jeudi 7 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2204646 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL CAROLINE LAVEISSIERE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 29 août 2022, Mme C B, représentée par Me Lagarde, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du maire de la commune de Saint-Magne du 23 juin 2022 la plaçant en position de disponibilité d'office du 2 mars 2022 au 1er septembre 2022 ;
2° d'enjoindre à la commune de Saint-Magne de la placer en position de congé de grave maladie à compter du 2 mars 2022, dans le prolongement de son congé de maladie ordinaire ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Magne la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée, notamment en ce qu'elle se fonde exclusivement sur l'avis du conseil médical ;
- la décision attaquée est entachée d'un vice de procédure en ce qu'elle se fonde sur un avis du conseil médical irrégulier ;
- la décision attaquée est entachée d'une erreur de droit dès lors que la commune s'est crue liée à l'avis du conseil médical sans vérifier que les conditions de bénéfice d'un congé de grave maladie étaient remplies et dès lors que la pathologie dont elle souffre justifie qu'elle soit placée en congé de grave maladie ;
- le conseil médical ne s'est pas prononcé sur sa demande portant sur son placement en congé de grave maladie ;
- la décision attaquée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Une mise en demeure a été adressée à la commune de Saint-Magne le 26 juillet 2023.
Par ordonnance du 26 juillet 2023 la clôture d'instruction a été fixée au 26 janvier 2024.
Un mémoire a été produit le 11 octobre 2024 par la commune de Saint-Magne, représentée par Me Laveissière.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le décret n° 86-68 du 13 janvier 1986 ;
- le décret n° 87-602 du 30 juillet 1987 ;
- le décret n°91-298 du 20 mars 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A,
- les conclusions de M. Bilate, rapporteur public,
- les observations de Me Lagarde, représentant Mme B ;
- et les observations de Me Proust, représentant la commune de Saint-Magne.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, titularisée dans la fonction publique territoriale en tant qu'auxiliaire de puériculture à compter du 1er janvier 2010, exerçait ses fonctions à la halte-garderie de la commune de Saint-Magne. Par arrêté du 3 novembre 2020, elle a été placée en congé de maladie ordinaire du 3 novembre 2020 au 28 février 2021. Par arrêté du maire de la commune de Saint-Magne du 5 octobre 2021, elle a été placée en disponibilité d'office à compter du 2 décembre 2021 pour une période de six mois allant jusqu'au 1er mars 2022. Puis, par arrêté du 10 décembre 2021, le marie de la commune de Saint-Magne a abrogé son arrêté du 5 octobre 2021 et a maintenu l'intéressée " à titre conservatoire, en congé de maladie ordinaire dans l'attente de l'avis du comité médical supérieur sur l'octroi d'un congé de grave maladie ". Après avoir saisi le conseil médical départemental, le maire a pris un arrêté, le 23 juin 2022, plaçant Mme B en position de disponibilité d'office du 2 mars 2022 au 1er septembre 2022.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article 19 du décret n° 86-68 du 13 janvier 1986 : " La mise en disponibilité peut être prononcée d'office à l'expiration des droits statutaires à congés de maladie prévus au premier alinéa du 2° [congés de maladie dont la durée totale peut atteindre un an pendant une période de douze mois consécutifs en cas de maladie dûment constatée mettant l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions], au premier alinéa du 3° [congés de longue maladie d'une durée maximale de trois ans dans les cas où il est constaté que la maladie met l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions, rend nécessaires un traitement et des soins prolongés et présente un caractère invalidant et de gravité confirmée] et au 4° [congé de longue durée, en cas de tuberculose, maladie mentale, affection cancéreuse, poliomyélite ou déficit immunitaire grave et acquis] de l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984 et s'il ne peut, dans l'immédiat, être procédé au reclassement du fonctionnaire dans les conditions prévues aux articles 81 à 86 de la loi du 26 janvier 1984. / La durée de la disponibilité prononcée en vertu du premier alinéa du présent article ne peut excéder une année. Elle peut être renouvelée deux fois pour une durée égale. Si le fonctionnaire n'a pu, durant cette période, bénéficier d'un reclassement, il est, à l'expiration de cette durée, soit réintégré dans son administration s'il est physiquement apte à reprendre ses fonctions dans les conditions prévues à l'article 26, soit, en cas d'inaptitude définitive à l'exercice des fonctions, admis à la retraite ou, s'il n'a pas droit à pension, licencié. / Toutefois, si, à l'expiration de la troisième année de disponibilité, le fonctionnaire est inapte à reprendre son service, mais s'il résulte d'un avis du conseil médical qu'il doit normalement pouvoir reprendre ses fonctions ou faire l'objet d'un reclassement avant l'expiration d'une nouvelle année, la disponibilité peut faire l'objet d'un troisième renouvellement ".
