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AccueilJurisprudence administrativeN° TA33-2202919

Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2202919

vendredi 14 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2202919
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD
Formation6ème Chambre
Avocat requérantSCP GRAVELLIER - LIEF - DE LAGAUSIE - RODRIGUES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés les 25 mai, 13 septembre 2022 et 17 mars 2023, Mme B C, représentée par Me Noel, avocate, demande au tribunal :

1°) de condamner le centre hospitalier de Cadillac à lui verser la somme de 789 364,75 euros en réparation de l'ensemble de ses préjudices, cette somme devant être assortie des intérêts au taux légal à compter de la date de réception de sa réclamation indemnitaire préalable, et de la capitalisation des intérêts ;

2°) de mettre à la charge du centre hospitalier de Cadillac les frais d'expertise ;

3°) de mettre à la charge du centre hospitalier de Cadillac une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la responsabilité pour faute du centre hospitalier est engagée dès lors que l'accident de service qu'elle a subi le 8 janvier 2018 aurait pu être évité si le centre hospitalier avait mis en place les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et morale de ses agents au sens de l'article 23 de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;

- la responsabilité sans faute du centre hospitalier est engagée en application de la jurisprudence résultant de la décision Moya-Caville du 4 juillet 2003, req. N° 211106 ;

- elle est fondée à solliciter l'indemnisation de ses préjudices ; le déficit fonctionnel temporaire qu'elle a subi du fait de l'accident de service doit être évalué à la somme de 12 514,50 euros ; les souffrances qu'elle a endurées du fait de l'accident de service doivent être indemnisées à hauteur de 10 000 euros ; le déficit fonctionnel permanent qu'elle subit en raison de l'accident de service doit être évalué à hauteur de 40 000 euros ; son préjudice esthétique doit être évalué à la somme de 3 000 euros ; son préjudice d'agrément doit être évalué à la somme de 5 000 euros ; son état de santé résultant de l'accident de service rend nécessaire l'assistance d'une tierce personne à raison de 5 heures par semaine après la date de consolidation, de sorte que ce préjudice doit être indemnisé à hauteur de 285 988,65 euros ; sa perte de chance de bénéficier d'une prime de service devra être évaluée à la somme de 3 240 euros ; son préjudice professionnel doit être évalué, pour la période échue, à la somme de 6 752,82 euros, et pour la période à échoir, à la somme de 300 000 euros ; son préjudice financier résultant de la diminution de ses droits à pension doit être évalué à la somme de 129 621,60 euros.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 2 août 2022 et 8 novembre 2023, le centre hospitalier de Cadillac, représenté par Me Rodrigues, avocate, conclut à la réduction à de plus justes proportions des prétentions indemnitaires de Mme C.

Il fait valoir que :

- sa responsabilité pour faute ne saurait être engagée ;

- les demandes formées par la requérante au titre du préjudice professionnel et de la décote de sa pension de retraite doivent être rejetées ;

- les demandes formées par la requérante au titre des autres chefs de préjudices doivent être réduites à de plus justes proportions.

Par une ordonnance du 29 novembre 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 13 décembre 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général de la fonction publique ;

- le code du travail ;

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;

- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 ;

- le décret n° 82-453 du 28 mai 1982 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Passerieux, rapporteure,

- les conclusions de Mme Patard, rapporteure publique,

- les observations de Me Latour, substituant Me Noel, représentant Mme C,

- et les observations de Me Rodrigues, représentant le centre hospitalier de Cadillac.

Considérant ce qui suit :

1. Mme C, infirmière titulaire au centre hospitalier de Cadillac depuis 2010, a été victime, le 8 janvier 2018, sur son lieu de travail et dans l'exercice de ses fonctions, d'un accident qui a été reconnu comme étant imputable au service par son employeur par décision du 22 janvier 2018. Des suites de cet accident, Mme C a été placée en arrêt de travail à compter du 15 janvier 2018 et n'a jamais repris ses fonctions. L'intéressée a notamment été hospitalisée au sein d'une clinique spécialisée en santé mentale sur la période allant du 19 septembre au 5 décembre 2019. Elle a alors sollicité le remboursement de ses frais de santé auprès du centre hospitalier de Cadillac, qui, estimant que les prises en charge médicales dont Mme C se prévalait n'étaient pas en lien avec l'accident de service reconnu le 22 janvier 2018, a diligenté une expertise contradictoire aux fins de déterminer s'il existait un lien entre son état de santé et les soins qu'il nécessitait et l'accident de service survenu le 08 janvier 2018. L'expert désigné avait également pour mission de rechercher si pouvait être déterminée une date de reprise de fonctions et une date de consolidation de l'état de santé de Mme C. Les conclusions de l'expertise amiable du Dr A ont été déposées le 14 mars 2020, sans qu'aucune solution amiable n'ait pu être trouvée. Par la suite, l'intéressée a saisi le juge des référés du tribunal qui, par une ordonnance du 30 mars 2021, a ordonné une expertise judiciaire, dont le rapport a été déposé le 17 octobre 2021. Par arrêté du 11 octobre 2022, Mme C a été radiée des cadres et admise à faire valoir ses droits à la retraite pour invalidité à compter du 1er octobre 2022. Par la présente requête, Mme C demande au tribunal, après rejet implicite de sa demande indemnitaire préalable, de condamner le centre hospitalier de Cadillac à lui verser la somme de 789 364,75 euros en réparation de l'ensemble de ses préjudices.

