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AccueilJurisprudence administrativeN° TA33-2204569

Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2204569

mercredi 7 mai 2025

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2204569
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation2ème Chambre
Avocat requérantMAGINOT

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Bordeaux a rejeté la requête de M. et Mme F, voisins, qui demandaient l’annulation d’un permis de construire délivré le 4 mars 2022 par le maire de Bordeaux à M. B et Mme C pour une maison, un garage et une piscine. Le tribunal a écarté le moyen d’incompétence, la délégation de signature étant régulière, et a jugé que le projet ne constituait pas un lotissement nécessitant un permis d’aménager, faute de division en propriété ou en jouissance. Les autres moyens, notamment tirés de l’insuffisance du dossier et de la méconnaissance du PLUi et de l’article R. 111-2 du code de l’urbanisme, ont été rejetés. La solution retenue est le rejet de la requête, sans application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 23 août 2022, Mme E F et M. A F, représentés par Me Maginot, demandent au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 4 mars 2022 par lequel le maire de la commune de Bordeaux a accordé à M. D B et Mme G C un permis de construire une maison, un garage et une piscine sur un terrain situé 5 rue François Le Gallais ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Bordeaux, de M. B et de Mme C une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- le permis de construire est entaché d'incompétence ;

- le permis de construire aurait dû être précédé d'un permis d'aménager, le projet emportant une division en jouissance du terrain ;

- le dossier de demande de permis de construire est insuffisant ;

- le permis de construire méconnaît les articles 1.3.4.3 du règlement de la zone UM 34 du plan local d'urbanisme intercommunal (PLUi) de Bordeaux Métropole et R. 111-2 du code de l'urbanisme ;

- le permis de construire méconnaît l'article 1.4.1 du règlement de la zone UM 34 du PLUi de Bordeaux Métropole ;

- le permis de construire méconnaît l'article 1.4.2 du règlement de la zone UM 34 du PLUi de Bordeaux Métropole ;

- le permis de construire méconnaît l'article 2.2 du règlement de la zone UM 34 du PLUi de Bordeaux Métropole ;

- le permis de construire méconnaît les articles 3.3.2 du règlement de la zone UM 34 du PLUi de Bordeaux Métropole et R. 111-2 du code de l'urbanisme.

Par un mémoire en défense, enregistré le 28 janvier 2023, la commune de Bordeaux, représentée par Me Tanon Lopes, conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge des requérants une somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la requête est irrecevable à défaut d'intérêt pour agir des requérants au sens de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme

- les moyens ne sont pas fondés.

Par un mémoire, enregistré le 17 octobre 2022, Mme G C et M. D B, représentés par Me Rivière, concluent au rejet de la requête, à la suppression d'un passage injurieux et à la mise à la charge des requérants une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Cabanne,

- les conclusions de M. Frézet, rapporteur public,

- et les observations de Me Maginot, représentant M. et Mme F, et H, représentant la commune de Bordeaux.

Considérant ce qui suit :

1. Par arrêté du 4 mars 2022, le maire de la commune de Bordeaux a accordé à M. B et Mme C un permis de construire une maison d'habitation, avec garage et piscine, sur un terrain déjà occupé par une maison existante situé 5 rue François Le Gallais. M. et Mme F, voisins immédiats du projet, en demandent l'annulation.

Sur les conclusions en annulation :

2. Il ressort des pièces du dossier que par un arrêté du 19 janvier 2022, le maire de Bordeaux a consenti une délégation de signature à M. Stéphane Gomot, conseiller municipal délégué auprès de l'adjoint au maire, pour les droits des sols et la préservation du paysage urbain, à l'effet notamment de se prononcer sur les permis de démolir et permis de construire. Il ressort également des pièces du dossier que cet arrêté a été transmis à la préfecture de la Gironde qui l'a reçu le 28 janvier 2022. L'article 8 de cet arrêté prévoit son affichage au siège de la ville de Bordeaux et l'article 9 qu'il fera l'objet d'une insertion dans le recueil des actes administratifs de la ville de Bordeaux. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte doit être écarté.

3. Aux termes de l'article L. 442-1 du code de l'urbanisme : " Constitue un lotissement la division en propriété ou en jouissance d'une unité foncière ou de plusieurs unités foncières contiguës ayant pour objet de créer un ou plusieurs lots destinés à être bâtis ".

