Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2205531

jeudi 10 novembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2205531
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 17 octobre 2022, M. A C, représenté par Me Lassort, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision de refus d'échange de son permis de conduire, prise le 15 juin 2022 par le préfet de la Loire-Atlantique, ainsi que la décision implicite de rejet de ses recours gracieux et hiérarchiques, jusqu'à ce qu'il soit statué sur la légalité de ces décisions ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique de procéder à l'échange de son permis de conduire marocain en un permis de conduire français dans le délai d'un mois à compter de la notification de l'ordonnance, sous astreinte, et à titre subsidiaire de lui délivrer une autorisation provisoire de conduite ;

3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. C soutient que :

- il est privé du droit de conduire depuis la délivrance de son titre de séjour en qualité de travailleur indépendant ; que son activité professionnelle nécessite des déplacements, en particulier chez l'un de ses principaux clients, situé à Toulouse ;

- la décision du 15 juin 2022 a été signée par une autorité incompétente ;

- la décision du 15 juin 2022 est insuffisamment motivée ;

- il n'a pu faire valoir ses observations sur le motif qui lui a été opposé, en méconnaissance de l'article L. 121-1 et L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration ;

- lors du dépôt de sa demande d'échange, il disposait d'un titre de séjour ; il en a demandé le renouvellement et ne saurait être responsable des délais d'instruction de ses deux demandes ; à la date des rejets de ses recours administratifs, il était titulaire d'un récépissé ;

- la régularité du séjour n'est pas une condition à laquelle l'article 5 de l'arrêté du 12 janvier 2012 subordonne l'échange des permis de conduire ; l'article 6 exige de justifier de la régularité de son séjour à la date de dépôt de la demande, et non à la date de la décision ;

- le préfet de la Loire-Atlantique a commis une erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire, enregistré le 28 octobre 2022, la préfète de la Loire-Atlantique conclut au non-lieu à statuer et au rejet des conclusions présentées par M. C sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Le préfet de la Loire-Atlantique soutient que la décision de refus d'échange du 15 juin 2022 a été abrogée et que l'instruction de la demande de M. C a été reprise ; que néanmoins, l'intéressé était en situation irrégulière au moment de l'examen de sa demande initiale et de celui de son recours gracieux.

Par un mémoire, enregistré le 28 octobre 2022, M. C déclare se désister de ses conclusions tendant à la suspension de la décision de refus d'échange de son permis de conduire, mais maintenir sa demande sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de la route ;

- le code de justice administrative.

Vu la décision par laquelle la présidente du tribunal a désigné M. B pour exercer les fonctions de juge des référés.

Considérant ce qui suit :

Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1. Par un mémoire enregistré le 28 octobre 2022, M. C a déclaré se désister de ses conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative. Ce désistement, qui doit être regardé comme un désistement d'instance, étant pur et simple, rien ne s'oppose à ce qu'il lui en soit donné acte.

Sur les conclusions relatives aux frais d'instance :

2. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ". Ces dispositions font obstacle à ce que soit mis à la charge d'une personne qui n'est ni tenue au dépens ni la partie perdante une somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Lorsqu'une partie déclare se désister purement et simplement de sa requête mais maintient ses conclusions au titre de ces dispositions, il appartient au juge d'apprécier, en fonction des circonstances de l'espèce, si l'autre partie doit être regardée comme la partie perdante à l'instance et de décider s'il y a lieu de faire droit à ces conclusions.

3. En l'espèce, l'Etat, qui a abrogé la décision attaquée, doit être regardé comme la partie perdante au sens de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. En outre, il ressort des pièces du dossier qu'à la date de la première décision de rejet de la demande de M. C, née le 21 février 2022 du silence gardé par le préfet de la Loire-Atlantique sur sa demande et à laquelle s'est substituée la décision expresse du 15 juin 2022, comme à la date de rejet de ses recours administratifs, celui-ci justifiait de la régularité de son séjour en France. Ainsi, dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat une somme de 800 euros à verser à M. C au titre des frais exposés au cours de l'instance et non compris dans les dépens.

O R D O N N E :

Article 1er : Il est donné acte du désistement de l'instance de M. C.

Article 2 : L'Etat versera à M. C une somme de 800 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A C et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera adressée au préfet de la Loire-Atlantique.

Fait à Bordeaux, le 10 novembre 2022.

Le juge des référés,

J. B

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,