mercredi 4 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2203084 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | BRETAGNOLLE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 2 juin 2022, des pièces complémentaires enregistrées le 8 juin 2022, et des mémoires enregistrés le 2 octobre 2024 et le 25 octobre 2024, M. B A, représenté par Me Valdès, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 3 janvier 2022 par lequel le maire de la commune de Bordeaux n'a pas fait opposition à la déclaration préalable de M. D pour des travaux d'extension d'une maison par prolongement de toiture, 84 rue Prunier, parcelle RC n°51, ensemble le rejet de son recours gracieux le 6 avril 2022 ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Bordeaux une somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le pétitionnaire n'avait pas la qualité pour déposer sa déclaration préalable, les travaux ont, pour partie, porté sur un mur et le toit de sa maison dont il n'est pas propriétaire ;
- le dossier de déclaration préalable est lacunaire, il n'a pas permis au service instructeur d'appréhender les impacts du projet et notamment que celui-ci induisait une démolition ;
- le dossier est entaché de fraude, le pétitionnaire a volontairement caché que le projet nécessitait de démolir une partie de la construction existante ainsi que la toiture de son bien ;
- le projet nécessitait l'obtention d'un permis de démolir ;
- le projet nécessitait l'obtention d'un permis de construire et non d'une simple déclaration préalable de travaux dès lors que l'extension représente plus de 40 m² ;
- la décision attaquée méconnaît l'article R. 152-9 du code de l'urbanisme relatif à l'isolation par l'extérieur ;
- le projet méconnaît les dispositions des articles 2.1.5 et 2.4.1.2 du règlement de la zone UP1 du plan local d'urbanisme, le projet ne contribue pas à mettre en valeur les deux constructions qui sont protégées ; les travaux réalisés, qui dépassent sur son toit et sa façade, portent atteinte à sa propre maison, ils menacent sa stabilité et rendent plus difficiles une future extension.
Par des mémoires en défense enregistrés le 20 juin 2023 et le 15 octobre 2024, M. D, représenté par Me Bretagnolle, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge de M. A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- à titre principal, la requête est irrecevable, M. A ne démontre pas qu'il a intérêt à agir ;
- à titre subsidiaire, aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Par un mémoire enregistré le 25 juillet 2024, la commune de Bordeaux, représentée par Me Bérard, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de M. A.
Elle fait valoir que :
- à titre principal, la requête est irrecevable, elle ne comporte pas l'exposé des faits et les moyens manquent de détail, en droit et en fait ;
- à titre subsidiaire, aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Fazi-Leblanc, première conseillère,
- les conclusions de M. Frézet, rapporteur public,
- les observations de Me Valdès représentant M. A,
- les observations de Me Bérard représentant la commune de Bordeaux et de Me Bretagnolle représentant M. D.
Considérant ce qui suit :
1. M. A est propriétaire d'une maison à usage d'habitation, sise 82 rue Prunier à Bordeaux (Gironde), parcelle cadastrée RC n°192, qui jouxte la parcelle RC n°51, 84 rue Prunier, propriété de M. D et sur laquelle est construite sa maison. Le 19 novembre 2021, M. D, a déposé une déclaration préalable, complétée le 17 décembre 2021, pour l'extension d'une maison de ville par prolongement d'une toiture. Par un arrêté du 3 janvier 2022, le maire de la commune de Bordeaux ne s'est pas opposé à cette déclaration préalable. Le 23 février 2022, M. A a formé un recours gracieux à l'encontre de cette décision, que le maire de Bordeaux a rejeté par un courrier reçu le 6 avril 2022. M. A demande l'annulation de l'arrêté du 3 janvier 2022, ensemble le rejet de son recours gracieux.