4. Il ressort des pièces du dossier que le projet en litige a pour objet, outre la démolition de la piscine, du pool-house et du garage, la construction une maison individuelle d'habitation sur une partie de la parcelle cadastrée IP 118 qui supporte déjà une construction. Toutefois, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'antérieurement au dépôt de la demande de permis de construire, les pétitionnaires propriétaires de la parcelle, auraient procédé à une division en propriété ou en jouissance de celle-ci, laquelle ne saurait, notamment, se déduire de la seule emprise au sol de la construction. Si les maisons seront séparées par des haies végétatives et disposeront d'accès piétons distincts, ces circonstances ne caractérisent pas une division en jouissance de la propriété foncière au sens de l'article L. 442-1 du code de l'urbanisme, alors que les maisons existante et à créer demeureront la propriété exclusive des pétitionnaires. Ainsi, le permis de construire n'avait pas à être précédé d'une autorisation de lotissement. Il s'ensuit que le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 442-1 du code de l'urbanisme doit être écarté.

5. Aux termes de l'article R. 431-6 du code de l'urbanisme : " Lorsque le terrain d'assiette comporte des constructions, la demande précise leur destination, par référence aux différentes destinations et sous-destinations définies aux articles R. 151-27 et R. 151-28, leur surface de plancher et indique si ces constructions sont destinées à être maintenues et si leur destination ou sous-destination est modifiée par le projet. "

6. Contrairement à ce qui est soutenu, la notice et le plan de masse font apparaître la destination de la construction existante, laquelle est une maison d'habitation, et sa surface de plancher, qui est de 193,8 m².

7. Aux termes de l'article R. 431-9 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend également un plan de masse des constructions à édifier ou à modifier coté dans les trois dimensions. Ce plan de masse fait apparaître les travaux extérieurs aux constructions, les plantations maintenues, supprimées ou créées et, le cas échéant, les constructions existantes dont le maintien est prévu. Il indique également, le cas échéant, les modalités selon lesquelles les bâtiments ou ouvrages seront raccordés aux réseaux publics ou, à défaut d'équipements publics, les équipements privés prévus, notamment pour l'alimentation en eau et l'assainissement. () "

8. De même, le plan état des lieux et le plan de masse du dossier de demande répondent aux exigences de l'article R. 431-9 précité du code de l'urbanisme.

9. Pour les motifs exposés au point 4, le projet en litige n'étant pas constitutif d'un lotissement, les pétitionnaires n'avaient pas à joindre au dossier l'accord du lotisseur prévu par l'article R. 431-22-1 du code de l'urbanisme, le plan de division et le projet de constitution d'une association syndicale mentionnés par l'article R. 431-24 du code de l'urbanisme ou le certificat prévu par le quatrième alinéa de l'article R. 442-18 du code de l'urbanisme.

10. Aux termes de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend une notice précisant : () f) l'organisation et l'aménagement des accès du terrain, aux constructions et aux aires de stationnement. "

11. Les pièces du dossier de demande indiquent que la maison d'habitation existante comporte une place de stationnement. A supposer que cette mention soit erronée au regard des dispositions du PLUi de Bordeaux Métropole, cette circonstance n'est pas suffisante pour caractériser une fraude. Le moyen doit être écarté.

12. Aux termes de l'article 1.3.4.3 de la zone UM 34 du PLUi de Bordeaux Métropole : " A l'exception des constructions à usage agricole dans le cas de constructions neuves comme d'extension, le projet devra préciser comment sont gérées les eaux de ruissellement de surface. La cote des accès du rez-de-chaussée ou de la dalle finie devra être au minimum à 15 cm au-dessus : - de la cote fil d'eau du caniveau (ou assimilé) pour les bâtiments implantés à l'alignement ; - du terrain aménagé ou des points bas du terrain situés à proximité pour les bâtiments implantés en recul, en second rang ou au-delà. () ".

