LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsNos servicesBlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes. C'est gratuit, et vos coordonnées ne sont transmises qu'avec votre accord.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation entre particuliers et avocats. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Nos services
  • Trouver un avocat
  • Calculateurs juridiques
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Nos services
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA33-2206192

Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2206192

mercredi 12 juillet 2023

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2206192
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation1ère Chambre

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 24 novembre 2022, M. A E, représenté par Me Chadourne, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 7 juillet 2022 par lequel le préfet de la Gironde lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français et a fixé le pays de destination de sa reconduite à la frontière ;

2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 200 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. E soutient que :

En ce qui concerne le refus de titre de séjour :

- la décision a été prise par une autorité incompétente dès lors qu'il n'est pas établi que son signataire disposait d'une délégation de signature régulièrement publiée ;

- la décision est insuffisamment motivée et présente un défaut d'examen particulier de sa situation par le préfet ;

- la décision méconnaît l'article L. 432-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire :

- la décision a été prise par une autorité incompétente dès lors qu'il n'est pas établi que son signataire disposait d'une délégation de signature régulièrement publiée ;

- la décision est insuffisamment motivée et présente un défaut d'examen particulier de sa situation par le préfet ;

- la décision est privée de base légale en raison de l'illégalité de la décision de refus de titre de séjour ;

- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- la décision méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :

- la décision a été prise par une autorité incompétente dès lors qu'il n'est pas établi que son signataire disposait d'une délégation de signature régulièrement publiée ;

- la décision est insuffisamment motivée ;

- la décision est privée de base légale en raison de l'illégalité de la décision de refus de titre de séjour ;

- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 6 décembre 2022, le préfet de la Gironde conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par M. E ne sont pas fondés.

Par une décision du 13 septembre 2022, M. E a été admis à l'aide juridictionnelle totale.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Zuccarello, présidente-rapporteure,

- et les observations de Me Meaude, représentant M. E.

Considérant ce qui suit :

1. M. E, ressortissant congolais, né le 25 novembre 1992, est entré en France le 30 août 2017 muni d'un visa D de long séjour portant la mention " étudiant " et valable jusqu'au 23 août 2018. Le requérant a bénéficié, le 23 août 2017, d'un titre de séjour en qualité d'étudiant, renouvelé à plusieurs reprises, et dont la dernière période de validité s'étendait jusqu'au 25 novembre 2021. M. E a sollicité le 20 octobre 2021 la délivrance d'un titre de séjour, sur le fondement de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 7 juillet 2022, la préfète de la Gironde a refusé de lui délivrer le titre demandé, l'a obligé à quitter le territoire dans le délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il serait reconduit à défaut de se conformer à ladite obligation.

Sur les moyens communs aux différentes décisions :

2. En premier lieu, il ressort de la consultation du site internet de la préfecture, librement accessible, que la préfète de la Gironde a, par un arrêté du 21 juin 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial n° 33-2022-104 du même jour, donné délégation à Mme B D, directrice adjointe des migrations et de l'intégration, signataire de la décision en litige, à l'effet de signer, en matière d'éloignement, toutes décisions d'éloignement et décisions accessoires s'y rapportant prises en application des II, IV, V, VI, VII et VIII du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté en litige doit être écarté comme manquant en fait.

3. En second lieu, l'arrêté attaqué vise les dispositions sur lesquelles il se fonde, et notamment celles de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, des articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de la convention du 31 juillet 1993 relative à la circulation et au séjour des personnes entre le gouvernement de la république française et le gouvernement de la république du Congo modifiée. De plus, il mentionne le fait que M. E, s'agissant de plusieurs inscriptions en première année de Master, a été ajourné trois années consécutives, et qu'il ne démontre aucunement l'intensité et la stabilité de ses liens privés, familiaux et sociaux en France. La circonstance que la préfète ne mentionne pas la grossesse de sa partenaire est sans influence dès lors que cette information n'a pas été portée à sa connaissance avant la décision. Ces circonstances de droit et de fait sont suffisamment développées pour avoir mis utilement M. E en mesure de comprendre et de discuter les motifs des décisions contestées, qui sont ainsi suffisamment motivées. Dans ces conditions, et puisque la décision d'obligation de quitter le territoire français n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle relative au séjour, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation des décisions contestées doit être écarté. Pour les mêmes motifs, le préfet a procédé à un examen de la situation personnelle de M. E, de sorte que le moyen tiré de l'absence d'un tel examen doit être écarté.

