mercredi 18 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2202061 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | BALTAZAR |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 11 avril 2022, des mémoires enregistrés le 28 septembre 2022, le 20 octobre 2022 et le 18 octobre 2023, ces deux derniers mémoires n'ayant pas été communiqués et des pièces complémentaires enregistrées le 25 octobre 2023 non communiquées, M. B C et Mme E C, représentés par Me Baltazar, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 14 juin 2021 par lequel le maire de la commune de Roaillan (Gironde) a délivré un permis de construire à M. A pour la construction d'un bâtiment agricole, ensemble les décisions portant rejet de leur recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Roaillan une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- leur requête n'est pas tardive dès lors que le panneau informant du dépôt du permis de construire en litige n'était ni lisible ni visible, en méconnaissance des dispositions des articles R. 424-15 et A. 424-18 du code de l'urbanisme ; en outre, le courrier de rejet de leur recours gracieux adressé le 7 mars 2022 par l'avocat de la commune à leur avocat n'a pas de valeur juridique et il n'a pas eu pour effet d'ouvrir le délai de recours contentieux à l'encontre de leur recours gracieux ;
- l'arrêté portant permis de construire est entaché d'un vice de procédure ; le maire aurait dû solliciter l'avis de l'architecte des Bâtiments de France, en raison de la présence de l'Eglise Sainte-Marie classée monument historique, à proximité du projet ;
- le dossier de demande de permis de construire est incomplet et imprécis : le dossier n'est pas complet au regard des dispositions de l'article R. 431-16 du code de l'urbanisme, en l'absence du document attestant de la conformité du projet d'installation d'assainissement non-collectif et de l'attestation de prise en compte des exigences de performance énergétique et environnementale ; il méconnaît l'article R. 431-5 du code de l'urbanisme en l'absence de précision de la surface de plancher des " autres activités des secteurs secondaires ou tertiaires " ; le dossier, en méconnaissance des exigences du b) de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme, n'a pas permis au service instructeur d'appréhender la hauteur réelle de la construction ; la notice descriptive ne mentionne pas les conditions d'accès au bâtiment, en méconnaissance des dispositions de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme ;
- le pétitionnaire ne démontre pas en quoi son projet serait nécessaire à l'exploitation agricole et forestière ;
- le projet méconnaît l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : il présente une dangerosité du fait de la circulation d'engins agricoles sur les routes étroites de campagne, des risques de pollution et le risque incendie n'est pas pris en compte ;
- le projet méconnaît les dispositions de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme en ce qu'il porte atteinte à l'intérêt et au caractère des lieux avoisinants par sa taille, son architecture, son revêtement et sa toiture.
Par des mémoires en défense enregistrés le 13 juillet 2022 et le 5 octobre 2022, la commune de Roaillan, représentée par Me Achou-Lepage, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge des requérants.
Elle fait valoir que :
- à titre principal, la requête est irrecevable en raison de sa tardiveté manifeste sur le fondement du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative ;
- à titre subsidiaire, les moyens soulevés par M. et Mme C ne sont pas fondés.
La procédure a été communiquée à M. A qui n'a pas produit de mémoire.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code du patrimoine ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Fazi-Leblanc, première conseillère,
- les conclusions de M. Frézet, rapporteur public,
- les observations de Me Lagarde représentant M. et Mme C
- et les observations de Me Achou-Lepage représentant la commune de Roaillan, M. A étant présent à l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. et Mme C sont propriétaires d'une maison d'habitation et de terrains situés au lieu-dit Bel Air, à Roaillan (Gironde), parcelles cadastrées section A, n°32, 39, 41, 42, 43, 44, 45, 47, 48, 49, 50, 51 et 52. Le 21 avril 2021, M. A, propriétaire de terrains voisins, a déposé une demande de permis de construire pour la création du siège de son exploitation agricole ainsi que la construction d'un bâtiment agricole mixte (chai et abri matériel). Par un arrêté du 14 juin 2021, le maire de la commune de Roaillan lui a accordé la délivrance du permis de construire sollicité sur les terrains sis Bellevue, parcelles cadastrées section A n°53, 54 et 1651. Par un courrier daté du 4 février 2022 reçu le 9 février 2022, M. et Mme C ont formé un recours gracieux auprès du maire de la commune de Roaillan à l'encontre de ce permis de construire. Le 7 mars 2022, le conseil de la commune de Roaillan a adressé un courrier au conseil de M. et Mme C leur indiquant que le maire rejetait le recours gracieux. Ces derniers demandent l'annulation de l'arrêté du 14 juin 2021. Ils sollicitent également l'annulation du courrier du 7 mars 2022 et de la décision implicite de rejet née le 9 avril 2022 portant rejet de leur recours gracieux.
