mercredi 2 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2202740 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | THIBAUD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 17 mai 2022, le cabinet Yann Guenolé, représenté par Me Thibaud, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 8 février 2022 par lequel le maire de Pessac s'est opposé à la déclaration préalable tendant à la division d'un terrain en vue de construire situé 44 avenue Arago, ensemble la décision expresse de rejet de son recours gracieux du 9 mai 2022 ;
2°) d'enjoindre au maire de la commune de Pessac de délivrer la déclaration préalable déposée le 12 janvier 2022 ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Pessac une somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- en motivant le refus sur l'impossibilité de respecter les dispositions de l'article 2.4.1 du plan local d'urbanisme de la zone UM5, le maire de la commune de Pessac est allé au-delà du cadre jurisprudentiel défini par les décisions du CE des 17 décembre 2014, req. n° 367134 et 24 février 2016, req. n° 383079 ;
- le maire de la commune de Pessac a commis une erreur de droit en imposant une superficie minimale du lot à détacher ;
- le projet satisfait aux dispositions de l'article 2.4.1 du plan local d'urbanisme de la zone UM5 ;
- le maire de la commune de Pessac a commis une erreur en imposant le respect du recul sur chacune des voies bordant la parcelle ;
- contrairement à ce qui est soutenu, la superficie restante, après mise en œuvre des marges de recul, permet d'accueillir une construction respectant les règles du plan local d'urbanisme et s'intégrant dans le contexte urbain.
Par un mémoire en défense, enregistré le 16 août 2023, la commune de Pessac, représentée par son maire en exercice, conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé et sollicite une substitution des motifs tirée de la méconnaissance de l'article 2.1.1. du plan local d'urbanisme.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Cabanne,
- les conclusions de M. Frézet, rapporteur public,
- et les observations de Me Thibaud, représentant le cabinet Yann Guenolé, et de Mme A, représentante de la commune de Pessac.
1. Le 12 janvier 2022, le cabinet Yann Guénolé a déposé un dossier de demande de déclaration préalable tendant à diviser en vue de construire la parcelle cadastrée EV 194 située 44 avenue Arago à Pessac. Par arrêté du 8 février 2022, le maire de la commune de Pessac s'est opposé à cette déclaration et a rejeté le 9 mai 2022 expressément le recours gracieux dirigé contre cette décision. Le cabinet Yann Guénolé demande l'annulation de ces décisions.
Sur les conclusions en annulation :
2. D'une part, selon l'article 2.1.4 de la zone UM 5 du plan local d'urbanisme de la commune de Pessac : " La situation, l'orientation des constructions, leur architecture, leurs dimensions et leur aspect extérieur doivent être adaptés : - au caractère et à l'intérêt des lieux avoisinants ; - aux sites ; - aux paysages naturels ou urbains ; - à la conservation des perspectives monumentales ; - aux exigences liées à la conception bioclimatique (orientation, dimensionnement, protections solaires, circulation de l'air). () ". L'article 2.2.1 du même plan précise que le recul, c'est-à-dire la distance mesurée, perpendiculairement aux voies, publiques ou privées et emprises publiques, existantes ou projetées, est adapté à la séquence. Enfin, le glossaire du plan local d'urbanisme définit une " Séquence " comme : " Ensemble composé de plusieurs constructions, situées en façade d'un ou plusieurs îlots contigus ou en vis-à-vis sur une même voie, présentant une unité architecturale et/ou urbaine ".
3. D'autre part, il résulte des dispositions du code de l'urbanisme que les lotissements, qui constituent des opérations d'aménagement ayant pour but l'implantation de constructions, doivent respecter les règles tendant à la maîtrise de l'occupation des sols édictées par le code de l'urbanisme ou les documents locaux d'urbanisme, même s'ils n'ont pour objet ou pour effet, à un stade où il n'existe pas encore de projet concret de construction, que de permettre le détachement d'un lot d'une unité foncière. Il appartient, en conséquence, à l'autorité compétente de refuser le permis d'aménager sollicité ou de s'opposer à la déclaration préalable notamment lorsque, compte tenu de ses caractéristiques telles qu'elles ressortent des pièces du dossier qui lui est soumis, un projet de lotissement permet l'implantation de constructions dont la compatibilité avec les règles d'urbanisme ne pourra être ultérieurement assurée lors de la délivrance des autorisations d'urbanisme requises.
