Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2202383

mardi 12 juillet 2022

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2202383
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 28 avril 2022, Mme D C demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 30 septembre 2021, par lequel le maire de la commune de Puisseguin ne s'est pas opposé à la déclaration préalable déposée par M. A B pour la construction d'une piscine, sur un terrain situé 6 lieu-dit Séguine, à Puisseguin.

Elle soutient que :

- le droit au recours a été méconnu en raison de l'absence totale d'affichage de l'autorisation d'urbanisme litigieuse ;

- le projet autorisé, eu égard à sa position, à sa structure semi-enterrée, et à défaut d'un quelconque dispositif de protection, occasionne un impact visuel sur le secteur dans lequel il s'insère, qui est très touristique, classé au patrimoine mondial de l'Unesco et protégé au titre des monuments historiques.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux et des cours () peuvent, par ordonnance : () ; 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. ".

2. En premier lieu, la régularité de l'affichage d'une autorisation d'urbanisme sur le terrain d'assiette du projet n'ayant d'incidence que sur l'opposabilité du délai de recours contentieux ouvert à son encontre, Mme C ne peut utilement se prévaloir au soutien de ses conclusions de l'irrégularité alléguée de l'affichage de l'arrêté attaquée, un tel moyen étant sans incidence sur la légalité de cette décision.

3. En deuxième lieu, si elle prétend que l'impact visuel du projet serait de nature à porter atteinte à l'intérêt que présente le secteur dans lequel il s'insère, Mme C, qui n'invoque la méconnaissance d'aucune règle d'urbanisme, n'assortit pas son moyen des précisions suffisantes pour mettre le tribunal en mesure d'en apprécier le bien-fondé.

4. En troisième et dernier lieu, à supposer que la requérante ait également entendu faire état des troubles de jouissance susceptibles de résulter, pour elle, du projet contesté, un tel moyen, relatif exclusivement aux droits des tiers, est sans influence sur la légalité de la décision attaquée et, par suite, inopérant.

5. Il résulte de ce qui précède que la requête susvisée ne comporte que des moyens inopérants ou non assortis de précisions suffisantes. Il y a lieu, dès lors, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur sa recevabilité, de la rejeter par application des dispositions précitées du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme D C.

Fait à Bordeaux, le 12 juillet 2022.

Le président de la 2ème chambre,

L. LEVY BEN CHETON

La République mande et ordonne à la préfète de la Gironde en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

Le greffier,