jeudi 27 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2204441 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP PIELBERG - KOLENC |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 12 août 2022, Mme A B, représentée par Me Moutier, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du groupement des instituts de formation en soins infirmiers (IFSI) de Bordeaux du 13 juin 2022 par laquelle il a rejeté sa demande d'admission ;
2°) d'enjoindre au groupement des IFSI de Bordeaux de l'admettre en formation de diplôme d'Etat infirmier, au centre de formation de Bordeaux ;
3°) de condamner le groupement des IFSI de Bordeaux aux dépens.
Elle soutient que :
- la décision est entachée d'un défaut de motivation, notamment en ce que la rédaction du courrier du 13 juin 2022 est stéréotypée ;
- elle a apporté la preuve qu'elle est particulièrement motivée pour la poursuite des études d'infirmière et l'activité professionnelle qui en résultera, la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 juin 2023, la directrice de l'institut de formation en soins infirmiers (IFSI) de Périgueux, représenté par la SCP KPL Avocats, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de la requérante une somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens invoqués par Mme B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'éducation ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- l'arrêté du 31 juillet 2009 relatif au diplôme d'Etat d'infirmier ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Fazi-Leblanc, première conseillère,
- les conclusions de M. Willem, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, titulaire du diplôme du baccalauréat professionnel " accompagnement soins et services à la personne " en 2021, a présenté sa candidature au titre de l'année 2022/2023, par l'intermédiaire de la plateforme " Parcoursup ", pour la formation sélective du diplôme d'Etat d'infirmier au sein du groupement des instituts en soins infirmiers de l'université de Bordeaux. Par une décision du 2 juin 2022, la directrice de l'institut de formation en soins infirmiers du centre hospitalier de Périgueux, au nom du groupement, a rejeté sa candidature. Par un courrier du 9 juin 2022, reçu le 13 juin suivant, Mme B a demandé la communication des motifs de cette décision ainsi qu'un changement de la décision prise. Par un courrier du 13 juin 2022, la directrice de l'IFSI de Périgueux lui a communiqué les motifs de son refus d'admission et a rejeté son recours gracieux. Mme B doit être regardée comme demandant au tribunal d'annuler la décision du 2 juin 2022, par laquelle la directrice de l'IFSI du centre hospitalier de Périgueux, au nom du groupement, a rejeté sa demande d'inscription en première année du diplôme d'Etat d'infirmier au titre de l'année universitaire 2022/2023 ainsi que la décision de rejet de son recours gracieux et d'enjoindre au groupement de l'admettre à un IFSI de Bordeaux.
2. D'une part, aux termes de l'article 3 de l'arrêté du 31 juillet 2009 relatif au diplôme d'Etat d'infirmier dans sa version applicable au litige : " I.-Pour les candidats visés au 1° de l'article 2, l'inscription des candidats admis est précédée de la procédure de préinscription prévue aux articles L. 612-3 et L. 612-3-2 du code de l'éducation et organisée selon les dispositions du chapitre II du titre Ier du livre VI du code de l'éducation. / Le nombre total de vœux d'inscription pour la formation en soins infirmier est limité à cinq par candidat. () IV- () La commission d'examen des vœux formée au sein du regroupement examine les dossiers selon les modalités définies aux articles D. 612-1-13 et D. 612-1-14 du code de l'éducation. / La commission d'examen des vœux ordonne les candidatures retenues. / Une réponse unique, par vœu ou par vœu multiple, est apportée aux candidats dans les délais prévus par l'article D. 612-1-2 du code de l'éducation. () "..
3. D'autre part, aux termes de l'article L. 612-3 du code de l'éducation, dans sa version applicable au litige : " I.- Le premier cycle est ouvert à tous les titulaires du baccalauréat et à ceux qui ont obtenu l'équivalence ou la dispense de ce grade en justifiant d'une qualification ou d'une expérience jugées suffisantes conformément au premier alinéa de l'article L. 613-5. (). / L'inscription dans une formation du premier cycle dispensée par un établissement public est précédée d'une procédure nationale de préinscription qui permet aux candidats de bénéficier d'un dispositif d'information et d'orientation qui, dans le prolongement de celui proposé au cours de la scolarité du second degré, est mis en place par les établissements d'enseignement supérieur. Au cours de cette procédure, les caractéristiques de chaque formation, y compris des formations professionnelles et des formations en apprentissage, et les statistiques prévues à l'article L. 612-1 sont portées à la connaissance des candidats ; ces caractéristiques font l'objet d'un cadrage national fixé par arrêté du ministre chargé de l'enseignement supérieur. L'inscription est prononcée par le président ou le directeur de l'établissement ou, dans les cas prévus aux VIII et IX du présent article, par l'autorité académique. / (). / Afin de garantir la nécessaire protection du secret des délibérations des équipes pédagogiques chargées de l'examen des candidatures présentées dans le cadre de la procédure nationale de préinscription prévue au même deuxième alinéa, les obligations résultant des articles L. 311-3-1 et L. 312-1-3 du code des relations entre le public et l'administration sont réputées satisfaites dès lors que les candidats sont informés de la possibilité d'obtenir, s'ils en font la demande, la communication des informations relatives aux critères et modalités d'examen de leurs candidatures ainsi que des motifs pédagogiques qui justifient la décision prise. () VI.-Une sélection peut être opérée, selon des modalités fixées par le ministre chargé de l'enseignement supérieur, pour l'accès aux sections de techniciens supérieurs, instituts, écoles et préparations à celles-ci, grands établissements au sens du chapitre VII du titre Ier du livre VII de la troisième partie et tous établissements où l'admission est subordonnée à un concours national ou à un concours de recrutement de la fonction publique, ainsi que pour l'accès aux formations de l'enseignement supérieur dispensées dans les lycées, aux cycles préparatoires intégrés, aux formations préparant au diplôme de comptabilité et de gestion ou aux diplômes d'études universitaires scientifiques et techniques, aux formations préparant à la licence professionnelle et aux formations de l'enseignement supérieur conduisant à la délivrance d'un double diplôme. / () ". Aux termes de l'article D. 612-1-14 du même code : " I.-Les candidats reçoivent, via la plateforme Parcoursup, le résultat de l'examen de leurs vœux d'inscription dans chaque formation, sélective ou non sélective. / () / Lorsque la formation demandée est sélective, la décision du chef d'établissement dispensant cette formation peut être négative.() VIII.-Au terme de la phase principale de la procédure nationale de préinscription, les candidats qui n'ont pas reçu de proposition d'admission dans une formation qu'ils ont sollicitée sont informés qu'il n'a pu être donné une suite favorable à leur candidature compte tenu du nombre de places disponibles dans la formation et de leur rang de classement parmi les candidats retenus conformément au I du présent article. Ces décisions sont notifiées aux candidats par les chefs des établissements concernés, par voie électronique, via la plateforme Parcoursup. /Les informations relatives aux critères et modalités d'examen de leur candidature ainsi que les motifs pédagogiques qui justifient la décision prise sont communiqués par le chef d'établissement aux candidats qui lui en font la demande dans le délai d'un mois qui suit la notification de la décision de refus. ".
