lundi 6 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2201618 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL AEDIFICO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, des pièces, enregistrées les 18 et 23 mars 2022 et un mémoire complémentaire, enregistré le 15 février 2024, ce dernier n'ayant pas été communiqué, M. et Mme C, représentés par Me Achou-Lepage, avocat, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 1er décembre 2020 par lequel le maire de Lacanau a procédé à l'aménagement de nouvelles places de stationnement, ensemble la décision implicite de rejet de leur recours gracieux en date du 19 janvier 2022 ;
2°) d'enjoindre à la commune de Lacanau de supprimer les deux places situées au droit de l'accès des requérants, sous astreinte dont le montant sera fixé librement par la juridiction de céans ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Lacanau la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- l'aménagement de deux places de stationnement sur la chaussée en face de l'entrée de leur résidence entrave l'accès à leur propriété, le rayon de braquage laissé libre de tout obstacle étant manifestement insuffisant pour leur permettre d'accéder à leur propriété dans des conditions normales et satisfaisantes ; il porte une atteinte excessive à leur droit d'accès à leur propriété, alors même que la rue Lapuyade constitue la seule voie de desserte de leur bien ;
- il n'est pas établi que cette atteinte serait justifiée pour des motifs d'intérêt général, alors que la commune dispose déjà, à proximité immédiate de la propriété des requérants, d'espaces de stationnement conséquents ainsi que le long de la rue Clémenceau située à une centaine de mètres ;
- au surplus, cet aménagement est également de nature à créer un risque pour la sécurité des usagers en réduisant sensiblement les largeurs de voirie et la visibilité au droit des intersections ; enfin, les conditions dans lesquelles les requérants seront contraints de manœuvrer avant d'accéder à leur propriété seront nécessairement sources de ralentissement voir de blocage.
Par un mémoire en défense enregistré le 27 juillet 2022, la commune de Lacanau représentée par Me Boissy, avocat, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge des requérants au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Par une ordonnance du 16 janvier 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 16 février 2024.
Des pièces complémentaires enregistrées le 25 mars 2024 pour les requérants n'ont pas été communiquées.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Mounic, rapporteure,
- les conclusions de Mme Patard, rapporteure publique,
- les observations de Me Caparros, substituant Me Achou-Lepage, représentant, M. et Mme C,
- et les observations de Me Dubois, substituant Me Boissy, représentant la commune de Lacanau.
Considérant ce qui suit :
1. M. et Mme C sont propriétaires d'une maison d'habitation sise 25 rue Albert Lapuyade sur la commune de Lacanau. Par un arrêté du 1er décembre 2020, le maire de la commune a procédé à l'aménagement de nouvelles places de stationnement. Par courrier en date du 21 juin 2021, les requérants ont fait part de leurs difficultés à la commune et sollicité le déplacement des deux places de stationnement situées au droit de l'accès à leur propriété. Par un courrier en date du 8 juillet 2021, la commune a rejeté leur demande. Les époux C ont saisi le maire d'un recours gracieux le 10 novembre 2021, réceptionné le 19 novembre 2021 demandant le retrait de l'arrêté en litige auquel la commune n'a pas répondu. Par la présente requête, M. et Mme C doivent être regardés comme demandant l'annulation de l'arrêté du 1er décembre 2020, en tant qu'il a procédé à l'aménagement de deux nouvelles places de stationnement en face de leur propriété, ensemble de la décision implicite de rejet née le 19 janvier 2022 du silence gardé par la commune de Lacanau à leur demande de recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 2 212-1 du code général des collectivités territoriales : " Le maire est chargé () de la police municipale () ". Aux termes de l'article L. 2 212-2 du même code : " La police municipale a pour objet d'assurer le bon ordre, la sûreté, la sécurité et la salubrité publiques. Elle comprend notamment : / 1° Tout ce qui intéresse la sûreté et la commodité du passage dans les rues, quais, places et voies publiques, ce qui comprend le nettoiement, l'éclairage, l'enlèvement des encombrements, la démolition ou la réparation des édifices et monuments funéraires menaçant ruine, l'interdiction de rien exposer aux fenêtres ou autres parties des édifices qui puisse nuire par sa chute ou celle de rien jeter qui puisse endommager les passants ou causer des exhalaisons nuisibles ainsi que le soin de réprimer les dépôts, déversements, déjections, projections de toute matière ou objet de nature à nuire, en quelque manière que ce soit, à la sûreté ou à la commodité du passage ou à la propreté des voies susmentionnées ". Aux termes de l'article L. 2 213-1 du même code : " Le maire exerce la police de la circulation sur les routes nationales, les routes départementales et les voies de communication à l'intérieur des agglomérations, sous réserve des pouvoirs dévolus au représentant de l'Etat dans le département sur les routes à grande circulation ". Dans l'exercice des pouvoirs de police qui lui sont ainsi confiés, il appartient au maire de prendre les mesures nécessaires pour concilier les droits de l'ensemble des usagers de la voie publique et les contraintes liées, le cas échéant, à la circulation et au stationnement de leurs véhicules. La police de la circulation, comme celle du stationnement doit être exercée en vue d'assurer dans de meilleures conditions de sécurité, de commodité et d'agrément la circulation de l'ensemble des usagers des voies publiques.
3. D'une part, si les requérants soutiennent que l'aménagement de deux places de stationnement sur la chaussée en face de leur propriété entrave l'accès à leur propriété, il ne ressort toutefois pas des pièces du dossier que les places de stationnement ainsi crées réduiraient la largeur de la voirie de telle sorte que l'accès à leur propriété en véhicule léger serait impossible, alors même que la rue est désormais à sens unique. D'autre part, il ressort des termes mêmes de l'arrêté, qu'il a été pris pour des motifs de sécurité, le stationnement anarchique des véhicules sur les trottoirs pouvant préalablement amener les piétons à emprunter la chaussée, alors circulée dans les deux sens. La circonstance qu'il y ait des stationnements à proximité est sans incidence sur les motifs d'intérêt général poursuivis par l'arrêté, à savoir la régulation du stationnement et la réduction de la vitesse dans la rue. Enfin, il ne ressort d'aucune pièce du dossier que l'aménagement réduirait la visibilité aux intersections des rues Nicolas Boileau et Jean-Jacques Rousseau. Dans ces conditions, le maire de la commune n'a pas méconnu ses obligations en matière de police de la voirie telles qu'établies par les articles précités. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à demander l'annulation de l'arrêté du 1er décembre 2020, ensemble la décision implicite de rejet de leur recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'injonction
4. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation présentées par M. et Mme C, n'appelle aucune mesure d'exécution. Par suite, leurs conclusions à fin d'injonction doivent être rejetées.
Sur les frais d'instance :
5. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Lacanau, qui n'est pas partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par M. et Mme C au titre des frais qu'ils ont exposés et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de M. et Mme C la somme que demande la commune de Lacanau sur le fondement des mêmes dispositions.
DECIDE :
Article 1er : La requête de M. et Mme C est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune de Lacanau présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B C, Mme D et à la commune de Lacanau.
Délibéré après l'audience du 11 avril 2024 à laquelle siégeaient :
M. Delvolvé, président,
Mme Mounic, première conseillère,
Mme Passerieux, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 mai 2024.
La rapporteure,
S. MOUNIC
Le président,
Ph. DELVOLVÉLe greffier,
A. PONTACQ
La République mande et ordonne au préfet de la Gironde, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier
N°2201618
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026