mardi 22 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2205461 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 5ème Chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 30 septembre 2022, Mme D A demande au tribunal d'annuler la décision de l'adjoint au chef d'établissement de la maison d'arrêt de Périgueux en date du 20 septembre 2022 ayant retenu le courrier qu'elle a adressé le 17 septembre 2022 à M. B C, détenu.
Elle soutient que malgré les faits qu'il a commis, M. C ne doit pas être traité avec un manque d'humanité et que ses liens avec l'extérieur doivent être maintenus.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 mars 2024, le ministre de la justice conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- l'administration pénitentiaire était tenue de retenir ce courrier ;
- le moyen soulevé est infondé.
Par une ordonnance du 4 juillet 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 4 septembre 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code pénitentiaire ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Lorrain Mabillon ;
- et les conclusions de M. Roussel Cera, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A a adressé, le 17 septembre 2022, un courrier à M. B C, alors incarcéré à la maison d'arrêt de Périgueux après avoir été condamné notamment, par un jugement du 18 août 2022, à une peine de quatre ans de prison avec obligation de s'abstenir d'entrer en contact avec Mme A pour des faits de violence suivie d'incapacité supérieure à huit jours par une personne étant ou ayant été conjoint, concubin ou partenaire lié à la victime. Par une décision du 20 septembre 2022, l'adjoint au chef d'établissement de la maison d'arrêt de Périgueux a retenu ce courrier. Mme A demande l'annulation de cette décision.
2. Il ressort des pièces du dossier que la décision attaquée est fondée sur l'interdiction judiciaire faite à M. C d'entrer en contact avec Mme A par le jugement du tribunal correctionnel de Bergerac du 18 août 2022. La requérante, qui se borne à faire valoir qu'en dépit des faits commis et de l'interdiction judiciaire, M. C doit être traité avec humanité et ses liens avec l'extérieur maintenus, ne conteste pas utilement le motif de la décision attaquée.
3. Il résulte de ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 20 septembre 2022 ayant retenu le courrier adressé le 17 septembre 2022 à M. B C.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme D A et au ministre de la justice.
Délibéré après l'audience du 8 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Chauvin, présidente,
Mme Ballanger, première conseillère,
Mme Lorrain Mabillon, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 octobre 2024.
La rapporteure,
A. LORRAIN MABILLON La présidente,
A. CHAUVIN
La greffière,
C. LALITTE
La République mande et ordonne au ministre de la justice en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
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