mardi 11 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2204564 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | PRAXIOME BORDEAUX |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 22 août 2022 et le 1er juin 2023, M. B A doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler pour excès de pouvoir le certificat d'urbanisme pré-opérationnel négatif du 21 juillet 2022 par lequel le maire de la commune de Prigonrieux a estimé que la construction d'une maison d'habitation sur la parcelle cadastrée ZK n° 63 n'était pas possible.
Il soutient que :
- le public n'a pas été consulté préalablement à l'établissement du classement des parcelles dans le cadre de l'élaboration du PLUi ;
- le classement de sa parcelle en zone agricole est erroné ;
- le certificat est entaché d'une erreur d'appréciation car sa parcelle est constructible, en zone non inondable et non agricole.
Par deux mémoires en défense enregistrés le 27 avril 2023 et le 19 septembre 2024, ce dernier n'ayant pas été communiqué, la commune de Prigonrieux, représentée par Me Bach, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge de M. A.
Il fait valoir que :
- à titre principal, la requête est irrecevable car l'acte attaqué n'est pas produit, la requête est tardive et elle est dépourvue de moyens et de conclusions ;
- à titre subsidiaire, les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Bourdarie,
- les conclusions de Mme Patard, rapporteure publique,
- les observations de M. A,
- et les observations de Me Bach représentant la commune de Prigonrieux.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A a déposé une demande de certificat d'urbanisme pré-opérationnel le 30 juin 2022 à la mairie de la commune de Prigonrieux pour la construction d'une maison d'habitation sur la parcelle cadastrée ZK n° 63 sise chemin de Gravillac à Prigonrieux (Dordogne). Par une décision du 21 juillet 2023, le maire a délivré un certificat d'urbanisme pré-opérationnel négatif dont M. A demande l'annulation.
Sur les conclusions en annulation :
2. En premier lieu, aux termes du premier alinéa de l'article L. 600-1 du code de l'urbanisme : " L'illégalité pour vice de forme ou de procédure d'un schéma de cohérence territoriale, d'un plan local d'urbanisme, d'une carte communale ou d'un document d'urbanisme en tenant lieu ne peut être invoquée par voie d'exception, après l'expiration d'un délai de six mois à compter de la prise d'effet du document en cause ".
3. Il ressort des pièces du dossier que le PLUi applicable sur le territoire de la commune de Prigonrieux a été approuvé par délibération du 13 janvier 2020 devenue exécutoire le 17 janvier suivant. Par suite, par sa requête enregistrée le 22 août 2022, M. A n'est pas fondé à exciper de l'illégalité du PLUi pour vice de procédure. En tout état de cause, il ressort des documents d'urbanisme librement accessibles sur le site internet de la communauté d'agglomération bergeracoise que le PLUi approuvé en 2020 a été précédé d'une enquête publique qui s'est déroulée du 23 septembre au 24 octobre 2019.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 151-22 du code de l'urbanisme : " Les zones agricoles sont dites " zones A ". Peuvent être classés en zone agricole les secteurs de la commune, équipés ou non, à protéger en raison du potentiel agronomique, biologique ou économique des terres agricoles ".
5. Il appartient aux auteurs d'un plan local d'urbanisme de déterminer le parti d'aménagement à retenir, en tenant compte de la situation existante et des perspectives d'avenir, et de fixer en conséquence le zonage et les possibilités de construction. S'ils ne sont pas liés, pour déterminer l'affectation future des différents secteurs, par les modalités existantes d'utilisation des sols, dont ils peuvent prévoir la modification dans l'intérêt de l'urbanisme, leur appréciation peut cependant être censurée par le juge administratif au cas où elle serait entachée d'une erreur manifeste ou fondée sur des faits matériellement inexacts.
6. Il résulte des dispositions de l'article R. 151-22 du code de l'urbanisme qu'une zone agricole, dite " zone A ", du plan local d'urbanisme a vocation à couvrir, en cohérence avec les orientations générales et les objectifs du projet d'aménagement et de développement durables, un secteur, équipé ou non, à protéger en raison du potentiel agronomique, biologique ou économique des terres agricoles.
7. Il ressort des pièces du dossier que le PLUi de la communauté d'agglomération bergeracoise approuvé en 2020 classe la parcelle ZK n° 63 de M. A en zone agricole où toute construction à usage d'habitation est interdite exceptées celles occupées par l'exploitant agricole dont la présence est nécessaire à l'exploitation agricole. La parcelle du requérant n'est pas bâtie, est recouverte de végétation et s'ouvre sur un vaste espace de prairies, champs et forêts. S'il existe des parcelles proches construites, celles-ci sont également situées en zone agricole. Dans ces conditions, la circonstance que cette parcelle aurait été précédemment constructible n'est pas nature à établir que son classement en zone agricole opéré par les auteurs du PLUi est manifestement erroné dès lors qu'elle s'insère dans une zone agricole et eu égard au potentiel agronomique, biologique ou économique de la zone dans laquelle elle s'insère.
8. En troisième et dernier lieu, les circonstances que la parcelle n'est pas inondable et que sa superficie serait insuffisante pour y exploiter une activité agricole sont sans incidence sur la légalité du certificat d'urbanisme pré-opérationnel négatif, qui n'est pas entaché d'erreur d'appréciation.
9. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les fins de non-recevoir, que les conclusions en annulation dirigées contre le certificat d'urbanisme du 21 juillet 2022 ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les conclusions relatives aux frais d'instance :
10. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".
11. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. A une somme de 1 500 euros à verser à la commune de Prigonrieux sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : M. A versera une somme de 1 500 euros à la commune de Prigonrieux sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la commune de Prigonrieux.
Délibéré après l'audience du 28 janvier 2025, à laquelle siégeaient :
Mme Brouard-Lucas, présidente,
M. Bourdarie, premier conseiller,
Mme Caste, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 février 2025.
Le rapporteur,
H. BOURDARIE
La présidente,
C. BROUARD-LUCASLe greffier,
A. PONTACQ
La République mande et ordonne à la préfète de la Dordogne, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026