Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2205074
jeudi 29 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2205074 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 22 septembre 2022, M. C B, représenté par Me Astié, demande au juge des référés :
1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de l'arrêté désignant le pays de renvoi pour l'exécution de sa peine d'interdiction du territoire français, pris le 20 septembre 2022 par la préfète de la Gironde, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. B soutient que :
- placé en rétention administrative, il fait l'objet d'un routing en date du 26 septembre 2022 ; il aura été contraint de quitter le territoire lorsque la décision sera rendue sur le fond, alors que sa compagne est enceinte ;
- la décision a été signée par une autorité ne disposant pas d'une délégation pour ce faire ; les personnes la précédant dans la chaîne des délégations n'étaient ni absentes, ni empêchées ;
- la décision est insuffisamment motivée, ne mentionnant pas sa situation personnelle et médicale alors qu'il en avait informé les services préfectoraux ;
- il est atteint de troubles psychiatriques graves et un retour dans son pays d'origine impliquerait l'interruption des soins, en méconnaissance de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision attaquée méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, compte tenu de sa durée de séjour sur le territoire, de son concubinage avec une ressortissante française, de la naissance prochaine de son enfant ; pour cette dernière raison, la décision attaquée méconnaît également l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant.
Vu :
- la requête enregistrée le 22 septembre 2022 sous le n° 2205073 par laquelle M. B demande l'annulation de la décision attaquée ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Vu la décision par laquelle la présidente du tribunal a désigné M. A pour exercer les fonctions de juge des référés.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ".
Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Compte tenu de l'urgence, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'admettre à titre provisoire M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
3. Il ressort des pièces du dossier que M. B a été éloigné le 26 septembre 2022 à destination de l'Algérie. La décision prise par la préfète de la Gironde le 20 septembre 2022 désignant ce pays comme pays de renvoi pour l'exécution de l'arrêt de la cour d'appel de Bordeaux en date du 2 juin 2021 condamnant le requérant à une peine d'interdiction du territoire français d'une durée de trois ans ayant été entièrement exécutée, les conclusions à fin de suspension sont privées d'objet. Il n'y a pas lieu d'y statuer.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
4. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui ne peut être regardé, dans la présente instance, comme la partie perdante, la somme que M. B demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : M. B est admis à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions présentées par M. B sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Les conclusions présentées par M. B sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C B.
Fait à Bordeaux, le 29 septembre 2022.
Le juge des référés,
J. A
La République mande et ordonne à la préfète de la Gironde en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
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