mercredi 21 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2300812 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SELARL BASIC ROUSSEAU AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 16 février 2023, l'union syndicale départementale CGT de la santé et de l'action sociale de la Dordogne représentée par Me Rousseau, doit être regardée comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 15 décembre 2022 par laquelle la directrice du centre hospitalier de Périgueux a rejeté sa demande tendant à l'annulation des opérations électorales qui se sont tenues entre le 2 et 8 décembre 2022 et tendant à l'organisation de nouvelles élections professionnelles pour les CAPD et CCPD des établissements relevant de la fonction publique hospitalière du département de la Dordogne ;
2°) d'annuler les opérations électorales ;
3°) d'enjoindre au centre hospitalier de Périgueux d'organiser de nouvelles élections des instances représentatives du personnel, sans recourir au vote électronique ;
4°) de mettre à la charge du centre hospitalier de Périgueux une somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
L'union syndicale départementale CGT soutient que :
- la décision contestée est entachée d'une insuffisance de motivation ;
- la décision contestée est entachée d'un vice de procédure ;
- la décision est entachée d'une erreur dans la matérialité des faits ;
- la décision est entachée d'une erreur de droit dès lors que la directrice du centre hospitalier de Périgueux aurait dû annuler le scrutin et procéder à de nouvelles élections ;
- la décision est entachée d'une erreur d'appréciation dès lors que le scrutin était entaché d'une vingtaine d'irrégularités.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 janvier 2024, le centre hospitalier de Périgueux conclut au rejet de la requête et à ce que le syndicat requérant lui verse la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir qu'aucun des moyens n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le décret n°2003-655 du 18 juillet 2003 ;
- le décret n° 2017-1560 du 14 novembre 2017 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Zuccarello, rapporteure,
- les conclusions de Mme Denys, rapporteure publique,
- et les observations de Me Vigreux représentant l'union syndicale départementale CGT de la santé et de l'action sociale de la Dordogne et de Me Kolenc représentant le centre hospitalier de Périgueux.
Une note en délibéré a été enregistrée pour l'union syndicale départementale CGT de la santé et de l'action sociale de la Dordogne le 13 février 2024, et n'a pas été communiquée.
Considérant ce qui suit :
1. Du 2 au 8 décembre 2022, se sont tenues au sein du centre hospitalier de Périgueux, les élections des représentants du personnel aux commissions administratives paritaires départementales (CAPD) et à la commission consultative paritaire départementale (CCPD). Le centre hospitalier de Périgueux a décidé de confier à la société prestataire NEOVOTE la conception, la gestion et la maintenance du système de vote électronique. A l'issue des opérations électorales le 8 décembre 2022 au soir, une erreur dans la répartition des sièges a empêché la clôture du scrutin et la signature des procès-verbaux. Le 12 décembre 2022, une réunion a été organisée entre les syndicats et la direction à la suite de laquelle l'union syndicale départementale CGT de la santé et de l'action sociale de la Dordogne a formé le 13 décembre 2022 un recours administratif préalable en vue de l'annulation de l'ensemble des élections. Par une décision du 15 décembre 2022, notifiée le 19 décembre 2022, la directrice du centre hospitalier de Périgueux a rejeté cette demande. L'union syndicale départementale CGT de la santé et de l'action sociale de la Dordogne doit être regardée comme demandant l'annulation des opérations électorales aux CAPD et à la CCPD.
2. Aux termes de l'article 2 du décret n° 2017-1560 du 14 novembre 2017 : " Le recours au vote électronique par internet est organisé dans le respect des principes fondamentaux qui commandent les opérations électorales, notamment la sincérité des opérations électorales, l'accès au vote de tous les électeurs, le secret du scrutin, le caractère personnel, libre et anonyme du vote, l'intégrité des suffrages exprimés, la surveillance effective du scrutin et le contrôle a posteriori par le juge de l'élection () ".
3. En premier lieu, à supposer que la décision du 15 décembre 2022 de la directrice du centre hospitalier de Périgueux ne contienne pas de motivation suffisante, en tout état de cause les vices propres dont serait entachée une telle décision, postérieure à la proclamation des résultats, sont sans incidence sur la régularité des opérations électorales contestées. Dès lors, ce grief doit être écarté comme étant inopérant.
4. En deuxième lieu, il résulte de l'instruction que par un protocole d'accord préélectoral du 14 octobre 2022, il a été précisé entre l'administration et les organisations syndicales, que les demandes d'inscription ou de radiation des listes électorales pouvaient être présentées du 2 au 13 octobre inclus tandis que les réclamations pouvaient être formulées devant les directeurs d'établissements du 13 au 17 octobre inclus. Si le 5 décembre 2022, l'Union syndicale requérante a alerté le centre hospitalier de Périgueux sur l'absence d'inscription sur les listes électorales de 865 agents, il ressort d'un mail du 6 décembre 2022, que le centre hospitalier de Périgueux a accepté le principe de la réouverture des listes électorales par la société Neovote mais que les organisations syndicales s'y sont opposées. Au demeurant, l'Union syndicale requérante se borne à soutenir que certains agents n'auraient pas pu prendre part au vote alors qu'ils remplissaient les critères, sans apporter suffisamment de précisions pour permettre au juge d'apprécier le bien-fondé de ce grief, alors en outre, qu'ainsi qu'il a été dit, les listes électorales n'ont pas fait l'objet de réclamations. Dans ces conditions, ce grief doit être écarté.
