jeudi 28 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2201996 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | OSTIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 5 avril 2022, M. A B, représenté par Me Ostier, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 31 janvier 2022 par laquelle l'Office français des réfugiés et apatrides (OFPRA) lui a refusé le statut d'apatride ;
2°) de lui reconnaître le statut d'apatride ;
3°) de mettre à la charge de l'OFPRA une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. B soutient que :
- le directeur général de l'OFPRA a commis une erreur de droit en méconnaissance des dispositions combinées des articles 1er paragraphe 1, article 1er paragraphe 2 alinéa 2 de la convention de New-York et article L. 812-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile devenu L. 582-1 du même code et une erreur d'appréciation dès lors qu'il est d'origine Sahraoui, il n'a pas de nationalité, il ne bénéficie pas d'une protection au titre du statut d'apatride dans un autre pays, il a donc droit à se voir octroyer le statut d'apatride par l'OFPRA ;
- si l'OFPRA ne lui a pas accordé la protection au motif qu'il l'aurait déjà demandée en Espagne, l'OFPRA ne démontre pas que l'Espagne lui aurait déjà accordé le statut d'apatride.
Par un mémoire en défense enregistré le 5 décembre 2023, le directeur général de l'OFPRA conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
En application de l'article R. 613-1-1 du code de justice administrative, le tribunal a adressé le 21 février 2024 à l'OFPRA une demande de pièce pour compléter l'instruction. Cette pièce, réceptionnée le 21 février 2024 a été communiquée à M. B le 22 février 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention relative au statut des apatrides, signée à New-York le 28 septembre 1954,
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Fazi-Leblanc, première conseillère,
- les conclusions de M. Willem, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. B est né le 25 mai 1992 dans les camps de Tindouf au Sahara occidental. Il déclare avoir quitté le camp en juillet 2019, s'être rendu en Espagne, puis en France le 4 août 2019. Il a déposé une demande d'asile auprès de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) qui a été rejetée le 29 avril 2021, rejet confirmé par la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) le 10 septembre 2021. Il a ensuite formé une demande de reconnaissance du statut d'apatride sur le fondement de la convention de New-York du 28 septembre 1954, enregistrée le 14 octobre 2021 qui a été rejetée par le directeur général de l'OFPRA par une décision du 31 janvier 2022. M. B demande au tribunal d'annuler cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article 1er de la convention de New-York du 28 septembre 1954 relative au statut des apatrides : " () Le terme "apatride" désigne une personne qu'aucun Etat ne considère comme son ressortissant par application de sa législation. ()." Les dispositions de l'article L. 582-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile prévoient que : " La qualité d'apatride est reconnue à toute personne qui répond à la définition de l'article 1er de la convention de New-York, du 28 septembre 1954, relative au statut des apatrides. Ces personnes sont régies par les dispositions applicables aux apatrides en vertu de cette convention. ". Aux termes de l'article R. 582-1 de ce même code : " La demande de statut d'apatride est déposée à l'Office français de protection des réfugiés et apatrides. Elle est rédigée en français sur un imprimé établi par l'Office. L'imprimé doit être signé et accompagné de deux photographies d'identité récentes et, le cas échéant, du document de voyage, des documents d'état civil et de la copie du document de séjour en cours de validité () ". Il incombe à toute personne se prévalant de la qualité d'apatride d'apporter la preuve qu'en dépit de démarches répétées et assidues, l'Etat de la nationalité duquel elle se prévaut ou duquel elle pourrait prétendre a refusé de donner suite à ses démarches.
3. Il ressort des termes mêmes de la décision du directeur général de l'OFPRA, que s'il a considéré comme établie les origines sahraouies de M. B et sa provenance des camps de Tindouf en Algérie, l'intéressé ne démontrait pas être dépourvu de toute nationalité alors même notamment qu'il avait dissimulé avoir présenté une demande d'apatridie en Espagne.
4. D'une part, si la décision en litige indique qu'à l'appui de sa demande, M. B a versé sa carte d'identité et son passeport délivrés par les autorités non reconnues internationalement de la république arabe sahraouie démocratique ainsi que les copies de documents émis par ces mêmes autorités, en langue étrangère, non traduites en langue française, il n'apporte aucune pièce tendant à apporter la preuve que l'Algérie ou le Maroc auraient refusé sa demande de lui reconnaître la nationalité ou qu'il ne remplit pas les conditions posées par ces Etats pour se voir reconnaître leur nationalité. Dans ces conditions, le directeur de l'OFPRA n'a pas commis d'erreur d'appréciation en considérant que M. B ne démontre pas être dépourvu de toute nationalité.
5. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que le consulat général de Madrid a informé l'OFPRA le 21 décembre 2021 que M. B avait présenté une demande d'apatridie en Espagne le 31 juillet 2019, alors même qu'il n'a pas donné cette information à l'OFPRA qui l'avait pourtant questionné pendant son entretien et qu'il avait déclaré être entré en Espagne le 4 août 2019. Dès lors, en estimant que les dissimulations d'informations par l'intéressé étaient de nature à faire douter de la réalité de son parcours et étaient un motif pour rejeter sa demande, le directeur général de l'OFPRA n'a pas commis d'erreur de droit.
6. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision du 31 janvier 2022 du directeur général de l'OFPRA doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
7. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation présentées par M. B n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions à fin d'injonction ne peuvent également qu'être rejetées.
Sur les conclusions relatives aux frais d'instance :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par M. B au titre des frais exposés à l'occasion du litige.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au directeur général de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides.
Délibéré après l'audience du 7 mars 2024, à laquelle siégeaient :
M. Ferrari, président,
Mme C et Mme Fazi-Leblanc, premières conseillères,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 mars 2024.
La rapporteure,
S. FAZI-LEBLANC
Le président,
D. FERRARI
La greffière,
E. SOURIS
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026