mercredi 2 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2202262 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL CABINET REFLEX DROIT PUBLIC |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 20 avril 2022, M. C A et Mme B D, représentés par Me Bonneau, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 3 novembre 2021 par lequel le maire de la commune de Vendays-Montalivet a retiré le permis de construire qu'il leur avait délivré, par un arrêté du 5 août 2021, pour la construction d'une maison individuelle avec piscine sur une parcelle cadastrée section BL n° 575, située 119 route de Montalivet, ensemble la décision par laquelle cette autorité a implicitement rejeté le recours gracieux qu'ils ont formé le 22 décembre 2021 contre l'arrêté de retrait ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Vendays-Montalivet la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que la décision méconnaît l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 septembre 2023, la commune de Vendays-Montalivet conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge des requérants la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que le moyen soulevé par les requérants n'est pas fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Pinturault,
- les conclusions de M. Frézet, rapporteur public,
- et les observations de Me Marcelin, représentant M. et Mme A, et E, représentant la commune de Vendays-Montalivet.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 5 août 2021, le maire de la commune de Vendays-Montalivet a délivré à M. C A et Mme B D un permis de construire pour édifier une maison individuelle avec piscine sur la parcelle cadastrée section BL n° 575, située 119 route de Montalivet. Par un arrêté du 3 novembre 2021, cette autorité, à la demande du représentant de l'Etat dans le département, a retiré ce permis de construire. Le 22 décembre 2021, M. A et Mme D ont formé un recours gracieux contre cet arrêté de retrait. Ils demandent l'annulation de cet arrêté et de la décision par laquelle le maire de la commune de Vendays-Montalivet a implicitement rejeté leur recours gracieux.
2. Aux termes de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme, dans sa version applicable au litige : " L'extension de l'urbanisation se réalise soit en continuité avec les agglomérations et villages existants, soit en hameaux nouveaux intégrés à l'environnement. / Dans les secteurs déjà urbanisés autres que les agglomérations et villages identifiés par le schéma de cohérence territoriale et délimités par le plan local d'urbanisme, des constructions et installations peuvent être autorisées, en dehors de la bande littorale de cent mètres, des espaces proches du rivage et des rives des plans d'eau mentionnés à l'article L. 121-13, à des fins exclusives d'amélioration de l'offre de logement ou d'hébergement et d'implantation de services publics, lorsque ces constructions et installations n'ont pas pour effet d'étendre le périmètre bâti existant ni de modifier de manière significative les caractéristiques de ce bâti. Ces secteurs déjà urbanisés se distinguent des espaces d'urbanisation diffuse par, entre autres, la densité de l'urbanisation, sa continuité, sa structuration par des voies de circulation et des réseaux d'accès aux services publics de distribution d'eau potable, d'électricité, d'assainissement et de collecte de déchets, ou la présence d'équipements ou de lieux collectifs () ".
3. Il résulte de ces dispositions que, dans les communes littorales, ne peuvent être autorisées que les constructions réalisées en continuité avec les agglomérations et villages existants, c'est-à-dire avec les zones déjà urbanisées caractérisées par un nombre et une densité significatifs de constructions ou, sous certaines conditions, au sein des secteurs déjà urbanisés autres que les agglomérations et villages identifiés par le schéma de cohérence territoriale et délimités par le plan local d'urbanisme, se distinguant des espaces d'urbanisation diffuse par, entre autres, la densité de l'urbanisation, sa continuité, sa structuration par des voies de circulation et des réseaux d'accès aux services publics de distribution d'eau potable, d'électricité, d'assainissement et de collecte de déchets, ou la présence d'équipements ou de lieux collectifs. En revanche, aucune construction ne peut être autorisée, même en continuité avec d'autres, dans les zones d'urbanisation diffuse éloignées de ces agglomérations et villages ou de ces secteurs déjà urbanisés.
4. En outre, il appartient à l'autorité administrative chargée de se prononcer sur une demande d'autorisation d'occupation ou d'utilisation du sol de s'assurer, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, de la conformité du projet avec les dispositions du code de l'urbanisme particulières au littoral, notamment celles de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme qui prévoient que l'extension de l'urbanisation ne peut se réaliser qu'en continuité avec les agglomérations et villages existants. A ce titre, l'autorité administrative s'assure de la conformité d'une autorisation d'urbanisme avec l'article L. 121-8 de ce code compte tenu des dispositions du schéma de cohérence territoriale (SCoT) applicable déterminant les critères d'identification des villages, agglomérations et autres secteurs déjà urbanisés et définissant leur localisation, dès lors qu'elles sont suffisamment précises et compatibles avec les dispositions législatives particulières au littoral.
5. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que le terrain d'assiette du projet discuté se trouve dans un lieu-dit, dénommé " Les Abredons ", qui est constitué tout au plus d'une trentaine d'habitations construites de manière filamentaire et éparse, le long de la route de Montalivet. Si ce lieu-dit est relié au centre-bourg de Vendays-Montalivet, il en est distant de plus d'un kilomètre et en est séparé par une zone à l'état naturel. Dans ces conditions, ce secteur, peu densément bâti et isolé par rapport au bourg de Vendays-Montalivet, et dont il ne ressort pas des pièces du dossier qu'il aurait été, à la date de la décision contestée, identifié comme un secteur déjà urbanisé dans le schéma d'orientation territoriale (SCoT) alors en vigueur, ne peut être regardé comme constituant un village, une agglomération ou un hameau nouveau intégré à l'environnement au sens des dispositions précitées de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme. En outre, si ce secteur est classé en zone UC du plan local d'urbanisme PLU de la commune de Vendays-Montalivet, les dispositions particulières au littoral du code de l'urbanisme s'appliquent directement aux demandes d'autorisation d'urbanisme, sans qu'ait d'incidence la circonstance que les terrains d'assiette des projets dont l'autorisation est demandée soient classés en zone constructible au PLU. Dans ces conditions, c'est à bon droit que le maire de la commune de Vendays-Montalivet a considéré que le permis de construire qu'il avait délivré le 5 août 2021 n'était pas conforme aux dispositions de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme. Par cette suite, les requérants ne sont pas fondés à soutenir qu'en procédant à ce retrait, cette autorité aurait méconnu ces dispositions légales.
6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A et Mme D doit être rejetée.
Sur les frais liés au litige :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Vendays-Montalivet, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que demandent M. A et Mme D au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens. En revanche, dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de faire application de ces dispositions et de mettre solidairement à la charge de M. A et Mme D une somme de 1 500 euros.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A et Mme D est rejetée.
Article 2 : M. A et Mme D verseront solidairement à la commune de Vendays-Montalivet une somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C A, premier désigné dans la requête, et à la commune de Vendays-Montalivet.
Délibéré après l'audience du 4 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Cabanne, présidente,
M. Pinturault, premier conseiller,
Mme Fazi-Leblanc, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 octobre 2024.
Le rapporteur,
M. PINTURAULT
La présidente,
C. CABANNE La greffière,
H. MALO
La République mande et ordonne au préfet de la Gironde, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026