LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA33-2204463

Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2204463

jeudi 27 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2204463
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation3ème Chambre
Avocat requérantFERRER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés le 13 août 2022, le 7 juin 2023 et le 3 juin 2024, ce dernier n'ayant pas été communiqué, M. A B, représenté par Me Dutrech, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 19 mai 2022 de la section disciplinaire du centre de formation au travail sanitaire et social de la fondation John Bost de Bergerac (Dordogne) qui lui a été notifiée par le directeur dudit centre le 23 mai 2022, l'excluant de la formation d'aide-soignant pour une durée de cinq ans, ainsi que la décision de rejet de son recours gracieux notifiée le 16 juin 2022 par la présidente de la section compétente pour le traitement des situations disciplinaires ;

2°) d'enjoindre au directeur du centre de formation au travail sanitaire et social de la fondation John Bost de le réintégrer au sein de la formation d'aide-soignant sous astreinte de 70 euros par jour de retard ;

3°) de condamner le centre de formation au travail sanitaire et social de la fondation John Bost à l'indemniser d'une somme de 2 000 euros en raison des préjudices moral et financier qu'il a subis, somme augmentée des intérêts moratoires à compter de la demande préalable ;

4°) de mettre à la charge de la fondation John Bost une somme de 1 800 euros au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- la décision est entachée de vices de procédure, notamment il n'a pas eu d'entretien préalable avec le directeur du centre en méconnaissance des dispositions de l'article 57 de l'arrêté du 10 juin 2021 et le délai écoulé entre le courrier de convocation et la réunion de la section disciplinaire était inférieur à quinze jours en méconnaissance du même article ;

- la décision de la section disciplinaire ne mentionne pas les faits reprochés ;

- la sanction qui lui a été infligée est disproportionnée ;

- il a droit à être indemnisé des préjudices moral et financier qu'il a subis : contrairement à ce qu'indique la fondation John Bost il a formulé une demande préalable dans son recours gracieux et il demande à être indemnisé à hauteur d'une somme de 2 000 euros.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 29 mars 2023 et le 7 mai 2024, le centre de formation au travail sanitaire et social de la fondation John Bost conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- les conclusions indemnitaires sont irrecevables en l'absence de demande préalable ;

- les moyens ne sont pas fondés.

M. B a été admis à l'aide juridictionnelle à un taux de 55% par une décision du bureau d'aide juridictionnelle de Bordeaux du 10 janvier 2023.

En application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, par un courrier du 3 juin 2024, le tribunal a informé les parties qu'il était susceptible de relever d'office le moyen tiré de l'incompétence de la juridiction administrative pour connaître des conclusions dirigées contre une décision prise par une personne privée qui, bien que participant à un service public administratif, ne constitue pas l'exercice de prérogatives de puissance publique.

Une réponse a été enregistrée le 4 juin 2024 pour M. B, par laquelle il soutient que la fondation John Bost dont dépend le centre de formation au travail sanitaire et social de Bergerac participe au service public de l'enseignement supérieur et qu'en cela, les mesures disciplinaires prises en application de son règlement intérieur sont des décisions administratives dont il appartient au juge administratif de connaître même en présence d'un établissement privé. Elle ajoute qu'en outre, le centre de formation au travail sanitaire et social dispose des prérogatives organisées par l'Etat. Sa réponse a été communiquée le même jour au centre de formation au travail sanitaire et social de la fondation John Bost.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la santé publique ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- l'arrêté du 21 avril 2007 relatif aux conditions de fonctionnement des instituts de formation paramédicaux modifié par l'arrêté du 17 avril 2018 ;

- l'arrêté du 10 juin 2021 relatif à la formation conduisant au diplôme d'Etat d'aide-soignant et portant diverses dispositions relatives aux modalités de fonctionnement des instituts de formation paramédicaux ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Fazi-Leblanc, première conseillère,

- les conclusions de M. Willem, rapporteur public,

- les observations de M. B,

- les observations de Me Ferrer, représentant la fondation John Bost.

Considérant ce qui suit :

1. M. B a été admis au sein de l'institut de formation des aides-soignants du centre de formation aux métiers de la santé et du social de la fondation John Bost de Bergerac (Dordogne) pour suivre la formation 2021/ 2022. A l'issue de l'évaluation du module 7 de la formation, le 14 avril 2022, il a tenu des propos et a eu un comportement jugés déplacés par le directeur de l'institut de formation des aides-soignants qui a décidé de présenter les faits devant la section compétente pour les situations disciplinaires. Le 25 avril 2022, le directeur de l'institut a pris la décision de suspendre M. B. Celui-ci a été convoqué devant la section compétente pour les situations disciplinaires par un courrier du 6 mai 2022 et la séance s'est tenue le 19 mai 2022. Le compte-rendu de la séance et la décision de la section compétente pour les situations disciplinaires lui ont été adressés respectivement le 20 mai 2022 et le 23 mai 2022, celle-ci prononçant à son encontre la sanction la plus forte, soit une exclusion temporaire d'une durée de cinq ans. M. B a formé un recours gracieux contre cette décision le 31 mai 2022. La présidente de la section disciplinaire a réuni ses membres le 16 juin 2022 et elle a notifié le même jour à M. B la décision de rejet de son recours gracieux. M. B demande au tribunal d'annuler la décision d'exclusion de la formation d'une durée de cinq ans, ainsi que la décision de rejet de son recours gracieux, d'être réintégré au sein de la formation et d'être indemnisé des préjudice moral et financier qu'il estime avoir subis.