Sur l'étendue du litige :
2. Le courrier du 7 mars 2022, dont M. et Mme C demandent l'annulation, a été adressé à leur conseil par l'intermédiaire du conseil de la commune de Roaillan en réponse à leur demande formulée par courrier du 4 février 2022, reçu par la commune de Roaillan le 9 février 2022. Dès lors que le rejet d'une demande présentée à l'administration ne peut naître du courrier signé par le conseil de celle-ci, mais uniquement d'une décision prise par l'autorité compétente, la demande précitée est réputée avoir été implicitement rejetée le 9 avril 2022. Dans ces conditions, les conclusions de M. et Mme C tendant à l'annulation du courrier du 7 mars 2022 doivent être regardées comme étant dirigées uniquement contre la décision implicite de rejet née le 9 avril 2022.
Sur les conclusions en annulation :
En ce qui concerne l'existence d'un vice de procédure :
3. En premier lieu, aux termes de l'article R. 425-1 du code de l'urbanisme : " Lorsque le projet est situé dans les abords des monuments historiques, le permis de construire, le permis d'aménager, le permis de démolir ou la décision prise sur la déclaration préalable tient lieu de l'autorisation prévue à l'article L. 621-32 du code du patrimoine si l'architecte des Bâtiments de France a donné son accord, le cas échéant assorti de prescriptions motivées, ou son avis pour les projets mentionnés à l'article L. 632-2-1 du code du patrimoine. ". Aux termes de l'article L. 621-30 du code du patrimoine : " () / II. - La protection au titre des abords s'applique à tout immeuble, bâti ou non bâti, situé dans un périmètre délimité par l'autorité administrative dans les conditions fixées à l'article L. 621-31. Ce périmètre peut être commun à plusieurs monuments historiques. En l'absence de périmètre délimité, la protection au titre des abords s'applique à tout immeuble, bâti ou non bâti, visible du monument historique ou visible en même temps que lui et situé à moins de cinq cents mètres de celui-ci ".
4. Il ressort des pièces du dossier que contrairement à ce que soutiennent les requérants, le terrain d'assiette du projet, situé au lieu-dit " Bellevue ", ne se situe pas aux abords de l'Eglise Saint-Louis de Roaillan au sens des dispositions combinées de l'article R. 425-1 du code de l'urbanisme et L. 621-30 du code du patrimoine. Par suite, le moyen tiré de ce que le permis de construire en litige serait illégal en raison de l'absence d'avis rendu par l'architecte des Bâtiments de France ne peut qu'être écarté.
En ce qui concerne la complétude du dossier de demande de permis de construire :
5. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
6. En premier lieu, aux termes de l'article R. 431-16 du code de l'urbanisme : " Le dossier joint à la demande de permis de construire comprend en outre, selon les cas : () d) Le document attestant de la conformité du projet d'installation d'assainissement non collectif au regard des prescriptions réglementaires, prévu au 1° du III de l'article L. 2224-8 du code général des collectivités territoriales, dans le cas où le projet est accompagné de la réalisation ou de la réhabilitation d'une telle installation ; () j) L'attestation de prise en compte des exigences de performance énergétique et environnementale, lorsqu'elle est exigée en application de l'article R. 122-24-1 du code de la construction et de l'habitation et, pour les projets soumis aux dispositions de l'article R. 122-2-1 du même code, l'attestation de réalisation de l'étude de faisabilité relative aux solutions d'approvisionnement en énergie réalisée en application de l'article R. 122-24-2 de ce code, ou, lorsque le projet est tenu de respecter les dispositions mentionnées aux articles R. 172-11 et R. 172-12 de ce code, un document établi par le maître d'ouvrage attestant la prise en compte de la réglementation thermique, en application de l'article R. 122-22 de ce code, et pour les projets concernés par l'article R. 122-2 ou l'article R. 122-3 du même code, la réalisation de l'étude de faisabilité relative aux solutions d'approvisionnements en énergie, en application de l'article R. 122-23 dudit code ; () ".
7. Il ressort des pièces du dossier, contrairement à ce qui est soutenu, que le dossier de demande de permis de construire comprenait l'attestation du projet à l'assainissement non-collectif datée du 14 octobre 2020 ainsi que l'annexe 1 " demande d'autorisation de rejet d'effluent issu de filière d'assainissement non-collectif " portant un avis favorable délivré par le maire de la commune de Roaillan ainsi que " l'attestation de prise en compte de la réglementation thermique au dépôt de la demande de PC " datée du 18 novembre 2020. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions d) et j) de l'article R. 431-16 du code de l'urbanisme en l'absence des documents exigés doit être écarté comme manquant en fait.
8. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 431-5 du code de l'urbanisme : " La demande de permis de construire précise : () e) La destination des constructions, par référence aux différentes destinations et sous-destinations définies aux articles R. 151-27 et R. 151-28 ; f) La surface de plancher des constructions projetées, s'il y a lieu répartie selon les différentes destinations et sous-destinations définies aux articles R. 151-27 et R. 151-28 ; () ". Aux termes des dispositions de l'article R. 151-27 du code de l'urbanisme : " Les destinations de constructions sont : 1° Exploitation agricole et forestière ; () ; 5° Autres activités des secteurs secondaire ou tertiaire. ". Aux termes des dispositions de l'article R. 151-28 du même code : " Les destinations de constructions prévues à l'article R. 151-27 comprennent les sous-destinations suivantes : 1° Pour la destination " exploitation agricole et forestière " : exploitation agricole, exploitation forestière ; () ; 5° Pour la destination " autres activités des secteurs secondaire ou tertiaire " : industrie, entrepôt, bureau, centre de congrès et d'exposition. ".
9. Il ressort du formulaire Cerfa de dépôt du projet de permis de construire qu'il mentionne dans la rubrique 5.6 une surface créée pour la sous-destination " exploitation agricole " de 611,88 m². Compte tenu de la nature du projet qui consiste dans la " création d'un siège d'exploitation agricole avec construction d'un bâtiment agricole mixte (chai et matériel) ", la destination et la sous-destination indiquées dans le dossier ne sont pas erronées. La circonstance que l'exploitation agricole comporte des bureaux n'emporte pas une modification de la destination de la construction, les locaux accessoires étant réputés avoir la même destination et sous-destination que les locaux principaux en vertu des dispositions de l'article R. 151-29 du code de l'urbanisme. Dans ces conditions, le moyen tiré de ce que les imprécisions du dossier, faute d'avoir fait apparaître une partie des locaux dans la destination " autres activités des secteurs secondaire ou tertiaire ", n'auraient pas permis au maire de la commune de Roaillan d'apprécier la réalité et la légalité du projet doit être écarté.
10. En troisième lieu, aux termes de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend également : () b) Un plan en coupe précisant l'implantation de la construction par rapport au profil du terrain ; lorsque les travaux ont pour effet de modifier le profil du terrain, ce plan fait apparaître l'état initial et l'état futur ; () ".
11. Le dossier de dépôt de permis de construire comporte un plan de coupe " PC3 coupe sur chai " et des vues du futur bâtiment sur le terrain. En outre, la notice descriptive jointe au dossier mentionne que " le terrain développe une surface d'environ 27 523 m² (zone N de la carte communale) et est relativement en pente. () Le terrain ne sera quasiment pas impacté en son sol hormis à l'endroit du projet, il conservera en majeure partie sa topographie actuelle. Le bâtiment sera construit sur la partie haute du terrain. () ". De plus, il ne ressort pas des pièces du dossier que les travaux auraient pour effet de modifier le profil du terrain. Par conséquent, le pétitionnaire n'avait pas à joindre un plan de coupe précisant l'implantation par rapport au profil du terrain, ni l'altimétrie de la zone, ni le radier de la construction ainsi que le soutiennent à tort les requérants. Enfin, les dimensions du bâtiment figurent sur les plans de coupe. Par suite, le moyen tenant à l'incomplétude du dossier au regard des dispositions du b) de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme ne peut qu'être écarté.
12. En quatrième lieu, aux termes de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend une notice précisant : () 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet : () f) L'organisation et l'aménagement des accès au terrain, aux constructions et aux aires de stationnement. "
13. Contrairement à ce qui est soutenu, la notice descriptive, corroborée par le plan de masse et le plan de coupe, précise que l'accès au terrain se fera au droit de la voie communale. Si, effectivement, aucun des plans ne précise les dimensions des accès et de la voie interne, l'échelle du plan de masse permettait aux services instructeurs d'apprécier leurs dimensions et, ainsi que le fait valoir la commune de Roaillan en défense, la desserte du terrain par la voie communale ainsi que la bande de roulement interne sont suffisamment larges sur les plans fournis pour assurer le passage des véhicules de secours. Dans ces conditions, le moyen soulevé en ce sens doit être écarté.
14. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de l'incomplétude du dossier de permis de construire déposé par M. A doit être écarté en toutes ses branches.
En ce qui concerne le respect des dispositions de l'article R. 151-25 du code de l'urbanisme et le caractère nécessaire à l'exploitation agricole et forestière du projet :
15. Aux termes des dispositions de l'article R.151-25 du code de l'urbanisme : " Peuvent être autorisées en zone N : 1° Les constructions et installations nécessaires à l'exploitation agricole et forestière, ou au stockage et à l'entretien de matériel agricole par les coopératives d'utilisation de matériel agricole agréées au titre de l'article L. 525-1 du code rural et de la pêche maritime ; (). ". Aux termes de l'article R. 161-4 du même code : " Le ou les documents graphiques délimitent les secteurs où les constructions sont autorisées et ceux où les constructions ne peuvent pas être autorisées, à l'exception de celles mentionnées à l'article L. 161-4. () ".