Sur les conclusions indemnitaires :

En ce qui concerne la responsabilité du centre hospitalier de Cadillac :

S'agissant de la responsabilité pour faute :

2. Pour déterminer si l'accident de service ayant causé un dommage est imputable à une faute de nature à engager la responsabilité de l'administration, de sorte que l'agent soit fondé à engager une action de droit commun pouvant aboutir à la réparation intégrale par cette collectivité de l'ensemble du dommage, il appartient au juge administratif, saisi de conclusions en ce sens, de rechercher si l'accident est imputable à une faute commise dans l'organisation ou le fonctionnement du service.

3. Aux termes des dispositions de l'article 23 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, désormais reprises à l'article L. 136-1 du code général de la fonction publique : " Des conditions d'hygiène et de sécurité de nature à préserver leur santé et leur intégrité physique sont assurées aux fonctionnaires durant leur travail ". Aux termes de l'article L. 4111-1 du code du travail : " () les dispositions de la () partie [relative à la santé et à la sécurité au travail] sont applicables () / () / 3° Aux établissements de santé, sociaux et médico-sociaux mentionnés à l'article 2 de la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière () ". Aux termes de l'article L. 4121-1 du même code : " L'employeur prend les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs / Ces mesures comprennent : / 1° Des actions de prévention des risques professionnels, y compris ceux mentionnés à l'article L. 4161-1 ; / 2° Des actions d'information et de formation ; / 3° La mise en place d'une organisation et de moyens adaptés./ L'employeur veille à l'adaptation de ces mesures pour tenir compte du changement des circonstances et tendre à l'amélioration des situations existantes. ".

4. Les autorités administratives ont ainsi l'obligation de prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et morale de leurs agents. Il leur appartient à ce titre, sauf à commettre une faute de service, d'assurer la bonne exécution des dispositions législatives et réglementaires qui ont cet objet, ainsi que le précise l'article 2-1 du décret du 28 mai 1982 relatif à l'hygiène et à la sécurité du travail ainsi qu'à la médecine professionnelle et préventive de la fonction publique, au terme duquel " Les chefs de service sont chargés, dans la limite de leurs attributions et dans le cadre des délégations qui leur sont consenties, de veiller à la sécurité et à la protection de la santé des agents placés sous leur autorité ".

5. En l'espèce, Mme C soutient que l'accident de service qu'elle a subi le 8 janvier 2018 aurait pu être évité si le centre hospitalier avait mis en place les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et morale de ses agents.

6. Il résulte de la déclaration d'accident remplie par Mme C le 8 janvier 2018 que ce jour-là, en raison de l'agitation importante et violente d'un patient, la requérante et d'autres soignant ont dû le contenir physiquement et que cette contention, en attente notamment d'un apaisement de l'intéressé, a été difficile et a déclenché chez la requérante différentes douleurs, au niveau du dos, des lombaires, du sacrum, de l'épaule gauche et de la jambe droite. Il est constant que le centre hospitalier de Cadillac a mis en œuvre, à compter du mois de janvier 2017, une réorganisation de ses unités, que plusieurs agents de l'unité " Séglas ", dont la requérante, ont rédigé des fiches d'événements indésirables au cours de l'année 2017, que différents rapports ont mis en avant les difficultés rencontrées au sein de cette unité à cette période et qu'une agression de soignant y a eu lieu le 24 décembre 2017. Toutefois, d'une part, il résulte de l'instruction qu'une première réunion institutionnelle s'est tenue le 13 avril 2017 afin d'échanger sur le contenu des fiches d'événements indésirables et de proposer des axes sur lesquels travailler pour aider l'équipe en souffrance. Une deuxième réunion institutionnelle s'est tenue le 4 septembre 2017 en présence de l'équipe de direction du centre hospitalier afin d'identifier des pistes de solution, qui ont été regroupées en quatre catégories. Une visite du comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) de l'unité en cause a également été organisée en présence de la directrice des ressources humaines de l'établissement en octobre 2017. Par ailleurs, il résulte de l'instruction qu'une analyse approfondie des causes de l'agression survenue le 24 décembre 2017 s'est tenue le 8 janvier 2018 et qu'un ensemble de préconisations ont été listées pour éviter la répétition de ce type d'événements. Dans ces conditions, le centre hospitalier ne saurait être regardé comme étant resté inactif sur la période considérée. D'autre part, il n'est pas sérieusement contesté que le jour de l'accident de Mme C, étaient présents quatre soignants pour participer à la contention du patient. Or, il ne résulte pas de l'instruction, et notamment de l'attestation de témoin remplie le jour de l'accident, que ce ratio ne répondait pas aux nécessités du service. Dès lors, faute pour la requérante, infirmière titulaire au centre hospitalier de Cadillac depuis 2010, d'établir que les circonstances de la prise en charge du patient le 8 janvier 2018 résulteraient des difficultés mentionnées dans les rapports précités, celle-ci n'est pas fondée à soutenir que cet accident révélerait un manquement du centre hospitalier à son obligation de sécurité.