13. Il ressort des pièces du dossier, et notamment des plans de coupe, que l'accès au rez-de-chaussée est situé 20 cm au-dessus du terrain aménagé. Il s'ensuit que le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 1.3.4.3 de la zone UM 34 du PLUi de Bordeaux Métropole doit être écarté. Pour les mêmes motifs, en l'absence de risque caractérisé pour la sécurité publique, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation des dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme doit être écarté.

14. Aux termes de l'article 1.4.1 du PLUi de Bordeaux Métropole : " 1.4.1. Modalités qualitatives de réalisation des places de stationnement Les places de stationnement doivent être mises en œuvre pour des conditions normales de fonctionnement et dans le respect de la réglementation en vigueur. () 1.4.1.2 Modalités de calcul des places de stationnement Règle générale Le calcul du nombre de places de stationnement est réalisé au regard des destinations et des normes indiquées au "1.4.1.3. Normes de stationnement". () - Modalités pour les opérations ou parties d'opérations comprenant plusieurs constructions et / ou types de destinations : Si une opération d'aménagement ou de construction comporte plusieurs destinations au sens du présent règlement, celle-ci doit satisfaire aux règles fixées pour chacune de ces destinations au prorata des normes applicables à chacune d'elles. Cependant, les normes précitées peuvent être réduites de 20 % maximum si les places de stationnement correspondent à des occupations non concomitantes. Le nombre de places à réaliser doit néanmoins être au moins égal à celui correspondant à la destination générant le plus de places de stationnement parmi les destinations concernées. Dans tous les cas, cette mutualisation des places de stationnement est appréciée en tenant compte de la nature des destinations concernées par l'opération, du taux et du rythme de fréquentation, de la situation géographique au regard de l'offre de stationnement accessible existant à proximité. - Modalités pour les constructions existantes avant l'approbation du PLU 3.1 et les changements de destination : De manière générale, les normes de stationnement ne sont pas applicables si l'augmentation de la surface de plancher après travaux n'excède pas 40 m². Dès lors que les normes s'appliquent, elles le sont sur la seule surface de plancher créée, déduction faite de 40 m². De plus, pour les constructions à destination d'habitation dont la surface de plancher existante avant travaux est inférieure ou égale à 130 m², sans création de nouveau logement, les normes de stationnement ne sont pas applicables si la surface de plancher après travaux est inférieure ou égale à 170 m². Quelle que soit la surface de plancher créée, sans changement de destination, dès lors qu'une aire de stationnement existante est supprimée, il n'est pas fait obligation de la reconstituer sur le terrain d'assiette de la construction existante. Toutefois, cette disposition peut être refusée si le report du stationnement sur les voies ou le domaine public présente un risque pour la sécurité des usagers de ces espaces. Cette sécurité est appréciée compte tenu, notamment, de leur configuration, de la nature et de l'intensité du trafic. Lorsque les travaux concernent une construction existante bénéficiant déjà d'une offre de stationnement, le nombre de places à réaliser est diminué du nombre de places existantes conservées à l'issue de l'opération. Toute réalisation de nouveau logement, y compris sans création de surface de plancher, engendre l'application des normes indiquées au "1.4.1.3. Normes de stationnement", à l'exception des logements locatifs sociaux faisant l'objet d'un prêt aidé de l'Etat. () Lorsque les travaux concernent une construction existante bénéficiant déjà d'une offre de stationnement, le nombre de places à réaliser est diminué du nombre de places existantes conservées à l'issue de l'opération. Le nombre de places exigées lors de travaux sur une construction existante ne peut être supérieur à celui demandé pour une construction neuve de même surface et de même destination. Conditions particulières relatives à la diversité sociale, à l'habitat et au logement : Pour les constructions à destination d'habitation, le nombre minimum de places de stationnement se calcule conformément aux normes indiquées au "1.4.1.3. Normes de stationnement". Pour chaque secteur la surface de plancher créée doit être divisée par la norme correspondante. En secteur 3, 4 et 5, ce résultat doit être rapporté au nombre de logements réalisés. Dès lors qu'il est compris entre 1 et 2, il en est fait application. Si ce rapport est inférieur à 1, le nombre minimum de places de stationnement correspond au nombre de logements réalisés. Dès lors qu'il excède 2, le nombre minimum de places réalisées correspond à deux fois le nombre de logements réalisés () Nonobstant toute disposition du présent règlement, dès lors que des logements se situent à moins de 500 m d'une gare ou d'une station de transport public guidé ou de transport collectif en site propre, et que la qualité de desserte le permet, le nombre de places de stationnement exigibles ne peut dépasser : - 0,5 place par logement pour la construction de logements financés avec un prêt aidé de l'Etat, d'établissements assurant l'hébergement des personnes âgées et de résidences universitaires ; - 1 place par logement pour les autres catégories de logements. ". Selon le tableau contenu l'article 1.4.1.3, pour les habitations en secteur 3, est exigé une place minimum pour 65 m² de surface plancher sans que le nombre minimum de places imposé pour le total de l'opération soit inférieur à une place par logement et supérieur à deux places par logement.

15. Selon les requérants, compte tenu de la surface de plancher de la maison existante et de la maison nouvelle, le projet situé en secteur 3 nécessiterait la présence de quatre places de stationnement tandis que le plan de masse n'en dévoile que trois. Cependant, et d'une part, bien que la nouvelle maison à édifier ait une surface plancher de 178,4 m², le projet en cause ne crée qu'un seul logement et n'emporte aucuns travaux sur la maison existante. D'autre part, et en tout état de cause, le terrain d'emprise est situé à moins de 500 mètres de la station de tramway " Saint Augustin ". Ainsi, seules deux places de stationnement sont exigées. Les requérants soutiennent également que les places constituées en enfilade ne permettront pas des conditions normales de fonctionnement. Les pétitionnaires font valoir, sans être utilement contredits, que la maison existante et la maison nouvelle appartiendront aux membres d'une même famille, de sorte qu'il n'est pas établi que cette configuration ne permettrait pas le stationnement effectif des véhicules. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions citées au point précédent doit être écarté.

16. Aux termes de l'article 1.4.2.2 relatif aux modalité de calcul des places de stationnement vélo : " Les normes de stationnement vélos sont applicables à toute construction. Pour les constructions à destination d'habitation, les normes de stationnement vélos s'appliquent à toute construction ou opération de deux logements ou plus, y compris par changement de destination. () ". En application des dispositions de l'article 1.4.2.3, pour les constructions à destination d'habitation, la surface dédiée au stationnement des vélos est au minimum de 5% au moins de la surface plancher avec un minimum de 5 m², ou 3% au moins de la surface plancher avec une hauteur utile sous plafond du local concerné de 3m et la mise en œuvre de systèmes d'accrochage à étages. Le rapport de présentation précise que lorsque la construction est à destination d'habitation, aucune obligation de créer un espace de stationnement vélo pour les logements individuels n'existe, partant du principe qu'il y a toujours de la place dans les garages ou les jardins,

17. Les requérants ne sauraient utilement se prévaloir à l'encontre du permis de construire en litige des dispositions combinées des articles 1.4.2.2 et 1.4.2.3 du règlement de la zone UM 34 du PLUi de Bordeaux Métropole dès lors que le projet en litige, quand bien le terrain d'emprise accueille une maison existante, ne constitue pas une opération de deux logements au sens des dispositions précitées.

18. Aux termes de l'article 2.2 de la zone UM 34 du PLUi de Bordeaux Métropole : " () Dans le cas d'un lotissement ou dans celui de la construction sur un même terrain de plusieurs bâtiments dont le terrain d'assiette doit faire l'objet d'une division en propriété ou en jouissance, l'intégralité des règles fixées ci-après est applicable à chaque terrain issu des divisions projetées, sauf pour les opérations de plus de 800 m² de surface de plancher. Dans ce dernier cas, l'intégralité des règles fixée ci-après s'applique à l'ensemble du projet. " Selon le tableau contenu à l'article 2.2.1 relatif aux constructions, installations et aménagements neufs, l'emprise bâtie doit être inférieure ou égale à 40 % de la superficie du terrain.

19. Ainsi qu'il a été dit précédemment, le projet n'est pas constitutif d'un lotissement. Il ne ressort pas davantage des pièces du dossier que le terrain d'assiette fera l'objet d'une division en propriété ou en jouissance. Il s'ensuit qu'en calculant l'emprise bâtie à l'échelle de chaque lot que constituerait la maison existante et la maison projetée, les requérants ne démontrent pas utilement une méconnaissance des dispositions précitées relatives à l'emprise bâtie. Le moyen doit être écarté.

20. Aux termes de l'article 3.2.2 du règlement de la zone UM 34 du PLUi de Bordeaux Métropole : " Tout terrain doit être aménagé avec des dispositifs permettant l'évacuation qualitative et quantitative des eaux pluviales. Ils doivent être adaptés à la topographie, à la nature du sous-sol et aux caractéristiques des constructions. Sous réserve des autorisations réglementaires éventuellement nécessaires, les eaux pluviales doivent prioritairement rejoindre directement le milieu naturel (par infiltration dans le sol ou rejet direct dans les eaux superficielles). A défaut, les eaux pluviales peuvent être rejetées gravitairement, suivant le cas, et par ordre de préférence, au caniveau, au fossé, dans un collecteur d'eaux pluviales ou un collecteur unitaire si la voie en est pourvue. Dans tous les cas, l'utilisation d'un système de pompage est proscrite à l'exception des pompes de reprise des rampes d'accès aux parkings souterrains. Pour les constructions nouvelles et les extensions, dès lors que la surface imperméabilisée projetée est supérieure à 100 m², le projet présentera obligatoirement la solution retenue pour la gestion des eaux pluviales. Dans le cas d'un rejet final au caniveau, au fossé, dans un collecteur d'eaux pluviales ou un collecteur unitaire si la voie en est pourvue, le débit rejeté est plafonné à 3 l/s/ha. "

21. Il ressort des pièces du dossier que les eaux pluviales de la nouvelle construction seront traitées par infiltration sur le terrain d'emprise du projet par la création d'une structure réservoir susceptible d'accueillir 12 m3 d'eau. Si les pièces du dossier ne précisent pas les capacités d'infiltration de la parcelle, ce que l'avis des services métropolitains a d'ailleurs souligné, il n'est pas allégué que sa perméabilité serait défavorable. Alors que le projet emporte une réduction des surfaces imperméabilisées, que l'infiltration des eaux pluviales de la construction existante se faisait déjà sur le terrain d'assiette, il n'est pas établi que la structure réservoir de 12 m3 ne permettrait pas une évacuation qualitative des eaux pluviales. Pour les mêmes motifs, en l'absence de risque caractérisé pour la sécurité publique, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme doit être écarté.

Sur la demande de suppression de passages injurieux :

22. En vertu des dispositions de l'article 41 de la loi du 29 juillet 1881 reproduites à l'article L. 741-2 du code de justice administrative, les tribunaux administratifs peuvent, dans les causes dont ils sont saisis, prononcer, même d'office, la suppression des écrits injurieux, outrageants ou diffamatoires.

23. Le passage de la requête de M. et Mme F commençant par les mots " Le dossier de demande de permis de construire " et se terminant par les mots " reconstituées dans le cadre du projet " dont la suppression est demandée par les pétitionnaires, n'excède pas le droit à la libre discussion et ne présente pas un caractère injurieux ou diffamatoire. Les conclusions tendant à sa suppression doivent, par suite, être rejetées.

Sur les frais liés à l'instance :

24. Les dispositions font obstacle à ce qu'il soit mis à la charge de la commune de Bordeaux et des pétitionnaires, qui ne sont pas les parties perdantes dans la présente instance, la somme que demandent M. et Mme F sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge des requérants une somme de 1 000 euros à verser respectivement à la commune de Bordeaux et à M. B et Mme C sur le même fondement.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. et Mme F est rejetée.

Article 2 : M. et Mme F verseront la somme de 1 000 euros, d'une part, à la commune de Bordeaux et, d'autre part, à M. B et Mme C au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus des conclusions de M. B et Mme C est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme E F, à M. A F, à la commune de Bordeaux, à Mme G C et à M. D B.

Délibéré après l'audience du 9 avril 2025 à laquelle siégeaient :

Mme Cabanne, présidente,

M. Pinturault, premier conseiller,

M. Boutet-Hervez, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 mai 2025.

La présidente-rapporteure,

C. CABANNE

L'assesseur le plus ancien,

M. PINTURAULT

La greffière,

H. MALO

La République mande et ordonne au préfet de la Gironde ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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