3. Aux termes de l'article 36 du décret n° 91-298 du 20 mars 1991 : " En cas d'affection dûment constatée le mettant dans l'impossibilité d'exercer son activité, nécessitant un traitement et des soins prolongés et présentant un caractère invalidant et de gravité confirmée, le fonctionnaire bénéficie d'un congé de grave maladie pendant une période maximale de trois ans. / Dans cette situation, il conserve l'intégralité de son traitement pendant une durée de douze mois. Le traitement est réduit de moitié pendant les vingt-quatre mois suivants. / L'intéressé est soumis à l'examen d'un spécialiste agréé compétent pour l'affection en cause. Le congé est accordé par décision de l'autorité territoriale ou décision conjointe des autorités territoriales dont il relève sur avis du comité médical saisi du dossier. / Le congé pour grave maladie peut être accordé par période de trois à six mois. L'agent qui a épuisé un congé de grave maladie ne peut bénéficier d'un autre congé de cette nature s'il n'a repris auparavant l'exercice de ses fonctions pendant un an ".
4. Il ressort des pièces du dossier que Mme B a été placée en disponibilité d'office sur le fondement des dispositions de l'article 19 du décret n° 86-68 du 13 janvier 1986 citées au point 2, au motif qu'elle avait épuisé au 1er septembre 2021 ses droits au congé de maladie ordinaire d'une durée d'un an.
5. Mme B soutient que ce placement en disponibilité d'office est illégal, dès lors que le conseil médical ne s'est pas prononcé sur sa demande portant sur un placement en congé de grave maladie, alors qu'elle avait formulé une telle demande, et que, compte tenu de la pathologie dont elle souffre, elle remplissait les conditions de fait pour être placée en congé de grave maladie pour une durée maximale de trois ans. Malgré une mise en demeure adressée le 26 juillet 2023 à la commune de Saint-Magne et une clôture de l'instruction intervenue le 26 janvier 2024, cette autorité n'a produit aucun mémoire en défense avant la date de ladite clôture. En vertu de l'article R. 612-6 du code de justice administrative, elle est donc réputée avoir admis l'exactitude matérielle des faits tels qu'énoncés par la requérante, lesquels faits ne sont contredits par aucune des pièces du dossier. Il est ainsi établi, d'une part, que le conseil médical ne s'est pas prononcé sur la demande de Mme B portant sur son placement en congé de grave maladie et, d'autre part, que Mme B remplissait les conditions de fait pour être placée en congé de grave maladie pour une durée maximale de trois ans. Par suite, la requérante est fondée à demander l'annulation de l'arrêté attaqué, sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
6. Le présent jugement, qui annule le placement de Mme B en disponibilité d'office pour les motifs de légalité interne énoncés au point précédent, impliquent nécessairement que la commune de Saint-Magne place rétroactivement l'intéressée dans une position administrative conforme à sa situation, soit en congé de grave maladie à compter du 2 mars 2022, ainsi qu'elle le demande. Il y a lieu d'enjoindre à la commune de procéder à cette mesure dans un délai de deux mois suivant la notification du présent jugement.
Sur les frais liés au litige :
7. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Saint-Magne la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du maire de la commune de Saint-Magne du 23 juin 2022 est annulé.
Article 2 : Il est enjoint à la commune de Saint-Magne de placer Mme B en congé de grave maladie à compter du 2 mars 2022.
Article 3 : La commune de Saint-Magne versera la somme de 1 500 euros à Mme B en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme B et à la commune de Saint-Magne.
Délibéré après l'audience du 17 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
M. David Katz, président,
M. Damien Fernandez, premier conseiller,
M. Clément Boutet-Hervez, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 novembre 2024.
Le président-rapporteur,
D. A
L'assesseur le plus ancien,
D. FernandezLa greffière,
S. Fermin
La République mande et ordonne au préfet de la Gironde, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026