Sur les conclusions en annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 423-1 du code de l'urbanisme : " Les demandes de permis de construire, d'aménager ou de démolir et les déclarations préalables sont adressées par pli recommandé avec demande d'avis de réception ou déposées à la mairie de la commune dans laquelle les travaux sont envisagés : a) Soit par le ou les propriétaires du ou des terrains, leur mandataire ou par une ou plusieurs personnes attestant être autorisées par eux à exécuter les travaux ; b) Soit, en cas d'indivision, par un ou plusieurs co-indivisaires ou leur mandataire ; c) Soit par une personne ayant qualité pour bénéficier de l'expropriation pour cause d'utilité publique. "
3. Les autorisations d'utilisation du sol, qui ont pour seul objet de s'assurer de la conformité des travaux qu'elles autorisent avec la législation et la réglementation d'urbanisme, étant accordées sous réserve du droit des tiers, il n'appartient pas à l'autorité compétente de vérifier, dans le cadre de l'instruction d'une déclaration ou d'une demande de permis, la validité de l'attestation établie par le demandeur quant à ses droits à déposer une demande. Les tiers ne sauraient donc soutenir utilement, pour contester une décision accordant une telle autorisation au vu de l'attestation requise, faire grief à l'administration de ne pas en avoir vérifié l'exactitude. Néanmoins, lorsque l'autorité saisie d'une telle déclaration ou d'une demande de permis de construire vient à disposer au moment où elle statue, sans avoir à procéder à une instruction lui permettant de les recueillir, d'informations de nature à établir son caractère frauduleux ou faisant apparaître, sans que cela puisse donner lieu à une contestation sérieuse, que le pétitionnaire ne dispose, contrairement à ce qu'implique l'article R. 423-1 du code de l'urbanisme, d'aucun droit à la déposer, il lui revient de s'opposer à la déclaration ou de refuser la demande de permis pour ce motif.
4. M. A soutient que M. D n'avait pas la qualité pour effectuer des travaux qui ont porté en partie sur sa propriété, notamment le toit de sa maison et un mur dont il conteste le caractère mitoyen.
5. En l'espèce, M. D, en signant le formulaire de déclaration préalable, a attesté avoir la qualité pour déposer sa demande d'autorisation et il ne revenait pas au maire de la commune de Bordeaux de contrôler la qualité de propriétaire du pétitionnaire. En outre, ainsi que l'a rappelé le maire le 30 mars 2022 dans le courrier de rejet de recours gracieux, les travaux portant sur un immeuble indivis peuvent être présentés par un seul coindivisaire. Enfin, les autorisations d'urbanisme sont délivrées sous réserve du droit des tiers et à supposer que M. A entende contester le caractère mitoyen du mur, cette contestation est du ressort du juge judiciaire. Par suite, le moyen doit être écarté en toutes ses branches.
6. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 431-36 du code de l'urbanisme : " Le dossier joint à la déclaration comprend : a) Un plan permettant de connaître la situation du terrain à l'intérieur de la commune ; () ; c) Une représentation de l'aspect extérieur de la construction faisant apparaître les modifications projetées et si le projet a pour effet de modifier celui-ci ; () ". Aux termes de l'article R. 431-10 du même code : " Le projet architectural comprend également : a) Le plan des façades et des toitures ; lorsque le projet a pour effet de modifier les façades ou les toitures d'un bâtiment existant, ce plan fait apparaître l'état initial et l'état futur ; b) Un plan en coupe précisant l'implantation de la construction par rapport au profil du terrain; lorsque les travaux ont pour effet de modifier le profil du terrain, ce plan fait apparaître l'état initial et l'état futur ; () ". Enfin, aux termes de l'article L. 431-2 : " Le projet architectural définit, par des plans et documents écrits, l'implantation des bâtiments, leur composition, leur organisation et l'expression de leur volume ainsi que le choix des matériaux et des couleurs. Il précise, par des documents graphiques ou photographiques, l'insertion dans l'environnement et l'impact visuel des bâtiments ainsi que le traitement de leurs accès et de leurs abords. ".
7. La circonstance que le dossier de demande de déclaration préalable ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité la décision de non opposition qui a été accordée que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
8. Le requérant soutient que le dossier de déclaration préalable est lacunaire en ce qu'il ne comporte ni représentation de l'aspect extérieur de la construction faisant apparaître les modifications projetées, ni plan de façade de l'état des lieux, ni document graphique permettant de visualiser le projet et son insertion dans le paysage existant et environnant, et qu'ainsi il n'a pas permis au service instructeur d'appréhender les caractéristiques et les impacts du projet, ni que celui-ci comportait des démolitions.
9. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que le dossier de déclaration préalable comporte un plan de représentation graphique (DP5) et des plans des façades (DP4) avec un plan avant-projet (DP4a) et un plan des façades du projet (DP4b) faisant apparaître l'ensemble des modifications projetées, ainsi que les constructions environnantes. En outre, les plans de coupe DP3a (avant-projet) et DP 3b (après-projet) représentent l'extension projetée de la construction. Les photographies en pièce 6 montrent la façade sur rue et la photographie 7a, la façade sur cour, avant-projet. Si le dossier ne comporte pas d'image projetée de la façade sur cour après-projet, les plans masse après projet et plans de coupe après projet, permettent de se la représenter. Enfin, la photographie de la construction existante et les plans de coupe permettent de comprendre que le projet suppose une rénovation de la partie basse de la construction, vétuste, avec une démolition de la façade arrière. Dans ces conditions, le dossier de déclaration préalable qui était complet, a permis au service instructeur de contrôler sa conformité aux règles d'urbanisme.
10. En troisième lieu, ainsi qu'il a été dit au point 9, les pièces du dossier de déclaration préalable ont permis au maire de se rendre compte des travaux qui seraient réalisés. En particulier, il ne ressort pas des pièces de ce dossier que le pétitionnaire aurait caché que la partie basse de la surélévation serait rénovée, alors même qu'il a joint une photographie témoignant de son aspect vétuste et que les plans de coupe montrent la surélévation qui supposait de surcroît la dépose du toit. Dans ces conditions, le moyen tenant à la fraude doit être écarté.
11. En quatrième lieu, aux termes de l'article R. 421-27 du même code : " Doivent être précédés d'un permis de démolir les travaux ayant pour objet de démolir ou de rendre inutilisable tout ou partie d'une construction située dans une commune ou une partie de commune où le conseil municipal a décidé d'instituer le permis de démolir ". Aux termes de l'article R. 421-28 du même code : " Doivent en outre être précédés d'un permis de démolir les travaux ayant pour objet de démolir ou de rendre inutilisable tout ou partie d'une construction : () e) Identifiée comme devant être protégée en étant située à l'intérieur d'un périmètre délimité par un plan local d'urbanisme ou un document d'urbanisme en tenant lieu en application de l'article L. 151-19 ou de l'article L. 151-23 (). ". Enfin, aux termes de l'article R. 451-2 : " Le dossier joint à la demande comprend : () b) Un plan de masse des constructions à démolir ou, s'il y a lieu, à conserver ; ". Le conseil municipal de la commune de Bordeaux, par une délibération du 9 juillet 2007, a institué l'obligation du permis de démolir sur l'ensemble du territoire de cette commune.
12. Il ne ressort pas des pièces du dossier que le projet, qui conserve les murs latéraux, la façade avant et sa largeur et prévoit la dépose de l'avant-toit en tuiles existant pour ajouter une structure bois, porterait atteinte au gros œuvre ou à la structure de la construction existante ou aurait eu pour effet de rendre inutilisable tout ou partie de l'immeuble concerné. Si l'extension projetée vient démolir une extension existante en rez-de-chaussée pour la reconstruire en des dimensions plus grandes, le projet n'engendre la destruction que de deux murs uniquement dont il ressort des plans qu'ils ne sont pas porteurs. Il s'ensuit que le projet n'était pas soumis à la délivrance d'un permis de démolir. Par suite, le moyen tiré de ce que le projet aurait dû faire l'objet d'un permis de démolir doit être écarté.
13. En cinquième lieu, aux termes des dispositions de l'article R. 421-14 du code de l'urbanisme : " Sont soumis à permis de construire les travaux suivants, exécutés sur des constructions existantes, à l'exception des travaux d'entretien ou de réparations ordinaires : () b) Dans les zones urbaines d'un plan local d'urbanisme ou d'un document d'urbanisme en tenant lieu, les travaux ayant pour effet la création d'une surface de plancher ou d'une emprise au sol supérieure à quarante mètres carrés ; (). ".
14. Le requérant soutient que le projet aurait dû faire l'objet d'un permis de construire dès lors que la surface de l'extension serait supérieure à 40 m². Toutefois, le pétitionnaire verse au dossier une note de calcul avec le détail des mesures pour chaque étage qui atteste d'une surface totale créée de 39,4 m², conforme à ce qui est indiqué dans le formulaire Cerfa du dossier de déclaration préalable. Les mesures et calculs ne sont pas sérieusement remis en cause par le requérant qui produit deux calculs différents, l'un qui ajoute, à tort, une surface correspondant à l'épaisseur des murs, et l'autre qui conteste la mesure de la largeur de la construction pour certains étages sans établir ses allégations. Il s'ensuit que le moyen tenant à ce que le projet aurait dû faire l'objet d'un permis de construire plutôt que d'une déclaration préalable en raison de la surface créée doit être écarté.
15. En sixième lieu, aux termes de l'article R. 152-9 du code de l'urbanisme : " La surépaisseur ou la surélévation doit être adaptée au mode constructif et aux caractéristiques techniques et architecturales de la façade ou de la toiture et ne doit pas porter atteinte à la qualité architecturale du bâtiment et à son insertion dans le cadre bâti environnant. ".