Sur le refus de titre séjour :

4. Aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine () ".

5. D'une part, il est constant que M. E était, au jour de la décision, présent en France depuis presque cinq ans sous couvert d'un titre de séjour étudiant, qui n'a pas en tout état de cause pour finalité de permettre une installation durable en France. De plus, si le requérant se prévaut de la conclusion d'un PACS le 18 mai 2021 avec Mme C F, compatriote titulaire d'un titre de séjour temporaire et mère d'une enfant de nationalité française, avec qui il entretient une vie commune depuis le mois d'octobre 2020, cette union présente un caractère récent à la date de la décision attaquée. Par ailleurs, M. E ne démontre pas l'intensité des liens qu'il dit entretenir avec l'enfant de sa partenaire. Ainsi, M. E d'établit pas suffisamment avoir tissé des liens intenses, anciens et stables en France.

6. D'autre part, si l'intéressé soutient avoir exercé une activité à temps partiel sur le territoire français et se prévaut donc d'une insertion professionnelle, il ne soutient pas, bien que cette activité ait été exercée à travers un contrat à durée indéterminée, que celle-ci s'est prolongée au-delà du printemps 2020. Son intégration dans la société française ne semble pas davantage établie par son engagement au sein d'un organisme associatif, dont il ne justifie ni de la teneur et ni de l'étendue. Il résulte de ce qui précède que M. E ne démontre pas avoir fixé le centre de ses intérêts privés, familiaux et sociaux en France.

7. Dans ces conditions, alors qu'il ne justifie pas être dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine où il a vécu jusqu'à l'âge de 25 ans et dans lequel résident ses parents et la majeure partie de sa fratrie, la décision portant refus de séjour n'a, dès lors, pas méconnu les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et, pour les mêmes motifs, la décision n'est pas davantage entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Sur l'obligation de quitter le territoire français :

8. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit ci-dessus que la décision de refus de titre de séjour n'est pas entachée d'illégalité. Par suite, M. E ne saurait se prévaloir par voie d'exception, de l'illégalité de cette décision, pour demander l'annulation de la décision l'obligeant à quitter le territoire français dans un délai de trente jours.

9. En second lieu, les moyens tirés de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés pour les mêmes motifs que ceux énoncés aux points 4 à 7.

Sur la décision fixant le pays de destination :

10. En premier lieu, compte tenu de ce qui précède, le moyen tiré, par la voie de l'exception, de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français, doit être écarté.

11. En second lieu, pour les mêmes motifs qu'évoqués précédemment, la préfète de la Gironde n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation.

12. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions présentées par M. E tendant à l'annulation de l'arrêté de préfète de la Gironde du 7 juillet 2022, doivent être rejetées et, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles liées aux frais d'instance.

D E C I D E:

Article 1er : La requête de M. E est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A E et au préfet de la Gironde.

Délibéré après l'audience du 28 juin 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Zuccarello, présidente,

Mme De Paz, première conseillère,

Mme Denys, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 12juillet 2023.

La présidente-rapporteure,

F. ZUCCARELLO

L'assesseure la plus ancienne,

D. DE PAZ

La greffière,

I. MONTANGON

La République mande et ordonne au préfet de la Gironde en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

Décisions similaires

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798

03/08/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201

03/08/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562

03/08/2026

TA77Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484

03/08/2026

← Retour aux décisions