jeudi 31 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2205292 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3ème Chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 8 janvier 2020, le président du tribunal administratif de Pau a transmis au tribunal administratif de Limoges la requête présentée le 5 novembre 2018 par M. A.
Par une ordonnance du 9 septembre 2022, le président du tribunal administratif de Limoges a transmis au tribunal administratif de Bordeaux la requête présentée le 5 novembre 2018 par M. A.
M. B A demande au tribunal d'annuler la décision du 17 septembre 2018 par laquelle l'agence de services et de paiement (ASP) a refusé de l'admettre au bénéfice de l'aide à l'acquisition d'un vélo à assistance électrique.
Il soutient qu'il n'a jamais reçu le courriel lui demandant de compléter son dossier.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 mai 2023, l'agence de services et de paiement conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- à titre principal, la requête est irrecevable ;
- à titre subsidiaire, elle est infondée.
Par un courrier du 3 octobre 2024, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7-3 du code de justice administrative, que le tribunal était susceptible de prononcer d'office une injonction au versement de l'aide en litige sur le fondement des dispositions de l'article L. 911-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'énergie ;
- l'arrêté du 30 décembre 2014 relatif aux modalités de gestion des aides à l'acquisition et à la location des véhicules peu polluants ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C,
- et les conclusions de M. Willem, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. A a déposé un dossier de demande d'aide à l'acquisition d'un vélo à assistance électrique auprès des services de l'agence de services et de paiement (ASP) qui a refusé d'y faire droit par décision du 17 septembre 2018. M. A demande au tribunal d'annuler cette décision.
Sur les fins de non-recevoir opposées en défense :
2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 431-2 du code de justice administrative : " Les requêtes et les mémoires doivent, à peine d'irrecevabilité, être présentés soit par un avocat, soit par un avocat au Conseil d'État et à la Cour de cassation, lorsque les conclusions de la demande tendent au paiement d'une somme d'argent () ".
3. Contrairement à ce que soutient l'agence de services et de paiement, la requête présentée par M. A ne tend pas au paiement d'une somme d'argent, mais conteste la légalité de la décision par laquelle l'autorité administrative a refusé de faire droit à la demande de subvention formée par l'intéressé. Il s'ensuit que le requérant est recevable à demander son annulation par la voie du recours pour excès de pouvoir sans devoir recourir au ministère d'un avocat. Dès lors, la fin de non-recevoir opposée à ce titre doit être écartée.
4. En second lieu, aux termes de l'article R. 411-1 du code de justice administrative : " La juridiction est saisie par requête. La requête () contient l'exposé des faits et moyens, ainsi que l'énoncé des conclusions soumises au juge. / L'auteur d'une requête ne contenant l'exposé d'aucun moyen ne peut la régulariser par le dépôt d'un mémoire exposant un ou plusieurs moyens que jusqu'à l'expiration du délai de recours ".
5. Il ressort des pièces du dossier que le requérant assortit ses conclusions du moyen tiré de ce qu'il n'a jamais reçu le courriel lui demandant de compléter son dossier. Dès lors, la fin de non-recevoir opposée en défense et tirée du défaut de moyen doit être écartée.
6. En dernier lieu, contrairement à ce que soutient la défense, le requérant joint à sa requête la décision attaquée. Dès lors, la fin de non-recevoir tirée du défaut de production de cette décision doit être écartée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
7. D'une part, aux termes de l'article D. 251-2 du code de l'énergie, dans sa rédaction en vigueur à la date de la décision attaquée : " Une aide, dite bonus vélo à assistance électrique, est attribuée à toute personne physique majeure justifiant d'un domicile en France, dont la cotisation d'impôt sur le revenu de l'année précédant l'acquisition du cycle est nulle, qui acquiert un cycle à pédalage assisté, au sens de l'article R. 311-1 du code de la route, neuf, qui n'utilise pas de batterie au plomb et n'est pas cédé par l'acquéreur dans l'année suivant son acquisition.". Aux termes de l'article 1er de l'arrêté du 30 décembre 2014, dans sa rédaction en vigueur à la date de la décision attaquée : " III. - Dans le cadre de la procédure de paiement de droit commun, qui conduit à un paiement direct au bénéficiaire de l'aide instituée à l'article D. 251-2, le bénéficiaire de l'aide s'identifie sur un téléservice dédié afin de compléter et signer un formulaire lui permettant de communiquer ses coordonnées de paiement et les informations nécessaires au versement de l'aide par l'Agence de services et de paiement. / La demande de paiement est transmise à l'Agence de services et de paiement via le formulaire issu du téléservice, dûment complété et signé par le demandeur et accompagné des pièces justificatives suivantes : / 1° Un justificatif de moins de trois mois établissant l'existence d'un domicile ou d'un établissement en France et une copie d'un justificatif d'identité ; 2° Une copie de la facture d'achat du cycle, ce document mentionnant notamment le nom et l'adresse du propriétaire du cycle, la désignation du cycle (notamment la marque et le numéro de série) et la date de facturation du cycle () ". Aux termes de l'article 3 de cet arrêté : " L'Agence de services et de paiement instruit les demandes d'aide (). En cas de dossier incomplet, elle en informe par lettre simple le demandeur et l'invite à compléter son dossier dans un délai de trente jours. A défaut de régularisation, la demande d'aide est refusée () ".
8. Il ressort des pièces du dossier et notamment de la lecture de la décision attaquée que l'Agence de paiement et de service a refusé d'attribuer à M. A l'aide sollicitée au motif exclusif qu'il n'avait pas complété son dossier dans le délai imparti de 30 jours comme l'y avait invité le courriel en date du 10 avril 2018 qui l'informait également qu'à défaut, sa demande serait rejetée.
9. Toutefois, dès lors que M. A soutient qu'il n'a jamais reçu le courriel en date du 10 avril 2018, il appartient à l'administration d'apporter la preuve de l'envoi de ce courriel. Or, l'agence ne produit pas la copie de ce courriel et n'apporte aucun document ou élément de fait pouvant venir contredire utilement les affirmations non démenties de M. A. Ainsi, en refusant d'allouer l'aide sollicitée par le requérant, au seul motif que celui-ci n'aurait pas répondu à la demande tendant à ce qu'il complète son dossier, l'agence de services et de paiement a méconnu les dispositions précitées de l'article 3 de l'arrêté du 29 décembre 2017.
10. Il résulte de tout ce qui précède que M. A est fondé à demander l'annulation de la décision du 17 septembre 2018 par laquelle l'agence de services et de paiement a rejeté sa demande d'aide dite "bonus vélo à assistance électrique".
Sur l'injonction d'office :
11. L'exécution du présent jugement implique que l'aide dite "bonus vélo à assistance électrique" soit allouée à M. A. Il y a lieu, par suite, d'enjoindre à l'agence de services et de paiement de lui verser cette aide de 200 euros dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
D E C I D E :
Article 1er : La décision de l'agence de services et de paiement du 17 septembre 2018 est annulée.
Article 2 : Il est enjoint à l'agence de services et de paiement de verser à M. A l'aide dite "bonus vélo à assistance électrique" dans un délai de deux mois suivant la notification du présent jugement.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à l'Agence de services et de paiement.
Délibéré après l'audience du 10 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Ferrari, président,
Mme D et Mme C, premières conseillères.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 octobre 2024.
La rapporteure,
K. C
Le président,
D. FERRARI Le greffier,
Y. JAMEAU
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de l'industrie, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562
03/08/2026
Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484
03/08/2026