LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsNos servicesBlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes. C'est gratuit, et vos coordonnées ne sont transmises qu'avec votre accord.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation entre particuliers et avocats. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Nos services
  • Trouver un avocat
  • Calculateurs juridiques
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Nos services
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA33-2204067

Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2204067

mardi 3 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2204067
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation6ème Chambre

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Bordeaux a annulé le permis de construire tacite délivré par le maire de Montaut à M. et Mme B pour une maison d'habitation en zone N de la carte communale. Le préfet de la Dordogne avait saisi le tribunal en excès de pouvoir, arguant que la construction n'était pas nécessaire à l'exploitation agricole des pétitionnaires et portait atteinte au paysage. Le tribunal a retenu le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 161-4 du code de l'urbanisme, estimant que les pétitionnaires n'avaient pas démontré la nécessité de leur présence permanente sur l'exploitation. La solution retenue est donc l'annulation du permis de construire.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par un déféré et un mémoire complémentaire, enregistrés les 26 juillet 2022 et 6 septembre 2022, le préfet de la Dordogne demande au tribunal d'annuler le permis délivré tacitement par le maire de Montaut le 21 févier 2022 à M. C et Mme A B pour la construction d'une maison d'habitation individuelle de plain-pied avec garage sur un terrain situé " Le Maladari ", lieudit Pièce Rouge, sur le territoire de cette commune.

Il soutient que la décision contestée méconnaît les dispositions de l'article L. 161-4 du code de l'urbanisme dès lors que la construction projetée, d'une part, n'est pas nécessaire à l'exploitation agricole des pétitionnaires, lesquels exercent une activité de culture céréalière et sont domiciliés sur une commune voisine et, d'autre part, porte atteinte à la qualité paysagère et patrimoniale du hameau.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 18 août et 27 octobre 2022, la commune de Montaut conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Par un mémoire en défense, enregistré le 23 août 2022, M. C et Mme A B concluent au rejet de la requête.

Ils font valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 15 avril 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 15 mai 2024.

Des pièces complémentaires ont été enregistrées le 14 novembre 2024 pour la commune de Montaut et n'ont pas été communiquées.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme,

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Passerieux, rapporteure,

- les conclusions de Mme Patard, rapporteure publique,

- les observations du maire de la commune de Montaut,

- et les observations de M. et Mme B.

Considérant ce qui suit :

1. Le 21 décembre 2021, M. et Mme B ont déposé une demande de permis de construire une maison d'habitation individuelle de plain-pied avec garage sur un terrain situé " Le Maladari ", lieudit Pièce Rouge à Montaut, parcelle cadastrée section B n° 114. Du silence gardé par le maire de la commune, les pétitionnaires sont devenus titulaires d'un permis de construire tacite le 21 février 2022. Cette décision a été transmise à la préfecture de la Dordogne le 10 juin 2022. Par le présent déféré, le préfet de la Dordogne demande l'annulation du permis de construire obtenu tacitement le 21 février 2022.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Aux termes de l'article 3.3 de la carte communale de Montaut, révisée et approuvée le 30 mars 2010, alors applicable, concernant les caractéristiques des terrains de la zone N : " L'ensemble des autres terrains, non constructibles, ou dans lesquels la constructibilité est limitée, conformément à l'article L. 124-2 du code de l'urbanisme, l'adaptation, le changement de destination, la réfection ou l'extension des constructions existantes ou des constructions et installations nécessaires à des équipements collectifs, à l'exploitation agricole ou forestière, et à la mise en valeur des ressources naturelles, constitue la zone N ". Aux termes de l'article L. 161-4 du code de l'urbanisme, dans sa rédaction applicable, qui reprend les dispositions de l'alinéa 2 de l'article L. 124-2 du même code : " I.- La carte communale délimite les secteurs où les constructions sont autorisées et les secteurs où les constructions ne sont pas admises, à l'exception : () 2° Des constructions et installations nécessaires : () b) A l'exploitation agricole ou forestière, à la transformation, au conditionnement et à la commercialisation des produits agricoles lorsque ces activités constituent le prolongement de l'acte de production ; / () Les constructions et installations mentionnées au 2° ne peuvent être autorisées que lorsqu'elles ne sont pas incompatibles avec l'exercice d'une activité agricole, pastorale ou forestière sur le terrain sur lequel elles sont implantées et qu'elles ne portent pas atteinte à la sauvegarde des espaces naturels ou des paysages () ".

3. En l'espèce, d'une part, il est constant que le terrain d'assiette du projet était, à la date de l'arrêté en litige, situé en zone N à constructibilité limitée de la carte de communale de Montaut. D'autre part, il est constant que M. et Mme B exploitent une activité de culture céréalière. Cependant, en faisant uniquement valoir qu'ils doivent surveiller leurs cultures ainsi que leurs bâtiments et matériels agricoles, les pétitionnaires n'établissent pas que leur présence permanente serait requise sur le lieu de leur exploitation. A cet égard, les circonstances que ces derniers seraient locataires de leur actuelle maison d'habitation, qu'ils rencontreraient des difficultés pour trouver un logement et que l'état de santé de Mme B justifierait la construction d'une maison de plain-pied adaptée à son handicap ne sont pas de nature à établir l'existence d'une telle nécessité. De même, la commune n'est pas fondée à se prévaloir de la circonstance qu'elle souhaiterait favoriser l'installation d'agriculteurs sur son territoire. Ainsi, il ne ressort pas des pièces du dossier que la construction de la maison d'habitation projetée, d'une superficie d'environ 170 m², serait nécessaire à l'exploitation agricole des pétitionnaires. Dans ces conditions, le préfet de la Dordogne est fondé à soutenir que le permis de construire obtenu tacitement le 21 février 2022 méconnaît les dispositions précitées.

4. Pour l'application des dispositions de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, aucun des autres moyens invoqués par le préfet n'apparaît susceptible, en l'état du dossier, de fonder l'annulation de la décision attaquée.

5. Il résulte de ce qui précède que le préfet de la Dordogne est fondé à demander l'annulation du permis de construire délivré tacitement par le maire de Montaut à M. et Mme B le 21 février 2022.

D E C I D E :

Article 1er : Le permis de construire délivré tacitement le 21 février 2022 par le maire de Montaut à M. et Mme B est annulé.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié au préfet de la Dordogne, à M. C et Mme A B et à la commune de Montaut.

Délibéré après l'audience du 19 novembre 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Brouard-Lucas, présidente,

M. Bourdarie, premier conseiller,

Mme Passerieux, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 décembre 2024.

La rapporteure,

C. PASSERIEUX

La présidente,

C. BROUARD-LUCAS

La greffière,

A. JAMEAU

La République mande et ordonne au préfet de la Dordogne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier

N°2204067

Décisions similaires

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798

03/08/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201

03/08/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562

03/08/2026

TA77Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484

03/08/2026

← Retour aux décisions