jeudi 5 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2206644 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL HMS ATLANTIQUE AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 18 décembre 2022 et le 13 décembre 2023, M. Belloc, représenté par Me Laveissière, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 16 août 2022 par laquelle le maire de la commune de Lanton a retiré l'arrêté du 10 juillet 2020 portant délégation de fonction et de signature en sa faveur, ensemble le rejet du recours gracieux qu'il a formé contre ladite décision ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Lanton la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée repose sur des faits matériellement inexacts et étrangers à la bonne marche de l'administration communale ;
- elle est entachée d'un détournement de pouvoir ;
- elle méconnaît l'article L. 243-1 du code des relations entre le public et l'administration dès lors que le motif d'abrogation est illégal.
Par deux mémoires en défense et des pièces complémentaires, enregistrés le 8 novembre 2023, le 11 janvier et 9 septembre 2024, la commune de Lanton, représentée par la SELARL HMS Atlantique Avocats, conclut au rejet de la requête et, en outre, à ce que M. Belloc lui verse une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 17 septembre 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 2 octobre 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Clément Boutet-Hervez ;
- les conclusions de M. Xavier Bilate rapporteur public ;
- les observations de Me Roncin, représentant M. Belloc, et de Me Jeanneau, représentant la commune de Lanton.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 10 juillet 2020, la maire de la commune de Lanton a délégué certaines de ses fonctions en matière d'urbanisme ainsi que sa signature à M. Belloc, conseiller municipal. Par un arrêté du 16 août 2022, la maire de la commune de Lanton a retiré l'arrêté de délégation du 10 juillet 2020. Par un courrier reçu le 26 septembre 2022, M. Belloc a sollicité le retrait de l'arrêté du 16 août 2022 auprès de cette autorité. Par la requête visée ci-dessus, M. Belloc demande au tribunal l'annulation de la décision du 16 août 2022, ensemble la décision rejetant son recours gracieux dirigé contre la décision précitée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes des premier et troisième alinéas de l'article L. 2122-18 du code général des collectivités territoriales, dans leur rédaction issue du I de l'article 10 de la loi du 27 février 2002 relative à la démocratie de proximité et de l'article 143 de la loi du 13 août 2004 relative aux libertés et responsabilités locales : " Le maire est seul chargé de l'administration, mais il peut, sous sa surveillance et sa responsabilité, déléguer par arrêté une partie de ses fonctions à un ou plusieurs de ses adjoints et, en l'absence ou en cas d'empêchement des adjoints ou dès lors que ceux-ci sont tous titulaires d'une délégation, à des membres du conseil municipal. / [] Lorsque le maire a retiré les délégations qu'il avait données à un adjoint, le conseil municipal doit se prononcer sur le maintien de celui-ci dans ses fonctions ".
3. Il résulte de ces dispositions qu'il est loisible au maire d'une commune, sous réserve que sa décision ne soit pas inspirée par un motif étranger à la bonne marche de l'administration communale, de mettre un terme, à tout moment, aux délégations de fonctions qu'il avait données à l'un de ses adjoints.
4. M. Belloc soutient que l'arrêté en litige lui retirant toutes ses délégations de fonctions repose sur des faits matériellement inexacts et a été pris pour des motifs étrangers à la bonne marche de l'administration. Il ressort des pièces du dossier que le requérant s'est vu attribuer une délégation de fonction et de signature en matière d'urbanisme par un arrêté du 10 juillet 2020. Par un arrêté du 14 avril 2022, un permis de construire sollicité par les acquéreurs d'une parcelle cadastrée BX n° 131 sis 18 allée des figuiers sur la commune de Lanton a été refusé par les services de la commune. Or, par un arrêté du 5 août 2022, M. Belloc s'est vu délivrer un permis de construire portant sur cette même parcelle. Si le requérant se borne à soutenir qu'il n'est pas intervenu dans ces deux dossiers, il ressort des pièces du dossier, et notamment des échanges de courriels produits par la commune de Lanton en défense, que ce dernier a sollicité le responsable du service urbanisme de la commune de Lanton afin que sa demande soit acceptée avant que le gestionnaire de réseau électrique Enedis ne rende son avis et sans que ne lui soit opposées les dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme. Par ailleurs, M. Belloc a fait signer le 13 juillet 2022 une renonciation de la commune à exercer son droit de préemption urbain, sans l'informer de ce qu'un précédent permis avait été refusé pour ce terrain et alors même que sa délégation de pouvoir lui permettait de signer un tel acte. Dès lors, eu égard à l'altération des liens de confiance entre le maire et son adjoint, nécessaires à la bonne marche de l'administration communale, la décision de retrait de délégation ne peut être regardée comme ayant été prise pour un motif reposant sur des faits matériellement inexacts ou étrangers à la bonne marche de l'administration communale. Par suite, ces moyens doivent être écartés ainsi que, pour les mêmes motifs, le moyen tiré du détournement de pouvoir.
5. En second lieu, aux termes de l'article L. 243-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Un acte réglementaire ou un acte non réglementaire non créateur de droits peut, pour tout motif et sans condition de délai, être modifié ou abrogé sous réserve, le cas échéant, de l'édiction de mesures transitoires dans les conditions prévues à l'article L. 221-6 ".
6. Il ressort des termes mêmes de l'arrêté attaqué, et notamment de son article premier, que ce dernier a rapporté, c'est-à-dire retiré, l'arrêté du 10 juillet 2020 portant délégation de fonctions et de signature au profit de M. Belloc. Dès lors, M. Belloc ne peut utilement se prévaloir de la circonstance que la commune de Lanton aurait abrogé l'arrêté du 10 juillet 2020 pour un motif illégal.
7. Il résulte de ce qui précède que le requérant n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 16 août 2022 et du rejet du recours gracieux formé contre cette décision.
Sur les frais liés au litige :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Lanton, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que M. Belloc demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, par application de ces dispositions de mettre à la charge de M. Belloc une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la commune de Lanton et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A Belloc est rejetée.
Article 2 : M. Belloc versera à la commune de Lanton une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A Belloc et à la commune de Lanton.
Délibéré après l'audience du 21 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Katz, président,
M. Fernandez, premier conseiller,
M. Boutet-Hervez, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 décembre 2024.
Le rapporteur,
C. Boutet-Hervez
Le président,
D. Katz La greffière,
S. Fermin
La République mande et ordonne au préfet de la Gironde, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026