée ;
- il méconnaît l'article 2.3.6. du règlement de la zone UP15 du PLUi de Bordeaux Métropole ; le projet est de nature à créer des nuisances sonores.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 juin 2022, la commune de Bordeaux, représentée par Me Bérard, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à a charge de l'association requérante sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés par l'association requérante ne sont pas fondés.
Par des mémoires enregistrés le 20 mai 2022 et le 26 juillet 2022, la SNC Vinci immobilier d'entreprise, représentée par Me Lhéritier, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de l'association requérante la somme de 6 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable à défaut de capacité pour agir de l'association requérante ; ses statuts n'ont pas été publiés au Journal officiel ;
- la requête est irrecevable à défaut pour l'association requérante de justifier d'un intérêt pour agir au sens de l'article L.600-1-2 du code de l'urbanisme ;
- la requête est irrecevable à défaut de qualité du président de l'association requérante, qui agit en son nom, pour la représenter en justice ;
- les moyens soulevés par l'association requérante ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Pinturault,
- les conclusions de M. Frézet, rapporteur public,
- et les observations de Me Plane, représentant l'AFUL des propriétaires de l'îlot Bonnac, de Me Bérard, représentant la commune de Bordeaux, et de Me Lhéritier, représentant la SNC Vinci immobilier de l'entreprise.
Considérant ce qui suit :
1. L'association foncière urbaine libre (AFUL) des propriétaires de l'îlot Bonnac demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 1er octobre 2021 par lequel le maire de la commune de Bordeaux a délivré un permis de construire à la SNC Vinci immobilier d'entreprise pour restructurer un centre commercial, dit " Les passages de Mériadeck ", sur une parcelle cadastrée section KD n° 312, située 40 rue Edmond Michelet, ensemble la décision du 10 janvier 2022 par laquelle cette autorité a rejeté le recours gracieux qu'elle a formé contre cet arrêté.
Sur les fins de non-recevoir :
2. Aux termes de l'article L. 322-4-1 du code de l'urbanisme : " Le président de l'association foncière urbaine exerce les compétences définies par l'article 23 de l'ordonnance du 1er juillet 2004 () ". Aux termes de l'article 23 de cette ordonnance : " Le président prépare et exécute les délibérations de l'assemblée des propriétaires et du syndicat. Il en convoque et préside les réunions. / Il est le chef des services de l'association et son représentant légal. Il en est l'ordonnateur () ". Aux termes de l'article 16 des statuts de l'AFUL des propriétaires de l'îlot Bonnac : " 3. () Le comité syndical a les pouvoirs les plus étendus dans le cadre et pour la réalisation de l'objet social () Il a notamment () les pouvoirs suivants : () 8) Il autorise le président à agir en justice () ". Selon l'article 18 de ces statuts, relatif aux pouvoirs et attributions du président : " () Le président n'est pas habilité, sauf extrême urgence touchant à la sécurité des personnes ou à la perte de biens, à prendre seul des décisions () 3) Il est le représentant légal de l'association. Il la représente en justice, vis-à-vis des tiers et dans tous les actes intéressant la personnalité civile de l'association () ". Il ressort de ces dispositions et stipulations statutaires que si le président de l'AFUL est seul à pouvoir représenter l'association en justice, il n'a toutefois pas le pouvoir de prendre seul l'initiative d'une action en justice sans avoir été préalablement mandaté à cette fin par le comité syndical, à l'exception des seules hypothèses, prévues par l'article 18 des statuts, où cette initiative est justifiée par un motif d'extrême urgence touchant à la sécurité des personnes ou à la perte de biens.
3. En l'espèce, la requête a été introduite par le président de l'AFUL des propriétaires de l'îlot Bonnac, en sa qualité de représentant légal de l'association, mais sans que celui-ci justifie d'aucun mandat qui lui aurait été donné par le comité syndical pour soutenir l'action en justice. D'une part, si, dans ses dernières écritures, l'AFUL des propriétaires de l'îlot Bonnac, se prévalant du caractère régularisable du défaut de qualité pour agir de son président, a annoncé qu'un vote habilitant celui à agir en justice dans le cadre de la présente instance, interviendrait lors de l'assemblée générale annuelle qui devait se tenir le 30 juin 2022 et à l'ordre du jour de laquelle un vote à cette fin serait inscrit, elle n'a ensuite produit aucune délibération en ce sens. D'autre part, si l'association requérante soutient que l'objet de son action touche à un motif d'extrême urgence relative à la sécurité des personnes ou à la perte de biens, elle se borne à se prévaloir de l'atteinte à la structure ou à l'harmonie de la construction, sans démontrer en quoi la réalisation du projet en cause serait de nature à compromettre la sécurité ou la conservation des immeubles de l'îlot. Si l'expertise judiciaire ordonnée à l'initiative de l'association requérante le 29 novembre 2021 par le juge des référés du tribunal judiciaire de Bordeaux, à la suite du commencement des travaux de réalisation de ce projet, a indiqué que ces travaux, qui impliquent notamment la dépose de cloisons en parpaing et la mise à nue de la structure porteuse intérieure, portent ponctuellement sur des éléments porteurs de l'édifice, elle ne suffit pas à caractériser une compromission de la sécurité, une atteinte faite à la structure ou une atteinte à la sécurité des personnes ou des biens. Un tel motif ne saurait davantage procéder des seuls risques allégués du projet pour la circulation publique ou du fait que les travaux concernés ont commencé. Dans ces conditions, le défaut de qualité à agir du président de l'association requérante n'ayant pas été régularisé en cours d'instance, la fin de non-revoir opposée par la SNC Vinci immobilier d'entreprise, doit être accueillie.
4. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres fins de non-recevoir, la requête de l'AFUL des propriétaires de l'îlot Bonnac est irrecevable et doit donc être rejetée.
Sur les frais liés au litige :
5. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Bordeaux, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que demande l'AFUL des propriétaires de l'îlot Bonnac au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. En revanche, dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de l'AFUL des propriétaires de l'îlot Bonnac une somme de 1 000 euros au bénéfice de la commune de Bordeaux et une somme de 1 000 euros au bénéfice de la SNC Vinci immobilier d'entreprise.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de l'AFUL des propriétaires de l'îlot Bonnac est rejetée.
Article 2 : L'AFUL des propriétaires de l'îlot Bonnac versera à la commune de Bordeaux une somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : L'AFUL des propriétaires de l'îlot Bonnac versera à la SNC Vinci immobilier d'entreprise une somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à l'AFUL des propriétaires de l'îlot Bonnac, à la commune de Bordeaux et à la SNC Vinci immobilier d'entreprise.
Délibéré après l'audience du 2 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Cabanne, présidente,
M. Pinturault, premier conseiller,
Mme Fazi-Leblanc, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 octobre 2024.
Le rapporteur,
M. PINTURAULT
La présidente,
C. CABANNE La greffière,
M-A. PRADAL
La République mande et ordonne au préfet de la Gironde, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026