16. M. A soutient que le projet de M. D méconnaît l'article R. 152-9 du code de l'urbanisme dès lors que la surélévation porte atteinte à la construction. Toutefois, d'une part, ces dispositions s'appliquent dans l'hypothèse d'une dérogation aux règles d'urbanisme. Or, celle-ci n'est ni alléguée ni démontrée. D'autre part, et en tout état de cause, l'atteinte à l'insertion du bâti environnant n'est pas ici caractérisée.
17. En septième lieu, aux termes de l'article 2.1.5 du règlement du plan local d'urbanisme de la zone UP1 de la ville de Bordeaux : " a/ Constructions protégées : Les constructions protégées au titre du présent PLU en application du Code de l'urbanisme sont des constructions à préserver et à mettre en valeur pour des motifs d'ordre architectural, urbain, historique et / ou culturel. () . Les travaux sur les constructions protégées doivent respecter les prescriptions règlementaires des articles du présent règlement écrit et des plans au 1/1000° dits "ville de pierre". Ils doivent assurer la conservation et la mise en valeur des clôtures, des aménagements paysagers, des bâtiments, des structures, des matériaux, des éléments et des décors qui les caractérisent et qui leur confèrent une valeur architecturale, urbaine, historique et/ou culturelle. Ne sont pas autorisés les travaux qui mettent en danger la stabilité des constructions protégées, les travaux de démolition complète, les travaux de démolition partielle qui consistent à ne conserver que la façade principale et les murs mitoyens, sauf dans le cas où la construction fait l'objet d'une procédure d'insalubrité et/ou de péril irrémédiable. Toutefois, à condition de ne pas en altérer le caractère, les travaux de démolition de constructions parasites et d'additions inadaptées, ou nécessaire à la restauration de la construction existante, les travaux de reconstruction ponctuelle ou de reconstitution d'éléments endommagés, la modification de l'aspect extérieur des façades, les travaux de surélévation et/ou d'extension peuvent être autorisés s'ils améliorent la qualité des constructions protégées, leur aspect extérieur, leur insertion dans le paysage urbain et/ou dans l'environnement. Les travaux d'extension adossée aux constructions protégées ne peuvent conduire à doubler la surface de plancher des constructions protégées. ". Aux termes de l'article 2.4.1.2 du règlement de la zone UP1 du plan local d'urbanisme de Bordeaux : " Les travaux réalisés sur les constructions protégées repérées aux plans au 1/1000° dits "ville de pierre" doivent conduire à les mettre en valeur, à remédier à leurs altérations et à conforter la cohérence des paysages urbains. Par sa conception et par sa mise en œuvre, toute intervention sur une construction protégée doit assurer la conservation et la mise en valeur des caractères de la construction et de ses éléments sans les altérer. Tout élément d'architecture et de décor faisant partie de la construction par nature ou destination, tels que façade, toiture, lucarne, clôture, maçonnerie, escalier, sculpture, menuiserie, devanture, ferronnerie, fresque, peinture murale, inscription, et contribuant à l'intérêt de la construction, doit être mis en valeur, restauré et le cas échéant restitué. ( ). Menuiseries : Toute nouvelle menuiserie doit être adaptée et s'intégrer à la baie destinée à la recevoir. Elle ne peut être placée au nu extérieur de la façade. Les ouvrants à la française ne peuvent être remplacés par des ouvrants anglais ou coulissants. Les barreaudages et grilles de protection dans les baies doivent être conformes à l'architecture de la construction, placés à mi-tableau ou en applique selon l'architecture de la construction et la nature de la baie pour laquelle ils sont conçus. Les scellements des lisses des grilles doivent être réalisés au niveau des joints ou des refends horizontaux ". Enfin, l'article 2.4.1.2.2 dispose : " Tous travaux entrepris sur les toitures doivent contribuer à maintenir et mettre en valeur la construction. La modification de la forme de toiture, de la pente et des matériaux de couverture est autorisée : - si elle rétablit les formes, pentes et matériaux conformes à l'architecture de la construction ; - dans le cadre d'un raccordement aux héberges et pentes des toitures environnantes. ".
