mercredi 18 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2201989 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL BOISSY AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 7 avril 2022, la préfète de la Gironde demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 5 octobre 2021 par lequel le maire de Lacanau a délivré à la société par actions simplifiées Sedadi un permis de construire portant sur l'édification d'un hangar de stockage de bateaux et de 22 places de stationnement extérieur sur la parcelle cadastrée section CZ n° 62 située lot 2 de la ZA de la Meule, ainsi que sa décision implicite née le 17 février 2022 rejetant le recours gracieux présenté dans le cadre du contrôle de légalité.
Elle soutient que :
- l'arrêté déféré méconnaît les dispositions de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme, la construction projetée constituant une extension de l'urbanisation dans un secteur qui n'est ni un village ni une agglomération existante ;
- il méconnaît les dispositions de l'article L. 425-6 du code de l'urbanisme, faute d'autorisation de défrichement.
La société Sedadi a produit des pièces, enregistrées le 5 mai 2022.
Par un mémoire en défense enregistré le 2 juin 2022, la commune de Lacanau, représentée par Me Boissy, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de l'État la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Par une ordonnance du 3 juin 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 3 août 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de l'environnement ;
- le code forestier ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A,
- les conclusions de M. Vaquero, rapporteur public,
- et les observations de Me Dubois, représentant la commune de Lacanau.
Considérant ce qui suit :
1. La préfète de la Gironde demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 5 octobre 2021 par lequel le maire de Lacanau a délivré à la société par actions simplifiées Sedadi un permis de construire portant sur l'édification d'un hangar de stockage de bateaux et de 22 places de stationnement extérieur sur la parcelle cadastrée section CZ n° 62 située lot 2 de la ZA de la Meule, ainsi que sa décision implicite née le 17 février 2022 rejetant le recours gracieux qu'elle a formé dans le cadre du contrôle de la légalité.
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme : " L'extension de l'urbanisation se réalise en continuité avec les agglomérations et villages existants. / Dans les secteurs déjà urbanisés autres que les agglomérations et villages identifiés par le schéma de cohérence territoriale et délimités par le plan local d'urbanisme, des constructions et installations peuvent être autorisées, en dehors de la bande littorale de cent mètres, () lorsque ces constructions et installations n'ont pas pour effet d'étendre le périmètre bâti existant ni de modifier de manière significative les caractéristiques de ce bâti. Ces secteurs déjà urbanisés se distinguent des espaces d'urbanisation diffuse par, entre autres, la densité de l'urbanisation, sa continuité, sa structuration par des voies de circulation et des réseaux d'accès aux services publics de distribution d'eau potable, d'électricité, d'assainissement et de collecte de déchets, ou la présence d'équipements ou de lieux collectifs ".
3. Il résulte de ces dispositions que les constructions peuvent être autorisées dans les communes littorales en continuité avec les agglomérations et villages existants, c'est-à-dire, en l'absence d'autres précisions apportées à cet égard par un schéma de cohérence territoriale (SCOT) applicable, avec les zones déjà urbanisées caractérisées par un nombre et une densité significatifs de constructions. En outre, dans les secteurs déjà urbanisés ne constituant pas des agglomérations ou des villages, des constructions peuvent être autorisées en dehors de la bande littorale des cent mètres et des espaces proches du rivage dans les conditions prévues au deuxième alinéa de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme, sous réserve que ces secteurs soient identifiés par le schéma de cohérence territoriale et délimités par le plan local d'urbanisme, ou, jusqu'au 31 décembre 2021, sous réserve de ne pas avoir pour effet d'étendre le périmètre du bâti existant ni de modifier de manière significative les caractéristiques de ce bâti, avec accord de l'État et avis de la commission départementale de la nature des paysages et des sites.
4. Il ressort des pièces du dossier que le projet consiste en l'édification d'un hangar de stockage de bateaux et de 22 places de stationnement extérieur sur la parcelle cadastrée section CZ n° 62 à Lacanau, commune littorale au sens de l'article L. 321-2 du code de l'environnement. Cette parcelle est située à environ 300 mètres du bourg de Lacanau, et ne s'inscrit par conséquent pas en continuité de ce village. Il ressort également des pièces du dossier que le projet s'inscrit dans la zone d'activité de la Meule, constituée d'une cinquantaine de constructions industrielles et commerciales et d'habitations, qui, bien que desservie par une route départementale, ne constitue pas une agglomération ou un village au sens des dispositions précitées de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme, ni au demeurant un " secteur déjà urbanisé autre que les agglomérations et villages " au sens du deuxième alinéa de cet article, le secteur en litige n'ayant pas été identifié comme tel par un SCoT applicable au titre de l'article L. 121-3 du code de l'urbanisme. Ainsi, le projet litigieux constitue une extension de l'urbanisation ne s'inscrivant pas en continuité d'une agglomération ou d'un village existant au sens des dispositions précitées. Par suite, l'arrêté du 19 mai 2021 a été délivré en méconnaissance des dispositions de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme.
5. En second lieu, aux termes de l'article L. 425-6 du code de l'urbanisme : " Conformément à l'article L. 341-7 du nouveau code forestier, lorsque le projet porte sur une opération ou des travaux soumis à l'autorisation de défrichement prévue aux articles L. 341-1 et L. 341-3 du même code, celle-ci doit être obtenue préalablement à la délivrance du permis ". Aux termes de l'article L. 341-1 du code forestier : " Est un défrichement toute opération volontaire ayant pour effet de détruire l'état boisé d'un terrain et de mettre fin à sa destination forestière. () La destruction accidentelle ou volontaire du boisement ne fait pas disparaître la destination forestière du terrain, qui reste soumis aux dispositions du présent titre ". Aux termes de l'article L. 341-3 du même code : " Nul ne peut user du droit de défricher ses bois et forêts sans avoir préalablement obtenu une autorisation. () ".
6. Il ressort des pièces du dossier, ainsi que du site GoogleMaps Streetview, accessible à tous, que le terrain d'assiette du projet, ainsi que le fait valoir la commune en défense, était déboisé en mars 2021, préalablement au dépôt de la demande de permis de construire le 11 mai 2021. Il ressort cependant des vues du même site internet qu'il était totalement boisé de pins en juillet 2018. La circonstance que le boisement ait été détruit accidentellement ou volontairement n'a pas d'incidence sur la destination forestière du terrain que révèlent ces vues, alors que le requérant ne justifie aucunement de l'abattage des arbres préalablement au dépôt de sa demande. Ainsi, une autorisation de défrichement devait être obtenue préalablement à la délivrance du permis de construire, et l'arrêté du 5 octobre 2021 méconnaît par suite les dispositions de l'article L. 425-6 du code de l'urbanisme.
7. Il résulte de tout ce qui précède que la préfète de la Gironde est fondée à demander l'annulation de l'arrêté du maire de 5 octobre 2021 ainsi que de sa décision implicite du 17 février 2022.
8. Enfin, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'État verse à la commune de Lacanau une quelconque somme sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du maire de Lacanau du 5 octobre 2021 et sa décision du 17 février 2022 sont annulés.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Lacanau sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société Sedadi, à la commune de Lacanau et à la préfète de la Gironde.
Copie en sera délivrée au procureur de la République près le tribunal judiciaire de Bordeaux.
Délibéré après l'audience du 4 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
M. Pouget, président,
M. Josserand, conseiller,
M. Frézet, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 janvier 2023.
Le rapporteur,
L. ALe président,
L. POUGET
La greffière,
S. FERMIN
La République mande et ordonne à la préfète de la Gironde en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026