4. Pour rejeter la demande de déclaration préalable, le maire de la commune de Pessac a, sur le fondement de l'article 2.4.1 de la zone UM 5, opposé un motif unique tiré d'un défaut d'insertion du projet dans son environnement, compte tenu de la superficie trop petite des parcelles résultant de la division, d'une taille inférieure à celles des constructions environnantes. Il ajoute que compte tenu des règles de recul et de la superficie réduite de la parcelle détachée, l'implantation de la future construction rompra l'homogénéité avec celle des constructions environnantes.
5. Il ressort, cependant, des pièces du dossier que les parcelles qui seront issues de la division parcellaire ne sont pas d'une superficie excessivement réduite par rapport aux autres parcelles bâties environnantes. En particulier, les deux parcelles situées immédiatement au sud du terrain auront des superficies équivalentes à celles des terrains divisés. Par ailleurs, la rue dans laquelle s'inscrit le projet est composée de maisons individuelles ne présentant pas une unité architecturale ou urbaine particulière et dont les constructions ne forment pas, par conséquence, une séquence de rue. Les maisons de la rue présentent, d'ailleurs, des marges de recul différentes et des implantations variées. Il suit de là que le cabinet Yann Guénolé est fondé à soutenir qu'en prenant la décision contestée sur le fondement du motif ci-dessus exposé, le maire de la commune de Pessac a commis une erreur d'appréciation de l'insertion urbaine, architecturale, environnementale et paysagère du projet en litige.
6. Sollicitant une substitution de motifs, la commune reproche également au projet de division de ne pas respecter une superficie de pleine terre supérieure ou égale à 30 % avec une obligation d'inscrire un cercle de 5 mètres de diamètre dans la partie du terrain en pleine terre prescrite par l'article 2.1.1. Mais, il ne ressort pas des pièces du dossier que le projet de division foncière, qui se borne, à ce stade, en la seule mention des superficies des futurs terrains à bâtir, emporterait par lui-même, faute de précisions, notamment, sur l'implantation des constructions et leur nature, pour laquelle il appartiendra à l'autorité compétente de délivrer ultérieurement une éventuelle autorisation de construire en tenant compte des règles d'urbanisme en vigueur, une méconnaissance de ces dispositions.
7. Il résulte de tout ce qui précède que le cabinet Yann Guénolé est fondé à solliciter l'annulation de l'arrêté du 8 février 2022 par lequel le maire de la commune de Pessac s'est opposé à sa déclaration préalable du 12 janvier 2022. Pour l'application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, aucun des autres moyens invoqués n'est susceptible, en l'état du dossier, de fonder cette annulation.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
8. Lorsque le juge annule un refus d'autorisation ou une opposition à une déclaration après avoir censuré l'ensemble des motifs que l'autorité compétente a énoncés dans sa décision conformément aux prescriptions de l'article L. 424-3 du code de l'urbanisme ainsi que, le cas échéant, les motifs qu'elle a pu invoquer en cours d'instance, il doit, s'il est saisi de conclusions à fin d'injonction, ordonner à l'autorité compétente de délivrer l'autorisation ou de prendre une décision de non-opposition.
9. Pour les raisons exposées précédemment, l'annulation de la décision contestée est fondée par la censure du motif qui y a été énoncé, ainsi que par l'invalidation du motif invoqué par l'administration en cours d'instance. Cette annulation implique nécessairement, conformément au principe énoncé précédemment, que le maire de la commune de Pessac délivre la décision de non-opposition sollicitée. Il ne résulte pas de l'instruction que les dispositions en vigueur à la date de la décision annulée interdisent de l'accueillir pour un motif que l'administration n'a pas relevé. Il n'en résulte pas davantage que, suite à un changement de circonstances, la situation de fait existant à la date du présent jugement y ferait obstacle. Il est enjoint, ce faisant, au maire de procéder à cette délivrance dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à venir.
Sur les frais liés au litige :
10. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application de ces dispositions et de mettre la charge de la commune de Pessac une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par le cabinet Yann Guénolé et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du maire de Pessac du 8 février 2022 est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au maire de Pessac de délivrer au cabinet Yann Guénolé une décision de non-opposition à la déclaration préalable, dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : La commune de Pessac versera au cabinet Yann Guénolé la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié au cabinet Yann Guénolé et à la commune de Pessac.
Délibéré après l'audience du 18 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Cabanne présidente,
M. Pinturault, premier conseiller,
Mme Fazi-Leblanc, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 octobre 2024.
La présidente-rapporteure,
C. CABANNE
L'assesseur le plus ancien,
M. PINTURAULT
La greffière,
M-A. PRADAL
La République mande et ordonne au préfet de la Gironde en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026