mardi 24 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2300144 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | SCM.ANTIGONE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 11 janvier 2023, Mme C A épouse B, représentée par la SELARL Uldrif Astié, avocat, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) de prendre toute mesure utile pour faire cesser l'atteinte portée à ses droits fondamentaux ;
2°) d'enjoindre à la préfète de la Gironde de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour et ce, directement ou, à défaut, par voie postale ou dématérialisée ;
3°) de lui accorder l'aide juridictionnelle à titre provisoire et de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil d'une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Mme B soutient que :
- de nationalité albanaise, elle est entrée en France le 3 octobre 2012 et, après plusieurs titres de séjour, a bénéficié d'une carte de séjour pluriannuelle valable jusqu'au 13 décembre 2022, dont elle a demandé le renouvellement en déposant un dossier complet le 7 octobre précédent ;
- à défaut de récépissé de demande de renouvellement, elle a été contrainte de cesser son activité d'agent de service hospitalier, qu'elle exerçait dans le cadre d'un contrat à durée indéterminée ;
- compte tenu de ses conséquences, le défaut de remise de récépissé l'autorisant à travailler, auquel elle a droit en application des articles " R. 311-4 " et " R. 311-6 " du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, lui porte préjudice de manière suffisamment grave et immédiate pour que la condition d'urgence soit remplie ;
- en outre, faute de pouvoir justifier d'une situation régulière, elle ne peut ni s'inscrire à Pôle Emploi, ni bénéficier du revenu de solidarité active, et, privée de ressources, elle ne peut assumer la charge de ses trois enfants ;
- la mesure sollicitée est indispensable pour lui permettre de retrouver un emploi ;
- la mesure ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative.
Par mémoire en défense, enregistré le 23 janvier 2023, la préfète de la Gironde conclut au non-lieu sur les conclusions de la requête aux fins d'injonction et au rejet du surplus, en faisant valoir que la demande de Mme B a fait l'objet d'une décision favorable le 9 janvier 2023 et que la procédure de fabrication de son titre a été lancée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Bayle, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Saisi sur le fondement de ces dispositions d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En outre, le juge des référés ne saurait faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.
2. Il résulte de l'instruction que l'autorité préfectorale a décidé le 9 janvier 2023, antérieurement à la requête, d'accorder à Mme B une carte de séjour pluriannuelle valable de cette date au 8 janvier 2025. L'intéressée a alors été convoquée, par courrier du 12 janvier, pour retirer dans les services le 13 janvier le récépissé de demande de titre. Dans ces conditions, les conclusions de Mme B aux fins d'injonction sont devenues sans objet et il n'y a pas lieu d'y statuer.
Sur la demande d'aide juridictionnelle à titre provisoire et les conclusions relatives aux frais de l'instance :
3. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'appréciation des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président ". Il résulte de l'instruction que, si Mme B n'a pas reçu de récépissé à la suite du dépôt de sa demande de titre, c'est faute pour elle d'avoir joint à son dossier l'enveloppe affranchie à son adresse, telle que prévue dans les pièces à fournir, ou d'avoir réclamé ledit récépissé sur la plateforme dédiée. Dans ces conditions, la présente action ne peut être regardée comme satisfaisant à la condition d'urgence posée par les dispositions précitées de l'article L. 521-2 du code de justice administrative. Il n'y a pas lieu, par suite, d'accorder à Mme B l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
4. Enfin, dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de la requête tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La demande de Mme A épouse B tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire est rejetée.
Article 2 : Il n'y a pas lieu de statuer sur le surplus de la requête.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C A épouse B, à la préfète de la Gironde et à la SELARL Uldrif Astié.
Fait à Bordeaux, le 24 janvier 2023.
Le juge des référés,
J-M. Bayle
La République mande et ordonne à la préfète de la Gironde en ce qui la concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562
03/08/2026
Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484
03/08/2026