7. Dans ces conditions, il ne résulte pas de l'instruction que le centre hospitalier de Cadillac aurait commis une faute dans l'organisation ou le fonctionnement du service. Par suite, Mme C n'est pas fondée à demander la condamnation du centre hospitalier à l'indemniser à ce titre.

S'agissant de la responsabilité sans faute :

8. Compte tenu des conditions posées à leur octroi et de leur mode de calcul, la rente viagère d'invalidité et l'allocation temporaire d'invalidité doivent être regardées comme ayant pour objet de réparer les pertes de revenus et l'incidence professionnelle résultant de l'incapacité physique causée par un accident de service ou une maladie professionnelle. Les dispositions qui instituent ces prestations, déterminent forfaitairement la réparation à laquelle les fonctionnaires concernés peuvent prétendre, au titre de ces chefs de préjudice, dans le cadre de l'obligation qui incombe aux collectivités publiques de garantir leurs agents contre les risques qu'ils peuvent courir dans l'exercice de leurs fonctions. Ces dispositions ne font en revanche obstacle ni à ce que le fonctionnaire qui subit, du fait de l'invalidité ou de la maladie, des préjudices patrimoniaux d'une autre nature ou des préjudices personnels, obtienne de la personne publique qui l'emploie, même en l'absence de faute de celle-ci, une indemnité complémentaire réparant ces chefs de préjudice, ni à ce qu'une action de droit commun pouvant aboutir à la réparation intégrale de l'ensemble du dommage soit engagée contre la personne publique, dans le cas notamment où l'accident ou la maladie serait imputable à une faute de nature à engager la responsabilité de cette personne ou à l'état d'un ouvrage public dont l'entretien lui incombait.

9. Ainsi, conformément à ce qui a été dit au point précédent, Mme C peut prétendre, même en l'absence de faute démontrée du centre hospitalier de Cadillac, à la réparation de l'ensemble des préjudices personnels et patrimoniaux qui ont résulté de son accident de service du 8 janvier 2018, exception faite des préjudices résultant des pertes de revenus et de l'incidence professionnelle.

En ce qui concerne les préjudices :

S'agissant des préjudices patrimoniaux :

10. Mme C sollicite le versement d'une indemnisation au titre de l'assistance d'une tierce personne après consolidation. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise judiciaire, que l'état de santé de la requérante, du fait de l'existence de conduites d'évitement, de sa phobie sociale qui limite sa possibilité de sortir de son domicile, rend nécessaire l'assistance d'une tierce personne à compter de la date de la consolidation, le 8 janvier 2021, à raison de 5 heures par semaine, soit 0,7 heure par jour. Afin de tenir compte des congés payés et des jours fériés prévus par l'article L. 3133-1 du code du travail, il y a lieu de calculer l'indemnisation sur la base d'une année de 412 jours. Il sera fait une juste appréciation du préjudice subi jusqu'à la date du présent jugement en l'indemnisant sur la base d'un taux horaire moyen de rémunération, tenant compte des charges patronales et des majorations de rémunération pour travail du dimanche, fixé à une moyenne de 14 euros pour la période comprise entre le 8 janvier 2021 jusqu'au 14 juin 2024, soit 1 253 jours, qu'il y a lieu de rapporter à une période de 412 jours par an. Dans ces conditions, le préjudice s'élève, pour la période comprise entre le 8 janvier 2021 et le 14 juin 2024, à 13 876 euros. Pour la période postérieure à la date du présent jugement, le préjudice, après application du barème 2022 de capitalisation des rentes de victimes diffusé par la Gazette du Palais, sur la base d'un point d'indice de 48,912 est évalué à 197 487 euros.

