Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2204140

vendredi 29 juillet 2022

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2204140
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 28 juillet 2022, Mme B A doit être regardée comme demandant au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de la décision de la caisse d'allocations familiales de la Dordogne de suspendre le versement à son bénéfice du revenu de solidarité active et de l'aide personnalisée au logement jusqu'à la réception des documents qui lui ont été demandés.

Elle soutient qu'à la suite d'un contrôle effectué à son domicile par un agent de la caisse d'allocations familiales de la Dordogne, cet agent lui a transmis une liste de documents manquants à fournir, qu'elle a adressé à cet agent une partie de ces pièces par courrier électronique et lui a indiqué qu'elle serait en mesure de fournir les bulletins de salaire de son fils à compter du 15 juillet 2022, que ces pièces lui ont été adressées par courriels des 7 et 8 juillet 202, que cet agent lui demande de nouvelles pièces, qui ne figurent pas au nombre des documents demandés lors du contrôle, pour lever la suspension du versement de ses prestations et qu'elle se trouve en difficulté financière du fait de cette suspension.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Jaouën, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. D'une part, aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ". Toutefois, l'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

2. D'autre part, aux termes du second alinéa de l'article R. 522-1 du même code : " A peine d'irrecevabilité, les conclusions tendant à la suspension d'une décision administrative ou de certains de ses effets doivent être présentés par requête distincte de la requête à fin d'annulation ou de réformation et accompagnées d'une copie de cette dernière ".

3. Si la requérante ne précise pas le fondement de sa requête, elle doit être regardé comme demandant au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision de la caisse d'allocations familiales de la Dordogne de suspendre le versement à son bénéfice du revenu de solidarité active et de l'aide personnalisée au logement jusqu'à la réception des documents qui lui ont été demandés, révélée par les courriers électroniques joints à la requête.

4. Or, la recevabilité de telles conclusions est subordonnée à l'introduction, par ailleurs, d'une requête distincte à fin d'annulation de la décision dont la suspension est sollicitée. Mme A n'ayant pas saisi concomitamment le tribunal d'une telle requête, la présente requête est, dès lors, manifestement irrecevable et doit être rejetée en application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A.

Fait à Bordeaux, le 29 juillet 2022.

La juge des référés,

S. JAOUËN

La République mande et ordonne au préfet de la Dordogne en ce qui le concerne ou à

tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les

parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,