jeudi 7 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2205351 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | LAGARDE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 7 octobre 2022 et le 26 janvier 2024, Mme A B, représentée par Me Lagarde, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 2 juin 2022 par laquelle le maire de la commune de Cestas a refusé d'aménager son poste de travail ainsi que la décision du 13 octobre 2022 rejetant son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre au maire de la commune de Cestas d'édicter une décision qui permettra la reprise de ses fonctions en présentiel conformément aux préconisations du médecin de prévention, concernant l'aménagement de son poste de travail ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Cestas la somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée en droit ;
- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors que les dispositions applicables sont celles du décret n° 2021-1162 du 8 septembre 2021 ;
- elle est entachée d'une erreur de fait et d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 25 janvier et 12 mars 2024, le second n'ayant pas été communiqué, la commune de Cestas, représentée par Me Jacquier, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de la requérante la somme de 2 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 13 mars 2024, la clôture d'instruction a été fixée au même jour.
Un mémoire présenté par Mme B a été enregistré le 13 mars 2024, et n'a pas été communiqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le décret n° 2016-151 du 11 février 2016 ;
- le décret n° 2021-1162 du 8 septembre 2021 ;
- le décret n° 2021-1725 du 21 décembre 2021 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Fernandez,
- les conclusions de M. Bilate, rapporteur public,
- et les observations de Me Lagarde, représentant Mme B, et de Me Lafond, représentant la commune de Cestas.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, est adjointe administrative titulaire, employée par la commune de Cestas depuis le 28 septembre 2011 en tant qu'assistante de gestion au sein du service éducation- jeunesse. En raison de la crise sanitaire et à compter du mois de mars 2020, elle a exercé ses fonctions en télétravail en raison du risque pour la santé de son époux qui prend un traitement immunosuppresseur. Le 29 avril 2022, sa cheffe de service lui a indiqué qu'elle devrait reprendre ses fonctions en présentiel à compter du 2 mai suivant. Mme B, estimant que les mesures de protection proposées par la commune étaient insuffisantes, a décidé de consulter le médecin de prévention. Le 2 mai 2022, elle a été placée en congé de maladie. Le 23 mai 2022, le médecin de prévention a rendu son avis préconisant la mise en place de précautions pour sa reprise du travail en présentiel. Par une lettre du même jour, la requérante a souhaité rester en télétravail cinq jours sur cinq dans la semaine. Le 2 juin 2022, le maire de la commune de Cestas a refusé de faire droit à cette demande. Le 5 août 2022, Mme B, par l'intermédiaire de son conseil, a contesté cette décision par un recours gracieux, qui a été rejeté par une décision du 13 octobre 2022. Par la présente requête, Mme B demande l'annulation des décisions précitées des 2 juin et 13 octobre 2022.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. D'une part, aux termes de l'article 3 du décret du 11 février 2016 relatif aux conditions et modalités de mise en œuvre du télétravail dans la fonction publique et la magistrature modifié par le décret du 21 décembre 2021 : " La quotité des fonctions pouvant être exercées sous la forme du télétravail ne peut être supérieure à trois jours par semaine. Le temps de présence sur le lieu d'affectation ne peut être inférieur à deux jours par semaine. Les seuils définis au premier alinéa peuvent s'apprécier sur une base mensuelle. ". Selon l'article 4 du même texte : " Il peut être dérogé aux conditions fixées à l'article 3 : 1° Pour une durée de six mois maximum, à la demande des agents dont l'état de santé ou le handicap le justifient et après avis du service de médecine préventive ou du médecin du travail ; cette dérogation est renouvelable, après avis du service de médecine préventive ou du médecin du travail ; 2° A la demande des femmes enceintes ; 3° A la demande des agents éligibles au congé de proche aidant prévu à l'article L. 3142-16 du code du travail, pour une durée de trois mois maximum, renouvelable ; 4° Lorsqu'une autorisation temporaire de télétravail a été demandée et accordée en raison d'une situation exceptionnelle perturbant l'accès au service ou le travail sur site. ". Le décret du 8 septembre 2021 pris pour l'application de l'article 20 de la loi n° 2020-473 du 25 avril 2020 de finances rectificative pour 2020, dont les termes ont été repris par la circulaire de la direction générale de l'administration et de la fonction publique du 9 septembre 2022, fixe notamment les modalités d'organisation du travail pour les personnes vulnérables.
3. D'autre part, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : () 6° Refusent un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir ; ". Selon l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".
4. En premier lieu, et contrairement à ce qu'allègue la requérante, les dispositions relatives aux agents vulnérables non-sévèrement immunodéprimés visés par le point 1.2 de la circulaire du 9 septembre 2022, ne concernent que les personnes répondant directement aux critères qu'il fixe et non pas leurs proches. Ainsi, la décision attaquée du 2 juin 2022, en visant seulement le décret du 11 février 2016 modifié par le décret du 21 décembre 2021 précité, est suffisamment motivée en droit et n'est davantage pas entachée d'une erreur de droit.
5. En second lieu, l'avis du médecin de prévention du 23 mai 2022, prévoyait que lors de la reprise du travail de Mme B un certain nombre de précautions devaient être prises, telles que prévoir un bureau seul, la fourniture de masques de type " FFP2 ", et qu'elle pourrait assister aux réunions uniquement en visioconférence. L'avis précisait également qu'il fallait étudier les possibilités permettant de déroger aux trois jours de télétravail hebdomadaire prévus par l'article 3 du décret du 11 février 2016 précité. Il ressort des pièces du dossier que, par courriel du 25 mai 2022, la commune de Cestas a proposé à la requérante un premier bureau situé au service technique et un second bureau le 31 mai 2022 au comité du jumelage. La commune a également listé les tâches qu'il n'était pas possible de traiter à distance dans ce même courriel du 25 mai 2022. En outre, il ressort des nombreux échanges adressés à la requérante, mais aussi aux autres agents de la commune, que cette dernière a cherché à permettre au mieux l'organisation du retour de la requérante sur son lieu de travail en tenant compte des préconisations du médecin de prévention et de l'organisation du service. Par ailleurs, l'avis du 23 mai 2022 n'impliquait pas que Mme B soit en situation de télétravail cinq jours par semaines mais seulement que cette possibilité soit étudiée, laquelle a été refusée par la décision attaquée du 2 juin 2022. Dès lors, les moyens tirés de l'erreur de fait et de l'erreur manifeste d'appréciation ne peuvent qu'être écartés.
6. Il résulte de ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à demander l'annulation des décisions des 2 juin et 13 octobre 2022. Par voie de conséquence, ses conclusions à fins d'injonction doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Cestas, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par la requérante sur ce fondement. En revanche, il y a lieu de mettre à la charge de Mme B la somme de 1 000 euros à verser à la commune au titre de ces mêmes dispositions.
DECIDE :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Mme B versera à la commune de Cestas la somme de 1 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à la commune de Cestas.
Délibéré après l'audience du 17 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Katz, président,
M. Fernandez, premier conseiller,
M. Boutet-Hervez, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 novembre 2024.
Le rapporteur,
D. Fernandez
Le président,
D. Katz La greffière,
S. Fermin
La République mande et ordonne au préfet de la Gironde en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026