mercredi 20 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2203744 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL HMS ATLANTIQUE AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par un déféré, enregistré le 11 juillet 2022, le préfet de la Gironde demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 2 décembre 2021 par lequel le maire de Saint-Loubès a autorisé la SCI Les Dauphins à transformer un ancien château viticole en un espace de bureaux, salles de réunions et guinguette situé 35 route de Libourne, ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué a été pris en méconnaissance de l'article L. 151-11 du code de l'urbanisme et A2 du plan local d'urbanisme ;
- le projet n'a pas été soumis à l'avis de la commission départementale de la prévention des espaces naturels, agricoles et forestiers (CDPENAF) ;
- en méconnaissance de l'article R. 431-16 du code de l'urbanisme, le dossier de permis de construire ne comporte pas la décision de l'autorité chargée de l'examen au cas par cas.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 19 octobre 2022 et 26 février 2024, la commune de Saint-Loubès, représentée par le cabinet HMS Atlantique Avocats, conclut à titre principal au rejet de la requête, à titre subsidiaire à ce qu'il soit sursis à statuer sur le fondement de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme et à ce qu'il soit mis à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 mai 2023, la SCI Les Dauphins, représentée par Me Laveissière, conclut à titre principal au rejet du déféré, à titre subsidiaire à ce qu'il soit sursis à statuer sur le fondement de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme et à ce qu'il soit mis à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir qu'aucun des moyens du déféré n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de l'environnement ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Cabanne,
- les conclusions de M. Josserand, rapporteur public,
- et les observations de Me Cazcarra, représentant la commune de Saint-Loubès, et de Me Roncin, représentant la SCI Les Dauphins.
1. Par arrêté du 2 décembre 2021, le maire de la commune de Saint-Loubès a délivré à la SCI Les Dauphins un permis de construire en vue de la transformation d'un ancien château viticole en un espace de bureaux, salles de réunion et guinguette sur un terrain situé 35 route de Libourne, lieu-dit les Dauphins. La préfète de la Gironde défère au tribunal cette décision et celle portant rejet implicite de de son recours gracieux exercé le 11 mars 2022.
Sur les conclusions en annulation :
2. Aux termes de l'article L. 151-11 du code de l'urbanisme : " I.- Dans les zones agricoles, naturelles ou forestières, le règlement peut : / () 2° Désigner, en dehors des secteurs mentionnés à l'article L. 151-13, les bâtiments qui peuvent faire l'objet d'un changement de destination, dès lors que ce changement de destination ne compromet pas l'activité agricole ou la qualité paysagère du site. Le changement de destination est soumis, en zone agricole, à l'avis conforme de la commission départementale de la préservation des espaces agricoles, naturels et forestiers prévue à l'article L. 112-1-1 du code rural et de la pêche maritime, et, en zone naturelle, à l'avis conforme de la commission départementale de la nature, des paysages et des sites. () ". Aux termes de l'article R.* 123-12 du code de l'urbanisme, dans sa rédaction applicable aux plans locaux d'urbanisme approuvés avant le 1er janvier 2016 : " Les documents graphiques prévus à l'article R. * 123-11 font également apparaître, s'il y a lieu : () 2° Dans les zones A, les bâtiments agricoles qui, en raison de leur intérêt architectural ou patrimonial, peuvent faire l'objet d'un changement de destination, dès lors que ce changement de destination ne compromet pas l'exploitation agricole ; () ".
3. Selon l'article A1 du plan local d'urbanisme de la commune de Saint-Loubès : " Sont interdites les occupations et utilisations du sol autres que celles qui figurent à l'article A2. ". En vertu de l'article A2 : " () Dans la zone A et secteur Ac, sont admis, sous réserve de ne pas générer des nuisances pour le voisinage : () le changement de destination des bâtiments agricoles identifiés dans les documents graphiques du règlement, en application du 2° de l'article R. 123-12 (bâtiments présentant un intérêt architectural ou patrimonial). Ce changement de destination sera soumis à la règle de réciprocité (article L. 111-3 du code rural). ".
4. Il résulte des dispositions précitées du règlement du PLU que les auteurs du plan local d'urbanisme ont entendu limiter les changements de destination des constructions situées en zone agricole aux seuls bâtiments agricoles présentant une qualité patrimoniale et architecturale tels qu'identifiés sur le document graphique du règlement.
5. Il ressort des pièces du dossier que le terrain d'emprise du projet en litige se situe en zone A du plan local d'urbanisme de Saint-Loubès. Si le château a eu un usage viticole, la commune de Saint-Loubès et la pétitionnaire allèguent, sans que les pièces du dossier le contredisent, que cet usage agricole a cessé et que la construction est désormais à usage d'habitation. Or, le changement de destination d'habitation à bureau et commerce n'est pas au nombre de ceux que le règlement autorise en zone A. Ainsi, le préfet est fondé à soutenir que le permis de construire en litige méconnaît les dispositions de l'article A2 du plan local d'urbanisme.
6. Il résulte de tout ce qui précède que l'arrêté du 2 décembre 2021 du maire de la commune de Saint-Loubès doit être annulé. Pour l'application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, aucun autre moyen n'est de nature à entraîner l'annulation de l'acte en litige.
Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme :
7. Aux termes de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5-1, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable, estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice n'affectant qu'une partie du projet peut être régularisé, limite à cette partie la portée de l'annulation qu'il prononce et, le cas échéant, fixe le délai dans lequel le titulaire de l'autorisation pourra en demander la régularisation, même après l'achèvement des travaux. Le refus par le juge de faire droit à une demande d'annulation partielle est motivé. ". L'article L. 600-5-1 de ce code dispose que : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice entraînant l'illégalité de cet acte est susceptible d'être régularisé, sursoit à statuer, après avoir invité les parties à présenter leurs observations, jusqu'à l'expiration du délai qu'il fixe pour cette régularisation, même après l'achèvement des travaux. Si une mesure de régularisation est notifiée dans ce délai au juge, celui-ci statue après avoir invité les parties à présenter leurs observations. Le refus par le juge de faire droit à une demande de sursis à statuer est motivé. ".
8. Il résulte de ce qui précède que l'illégalité constatée au point 5 tiré de la méconnaissance de l'article A2 du plan local d'urbanisme tient aux occupations et utilisations des sols interdites par ces dispositions et n'est pas un vice susceptible de faire l'objet d'une mesure de régularisation en application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme. Le préfet de la Gironde est donc fondé à soutenir que l'arrêté du 2 décembre 2021 du maire de Saint-Loubès doit être annulé.
Sur les frais liés à l'instance :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative s'opposent à ce qu'il soit mis à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que demandent la SCI Les Dauphins et la commune de Saint-Loubès sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 2 décembre 2021 du maire de Saint-Loubès est annulé.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Saint-Loubès et la SCI Les Dauphins au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, à la commune de Saint-Loubès et à la SCI Les Dauphins.
Copie en sera adressée pour information au préfet de la Gironde.
Délibéré après l'audience du 20 mars 2024 à laquelle siégeaient :
Mme Cabanne, présidente,
M. Pinturault, premier conseiller,
M. Frézet, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 mars 2024.
La présidente-rapporteure,
C. CABANNE
L'assesseur le plus ancien,
M. PINTURAULT
La greffière,
M-A PRADAL
La République mande et ordonne au préfet de la Gironde ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026