4. En premier lieu, le courrier du 13 juin 2022, par lequel la directrice de l'IFSI de Périgueux, mandatée au nom du groupement, répond notamment à la demande de communication des motifs de sa décision de rejet d'admission vise les article L. 612-3, D. 612-1-13 et D. 612-1-14 du code de l'éducation. Elle explique que la commission d'examen des vœux chargée de l'examen des candidatures s'est réunie le 19 mai 2022, qu'elle a examiné l'ensemble des candidatures afin d'établir un classement compte tenu des attendus de la formation et des critères généraux qui ont été portés à sa connaissance par l'intermédiaire de la plateforme Parcoursup dès décembre 2021 et elle rappelle ces critères. Ensuite, elle indique que le dossier de Mme B répondait " partiellement aux critères attendus étant relevé que ses notes étaient d'un niveau inférieur à celles des dossiers retenus et votre projet de formation mérite d'être étayé en explicitant vos connaissances et votre vision du métier d'infirmier ainsi que ce que vous connaissez pour la formation ". Dans ces conditions, la décision du 13 juin 2022 explicite suffisamment les motifs de refus d'admission de Mme B à la formation et sa rédaction n'est pas stéréotypée. Par suite, le moyen tenant au défaut de motivation doit être écarté.
5. En second lieu, Mme B qui fait valoir sa motivation, sa formation et son expérience, doit être regardée comme mettant en cause l'appréciation de son dossier faite par la commission. Ainsi, la requérante soutient qu'elle apporte la preuve qu'elle est particulièrement motivée pour la poursuite des études d'infirmière et l'activité professionnelle qui en résultera, d'autant que sa mère est aide-soignante au centre hospitalier de Pau et qu'elle la voit exercer au quotidien. Elle met en avant son parcours, notamment son baccalauréat professionnel, spécialité " accompagnement soins et services à la personne " qui témoigne de ce qu'elle manifestait déjà son intérêt pour cette filière, son obtention aux diplômes PSE1 et PSE2 de premiers secours en 2021, le fait qu'elle ait suivi une préparation santé en soins infirmiers auprès d'un institut privé spécialisé au sein duquel elle a justifié de notes satisfaisantes avec une moyenne au second semestre de 15,17, les stages pratiques qu'elle a effectués dans le cadre de sa formation à l'occasion desquels elle a recueilli des appréciations très positives dont elle justifie et, enfin, de ce qu'elle effectue régulièrement des missions de secouriste bénévole. Toutefois, si les éléments que fait valoir l'intéressée sont exacts, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'elle aurait exposé dans son dossier de candidature ses connaissances et sa vision du métier d'infirmier ni ses connaissances sur la formation ainsi que le fait valoir la directrice de l'IFSI de Périgueux en défense. Il ne ressort pas de ces éléments ni d'aucune autre pièce du dossier que le rejet de la candidature de Mme B se serait fondé sur d'autres motifs que ceux de ses mérites. Par ailleurs, la directrice de l'institut de formation en soins infirmiers du centre hospitalier de Périgueux expose en défense que la formation a été destinataire de 10 065 candidatures pour 1 278 places disponibles. Dans ces conditions, Mme B n'est pas fondée à soutenir que la décision attaquée serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation
6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme B doivent être rejetées. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction doivent aussi être rejetées, de même que ses conclusions tendant au versement par l'Etat d'une somme d'argent sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
7. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de Mme B la somme demandée par la directrice de l'IFSI de Périgueux sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de l'institut de formation en soins infirmiers du centre hospitalier de Périgueux présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à la directrice de l'institut de formation en soins infirmiers du centre hospitalier de Périgueux.
Délibéré après l'audience du 6 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. Ferrari, président,
Mme C et Mme Fazi-Leblanc, premières conseillères,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 juin 2024.
La rapporteure,
S. FAZI-LEBLANC
Le président,
D. FERRARILa greffière,
E. SOURIS
La République mande et ordonne à la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche en ce qui la concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026