18. Il est constant que les constructions tant de M. D que de M. A sont des constructions protégées par le plan local d'urbanisme de la ville de Bordeaux. M. A soutient que le projet de M. D méconnaît les dispositions du plan local d'urbanisme citées au point précédent en ce qu'il porte atteinte à la stabilité de sa construction et qu'il emporte une " altération esthétique ". Toutefois, d'une part, aucune pièce du dossier de déclaration préalable ne permet d'établir que le projet porterait atteinte à la stabilité de la construction rénovée. En outre, la circonstance que l'exécution des travaux serait susceptible d'affecter la propriété du requérant est sans incidence sur la légalité de la décision en litige. D'autre part, il ne ressort d'aucune pièce du dossier que le projet porterait atteinte à des éléments des constructions présentant une valeur architecturale, urbaine, historique ou culturelle de l'habitation de M. D, alors que le projet porte sur l'arrière de la construction avec un impact limité côté rue et que la forme de la toiture n'est pas modifiée. Il ressort au contraire des photographies du dossier avant-projet que la façade arrière était délabrée et que le projet contribue à sa mise en valeur. Par suite, le moyen tenant à la méconnaissance de l'article 2.1.5 du règlement du plan local d'urbanisme de la zone UP1 doit être écarté.
19. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les fins de non-recevoir opposées en défense, que les conclusions à fin d'annulation de la requête de M. A doivent être rejetées, ensemble la décision de rejet de son recours gracieux.
Sur les frais liés au litige :
20. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Bordeaux, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que M. A demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. En revanche, dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de M. A le versement d'une somme de 1 000 euros à la commune de Bordeaux et d'une somme de 1 000 euros à M. D au titre de ces mêmes dispositions
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : M. A versera une somme de 1 000 euros à la commune de Bordeaux et une somme de 1 000 euros à M. D au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à la commune de Bordeaux et à M. C D.
Délibéré après l'audience du 20 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Cabanne, présidente,
M E et Mme Fazi-Leblanc, premiers conseillers.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 décembre 2024.
La rapporteure,
S. FAZI-LEBLANC
La présidente,
C. CABANNELa greffière,
M-A. PRADAL
La République mande et ordonne au préfet de la Gironde, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2203084
Tribunal Administratif de Bordeaux — N° TA33-2604347
Le Tribunal Administratif de Bordeaux a rejeté la requête en référé suspension de M. A..., ressortissant béninois, contre un arrêté préfectoral refusant le renouvellement de son titre de séjour étudiant et l'obligeant à quitter le territoire. Concernant l'obligation de quitter le territoire, le juge a jugé les conclusions irrecevables en raison de l'existence d'une procédure spéciale de recours suspensif prévue à l'article L. 722-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Sur le refus de séjour, la condition d'urgence n'étant pas contestée, le juge a estimé qu'aucun des moyens soulevés, notamment le défaut d'examen particulier et la méconnaissance de l'article L. 422-1 du même code, n'était propre à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision. La requête a donc été rejetée dans son intégralité.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Bordeaux — N° TA33-2604358
Le Tribunal Administratif de Bordeaux, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de la décision de rupture de contrat de Mme B... prise par le maire de Léognan. Le juge a relevé que la requérante n'avait pas introduit de requête distincte en annulation, rendant ses conclusions à fin de suspension manifestement irrecevables. Par ailleurs, il a estimé que l'urgence n'était pas caractérisée, l'agent en période d'essai ne bénéficiant pas d'un droit à la poursuite de son contrat et son absence non justifiée à l'entretien préalable ne permettant pas de retenir un préjudice grave et immédiat.
01/06/2026
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Le Tribunal administratif de Montpellier, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la décision du ministre de l’intérieur du 26 mars 2026 informant M. A... de la perte de validité de son permis de conduire. La requête a été jugée irrecevable car M. A... n’avait pas déposé de recours en annulation parallèle, condition prévue à l’article L. 521-1 du code de justice administrative. À titre subsidiaire, le juge a estimé que le moyen tiré de ce que les infractions auraient été commises par son fils n’était pas de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision, la réalité des infractions étant établie par le paiement des amendes forfaitaires conformément à l’article L. 223-1 du code de la route.
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Le Tribunal administratif de Montpellier, statuant en référé, a rejeté la demande de Mme B... qui sollicitait la suspension de saisies administratives à tiers détenteur émises pour le recouvrement de taxes foncières. La requérante invoquait l'urgence en raison de sa faible pension de retraite et un doute sérieux sur la légalité des saisies, notamment pour non-exigibilité d'une partie de la créance. Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas remplie, faute pour Mme B... de justifier de conséquences graves liées à l'exécution des saisies. La requête a été rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026