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AccueilJurisprudence administrativeN° TA33-2202370

Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2202370

jeudi 2 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2202370
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation4ème chambre
Avocat requérantSELARL HMS ATLANTIQUE AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés le 26 avril 2022 et le 31 août 2023, M. B A, représenté par Me Callon, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler le titre de recette du 4 novembre 2021 émis par la commune de Mérignac, ensemble la décision implicite de rejet par laquelle l'administration a refusé de donner suite à son recours administratif introduit le 28 décembre 2021 ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Mérignac la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision litigieuse est insuffisamment motivée ;

- la commune de Mérignac a commis une erreur manifeste d'appréciation dans le calcul de son trop-versé.

Par un mémoire en défense enregistré le 31 juillet 2023, la commune de Mérignac conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M. A la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le décret n°88-145 du 15 février 1988 relatif aux agents contractuels de la fonction publique territoriale ;

- le décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Bilate,

- les conclusions de M.Bongrain, rapporteur public,

- et les observations de Me Safar, représentant la commune de Mérignac.

M. A n'étant ni présent, ni représenté.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A était ingénieur principal de catégorie A à la commune de Mérignac, dans le cadre d'un contrat à durée déterminée conclu pour la période allant du 1er novembre 2018 au 30 octobre 2021. A partir du 13 décembre 2020, il a été placé en arrêt maladie ordinaire jusqu'au 31 octobre 2021, terme de son contrat. Le 4 novembre 2021, la commune a pris à son encontre un titre de recettes d'un montant de 2 277,51 euros dont il demande l'annulation, ensemble la décision par laquelle la commune a implicitement refusé de faire droit à son recours administratif introduit le 28 décembre 2021.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

2. En premier lieu, aux termes de l'article 24 du décret du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique : " Toute créance liquidée faisant l'objet d'une déclaration ou d'un ordre de recouvrer indique les bases de la liquidation ". Un état exécutoire doit indiquer les bases de la liquidation de la créance pour le recouvrement de laquelle il est émis et les éléments de calcul sur lesquels il se fonde, soit dans le titre lui-même, soit par référence précise à un document joint à l'état exécutoire ou précédemment adressé au débiteur.

3. L'avis des sommes à payer indique en objet " trop perçu sur salaire - arrêt maladie du 10/08 au 31/10/2021 ". En dépit d'une erreur de plume sur le début de l'arrêt maladie de M. A, l'objet du titre contesté permet au requérant de déterminer les bases du calcul retenues par l'administration pour déterminer le montant du trop-perçu qu'elle lui réclame. Par suite, le moyen du défaut de motivation du titre exécutoire manque en fait et doit être écarté.

4. En second lieu, aux termes de l'article 7 du décret n°88-145 du 15 février 1988 : " L'agent contractuel en activité bénéficie, sur présentation d'un certificat médical, de congés de maladie pendant une période de douze mois consécutifs ou, en cas de service discontinu, au cours d'une période comprenant trois cents jours de services effectifs, dans les limites suivantes : () / 2° Après deux ans de services, deux mois à plein traitement et deux mois à demi-traitements () ".

5. Il résulte de ces dispositions que M. A, recruté le 1er octobre 2018 et qui cumulait au début de son congé maladie le 13 décembre 2020 deux ans de service, avait droit à deux mois à plein traitement puis deux mois à demi-traitement. Comme vu au point 3 et contrairement à ce que soutient le requérant, le trop-perçu concerne la période allant du début du congé maladie de M. A à la fin de son contrat. Il résulte de l'instruction que le traitement de base du requérant était de 3 045,91 euros mensuels. En application des dispositions précitées, son salaire aurait dû être divisé par deux à compter du 14 mars 2021. Or les bulletins de salaires indiquent que le requérant a perçu, pour la période allant de janvier à octobre 2021, la somme de 18 847,33 euros avant impôt, ce qui ne saurait correspondre à la somme due par l'administration au requérant au regard des dispositions précitées. Ce même bulletin de salaire, qui fait état en sa page 2 de la créance contestée de 2 277,51 euros, indique que la commune a régularisé cette différence, en prenant en compte les congés payés dus au requérant et en régularisant les cotisations et les prélèvements à la source. Il suit de là que M. A n'est pas fondé à soutenir que l'administration aurait commis une erreur dans la détermination de la somme mise à sa charge par titre de recettes du 4 novembre 2021.

6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation du titre de recette en litige doivent être rejetées.

Sur les frais d'instance :

7. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".

8. Ces dispositions font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Mérignac, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée sur ce fondement par M. A.

9. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de M. A la somme dont la commune de Mérignac demande le versement au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Les conclusions de la commune de Mérignac présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la commune de Mérignac.

Délibéré après l'audience du 11 avril 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Munoz-Pauziès, présidente,

M. Bilate, premier conseiller,

M. Bourdarie, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 mai 2024.

Le rapporteur,

X. BILATE

La présidente,

F. MUNOZ-PAUZIÈS La greffière,

M.CORREIA

La République mande et ordonne au préfet de la Gironde en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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