5. En troisième lieu, le protestataire soutient que plusieurs dysfonctionnements concernant la communication des identifiants de connexion ont été constatés lors des opérations électorales, notamment des identifiants erronés ne permettant pas aux agents de voter, des connexions rendues impossibles par des erreurs d'homonyme et l'indisponibilité de l'assistance. Il ajoute que les enveloppes relatives aux élections envoyées aux électeurs ne comportaient pas les mentions obligatoires. Toutefois, les pièces du dossier n'établissent pas de tels dysfonctionnements généralisés de nature à altérer la sincérité du scrutin. Par suite, dès lors qu'il n'est pas établi que des irrégularités auraient empêché des électeurs de voter, le grief tiré de ce que la sincérité du vote aurait été altérée par des irrégularités relatives aux identifiants de connexion doit être écarté.
6. En quatrième lieu, l'Union protestataire fait valoir qu'elle n'a pas reçu communication des conclusions de l'expertise indépendante avant que les opérations électorales aient lieu. Toutefois, il résulte de l'instruction qu'une expertise indépendante a été réalisée par les sociétés LEHM et ITekia, qui conclut à sa conformité aux textes applicables. Aucun texte législatif ou règlementaire n'exigeant que ce rapport d'expertise soit communiqué spontanément aux organisations syndicales préalablement aux élections, ce grief doit être écarté.
7. En cinquième lieu, l'Union syndicale départementale soutient que les comités techniques d'établissement n'ont pas été consultés sur la mise en place du vote électronique et sur les coûts de cette prestation. Toutefois, la requérante n'invoque pas la méconnaissance d'un texte législatif ou réglementaire et n'assortit pas ce moyen des précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé.
8. En dernier lieu, il résulte de l'instruction qu'est apparu, le soir du 8 décembre 2022, un dysfonctionnement du système de vote, qui a affecté la répartition des sièges de certaines commissions administratives paritaires départementales. Le même jour à 22 heures, la présidente du bureau centralisateur a acté devant l'ensemble des membres, qui ont pu le constater, que pour les CAPD, à l'exception des CAPD 3 et 7, le nombre de siège à pourvoir était erroné. Dès le lendemain 9 décembre, la société Neovote a rétabli le nombre de siège à pourvoir correspondant. Cependant, lors d'une réunion du 12 décembre 2022 avec les membres du bureau, aucune proclamation de résultats n'a été réalisée. Ce n'est que le 15 décembre 2022 que la proclamation des résultats a eu lieu et que les procès-verbaux ont été établis et signés de certains membres du bureau, d'autres s'étant refusé à signer. S'il est constant que le déroulement des opérations tel que décrit ci-dessus est entaché d'irrégularités, notamment au regard de l'article 23 du décret n° 2017-1560 du 14 novembre 2017, qui prévoit la procédure de clôture des opérations électorales dès la clôture du scrutin, il n'est pas contesté par l'union requérante et il ressort d'ailleurs des projets de procès-verbaux établis à l'issue du scrutin le 8 décembre 2022, que seul le nombre de sièges à pourvoir de certaines CAPD a été modifié par la société Neovote pour être rendus conformes. Aucune des autres mentions des procès-verbaux n'a été modifiée et notamment pas les nombres de voix, de votants, les abstentions et les résultats par syndicats. Aussi, le caractère tardif de la proclamation a été, en l'espèce, sans influence sur la régularité de l'élection. Il en va de même de la tardiveté de l'établissement des procès-verbaux et de l'absence de signature par certains membres du bureau de vote, ces irrégularités n'entraînant pas l'annulation du scrutin dès lors qu'il n'y a pas de contestation sur les énonciations qui sont portées aux procès-verbaux. Dans ces conditions, la sincérité du scrutin ne peut être regardée comme ayant été affectée, et le grief sera écarté.
9. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner la recevabilité de la requête, que la protestation de l'Union syndicale doit être rejetée. Par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction doivent également être rejetées.
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du centre hospitalier de Périgueux, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par la protestataire au titre des frais d'instance. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de l'union requérante la somme demandée par le centre hospitalier de Périgueux, au même titre.
D E C I D E:
Article 1er : La requête de l'union syndicale départementale CGT de la santé et de l'action sociale de la Dordogne est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative par le centre hospitalier de Périgueux sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à l'union syndicale départementale CGT de la santé et de l'action sociale de la Dordogne et au centre hospitalier de Périgueux.
Délibéré après l'audience du 7 février 2024, à laquelle siégeaient :
- Mme Zuccarello, présidente,
- Mme Jaouën, première conseillère,
- Mme Caste, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 février 2024.
La présidente-rapporteure,
F. ZUCCARELLO
L'assesseure,
F. CASTE La greffière,
M. A
La République mande et ordonne au préfet de Lot-et-Garonne en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026