S'agissant des préjudices extrapatrimoniaux :

11. En premier lieu, il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise, que Mme C a subi, du fait de l'accident de service survenu le 8 janvier 2018, un déficit fonctionnel temporaire total de 77 jours durant sa période d'hospitalisation psychiatrique, puis un déficit fonctionnel temporaire partiel, d'une part, au taux de 40 % pendant 618 jours et, d'autre part, au taux de 35 % pendant 398 jours. Dans ces conditions, il sera fait une juste appréciation du préjudice de déficit fonctionnel temporaire total et partiel subi par Mme C en l'évaluant, sur la base d'un montant d'indemnisation de 21 euros par jour pour une incapacité totale, à la somme de 9 800 euros.

12. En deuxième lieu, il résulte de l'instruction que Mme C a enduré des souffrances évaluées par l'expert à 4 sur une échelle de 7 compte tenu du choc psychologique sévère du 8 janvier 2018, de la souffrance psychologique éprouvée, de l'hospitalisation psychiatrique, de la prise en charge pluridisciplinaire et de son traitement au long cours. Il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en lui allouant la somme de 10 000 euros.

13. En troisième lieu, il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise médicale, que Mme C reste atteinte d'un déficit fonctionnel permanent imputable à l'accident de service dont elle a été victime le 8 janvier 2018 qui a été évalué à 20 % compte tenu du barème indicatif d'invalidité du concours médical et du barème d'évaluation médico-légale. Alors que la requérante était âgée de 43 ans à la date de consolidation de son état de santé, il sera fait une juste appréciation de ce chef de préjudice en lui allouant une indemnité de 30 000 euros.

14. En quatrième lieu, le préjudice esthétique permanent de Mme C résultant de sa prise de poids en rapport avec la consommation de médications psychotropes a été évalué par l'expert à 1,5 sur une échelle de 7. Il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en l'évaluant à 2 000 euros.

15. En dernier lieu, si Mme C fait valoir qu'elle faisait de la peinture et du dessin, l'existence d'un préjudice spécifique d'agrément distinct des troubles de toute nature dans les conditions d'existences réparés au titre du déficit fonctionnel permanent n'est pas démontrée. Par suite, il n'y pas lieu de faire droit à sa demande d'indemnisation au titre de ce chef de préjudice.

16. Il résulte de tout ce qui précède que le centre hospitalier de Cadillac doit être condamné à verser à Mme C la somme de 263 163 euros en réparation des préjudices résultant de l'accident de service survenu le 8 janvier 2018.

Sur les intérêts et la capitalisation des intérêts :

17. Mme C a droit, ainsi qu'elle le demande, aux intérêts au taux légal à compter du 2 mars 2022, date de réception de sa demande préalable par le centre hospitalier de Cadillac. Il y a également lieu de faire droit à la demande de capitalisation des intérêts à compter du 2 mars 2023, date à laquelle était due, pour la première fois, une année d'intérêts, ainsi qu'à chaque échéance annuelle ultérieure à compter de cette date.

Sur les frais liés au litige :

18. En premier lieu, les frais et honoraires de l'expertise ont été taxés et liquidés par la présidente du tribunal administratif de Bordeaux par ordonnance du 5 janvier 2022, à la somme de 1 440 euros. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre ces frais à la charge définitive du centre hospitalier de Cadillac.

19. En second lieu, dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge du centre hospitalier de Cadillac une somme de 2 000 euros à verser à Mme C sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : Le centre hospitalier de Cadillac est condamné à verser à Mme C la somme de 263 163 euros en réparation des préjudices consécutifs à l'accident de service dont elle a été victime 8 janvier 2018. Cette somme portera intérêts au taux légal à compter du 2 mars 2022. Les intérêts seront capitalisés au 2 mars 2023, ainsi qu'à chaque échéance annuelle ultérieure à compter de cette date, afin de produire eux-mêmes intérêts.

Article 2 : Les frais d'expertise, taxés et liquidés à la somme de 1 440 euros, sont mis à la charge définitive du centre hospitalier de Cadillac.

Article 3 : Le centre hospitalier de Cadillac versera à Mme C une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C et au centre hospitalier de Cadillac.

Délibéré après l'audience du 31 mai 2024, à laquelle siégeaient :

M. Delvolvé, président,

Mme Mounic, première conseillère,

Mme Passerieux, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 juin 2024.

La rapporteure,

C. PASSERIEUX

Le président,

Ph. DELVOLVÉ

La greffière,

L. SIXDENIERS

La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

N°2202919

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