2. Aux termes de l'article L. 4383-1 du code de la santé publique : " L'Etat fixe les conditions d'accès aux formations des professionnels mentionnés aux titres Ier à VII du présent livre des aides-soignants, des auxiliaires de puériculture, des ambulanciers et des cadres de santé. Il détermine les programmes de formation, l'organisation des études, les modalités d'évaluation des étudiants ou élèves. Il délivre les diplômes. Le directeur général de l'agence régionale de santé contrôle le suivi des programmes et la qualité de la formation. Le directeur général de l'agence régionale de santé contrôle également les établissements de formation agréés en application de l'article 75 de la loi n° 2002-303 du 4 mars 2002 relative aux droits des malades et à la qualité du système de santé. Ces établissements sont soumis au contrôle de l'inspection générale des affaires sociales. Les agréments peuvent être retirés en cas de non-respect des dispositions réglementaires régissant le suivi des programmes et la qualité de la formation, et d'incapacité ou de faute grave des dirigeants de ces établissements. ". Aux termes de l'article L. 4383-3 du même code : " La création des instituts ou écoles de formation des professionnels mentionnés aux titres Ier à VII du présent livre, des aides-soignants, des auxiliaires de puériculture, des ambulanciers et des cadres de santé fait l'objet d'une autorisation délivrée par le président du conseil régional, après avis du directeur général de l'agence régionale de santé. Les instituts ou écoles autorisés par le président du conseil régional à dispenser une formation paramédicale initiale ou une formation continue pour les demandeurs d'emplois participent au service public régional de la formation professionnelle. Le président du conseil régional agrée, après avis du directeur général de l'agence régionale de santé, les directeurs des instituts ou écoles de formation mentionnés au premier alinéa. Les autorisations et agréments mentionnés au présent article peuvent être retirés en cas de non-respect des dispositions législatives ou réglementaires régissant l'organisation des formations et d'incapacité ou de faute grave des dirigeants de ces instituts ou écoles (). " ;

3. Si le centre de formation au travail sanitaire et social de Bergerac de la fondation John Bost, qui prépare ses élèves à l'exercice de professions de santé dans le cadre des dispositions précitées du code de la santé publique, remplit une mission de service public, les décisions qu'il prend n'ont le caractère d'actes administratifs susceptibles d'être contestés devant la juridiction administrative que dans la mesure où elles procèdent de l'exercice d'une prérogative de puissance publique conférée à cette personne privée. Les mesures à caractère disciplinaire prises par son directeur à l'égard des élèves ne procèdent pas de l'exercice de prérogatives de puissance publique. En particulier, une sanction d'exclusion de la formation, qui ne fait pas obstacle à ce que l'élève s'inscrive dans un autre établissement, a seulement le caractère d'une mesure d'ordre interne à cet établissement privé, dont la contestation relève du seul juge judiciaire. Dès lors, le litige soulevé par la demande de M. B, qui ne peut à cet égard utilement se prévaloir ni des dispositions de l'arrêté du 10 juin 2021, ni du règlement intérieur de l'établissement, n'est pas au nombre de ceux dont il appartient à la juridiction administrative de connaître. Par suite, les conclusions de M. B tendant à l'annulation de la décision d'exclusion du centre de formation au travail sanitaire et social de Bergerac de la fondation John Bost doivent être rejetées comme étant portées devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaitre

4. Il en va de même de sa demande tendant à la condamnation du centre de formation de la fondation John Bost de lui payer une indemnité en réparation des préjudices qu'il aurait subis à l'occasion de son exclusion de la formation pour une durée de cinq ans, ainsi que de ses conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative qui doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée comme étant portée devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au centre de formation au travail sanitaire et social de la fondation John Bost.

Délibéré après l'audience du 6 juin 2024, à laquelle siégeaient :

M. Ferrari, président,

Mme C et Mme Fazi-Leblanc, premières conseillères,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 juin 2024.

La rapporteure,

S. FAZI-LEBLANC

Le président,

D. FERRARILa greffière,

E. SOURIS

La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

la greffière

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions