jeudi 2 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2204578 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL BERNADOU AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 22 août 2022 et le 19 septembre 2023, Mmes B G, F A et MM. Bruno Bonnefoi, Dominique C et Jean-Hervé E, représentés par Mme B G, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :
1°) d'annuler la délibération n° 2022-51 adoptée par le conseil municipal de Tresses le 23 juin 2022 ayant pour objet " saisine du conseil municipal " ;
2°) d'enjoindre au maire de la commune de Tresses d'inscrire à l'ordre du jour du prochain conseil municipal suivant le jugement à intervenir, une proposition de délibération expliquant l'erreur manifeste sur le choix de l'objet de la délibération n° 2022-51, celle-ci devant porter sur la possibilité d'organiser un référendum local et non pas sur le projet de reconstruction de l'école maternelle.
Ils soutiennent que :
- la requête est recevable car elle a été introduite par cinq personnes physiques et non par un groupe d'élus en tant que tel ; la mention des adresses des requérants et de leur signature a été régularisée par le mémoire du 5 octobre 2023 ;
- la délibération n° 2022-51 n'était pas conforme dans son objet à la saisine déposée le 28 avril 2022 d'une demande d'inscription à l'ordre du jour du conseil municipal d'un projet de délibération relatif à l'organisation d'un référendum local concernant le choix du site de reconstruction de l'école maternelle ; l'article 22 du règlement intérieur du conseil municipal a été méconnu alors même qu'une demande de rectification du projet de délibération présenté était effectuée dès le 18 juin 2022 ;
- les articles L. 2121-10 et L. 2121-12 du code général des collectivités territoriales ont été méconnus car tant l'ordre du jour que la note de synthèse en vue d'un conseil municipal doivent être transmis cinq jours francs avant la séance ; en l'espèce, le projet de délibération n° 2022-51 a été modifié en séance.
Par un mémoire enregistré le 21 octobre 2022, Mme F A déclare se désister de sa requête.
Par deux mémoires en défense, enregistrés le 17 mars et le 12 octobre 2023, la commune de Tresses, représentée par son maire en exercice, assistée de Me Bernadou, conclut :
- à titre principal, à l'irrecevabilité de la requête, pour absence de capacité à agir des requérants, pour défaut de mention de leur domicile et de signature de la requête et en ce qu'elle est dirigée contre la mauvaise décision ;
- à titre subsidiaire à son rejet ;
- à ce que soit mise à la charge des requérants la somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
La clôture d'instruction a été fixée en dernier lieu au 5 décembre 2023 par une ordonnance à effet immédiat.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Bourdarie,
- les conclusions de M. Bongrain, rapporteur public,
- les observations de Mme G. en présence de M. C et M. E.
- et les observations de Me Raddatz, représentant la commune de Tresses.
Considérant ce qui suit :
1. A la suite de l'inondation de l'école maternelle de la commune de Tresses en 2021, un projet de reconstruction de celle-ci a été lancé. Plus de 200 électeurs ont saisi le conseil municipal d'une demande d'inscription d'une question à l'ordre du jour du conseil municipal. Les requérants, membres du groupe municipal d'opposition Nouvel Elan tressois, estiment que la délibération n° 2022-51 adoptée le 23 juin 2022 ne respecte pas l'objet de la saisine. Mmes B G, F A et MM. Bruno Bonnefoi, Dominique C et Jean-Hervé E, représentés par Mme B G, demandent au tribunal d'annuler la délibération n° 2022-51 et d'enjoindre au maire de la commune de Tresses d'inscrire à l'ordre du jour d'un prochain conseil municipal une délibération expliquant l'erreur commise quant au choix de l'objet de la délibération n° 2022-51.
Sur le désistement de Mme A :
2. Par un mémoire en date du 18 octobre 2022, enregistré le 21 suivant, Mme A a déclaré se désister de sa requête. Ce désistement étant pur et simple, aucune circonstance ne fait obstacle à ce qu'il en soit donné acte.
Sur les conclusions en annulation :
3. D'une part, aux termes de l'article L.O. 1112-1 du code général des collectivités territoriales : " L'assemblée délibérante d'une collectivité territoriale peut soumettre à référendum local tout projet de délibération tendant à régler une affaire de la compétence de cette collectivité ". Aux termes de l'article L.O. 1112-2 du même code : " L'exécutif d'une collectivité territoriale peut seul proposer à l'assemblée délibérante de cette collectivité de soumettre à référendum local tout projet d'acte relevant des attributions qu'il exerce au nom de la collectivité, à l'exception des projets d'acte individuel ".
4. D'autre part, aux termes de l'article 22 du règlement intérieur du conseil municipal de la commune de Tresses : " Le conseil municipal peut soumettre à référendum local tout projet de délibération tendant à régler une affaire de compétence communale ". L'article 24 du même règlement dispose que : " Le conseil municipal peut être saisi, par au moins 200 électeurs de la commune de toute question de sa compétence ; que les intéressés doivent déposer leur demande au maire sous forme écrite et que cette demande doit comporter les noms, prénoms, adresses et signatures des 200 pétitionnaires ".
5. Si le maire dispose d'un pouvoir exclusif d'initiative de référendum local en ce qui concerne les projets d'acte non individuel relevant des attributions qu'il exerce au nom de la commune, le conseil municipal reste compétent pour soumettre à référendum local tout projet d'acte relevant d'une compétence que le maire n'exerce pas au nom de l'assemblée délibérante.
6. Le 28 avril 2022, plus de 200 électeurs de la commune de Tresses ont transmis au maire de cette commune une demande d'inscription à l'ordre du jour du conseil municipal de la question de " l'organisation d'un référendum local () concernant le choix du site de construction de l'école maternelle (le site actuel ou le pré du Marès) ".
7. L'ordre du jour adressé aux conseillers municipaux portait, au point 26, sur la " saisine du conseil municipal - 2022-51 ", révélant ainsi que le maire a entendu par cette délibération transmettre au conseil municipal la saisine du 28 avril 2022.
8. L'objet de cette saisine, dont il est constant qu'elle est recevable au regard du règlement intérieur du conseil municipal, ne relève pas d'une attribution exercée par le maire au nom de la commune. Ainsi, il appartenait au conseil municipal de décider s'il y avait lieu, comme l'y invitait la saisine, de soumettre à référendum local le choix du site d'implantation de l'école maternelle dans le cadre de sa reconstruction. Toutefois, il ressort des débats qui ont précédé l'adoption de cette délibération que l'organisation d'un tel référendum a été écartée au motif que cette faculté constituait une prérogative de l'exécutif. En dépit de ce motif erroné en droit, le conseil municipal de la commune de Tresses s'est exprimé sur la question de l'organisation d'un référendum sur le lieu de la reconstruction de l'école maternelle qu'il a écarté.
9. Dans ces conditions, les articles 22 et 24 du règlement intérieur du conseil municipal n'ont pas été méconnus.
10. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les fins de non-recevoir opposées en défense, que les conclusions tendant à l'annulation de la délibération n° 2022-51 ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les conclusions en injonction :
11. Les conclusions en annulation ayant été rejetées, les conclusions en injonction ne peuvent, par voie de conséquence, qu'être rejetées.
Sur les frais d'instance :
12. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge des requérants la somme demandée par la commune de Tresses sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Il est donné acte du désistement de Mme A.
Article 2 : La requête est rejetée.
Article 3 : Les conclusions présentées par la commune de Tresses sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mmes B G, F A et MM. Bruno Bonnefoi, Dominique C et Jean-Hervé E, et à la commune de Tresses.
Délibéré après l'audience du 11 avril 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Munoz-Pauziès, présidente,
M. Bilate, premier conseiller,
M. Bourdarie, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 mai 2024.
Le rapporteur,
H. BOURDARIE
La présidente,
F. MUNOZ-PAUZIÈS La greffière,
M. D
La République mande et ordonne au préfet de la Gironde en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026