16. Il ressort des pièces du dossier que la commune de Roaillan est couverte par une carte communale. Par suite, le moyen tiré de ce que le projet ne respecterait pas les dispositions de l'article 151-25 est inopérant. Par ailleurs, la commune verse au dossier un formulaire complété par le pétitionnaire daté du 31 mars 2021 dans lequel il expose la nécessité de ce projet du double fait de la vente des bâtiments de l'exploitation familiale sis sur la commune de Sainte-Croix-du-Mont et qui rend nécessaire l'identification d'un lieu alternatif pour la vinification et du projet de développement de son activité. Ces éléments sont corroborés par l'avis de la commission départementale de la préservation des espaces naturels agricoles et forestiers rendu à la suite de sa séance du 2 juin 2021 et versé au dossier. Par suite, le moyen tenant à ce que le projet méconnaîtrait les dispositions des articles R. 151-25 et L. 161-4 du code de l'urbanisme doit être écarté.
En ce qui concerne le respect des dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme :
17. Aux termes des dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations ".
18. En premier lieu, si les requérants allèguent que le projet, situé à 60 mètres de leur propriété et à 100 mètres d'un quartier résidentiel, générera des nuisances et des dangers du fait de la circulation d'engins agricoles sur des routes étroites, ils n'assortissent pas ces allégations d'éléments probants permettant de les établir.
19. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier que le terrain d'assiette du projet ne se situe pas dans la zone Natura 2000 identifiée " réseau hydrographique du ruisseau Brion ". La commune relève sans être contredite qu'il n'est pas soumis à la réglementation ICPE. En outre, la notice descriptive jointe au dossier de permis de construire précise que M. A a prévu d'équiper la construction d'un filtre 5H, afin de traiter les eaux usées, qui seront évacuées sans rejet nocif vers le fossé communal, ce qui est corroboré par le plan masse. La notice descriptive précise que les effluents sanitaires et viticoles seront traités séparément à travers la mise en place de bassins de stockage et ne seront pas rejetés dans le milieu naturel. Dans ces conditions, le risque de pollution n'est pas démontré.
20. En troisième et dernier lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le projet présenterait un risque quant au déclenchement d'incendie et étant relevé qu'aucune disposition n'obligeait le pétitionnaire ou la commune à saisir le service départemental d'incendie et de secours pour avis.
21. Il s'ensuit que le maire de la commune de Roaillan n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme en délivrant le permis de construire à M. A.
En ce qui concerne le respect des dispositions de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme :
22. Aux termes des dispositions de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales. ".
23. Il ressort des pièces du dossier et notamment des photographies du site et des vues du projet que l'architecture du bâtiment envisagé, certes imposant avec une longueur de 50 mètres, une largeur de 12 mètres et une hauteur de 5,80 mètres, est sobre avec des murs blancs, des menuiseries anthracites et une toiture végétalisée. Son terrain d'assiette se situe dans une zone agricole avec quelques maisons pavillonnaires diffuses. Si les requérants soutiennent que ces espaces font l'objet d'une protection particulière puisqu'ils sont identifiés dans la carte communale comme étant des zones viticoles à préserver et à valoriser, le projet ne se situe pas sur un site particulièrement remarquable ou d'intérêt particulier et il ne ressort ni des photographies, ni de la notice descriptive que le projet ferait obstacle à la valorisation de la zone viticole dans lequel il prévoit de s'insérer, d'autant que de surcroît la notice descriptive prévoit un aménagement paysager des espaces autour du bâtiment. Dans ces conditions, le maire de la commune de Roaillan n'a pas entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme.
24. Il résulte de tout ce qui précède et sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée par la commune, que M. et Mme C ne sont pas fondés à solliciter l'annulation de l'arrêté du 14 juin 2021 par lequel le maire de la commune de Roaillan a délivré un permis de construire à M. A pour la construction d'un bâtiment agricole.
Sur les frais liés au litige :
25. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Roaillan, qui n'est pas partie perdante dans la présente instance, la somme que M. et Mme C demandent au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens. En revanche, dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de M. et Mme C le versement d'une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par elle dans cette instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme C est rejetée.
Article 2 : M. et Mme C verseront à la commune de Roaillan la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B C, Mme E C et à la commune de Roaillan.
Copie en sera également adressée au préfet de la Gironde.
Délibéré après l'audience du 4 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Cabanne, présidente,
M D et Mme Fazi-Leblanc, premiers conseillers,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 septembre 2024.
La rapporteure,
S. FAZI-LEBLANC
La présidente,
C. CABANNELa greffière,
H. MALO
La République mande et ordonne au préfet de la Gironde, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026